Depuis le 05-07-2006 :
154954 visiteurs
Depuis le début du mois :
5104 visiteurs
Billets :
179 billets
Il y a quelques mois, la presse sénégalaise s'est fait l'écho de
l'attribution d'un grand nombre de fréquences pour des stations FM. Certaines de ces
radios, en violation des dispositions de leurs cahiers des charges, empiètent
sur les fréquences des radios existantes contribuant ainsi à brouiller leurs
émissions et donc à réduire leur audience sans qu'elles se voient infliger la
moindre sanctions par l'Agence de régulation des télécommunication et des
postes (ARTP) qui se contente de faire de la « sensibilisation ». A peine le bruit
provoqué par cette affaire est il retombé que l'on apprend que de nouvelles
chaînes de télévision devraient bientôt voire le jour au Sénégal, et ceci en
l'absence de procédures publiques lancées pour l'attribution de fréquences. En
janvier 2001, des les premiers pas de l'Alternance, le ministère de la communication
et des technologies de l'information avait lancé un appel d'offre pour la
création de chaînes de télévisions privées. Le processus à peine lancé fut
brusquement interrompu sans explication. Trois ans plus tard, une nouvelle chaîne
de télévision intitulée « Canal Info » a commencé à émettre sur la
fréquence jadis réservée à Canal Horizons et annonce le démarrage officiel de ses
émissions pour octobre 2006. Selon ses promoteurs, la création de cette nouvelle
station de télévision découle tout simplement du rachat du matériel de la chaîne
Canal Horizons et de la fréquence que cette dernière a abandonné depuis
qu'elle émet par satellite, acte qui est en violation avec le principe qui veut que
les assignations de fréquences soient personnelles et incessibles. Dès lors
il semble bien que dans le secteur de l'audiovisuel comme dans celui des
télécommunications, la transparence n'est pas vraiment de mise. Dans ce
secteur ultra sensible des médias, ce genre de pratiques est lourd de quiproquo
et peut conduire à de sérieuses contestations, car il porte atteinte aux
principes du pluralisme de l'information. Au total, dans le secteur des
télécommunications comme dans celui de l'audiovisuel, il est grand temps de mettre en
œuvre les mécanismes transparents qui seuls permettront de garantir le
développement du secteur à l'échelle nationale tout en lui donnant la crédibilité
nécessaire pour se déployer à l'échelle régionale.
Amadou Top (Président d'OSIRIS)
Source
Bulletin d'analyse sur les technologies de l'information et de la
communication. Lettre d'information électronique mensuelle publiée par OSIRIS
l'Observatoire sur les systèmes d'information, les réseaux et les
inforoutes au Sénégal
Publié par djiwan à 15:43:19 dans - Ntic | Commentaires (0) | Permaliens
Depuis 10 ans, « Qui dit mieux ? », une Ong transforme les sachets plastiques en fin de vie. « Pour la première fois au Bénin », elle forme quinze femmes rurales, grâce à un financement de la mairie de Bessancourt, en partenariat avec la commune de Zê. Objectif : protéger l'environnement et lutter contre la pauvreté
Nous sommes ici dans la cour de l'école maternelle de la commune de Zê, située à 56 km de Cotonou. Un kolatier offre généreusement son ombrage. Assises sur des bancs combinés aux tables d'écoliers, quinze femmes suivent les enseignements sur la transformation des sachets plastiques en fin de vie. « Il s'agit d'une formation accélérée » explique la formatrice, Mme Grâce Aboh Dotou, présidente de « Qui dit Mieux ? », lauréate du Prix 2002 de l'ONU pour la lutte contre la pauvreté. En face d'elle, les jeunes femmes s'appliquent de façon assidue. La moyenne d'âge : entre 16 et 20 ans. Le crochet dans une main, des lamelles de sachets plastiques dans l'autre, elles s'exercent au tissage de divers objets. Sur une petite table disposée à deux pas de la formatrice, sont exposés : couvre-vers, portefeuilles et porte-clefs, fruits du travail des apprenants après une semaine de formation assidue. S'adressant aux personnalités municipales venues s'enquérir de l'évolution de la formation, Mme Dotou affirme : « Je suis fière des filles. Elles ont la volonté d'apprendre. Elles ont soif d'acquérir le savoir et sont impatientes de le partager avec celles qui n'ont pas eu l'opportunité de prendre part à cette formation de formateurs ». Après la formation accélérée de trois semaines, « les bénéficiaires devront former d'autres femmes dans chacun des neuf arrondissements de la commune de Zê » précise Clément Kotan, Directeur de l'Unité de protection de l'environnement (Upe), une organisation de la société civile de lutte contre la pollution de l'environnement, qui a facilité l'aboutissement du projet de formation des quinze femmes, financé par la mairie de Bessancourt en France.
L'oiseau rare
Le projet de formation des quinze de femmes s'inscrit dans le cadre de la protection l'environnement et celle de la lutte contre la pauvreté. Autrement dit, des actions pour un développement durable, fil rouge de toute la politique locale de la mairie de Bessancourt (1). Pour mémoire, le projet est né d'un partenariat entre deux communes. Bessancourt en France, dans le Val d'Oise, qui se situe à 30 km de Paris et Zê au Bénin, à une heure environ de route en voiture de Cotonou. Si Bessancourt a reçu le 06 avril 2004 le trophée du Grand Prix de l'Environnement, une distinction qui couronne ses efforts de créer un développement cohérent et de construire un projet de ville durable, Zê est entrée dans l'histoire de ce partenariat en répondant à un appel de l'Upe qui recherchait une commune à mettre en partenariat avec Bessancourt. Les choses sont allées vite. En octobre 2005, le maire de Bessancourt M. Jean-Christophe Poulet, à l'invitation des autorités locales, se rend à Zê pour travailler avec les élus. A cette occasion, il rassure les citoyens de Zê ne pas vouloir s'inscrire dans « un partenariat folklorique dans lequel les villes du sud sont les dépotoirs de celles du nord ». Lors de la même visite, il engage Bessancourt à soutenir pour 6.000 euros, la formation de quinze de femmes de Zê au recyclage de sachets plastiques. Dix mois plus tard, soit en août 2006, le projet est entré dans sa phase active.
Transformation
La technique du recyclage des sachets plastiques suit un processus en plusieurs étapes. D'abord, la collecte des sachets plastiques en fin de vie. Elle peut se faire dans les marchés, dans les poubelles à domicile, sur les places publiques, sur les tas d'ordure, sur des dépotoirs ou tout autre endroit propice. Dans tous les cas, la tâche n'est pas aisée. Madame Dotou se souvient encore des critiques de certaines personnes quand elle avait démarré cette activité il y a dix ans. « Elles me traitaient de folle, estimant qu'une institutrice de mon rang ne devrait pas collecter des sachets en fin de vie. Parmi celles qui ont été initiées, la plupart a trouvé fastidieuse la collecte et a vite fait de raccrocher. Or, dans les sachets plastiques recyclés, il y a de l'argent à gagner... La preuve, mon équipe n'arrive même pas à satisfaire les demandes qui lui parviennent d'un peu partout dans le monde ». Après la phase de la collecte vient celle du nettoyage. Au cours de cette phase et de celle qui précède, des mesures de protection sanitaire sont prises. Les apprenants portent des gants et des cache-nez. Quant au nettoyage proprement dit, elles disposent, aligner, l'une à la suite de l'autre, six bassines remplies d'eau aux deux tiers du volume total. La première sert au rinçage des sachets pour les débarrasser de tous débris. Trois autres contenant de l'eau savonneuse sont destinées à laver successivement les sachets. La quatrième renfermant de « l'eau javellisée » c'est-à-dire, un mélange d'eau et de javel (un désinfectant) sert à rincer à nouveau. Puis, pour une dernière fois, on procède à un rinçage à l'eau simple, avant de passer au séchage. « Lorsque le temps n'est pas ensoleillé, une technique d'aspiration d'eau par des chiffons propres est utilisée pour rendre secs les sachets » explique la formatrice. Les sachets propres ainsi obtenus, selon leur résistance, sont découpés, en lamelles de 2,5 à 4 cm. Ce sont ces lamelles qui servent à la fabrication des napperons, des porte-clefs, des objets d'art, des sacs ....etc.
Richesse des peuples
« La Pauvreté Richesse des Peuples ». C'est le titre d'un ouvrage publié en 1977 par le Professeur Albert Tévoédjrè, ancien Directeur général adjoint du Bureau International du Travail (BIT). Trente ans plus tard, l'esprit et le contenu de l'ouvrage restent d'actualité avec la transformation des sachets plastiques en fin de vie. Car cette transformation se révèle aujourd'hui comme une source de richesse à explorer par des milliers de vies humaines. En effet, faire de la transformation des sachets plastiques une activité de développement durable rejoint les préoccupations des acteurs du domaine. D'ailleurs, une cinquantaine d'environnementalistes, de spécialistes de la question de la pauvreté et d'acteurs à divers niveaux de la vie sociale, ont réfléchi en février 2006 à Cotonou sur la stratégie pour intégrer les préoccupations environnementales au document de stratégie pour la réduction de la pauvreté au Bénin. Marcel Baglo, Directeur général de l'Agence Béninoise de l'environnement (ABE) estime qu'« on ne peut offrir le développement aux populations sans en analyser les conséquences sur l'environnement et sur la vie des mêmes populations ». Selon lui, les corrélations de l'environnement et de la pauvreté sont si sérieuses, dans un pays sous-développé tel que le Bénin, qu'il importe d'agir rapidement pour assurer aux populations un avenir optimal. Autrement, pour M. Baglo, les dirigeants auraient échoué dans la mission qui est la leur. C'est pourquoi, estime-t-il, « l'introduction des paramètres environnementaux dans les questions de développement parait essentiel pour la lutte contre la pauvreté ». (2) Un mois avant les réflexions de Cotonou, dans la dynamique de lintégration des questions environnementales à la lutte contre la pauvreté et afin que le projet de formation des femmes de Zê soit un projet de développement durable, il a été décidé de constituer une association à Bessancourt. Objectif : accompagner le projet de partenariat entre les deux villes en faisant la promotion des produits fabriqués par les femmes de Zê.
Ainsi, conformément à l'accord de partenariat entre les deux communes, une boutique verra le jour à Bessancourt où seront exposés et vendus les articles fabriqués à partir de la transformation des sachets en fin de vie. C'est également à partir de ce point focal que se fera la promotion des articles vers d'autres localités voisines de Bessancourt.
Filière Dotou
Pour la vente des articles fabriqués à partir de la transformation des sachets plastiques à Zê, l'Upe et la Mairie de Bessancourt ont envisagé un marché d'écoulement. Il s'agit de Bessancourt et les autres villes de France. Mais il y a mieux. Depuis 10 ans que madame Dotou a « découvert le trésor dans la poubelle », elle n'a plus de repos. Après avoir reçu deux prix, l'un des Nations Unies et l'autre en France, les commandes ne cessent de se multiplier. « Je reçois des commandes de partout dans le monde, surtout des Etats Unis. Elles se font par millier. Je n'arrive pas parfois à tout livrer dans le délai. La main d'ouvre est insuffisante ». Cet aveu sur ce qu'il convient d'appeler « la filière Dotou » est une opportunité pour les femmes de Zê en formation. « Ce qui nous réjouit affirme l'une d'elles, ce sont les ouvertures de marchés pour écouler nos articles. La formatrice nous a rassurées de son soutien. Si elle reçoit d'importantes commandes auxquelles elle ne peut satisfaire, alors elle nous solliciterait. Mieux, elle dit qu'elle n'hésitera pas non plus à nous positionner sur d'autres marchés ». Quand on analyse les immenses potentialités d'écoulement des articles fabriqués à partir des sachets plastiques en fin de vie, on peut affirmer que le volet développement durable du partenariat entre Bessancourt et Zê est en marche. A l'instar de madame Dotou et les membres de l'Ong « Qui dit Mieux ? » qui ont découvert le « trésor dans la poubelle », les femmes de Zê sont en quête du trésor par la transformation des sachets plastiques en fin de vie.
Hippolyte A. DJIWAN
Sources
(1) : Thierry Aristhène « Bessancourt et Zé pour un développement durable » www.ville-bessancourt.fr
(2) : La Pauvreté Richesse des Peuples, Préface de Jean Tinbergen (Prix Nobel) et de Dom Helder Camara ; Les Éditions Ouvrières, Paris 1977.
(3) : Askanda Bachabi ; « Environnement et stratégie de réduction de la pauvreté au Bénin : Spécialistes et acteurs en conclave à Fidjrossè » www.quotidienlematinal.com, édition du 170206
Publié par djiwan à 13:05:08 dans - Ntic | Commentaires (0) | Permaliens
Dans la société agraire, les femmes et les hommes n'ont pas bénéficié du même égard en ce qui concerne la répartition des terres. Le même schéma s'est reproduit dans la société industrielle avec les outils de production. Nous sommes aujourd'hui, dans la société de l'information, et les femmes sont en train de signer leur entrée par la petite porte.
C'est ce constat qu'une étude récente sur la fracture numérique de genre en Afrique francophone vient de faire. Réalisée par le réseau genre et TIC, l'étude intitulée <> montre qu'en plus de la fracture numérique Nord/Sud, il existe une fracture numérique de genre en Afrique.
Ainsi dans les six pays concernés par l'étude (Bénin, Burkina, Cameroun, Mali, Mauritanie et Sénégal) l'on a trouvé que les femmes ont un tiers de chance en moins que les hommes de bénéficier des avantages et des opportunités de la société de l'information.
Selon la Commission Economique Africaine (CEA), les femmes qui représentent 50% de la population, accomplissent 60% du travail dans le monde. Mais elles n'y gagnent que 10% des revenues mondiaux et ne sont propriétaires que de 1% de la richesse mondiale. Dans le domaine de l'éducation les femmes ne sont pas mieux loties. Dans le rapport mondial sur le développement humain durable du PNUD, 2004, le taux d'alphabétisation des femmes adultes de plus de 15 ans était de 8,1% contrairement à 18,5% pour la tranche masculine.
Aujourd'hui, l'étude sur la fracture numérique de genre vient confirmer que le domaine des nouvelles technologies de l'information et de la communication n'échappe pas à cette règle. Une étude intitulée <> montre que dans les six pays concernés par l'étude (Bénin, Burkina, Cameroun, Mali, Mauritanie et Sénégal) les femmes ont un tiers de chance en moins que les hommes de bénéficier des avantages et des opportunités de la société de l'information. On parle alors de fracture numérique de genre.
Il s'agit des disparités d'accès et de contrôle des hommes et des femmes sur les TIC, leurs contenus et les compétences permettant de les utiliser.
La recherche a montré que du fait de leur statut social, les femmes africaines sont pénalisées de tiers deux en terme de participation à la décision, d'un tiers dans le domaine contenus et des capacités, et d'un dixième en termes d'accès et d'accessibilité aux TIC.
Les politiques TIC ignore les réalités des femmes
Grâce aux nombreuses potentialités et services que les NTIC offrent aux utilisateurs, elles sont devenues incontournables dans les processus de développement des pays africains. Ainsi elles sont perçu comme des outils qui vont propulser le développement. Dans un tel contexte, les femmes à l'instar des hommes et des jeunes, personne ne doit rester en marge de cette société numérique. Car il est admis que le développement durable et équitable doit tenir compte de la problématique hommes femmes afin de garantir une représentation égale, la possibilité de participer et l'accès pour tous.
Cependant, la fracture numérique née d'une inégale répartition des nouvelles technologies entre pays riches au nord et pays pauvres au sud a fait irruption allant jusqu'à créer une disparité entre les homme et les femmes.
L'une des raisons serait due au fait que la plupart des politiques de promotion des TIC ne prennent pas en compte explicitement les réalités socio-économiques des femmes africaines.
Alors que la majeure partie des analystes des questions de NTIC qu'ils soient économistes, sociologues ou politiques s'accordent à dire qu'inscrire les NTIC dans une logique de lutte contre la pauvreté nécessite de mener des actions pour que le secteur bénéficie équitablement aux hommes et aux femmes.
Les TIC menacent l'équilibre hommes-femmes
Bien qu'investies d'un rôle social et économique prépondérant au quotidien, le rapport des femmes africaines aux secteurs des TIC part des expériences positives ou négatives. Les TIC m'ont ouvert de nombreuses voies et donné le moyen d'expression dont j'avais besoin pour exprimer mes aspirations, mes visions, ma personnalité...sans trop bouger. J'ai pu m'auto former, tant sur le plan de la culture citoyenne que des techniques, tout cela sans faillir mes devoirs de mère, d'épouse et de fonctionnaire , témoignait une mauritanienne créatrice de site web lors des enquêtes sur l'étude fracture numérique de genre en Afrique Francophone .
Malheureusement du fait de leur statut de femme, la plupart des femmes n'ont pas l'opportunité de tirer ainsi profit des TIC. Du coup, à l'image de nombreux secteurs économiques, politiques et sociaux, les citoyennes africaines de l'information sont désavantagées par rapport aux hommes.
D'une part, la vulnérabilité de la couche féminine africaine est liée aux contraintes socioculturelles et économiques de ces dernières. Du coup elles intègrent lentement ou difficilement ces nouvelles technologies. D'autre part cette fracture numérique de genre peut s'expliquer par le résultat d'un processus de socialisation différent pour les femmes et pour les hommes en matière de pouvoir de décision.
Je regrette aujourd'hui tous les sacrifices faits pour en arriver là car en raison de mon statut de femme mariée, je ne peux maintenant plus exercer dans ce domaine. Les horaires et les exigences de disponibilité ne conviennent pas à une vie de femme mariée affirmera une jeune malienne lors des enquêtes sur l'étude fracture numérique de genre en Afrique Francophone. Comme pour confirmer les dires de cette dernière, un jeune malien dira ceci : « Ma femme a un diplôme de technicien mais je ne veux pas qu'elle travaille. Elle ne va pas non plus au cybercafé car c'est un endroit ou les femmes se font draguer et aussi, quand elle va y prendre goût, elle risque de ne plus être à l'heure pour ses engagements. Elle utilisera Internet quand j'aurais la possibilité de lui acheter un ordinateur à la maison et de prendre un abonnement. Une ménagère du Cameroun, révèlera aussi mon mari n'accepte pas que j'aie un téléphone. Je lui est demandé a plusieurs reprise de m'en offrir un, mais il me répond que si je veux le divorce, je n'ai qu'a le dire . Pour corroborer ces faits, une jeune commerçante renchérira quel mari laissera sa femme aller au cyber pour faire quoi ? A moins que la connexion ne soit à la maison ! Donc au delà des problème d'accessibilité et de compétence, les TIC sont perçu comme potentiellement menaçant pour des l'équilibre des relations entre hommes et femmes. Cette construction sociale a historiquement été utilisée pour créer et pérenniser des inégalités sociales. Fracture numérique genre, la lutte engagée
Fort heureusement aujuord'hui, ces disparités de genre sont mises au rang des injustices qui minent les progrès économique et social du continent africain. la lutte contre ces injustices est internationalement reconnue comme une question de droits des personnes et de justice sociale, ayant un impact majeur sur l'équité et l'efficacité des distributions des ressources collectives.
C'est donc une dimension clé dans la lutte contre la pauvreté, pour le développement durable. De ce fait, en Afrique, on ne peut pas ignorer la question du genre dans le domaine des NTIC si l'on veut en profiter pour amorcer un processus de développement.
Actuellement, parmi les droits humains fondamentaux figure en bonne place le droit à l'information et à la communication. Et parmi les huit (8) objectifs de développement des Nations Unies pour le millénaire, quatre (4) ont un impact direct sur l'accès des NTIC et la formation de citoyenne de la société de l'information.
Il s'agit de réduire l'extrême pauvreté, assurer l'éducation primaire pour tous, promouvoir l'égalité des sexes et l'autonomie des femmes ; assurer un environnement et mettre en place un partenariat mondial pour le développement en mettant les avantages des nouvelles technologies, en particulier les NTIC, à la portée de tous.
Pour pouvoir répondre au plus vite à l'exclusion des femmes de la société de l'information des dispositions particulières doivent être prises. Nous affirmons que le développement des TIC est porteur de multiples opportunités pour les femmes, qui devraient faire partie de la société de l'information et en être des acteurs clefs. Nous nous sommes résolus à faire en sorte que la société de l'information favorise l'autonomisation des femmes et leur participation pleine et entière a égalité avec les hommes, dans toutes les sphères de la société, à tous les processus de prise de décision. Nous devrions favoriser l'égalité entre les hommes et les femmes et, à cette fin utiliser les TIC comme outil. Peut-on lire dans la déclaration de principe du sommet mondial sur la société de l'information, Genève 2003.
Mais quelle société de l'information pour les africaines ?
Etant des outils de partage et d'échange d'information, les nouvelles technologies de l'information et de la communication peuvent faciliter l'accès aux informations nécessaires et utiles pour le développement. Mais les TIC en elles même ne sont que des outils. Ces potentialités dépendent de la façon dont on les utilisent.
Ainsi, les NTIC peuvent être une solution aux problèmes des femmes africaines si elles leur permettent d'avoir accès à des informations stratégiques notamment en matière de santé, d'éducation de commerce et d'amélioration de leur statut.
Mais aujourd'hui, le constat que l'on peut faire est qu'il n'y a qu'une minorité de femmes représentant l'élite qui a accès aux NTIC en général. En ce qui concerne Internet par exemple, son utilisation par les femmes se limite souvent à la consommation de produits culturels venus d'ailleurs. Les contenus de ces produits ne répondent pourtant pas nécessairement aux besoins locaux des femmes africaines. Dans le domaine professionnel, les femmes qui interviennent dans le secteur de la communication assurent en majorité des tâches d'exécution.
Pour que les femmes deviennent des citoyennes à part entière de l'ère numérique, il faut qu'elles soient aussi des actrices. Il est admis que les femmes sont des experts en redistribution de connaissances. Il serait dommageable et dangereux que la nouvelle société en construction, celle de l'information, du savoir et de la sagesse partagée soit privée des connaissances pointues des femmes.
Pour assurer l'égalité de genre dans l'ère numérique, il faut tout d'abord que les femmes toutes autant que les hommes puissent avoir physiquement accès aux infrastructures et équipements nécessaires (téléphone portable, ordinateur, Internet). Mais cela n'est possible qu'avec une volonté politique affichée qui doit prendre en compte les besoins spécifiques des femmes.
De l'attention accordée aux familles et aux femmes dépendra la place que l'Afrique occupera dans cette ère numérique. Pour paraphraser le président Senghor, les femmes doivent s'engager pour être à ce rendez- vous du donner et du recevoir. Si les femmes n'ont rien à proposer elles seront encore réduites au statut de consommateur sans pouvoir de décision.
Roukiattou OUÉDRAOGO, Bukina-NTIC roukiattou@yahoo.fr
Publié par djiwan à 15:08:11 dans - Ntic | Commentaires (0) | Permaliens
SOURCE : Cellule de promotion et de gestion du changement
Je crois que mon pays possède du pétrole car il appartient au même Golfe de Guinée que le Nigeria, le Congo, le Cameroun, le Gabon et la Guinée. Nous devons aller très vite pour le trouver et l'exploiter ».
Président Boni YAYI à Pékin, le 28-08-06
Il n'est plus permis d'en douter. Les béninois ne se sont pas trompés en portant massivement leurs suffrages sur le Président Boni YAYI. Après avoir affirmé son ambition de faire du Bénin un pays émergent et économiquement performant, le Chef de l'État Béninois ne ménage pas sa peine pour faire de son rêve et des aspirations de tout un peuple, des réalités tangibles sur lesquelles il pourra compter pour regarder, comme il l'a promis, chaque béninois dans les yeux à l'heure de son bilan. Pour réduire la pauvreté qui n'a que trop malmené ses compatriotes, Boni YAYI travaille à la création des richesses qui ne peuvent provenir que d'un secteur privé performant, compétitif et mutuellement rentable pour les investisseurs et le Bénin .... Toutes ses actions (diplomatie, bonne gouvernance, assainissement de l'économie, promotion des investissements, développement des TIC, grandes infrastructures, assainissement du port, assainissement du secteur de l'électricité, du pétrole et de l'eau, etc.) convergent donc vers son souci de rendre le Bénin plus compétitif pour les opérateurs économiques et les investisseurs béninois où étrangers pour lesquels il a d'ailleurs créé un Conseil Présidentiel de l'Investissement. La diplomatie économiquement agressive qu'il déploie brillamment avec son ministre des affaires étrangères, Mme Mariam ALADJI BONI-DIALLO, vient donc catalyser tout cela pour donner à notre pays, le Bénin , toutes les chances de mobiliser le monde pour sa révolution économique.
C'est dans ce cadre qu'il faut inscrire la visite officielle que Son Excellence le Président Boni YAYI effectue en ce moment en République Populaire de Chine. Il y est arrivé le dimanche 27 août dans la soirée, accompagné d'une délégation forte de 4 ministres, de plusieurs chargés de missions, d'un conseiller technique et de plusieurs autres cadres et opérateurs économiques béninois. Après un accueil des plus chaleureux et solennels, le Président Boni YAYI et sa suite ont rencontré dans la matinée du lundi 28 août les membres du Conseil Chinois pour la Promotion du Commerce International [CCPIT]. Lors de cette rencontre qui se voulait un forum de promotion des opportunités d'investissements et d'affaires au Bénin, les liens de collaboration déjà très actifs entre le CCPIT et la Chambre de Commerce et d'Industrie du Bénin [CCIB] ont été confirmés et renforcés. Après que le Président Boni YAYI leur a présenté les opportunités et les atouts dont regorge le Bénin, les investisseurs chinois se sont montrés très intéressés à faire affaires au Bénin dans des domaines aussi variés que l'exploration pétrolière et minière, la construction des infrastructures, les télécommunications, la production de matériels agricoles, le réseau ferroviaire, etc. Ils ont alors promis d'organiser dans les prochaines semaines une mission commerciale pour venir prendre la mesure des opportunités que leur réserve vraiment le Bénin. Ils ont été aussi très curieux de savoir les garanties et les incitatifs à l'investissement que leur offre le gouvernement béninois. Sur toutes ces questions les réponses des hautes autorités béninoises les ont visiblement satisfaits.
Après le CCIP, le Président Boni YAYI et sa suite ont tour à tour rencontré les Présidents de la Banque de Développement de Chine, de la Banque Populaire de Chine et de la Banque Export-Import de Chine. Ces trois personnalités qui entretenaient déjà d'excellentes relations avec le Président béninois ne lui ont pas marchandé leur soutien. Elles se disent entièrement disposées à couvrir la quasi-totalité des besoins financiers présentés par le Benin dans le cadre de ses grands travaux. A la demande de Boni YAYI , elles ont promis d'étudier la possibilité de mettre des lignes de crédit à disposition des institutions financières béninoises pour les appuyer dans leur politique de crédit bancaire ou de micro crédits à taux préférentiel. Le Président et sa suite ont, en outre, rencontré le Président de la China National Offshore Oil Corporation [CNOOC] qui est spécialisée dans les explorations pétrolières pour identifier et exploiter des gisements de pétrole au Bénin. Boni YAYI s'est alors employé à les convaincre de rejoindre les sociétés américaines, françaises, norvégienne, nigériane et autres qui prospectent déjà les fonds marins béninois (maintenant sécurisés par la délimitation à l'amiable des frontières avec le Nigeria).
« Le Bénin appartient au même Golfe de Guinée que le Nigeria, le Cameroun, le Congo, la Guinée , le Gabon. Si tous ces pays ont le pétrole, Dieu ne peut pas avoir été si injuste pour ne pas en donner au Bénin. Je suis convaincu et je suis prêt à parier que vous trouverez aussi du pétrole dans mon pays. Des blocs sont identifiés et disponibles pour exploration mais nous voulons aller vite, très très vite. Envoyez dès les prochains jours une mission d'études préliminaires au Bénin pour que nous allions très vite. », leur a-t-il dit, avec la ferme assurance que le Bénin peut devenir un pays producteur de pétrole. Il a d'ailleurs invité la CNOOC à participer au projet de construction d'une raffinerie au Bénin.
L'après midi de ce lundi 2 août 2006 fut des plus mémorables pour la délégation béninoise qui a été reçue par Son Excellence HU Jintao, le Président de la République Populaire de Chine. Accompagné d'une délégation des plus hautes autorités chinoises, il a personnellement conduit une séance de travail entre les délégations chinoises et béninoises avant d'offrir à ses invités béninois, un buffet digne de la prestigieuse culture chinoise. De cette séance de travail, il ressort essentiellement que :
Les relations commerciales, économiques, culturelles et politiques sont au beau fixe entre les deux pays. Le Bénin abrite l'un des rares centres culturels chinois en Afrique, soutient toujours la Chine dans les instances internationales et entretient à tous les égards des relations exemplaires avec la Chine ;
Pékin considère le Président Boni YAYI comme un ami intime et fidèle du peuple chinois de part ce qu'il a fait au profit de la Chine en tant que Président de la BOAD. En effet, Boni YAYI se serait rendu 4 fois au moins en Chine lorsqu'il était à la BOAD. Sa visite en Chine quelques mois après son investiture est donc allée droit au cœur des chinois qui n'ont pas manqué de l'en remercier. Ils ont, en conséquence, promis de tout mettre en œuvre pour lui permettre d'honorer ses promesses électorales pour un renouveau économique du Bénin;
Plusieurs sociétés chinoises ont déjà investi au Bénin et continueront de le faire, dans les domaines de l'agriculture, du textile, des télécommunications, etc.) avec les encouragements et le soutien du Président HU Jintao;
Pour le coton, le Bénin est aujourd'hui le 2 ème fournisseur africain de la Chine tandis que les échanges commerciaux entre les deux pays sont en constante croissance. Cette croissance soutenue (et supérieure à 50% chaque année) ont permis aux deux pays de faire des affaires pour 1.09 milliards de dollars en 2005 et déjà 620 millions de dollars pour le 1 er semestre 2006. C'est pour tout cela, encore plus que par le passé, que la Chine veut œuvrer aux côtés du peuple béninois qui lui a toujours été hospitalier et fidèle.
Dans ces conditions, Boni YAYI ne s'est pas fait prier. Il a sollicité la Chine et pour construire a Bénin un échangeur, un nouvel hémicycle et une résidence présidentielle. La Chine s'est montrée favorable à la construction de l'échangeur et promet étudier les autres projets. Avant la signature de plusieurs accords entre les deux pays, Boni YAYI a aussi accepté une invitation du Président HU Jintao pour participer en novembre prochain au sommet sino-africain qui réunira les Chefs d'Etats africains autour du Président Chinois.
Enfin et pour ses premières 24h en Chine, le Président Boni YAYI a obtenu la signature des conventions et accords de coopération ci-après :
Un don d'environ 2 milliards de francs CFA de la Chine au Bénin;
Un prêt à taux préférentiel de 1.5 milliard de francs CFA environ;
Un don de matériels agricoles d'une valeur de 350 millions de francs CFA;
Un don de médicaments contre le paludisme d'une valeur de 150 millions de francs CFA;
Un accord de coopération culturelle 2006-2009;
Un contrat entre la Banque Export-Import de Chine et le Bénin pour financer le projet de modernisation de la Poste béninoise pour en faire une cyber poste;
Le projet de construire à Cotonou un Centre de Développement Économique et Commerciale de la Chine , pour rayonner dans toute la sous région, a été aussi confirmé. Ses travaux démarreront dans les prochains jours.
Sur plusieurs autres dossiers très sensibles pour le Bénin , le gouvernement chinois a promis d'appuyer ses entreprises pour qu'elles puissent massivement investir au Bénin.
En attendant la suite de cette visite officielle, on peut déjà dire que le Président Boni YAYI continue de séduire ses hôtes de par le monde et que notre pays doit plus que jamais se mobiliser et travailler pour en profiter. Si chacun de nous y met du sien pour faire reculer la corruption et rendre notre pays compétitif, il est permis de croire que notre révolution économique est déjà en marche.
Publié par djiwan à 14:58:48 dans - Ntic | Commentaires (1) | Permaliens
1er août 1960, le Bénin, alors Dahomey accède à l'indépendance. Aujourd'hui 1er août 2006, 46 ans après, le bilan est là fait de douze années d'instabilité politique de 1960 à 1972, de 17 ans de régime marxiste léniniste de 1972 à 1989. Et depuis 16 ans une ère de démocratisation ponctuée d'alternances paisibles au pouvoir faisant du Bénin un laboratoire de la démocratie en Afrique.
Si au plan politique, la stabilité règne depuis quelques années,, au plan économique par contre, c'est la morosité. La gabégie, la corruption, la mauvaise gouvernance en sont les causes. Conséquence, la vie sociale et en particulier les béninois se portent mal.
Le 06 avril, dans un sursaut collectif, ils ont voulu changer le cours de leur vie en portant massivement au pouvoir un homme qui croît dur comme fer que ça peut changer, ça doit changer et que ça va changer.
Depuis, nous l'avons vu à l'œuvre, courir contre la montre arpentant monts et vallées, survolant mer et océan, donnant des coups de pieds dans la fourmilière et bousculant les habitudes invétérées car l'enjeu est sérieux. Si certains de nos compatriotes l'adulent, le félicitent, l'encouragent et le soutiennent, d'autres par contre restent cependant sceptiques et se demandent jusqu'où il pourrait aller.
Dans le cadre de ce 1er août, l'ORTB, en particulier, la Télévision nationale, s'honore de recevoir le premier des Béninois, Bon YAYI. Pour la première fois de l'histoire de notre pays, un Président de la République accorde un entretien à la presse à l'occasion de la fête de l'indépendance.
Merci Monsieur le Président, d'avoir accepté notre invitation.
BONI YAYI : Merci d'avoir pensé à moi.
Monsieur le Président, vous avez été le président de la Banque ouest africaine de Développement pendant 11 ans, comment est ce que vous appréhendez vos nouvelles fonctions à la tête de l'Etat Béninois.
Je dois vous dire qu'il s'agit de deux environnements différents mais qu'on peut rapprocher du point de vue des objectifs. Pourtant, pendant les 11 années que Dieu m'a permis de passer à la tête de cette institution sous-régionale, nous avons été dans cette conviction que seul le développement libère l'homme. Et c'est dans cet esprit qu'il a été créé cette institution. Et tout le séjour que nous avons passé là-bas, nous avons appris à nous familiariser avec cet objectif.
Alors, je me retrouve à la tête de l'Etat béninois où la question politique est presque réglée, vous comprenez ce que je veux dire. Je retrouve un peuple décidé, décidé de faire parler de lui-même dorénavant dans ses ambitions économiques, dans sa vision de faire du Bénin un pays de prospérité, de création de richesses et de partage. Donc, je crois que même si les environnements sont différents, les objectifs se rejoignent et je ne me sens pas dépaysé.
La question de la filière coton : vous avez fait du coton une priorité à votre arrivée au pouvoir. Vous avez ordonné le paiement des cotonculteurs. Vous nourrissez l'espoir d'aller à 600.000 tonnes pour la campagne 2006. Est-ce qu'on peut s'attendre encore à ces 600.000 tonnes pour cette année ?
Oui ! je crois que l'enjeu était de taille, l'ambition reste la même et demeure. Ce n'est plus la peine de reprendre l'exposé des motifs. Le Bénin était connu à l'époque par sa performance en matière de production cotonnière. Et du coup, cet accident. Cet accident qui, j'allais dire, a failli nous emporter et emporter la Nation. Parce que si cette filière cotonnière disparaissait, on ne parlerait plus du Bénin à l'échelle internationale. Il s'y ajoute d'ailleurs que ce qui est fondamental et que nous devons retenir si nous parlons du coton, il ne s'agit pas d'une culture comme n'importe quelle culture, c'est une culture importante. Parce que sans me tromper sur la base des statistiques établies internationales deux Béninois presque sur trois vivent de cette filière. C'est une question entièrement importante et je crois que ce n'est pas par pur hasard que vous me l'avez posée. Nous avons pris cet enjeu au sérieux et le dispositif institutionnel qui a été mis en place, le dispositif matériel, le dispositif humain laissent croire que l'ambition qu'on s'est fixée, celle de doubler la production ne serait pas un vœu pieux. Mais malheureusement, l'obligation de rendre compte m'oblige de dire la vérité.
Et la vérité aujourd'hui, c'est quoi Monsieur le Président ?
La vérité, c'est qu'on n'a pas compté peut être avec le coton les aléas climatiques. C'est ce qui m'a été rapporté avant de rentrer dans ce hall, dans cette salle. Que du fait de l'insuffisance des pluies, on peut déjà à la baisse cet objectif.
C'est une projection, c'est un objectif qu'on s'est assigné. Tout ce que chacun doit faire dans la vie, c'est de dire j'ai la volonté de faire ceci et c'est ce que nous avons voulu faire. Et il semble que en réalité, on peut espérer 70% de cette prévision.
Monsieur le Président, la question des intrants n'était pas liée à ces aléas climatiques ? Est-ce qu'on peut trouver une solution définitive ?
Ecoutez, je ne sais pas à quoi vous pensez. Cette question n'est plus une question récurrente puisqu'elle a été réglée. Les intrants, vous avez parfaitement raison, ont été un facteur d'incertitude à un moment donné. Tant il est vrai que le monde qui s'en occupe n'a pas su gérer cela dans l'harmonie. Mais rendons grâce à Dieu, nous avons su trouver une solution. Et, je crois que pour répondre à votre question, nous devons tenir compte de ce qui s'est passé. Je crois, votre sentiment c'est que pour nous autres, c'est un appel dont il faut tenir compte pour faire en sorte que nous puissions revoir le cadre institutionnel qui doit présider dorénavant à la promotion de cette filière pour le bonheur de notre peuple.
Monsieur le président, au-delà du coton qui reste, on vient de le voir, l'épine dorsale de l'économie béninoise, vous êtes allé plus loin en proclamant la révolution verte. Vous avez rencontré les acteurs du secteur agricole. Quelles sont les stratégies définies pour atteindre cet objectif d'autosuffisance ?
Ecoutez, ce que nous avons constaté, c'est connu de tout le monde. L'agriculture, vous l'avez si bien dit, nous n'irons nulle part si elle est marginalisée. Tant il est vrai que ce secteur utilise, comme vous le savez bien, plus de 80% de nos recettes d'exportations, si je n'exagère, font pour plus de 12%, 13% du produit intérieur brut, c'est-à-dire de cette richesse que nous créons tous les ans. On peut en multiplier l'importance. Mais aujourd'hui, nous sommes en train de prendre du retard. Donc, c'est la raison pour laquelle nous avons estimé qu'il s'agit d'identifier maintenant les piliers sur lesquels il faut travailler pour que nous puissions reprendre cette agriculture. Et l'objectif, c'est que le Bénin doit être dorénavant une puissance agricole d'ici les dix, les quinze années à venir, si on veut être laxiste ; faire en sorte que le Bénin fasse partir des quinze premières puissances agricoles du monde. Je dis du monde et non du continent africain. Alors, il y a la question de l'eau qu'il faut impérativement régler, la maîtrise de l'eau autour de laquelle il faut s'atteler. Parce que jusque là ce que nous avons fait, nous attendons qu'il pleuve. Nous n'avons pas mis en place des mécanismes ou des techniques de conservation d'eau. Il faut qu'on règle ça. Il y a la question des pistes rurales, la question de la mécanisation de l'agriculture, la question de la diversification, la question de cadre institutionnel, la question de financement, vous voyez, et la motivation. Nous avons fait de chacun de ces points un programme de travail. Et nous en sommes heureux pour la simple raison que lorsque nous avons rencontré nos concitoyens qui ont eu la chance d'avoir été formés pour promouvoir ce secteur, je veux nommer les ingénieurs agronomes, je leur ai dit que l'agriculture ne se fait pas dans les bureaux. Ils ont été formés par le contribuable béninois, par la Nation. Mais la Nation est en danger, il fallait pour eux un sursaut et, je crois que c'est ce qu'ils ont fait. Ce plan stratégique pour la relance de l'agriculture à notre avis, est une mine d'enseignements. La vision est là, les stratégies sont nombreuses. Vous savez ce que nous sommes en train de faire, c'est de phaser les différentes actions, c'est-à-dire qu'est ce que nous allons faire dans les deux mois à venir, dans les trois mois, dans les six mois, de manière à ce que le concitoyen sente en réalité que ce n'est pas encore une stratégie de plus.
On a déjà entendu dans ce pays que l'agriculture est le moteur de notre développement et ce sont ces mêmes ingénieurs agronomes, ces mêmes vétérinaires qui étaient aux côtés de ces personnes ?
Ce n'est pas le même leadership en termes de vision.
La question des hydrocarbures est une de vos priorités, où en êtes vous aujourd'hui ? Y a-t-il eu de reculade ?
Non pas du tout. Pour une question aussi importante, aussi grave, il ne saurait y avoir de reculade. Ce qui est important, c'est de tenir compte de l'environnement. Nous avons dérapé, il faut le reconnaître. Si je dois vous répondre par ce à quoi vous faites allusion, c'est-à-dire aujourd'hui de la forte dépendance de nos citoyens de ce que nous appelons maintenant ce commerce illicite et que tout le monde reconnaît comme commerce dangereux. Je dis que tout est lié. Si on a su gérer le secteur formel on ne parlerait pas de ce secteur informel, j'espère que vous êtes d'accord avec moi. C'est la raison pour laquelle, lorsque nous sommes arrivés, nous avons dit la priorité des priorités, c'est il faut qu'on assure l'approvisionnement du pays. Mais je parlais d'un certain nombre de handicaps. La structure appelée à s'en occuper a été défaillante. Mais que faire ? Le gouvernement précédent a mis en place un cadre qu'on peut appeler provisoire. Et c'est à l'intérieur de ce cadre que nous avons estimé qu'il faut aller de l'avant, ça n'a pas été facile. Nous avons sollicité le concours de nos partenaires bilatéraux, multilatéraux. Nous avons mis en place des mécanismes financiers, bancaires sur place. Et aujourd'hui, nous nous approvisionnons au même titre qu'un Etat sérieux c'est-à-dire le bateau flottant avec des moyens financiers. Regarder lorsque la crédibilité convient, c'est que certains Etats nous font des livraisons à régler avec un certain délai de grâce. Ce qui fait qu'aujourd'hui nous pouvons dire que par le canal des stations de la Sonacop que la totalité des ces stations sont approvisionnées. Et ce qui marque, c'est que par ce biais là nous contrôlons à peine 50% du marché. Si on ajoute ce qu'apportent les sociétés privées de distribution oryx et consorts, naturellement le secteur informel reste encore contraignant. Donc la priorité, allons vite dans l'approvisionnement total, allons vite dans la mise en place des contenances, des petites stations, des mécanismes appropriés dans nos campagnes les plus éloignées. Mettons en place une politique douanière fiscale appropriée, une bonne gouvernance entre nos frontières, entre le Nigeria et le Bénin. Et nous sommes convaincus que ce commerce illicite disparaîtra de lui-même. Et vous savez, le jour où j'ai rencontré mes patriotes qui s'adonnent à cela, l'un deux ma dit ceci : « monsieur le président, votre ministre nous donne un délai de deux semaines. Vous savez de quoi moi je me nourris ? Je me nourris de ça, ça fait 35 ans. Que je me nourris de ça et j'emploie environ 540 agents qui sont des Béninois. Et vous me demandez de faire quoi, de mettre une croix sur 35 années d'exercice. Ecoutez, nous en sommes conscients. Vous êtes sérieux, on vous prend au sérieux. Le résultat, c'est que avec vous, nous sommes convaincus que le Bénin va en finir. Mais allons y progressivement et méthodiquement ».
De cette façon de gouverner, comme vous l'avez dit, au regard de l'ultimatum, du moratoire, ils en sont à organiser aujourd'hui une fête dans tout le pays ces vendeurs et trafiquants dans le secteur informel. La politique responsable veut qu'ils arrêtent et qu'on mette en place ce qu'il faut pour approvisionner le pays ?
Est-ce que cette façon de faire ne donne pas la limite de la gouvernance concertée ?
Je crois cette structure est nécessaire. Moi, j'ai appris avant d'arriver que le gouvernement précédent avait tenté mais certainement que les gens n'ont pas compris les mesures d'accompagnement. Ça a donné lieu à l'échauffement dans les rues. Nous sommes un pays de paix aujourd'hui. Les défis sont nombreux. Est-ce que quelqu'un s'est adonné à faire les statistiques de nos compatriotes qui s'adonnent à ça ? Et si je vous dis qu'il y a environ deux millions. Plus de deux millions. Ça veut dire quoi ?
1- c'est d'abord de leur expliquer la gravité de leurs actes. Ce n'est pas un commerce d'un pays comme le nôtre qui atteint un niveau de démocratie qui fait le bonheur de tout le monde. Et il leur est dit que nous sommes prêts à mettre en place des mesures d'accompagnement pour leur permettre de s'éloigner, de s'éloigner de cette activité. Donc, des mesures de reconversion, l'accès aux financements, aux micro-crédits, à l'encadrement et tout ceci nous conduit à aller vers cette politique d'accompagnement. Quand on parle de microfinance, ce n'est pas pour rien. C'est à cause d'eux. Les politiques doivent leur permettre de se désengager d'eux-mêmes, c'est-à-dire une prime d'incitation. Progressivement, ils doivent se dire «je perds » en m'adonnant à ce commerce. De toutes les façons, ils savent que nous sommes en train d'aller vers un butoir. Et ils savent qu'avec moi lorsqu'il y a un butoir...
Y a-t-il toujours le moratoire ?
De toutes les façons, nous sommes en train de nous organiser. Ce qui est convenu, c'est que nous avons mis en place un comité paritaire assisté par les deux parties c'est- à- dire le gouvernement et leurs représentants et qui sont en train de travailler avec les ministres. Je suis même impatient d'avoir ces résultats. Et ensemble, lorsqu'on aura arrêté les choses, à mon avis, l'essentiel est dans notre camp, puisqu'ils ont dit qu'ils sont prêts à se reconvertir pour autant qu'on leur propose quelque chose qui puisse les occuper. C'est parce qu'ils n'ont pas d'autres choses qu'ils se livrent à cela. Et donc la balle est dans notre camp. C'est pourquoi nous sommes en train d'aller vite. La preuve, on a avancé l'organisation du séminaire sur la micro finance prévu pour Septembre ou Octobre. On a dit non. Il vaut mieux carrément, à cause de ces populations, que nous puissions aller vite.
Justement la micro finance devient aujourd'hui un outil de développement pour aider nos compatriotes à sortir de la pauvreté. Alors l'expérience de la micro finance que certains quand même ont eu aujourd'hui démontre que les taux d'intérêt les tuent et pourtant vous aviez annoncé que vous pourriez au cas où vous viendrez au pouvoir, votre gouvernement pourrait dans sa politique engendrer le prêt mais à des taux zéro. Voulez-vous préciser votre pensée et comment ça va se faire aujourd'hui ?
Parlons quand même de la disponibilité des possibilités ou alors pour être clair parlons de l'accès à ces ressources là. Ce n'est pas donné. Ça fait des années que nous avons des institutions de micro-finance et je profite de cette occasion pour les féliciter, ces institutions qui ont pu faire ce qu'elles ont pu faire.
Elles sont en règle ?
Oui naturellement.
Parce que si elles n'existaient pas, la situation aurait été encore plus grave. Donc notre démarche participe de deux côtés : d'abord assurer la disponibilité et je crois aujourd'hui que l'Agence Nationale de Promotion de l'Emploi (ANPE) est interpellée. Elle verra son rôle renforcé en nous aidant d'abord à mettre sur place une banque de données. Quels sont aujourd'hui les femmes et les jeunes qui veulent bien travailler et qui sont dans une situation difficile ? Il faut qu'on ait les statistiques. Elle est entrain de le faire. Nous avons décidé de la renforcer également en mettant en place un fonds que nous allons appeler fonds de reconversion et de réinsertion qu'elle va gérer. Et ce fonds naturellement s'occupera de l'encadrement de ceux-là une fois qu'ils sont saisis. Encadrement en termes de renforcement des capacités à initier des projets, à évaluer les projets, à gérer les projets, la formation sous tous les aspects. Et lorsque ce volet là aura été pris en compte au niveau de l'ANPE, alors les intéressés seront pris en charge par le fond national de microfinance, qui aujourd'hui est en train de mobiliser les ressources intérieures, nos partenaires privés, nos partenaires bilatéraux, nos partenaires multilatéraux dans le dialogue que nous menons avec la communauté nationale et internationale. Donc ce fonds va donner des ressources ; renforcer ces institutions de microfinance qui existent déjà. Le fonds va leur donner les ressources d'octroyer à nos compatriotes qui seront dans le cas, une première assistance. Deuxième assistance, octroyer des garanties pour que ces institutions se décident à soutenir ces compatriotes, travailler au renforcement de capacités de ces institutions de micro-finance. Je crois que là où nous en sommes, lorsqu'on va régler le problème de la disponibilité, naturellement, quelles conditions ? Parce que la question de l'ampleur de la pauvreté est telle que si le secteur financier veut apporter sa contribution, alors cette contribution doit être franche et sincère. Les taux d'intérêt sont élevés, on n'y peut rien. Certaines institutions vont jusqu'à 22, 23%. C'est pourquoi au niveau des trois institutions, la Banque ouest africaine de développement, la Banque centrale des Etats de l'Afrique de l'Ouest, la Commission de l'UEMOA, nous avons décidé de créer la Banque régionale de solidarité, que nous appelons vulgairement la banque des pauvres pour renforcer ces institutions de micro-finance. Mais l'autre volet c'est qu'elle octroie elle même directement. Et elle aussi, il faut la renforcer. On m'a dit qu'elle fait un taux de 8 à 10%. Par rapport à ces institutions qui faisaient du 22%, on a fait un pas. Je ne sais pas l'esprit demeure qui consiste à octroyer ces micro-crédits à des taux suffisamment bas pour ne pas dire nuls. Et justement les efforts que nous ferons doivent aller dans cette direction. Faire en sorte que les ressources qui seront mises en place à nos compatriotes, qui souffrent dans ce secteur, soient des ressources les moins chères possibles. J'ai même oublié de dire que ce fonds national de micro finance va intervenir de manière à ce que les taux d'intérêt soient de plus en plus bas. Donc ça épouse quoi ? Ça épouse l'idéal que nous avons défendu pendant ce à quoi vous avez allusion, le projet de société. Moi j'ai la conviction que d'ici là, on va en arriver là, en toute action provenant du gouvernement. Mais ce que je voulais dire dans cette affaire, si vous prenez l'UEMOA, elle est connue par la qualité du secteur financier formel. Le secteur financier formel est saint, sécurisant ; tant il est vrai que l'environnement est sain, sécurisé, tant il est vrai que les conditions d'accès, l'agrément de licence ont été , j'allais dire, assainis par des institutions et chaque institution a su joué son rôle. Nous voudrions passer par là en ce qui concerne aujourd'hui les institutions de micro finance. Faire en sorte que ce secteur financier les gens l'appellent secteur financier informel, je ne sais même pas pourquoi il y a un débat là-dessus mais on se comprend bien- pour que ce secteur soit également assaini de manière à ce que de plus en plus maintenant le secteur financier de notre union d'une manière générale, du Bénin d'une manière particulière, offre plus de facilités, en tout cas, contribue sincèrement à l'éradication de la pauvreté. Je m'en suis félicité, les banques commerciales qui hier ne savaient pas de quoi on parle quand on parle de micro crédits, la plupart sont venus dire nous allons nous engager parce que nous sommes concernés par la pauvreté de nos concitoyens. Moi j'ai de l'espoir.
Monsieur le Président, on sait aujourd'hui quand même que les institutions de micro finance ne peuvent pas régler définitivement ou partiellement la question du chômage. C'est une contribution. Alors quel est l'apport de votre gouvernement ? En matière de réflexion, vous avez quand même réfléchi sur la question du chômage des jeunes. Il y a beaucoup de jeunes qui sortent de nos écoles et universités qui ne trouvent pas à faire. Vous avez parlé de l'adaptation de la formation à l'emploi, l'auto emploi. Mais est ce que en dehors de ça vous avez d'autres ambitions pour les jeunes de votre pays ?
Absolument. C'est complexe la question du chômage. Il faut, par cette occasion, dire ce que nous sommes entrain de préparer. Je crois qu'il faut que chaque chose ait son temps et généralement l'heure de Dieu est toujours la meilleure. Je crois aujourd'hui que si vous m'obligez à en parlez, vous allez me couper et vous ne serez pas satisfait. Je dois vous dire que vous avez parfaitement raison et que de toutes les façons, on ne peut pas régler la question du chômage d'une manière générale aujourd'hui en dehors de ce que nous avons dit. Je vous le dis : commençons d'abord à mettre de l'ordre dans nos affaires, la gestion de la cité. Commençons par mettre de l'ordre parce que c'est fondamental, parce que on sait déjà ce qu'on veut faire. Ce qu'on veut faire, c'est d'assurer la prospérité de la Nation ; faire en sorte que chaque Béninoise et chaque Béninois vive son bonheur, donc ait du travail, crée la richesse ou contribue en partie à la création de la richesse de ce pays. Votre question pose le problème de la stratégie. C'est pourquoi je vous ai dit que j'aurais proposé qu'il y ait une autre émission parce que pour ma part, nous devons d'abord reprendre, gérer nos ressources et pour le faire nous devons régler la question de la bonne gouvernance. Parce que nous permettant d'abord dans un premier temps, d'identifier et de retenir toutes les ressources que nous gaspillons aujourd'hui sous toutes les formes, il y en a. Je suis en mesure de vous dire que c'est ce qui me tient à cœur aujourd'hui. Si le peuple béninois accepte ce combat parce que c'est lui qui a décidé le changement, ce n'est pas moi, c'est lui qui a décidé... Lorsqu'on parle de reculade, moi je ne recule pas. Il y en a qui veulent reculer peut-être. Si chacun doit accepter que le changement doit s'appliquer à lui, je vous le jure, on réussira sur le front de la bonne gouvernance. Et si on réussit cela, nous pourrions financer à 80%, je ne me trompe pas, je vous le démontrerai la prochaine fois, nos ambitions d'éradication du chômage.
Si nos ressources étaient bien gérées ?
Absolument. Je parle de la bonne gouvernance. A l'intérieur, nous avons la question de la promotion des investissements privés parce que c'est les investisseurs qui créent de l'emploi.
C'est à ça qu'on en vient Monsieur le Président. On prendra le rendez-vous pour le problème de chômage.
Absolument, je vous attends, je vous attendrai. En tout cas, nous, on est presque prêt.
Donc le chômage, la lutte contre la pauvreté ne seront pas résorbés tant que les investissements ne seront pas à la hauteur de nos besoins ?
Certainement.
Malheureusement aujourd'hui, quand nous allons dans ce secteur-là, les investisseurs y redoutent quoi ? Ils redoutent le harcèlement du Fisc, l'hostilité du marché financier, la corruption, la rareté de la main d'œuvre qualifiée. Alors à cette allure, est-ce que vous n'avez pas un peu peur M. le Président que le Bénin demeure une destination maudite pour les investisseurs ? Parce que le dernier rapport de la CNUCED démontre aujourd'hui quand même que le taux d'investissement dans notre pays est si infirme que je n'ose même pas sortir le chiffre.
On est à près de 12%.
Même le président de la Banque Mondiale qui était chez nous il y a quelques jours, a parlé d'un certain nombre d'obstacles à l'investissement au Bénin
Qu'est-ce que vous en projetez ?
Je ne sais pas si vous me posez une question. Vous me demandez s'il faut que nous renoncions ? Non. Je vous ai dit qu'il y a une détermination. Nous acceptons de jouer le rôle de leadership. En termes de vision, entendons-nous sur la stratégie à mettre en œuvre. Dans tous les cas de figure..., que chacun se dise que nous sommes dans un état et que chacun n'est pas libre de faire ce qu'il veut pour autant que l'acte qu'il veut poser ne serve pas l'intérêt national. Donc cette question de l'autorité de l'Etat est fondamentale. Secundo, je viens de le dire, je risque de vous ennuyer...
Pas du tout
La question de la bonne gouvernance, je vous le dis, est prioritaire et fondamentale. Nous réglons cela. Et d'ailleurs, vous avez raison, si le gouvernement veut promouvoir l'investissement, toutes ces questions sont des prérequis, c'est des préalables à lever sans compter maintenant tout ce que nous constatons au niveau de l'environnement des affaires. Vous l'avez dit, la question de la justice, la question de la réforme foncière, la corruption je mets ça dans la bonne gouvernance, vous avez raison, il faut répéter cela, la question des infrastructures, la question de l'eau, de téléphone des télécommunications, du point de vue coût naturellement en terme de compétitivité, la question de marché, la question de la décentralisation. Nous avons toute une série de points, de boutons sur lesquels nous devons toucher aujourd'hui. Ecoutez, une croissance à 3% aujourd'hui ; en 2007 une croissance démographique de 3,2%, nous n'avons plus rien encore à partager parce que la croissance économique, c'est tout juste ce que nous avons créé en plus au cours d'une année donnée, n'est-ce pas ? Tandis que ça, ça ne suffit pas parce que le nombre de bouches à nourrir augmente vite. C'est impossible. Et lorsque nous devons nous conformer c'est notre devoir en tant que gouvernement- d'ici-là à l'an 2015 en terme d'objectifs fixés par le système des Nations Unies, il faut : assurer l'éducation pour tous, réduire de moitié la pauvreté, l'accès à l'eau etc., je dois vous dire que nous avons encore du chemin à parcourir. Parce que à ce rythme, si la tendance n'est pas inversée, au lieu d'attendre 2015 pour le seul volet de réduction de la pauvreté, nous aurons besoin d'attendre l'an 2150. Vous voyez que c'est trop sérieux ce dont on parle. C'est trop sérieux. C'est pourquoi, les gens ont dit, qu'il y a des pays aujourd'hui, pour qu'ils espèrent d'ici à l'an 2015, réaliser certains de ces objectifs là, il faut une croissance de 7% . Mais ils ont commencé par dire 8%. C'est pourquoi dans notre projet de société, nous avons parlé d'une croissance à deux chiffres. Pour le moment huit, neuf pour cent et dans les cinq années à venir et c'est très sérieux. Le problème c'est que c'est possible. Quand je vois aujourd'hui :
1) la qualité des ressources humaines de notre pays ;
2) les potentialités agricoles, touristiques ;
3) Le positionnement géopolitique, géographique dans la sous région.
Je vous dis, que si nous excellons dans la bonne gestion, la lutte contre la corruption, la lutte contre l'impunité, l'obligation de résultat et l'obligation de rendre compte, je peux même fixer un rendez-vous, je suis prêt à parier que dans les cinq années à venir, on devrait tourner autour de 8% pour un taux d'investissement, vous l'avez indiqué, qui doit être autour de 30 %, 33%. Aujourd'hui, les pays asiatiques sont autour de ce taux d'investissement. Nous sommes à onze, douze pour cent. Mais pour faire quoi ? C'est pourquoi nous disons que nous sommes arrivés à un moment où nous avons su régler la question politique. La question économique doit être au fronton du quotidien de chaque Béninoise et de chaque Béninois et quelle émergence économique doit être la priorité des priorités ? Naturellement, elle a besoin de stabilité politique.
Quel sera le rôle du conseil présidentiel des investisseurs dans ce nouvel environnement incitatif à créer ?
C'est un cadre institutionnel pour promouvoir les investissements privés. Certains pays l'ont fait, le Sénégal, le Mali etc. Et d'abord, c'est une structure rattachée à la présidence parce que aujourd'hui l'Etat a tellement démissionné dans la plupart de nos pays que les investisseurs étrangers peuvent faire, exigent aujourd'hui qu'une structure de ce type-là soit logée auprès du premier magistrat de ce pays. Et c'est ce que nous avons fait. Maintenant, quand par exemple, nous avons dit, nous prenons 1/3 des investisseurs qui déjà connaissent ce qu'il faut faire, l'expérience en matière d'investissement au pays, 1/3 des étrangers qui veulent investir dans le pays et 1/3 des étrangers qui se posent des questions : faut-il aller investir au Bénin ? Je crois, on aura une équipe. On en aura de Béninois, d'Européens, d'Asiatique, d'Américains etc. qui vont se retrouver périodiquement et qui vont identifier les obstacles à la promotion des investissements privés. A chaque réunion, les décisions sont immédiatement exécutoires. Naturellement, tel que c'est fait, c'est le secteur privé qui parle devant le Président de la République. Et quand on parle du Président de la République, il y a le gouvernement qui est derrière. Naturellement, les décisions seront examinées en conseil des ministres. C'est pour dire que ces décisions seront immédiatement exécutoires. Si à notre première réunion, les gens sont allés jusqu'à dire voici ce qui nous fait mal au port de Cotonou, ça sera immédiatement réglé parce que nous ne sommes pas souvent là. Ceux qui vivent dans ce secteur privé, vivent au quotidien les problèmes d'investissement dans cette structure. C'est une mesure qui vient renforcer ce que nous appelons la gouvernance concertée.
Monsieur le Président, puisque vous parlez du Port, on sait que vous nourrissez aussi beaucoup d'ambitions pour ce Port. Vous étiez à Singapour, vous avez fait un peu la comparaison. Quelle est votre ambition pour le Port de Cotonou ?
L'ambition, vous savez, les Singapouriens ont réussi à faire de leur port le cœur de leur prospérité. C'est-à-dire que la richesse est partie du port et s'est répandue. L'analogie que j'ai faite c'est qu'il y a une forte similitude du point de vue du positionnement entre Singapour, Hong Kong, en Asie du Sud Est, le Bénin en Afrique de l'Ouest. Vous voyez, qu'il est là en tant que pays de transit, porte d'entrée des pays de l'Hinterland qui travaillent. Le Bénin, le Burkina, le Niger, le Burkina, le Mali, c'est des peuples sérieux qui, parce qu'ils sont défavorisés par rapport à des pays côtiers, ont besoin de la disponibilité de ces ports comme le nôtre. Je voulais dire que le Port Autonome de Cotonou fait perdre aujourd'hui environ 2% de croissance économique.
Comment le rattraper ?
Au prix des mesures que nous sommes en train de prendre. Il faut impérativement assainir tous les secteurs et préserver la sécurité, la compétitivité, la sérénité dans les opérations et compléter cela également par la sécurisation du corridor.
Et peut-être achever l'informatisation de tout le circuit ?
Alors le renforcement des capacités, le renforcement institutionnel, autant de réformes surtout à l'intérieur du port. Et c'est dans ce cadre là d'ailleurs que même nos partenaires aujourd'hui sont prêts à nous aider parce qu'ils ont su que sans le port, une croissance forte au Bénin n'est pas possible. Voyez, je parle du Millénium Challenge Account, les Américains, également la France, même le dialogue que nous menons actuellement avec les institutions de Breton Wood, la Banque Mondiale, le Fons Monétaire, la question du port est toujours prise en compte. C'est la raison pour laquelle, vous voyez, n'ayez pas le sentiment que nous exerçons un harcèlement sur le personnel du port. Non. Nous voudrions les appeler à plus de professionnalisme parce que nous sommes en train de nous écarter des normes internationales. Voilà ce que les Singapouriens ont fait et c'est ce rêve qui m'anime. Et je crois que aujourd'hui, le personnel a tout compris. Et toutes les régies, je crois, qui sont dans la plate forme, que ça soit les douanes, les transitaires, les consignataires, etc. Tout le monde est interpellé et je crois à la dernière rencontre, j'ai eu l'assurance que l'objectif est partagé. Et c'est ça qui m'encourage.
Monsieur le Président, la question des télécommunications, tout cela est lié à l'environnement des investissements. On va faire un ??????? sur la question des télécommunications et parler de vous-même et de votre accession au pouvoir. On sait qu'il y a une kyrielle de partis, d'associations qui ont soutenu votre candidature. Mais aujourd'hui, comment vous arrivez à gérer toutes ces attentes là au niveau de ces associations et partis politiques ?
Moi je n'ai pas de problèmes. Ce qui me préoccupe aujourd'hui : je suis sur une piste, je veux décoller et il y a des trous. Je décolle pour aller où se trouve la croissance. Voilà !
Vous évitez les trous ?
Non. Ces trous, il faut les boucher. ... Parce que là, le terrain politique est toujours partout.
D'abord, je voudrais remercier tous les Béninois et je l'ai fait. Parce que la stabilité politique n'est pas si évidente. On sait ce qui se passe ailleurs. Nous en sommes à ce stade aujourd'hui. Le message en tout cas qui m'anime tout le temps et je ne le répéterai pas assez, je dis bien merci à nos aînés qui nous ont gouvernés : le Président Kérékou, le Président Zinsou, le Président Soglo... Je les remercie infiniment du fond du cœur parce qu'ils ont su faire, ils ont fait ce qu'ils ont pu faire. Merci encore à la classe politique, également la société civile.
Vous venez d'arriver, est-ce que vous nous donnez la garantie d'aller sur ce terrain ?
Mais je suis condamné parce que en disant que nous allons faire une croissance à deux chiffres, j'ai supposé que la question politique est réglée. Alors, tous ces gens qui sont avec moi, que je crois sincères, sont entrain de s'organiser. Il y en a qui ont travaillé à mes côtés au moment où le peuple se préparait à choisir ses nouveaux dirigeants. Et ceux là, je vous le dis, pratiquement, ils travaillent toujours. Ils travaillent tous toujours, j'ai du mal, j'ai de la peine à m'exprimer de cette manière, ils travaillent toujours sans moyens parce qu'ils ont un idéal. Mais ce que je me propose, c'est de tout faire pour que nous partagions la même vision. Ce n'est pas que nous venons parce qu'il y a un gâteau quelque part. Non, ce n'est pas en ces termes là. Ce n'est pas du tout en ces termes. Ceux que je crois sincères veulent bien parce qu'on s'est déjà entendus sur la vision et ils sont prêts à venir. C'est dans ce sens qu'il faudrait un effort considérable pour que nous puissions nous retrouver dans un cadre de concertation stable et ayant la même vision, la nécessaire marche de la prospérité du pays. Voilà là où nous en sommes. C'est vrai, vous dites qu'ils sont nombreux. Je m'en félicite. Ça veut dire quoi ? Ce sont eux qui ont décidé le changement et si je ne vais pas dans cette direction, je les aurais trahis.
Monsieur le Président, il y a plus de trois mois que vous avez formé votre Gouvernement. Mais les cabinets ministériels tardent à être formés. Qu'est-ce qui bloque la formation des cabinets ministériels ?
D'abord, je ne comprends pas cette question là. C'est les béninois qui sont dans les cabinets !
Cela bloque un peu le fonctionnement de l'administration ! Quand il y a un nouveau régime, ceux qui étaient là se mettent toujours dans la position d'être balayés. C'est la pratique. Vous avez peut-être décidé de changer les données ?
Ecoutez, ça c'est une question qui me peine. Nous sommes arrivés à un stade où nous devons réellement nous poser cette question pour la simple raison que l'administration doit être une administration neutre. Et nous devons travailler là dessus. Voyez, nous sommes arrivés... Mais tous les partenaires qui viennent et que je reçois, je ne le dis pas, ils ont dit « l'équipe nous rassure ». Vous avez, un seul problème : l'administration. Vos administrations ne nous rassurent pas. Ça veut dire quoi ? Nous devons aller vers une administration moderne et qui soit un vecteur de développement. Alors, pour ma part, je pense à ces concitoyens compétents, je dis bien compétents, intègres, honnêtes, qui ont un idéal pour le pays. Mais pas à ces concitoyens qui, à chaque occasion se disent : « où se trouve le sens du vent ? C'est lui qui va gagner... » . Et lorsque ça change on commence à changer encore. Ma conclusion est celle-ci : nous allons travailler pour avoir une administration neutre qui soit la mémoire, pour permettre au secteur privé d'intensifier le rythme de la création de richesses. C'est ça que nous n'avons pas aujourd'hui. Vous avez des pays comme le Canada qui nous donne un bel exemple ! Et nous allons parvenir à cela. L'administration doit être neutre de toutes ces activités politiques. C'est vrai, dans la constitution, tout citoyen se sent concerné mais je veux bien que nous donnions maintenant un idéal. Maintenant, est ce que c'est ça qui inquiète parce que les gens sont sûrs de partir ? En tout cas, les instructions que moi j'ai données, c'est de privilégier le professionnalisme, l'excellence et surtout, la conviction, je dis la croyance à ce changement et la capacité à y apporter. Voilà. Je crois que c'est le point de départ.
Lorsque nous sommes arrivés, nous avons déjà fait un séminaire et c'est dedans que nous avons dit, comment allons nous faire ? D'abord, nous devons nous connaître, on l'a fait. Qu'est ce que nous voulons faire ? On s'est entendu. Deuxièmement, comment nous allons organiser la Présidence de la République ? Il fallait un texte organique, un décret, etc. C'est là où nous avons pris du temps. Donc c'est à partir du décret que les décrets dérivatifs des ministères ont été faits. Au niveau des ministères, il y a eu du retard. C'est ça qui a fait que aujourd'hui, en réalité, la question des nominations a pris du temps. Mais je dois vous dire que pour ma part, ceux qui étaient là, s'ils sont compétents, il faut les laisser ! Je dis bien s'ils sont compétents parce que c'est ça qui est fondamental. Moi, je suis arrivé. L'équipe qui a été mise en place, avec qui je travaille aujourd'hui est constituée de 2/3 de technocrates. Et sur les 2/3, peu d'entre eux ont été connus par moi-même avant de poser l'acte. C'est-à-dire, j'en connais peu en dehors du Ministre du Développement, de l'Economie et des Finances et de certains parmi eux. C'est parce que j'ai donné le mode d'ordre en disant : le premier Gouvernement doit être basé sur le professionnalisme, des hommes de dossiers et des hommes intègres. Certainement, quelque part, on a commis des erreurs. Mais voici ce qui a été le mot d'ordre, au point que ceux qui ont fait le travail, se sentent aujourd'hui trahis. Mais pour moi, c'est pour renforcer la crédibilité de ce que nous voulons faire et, chaque fois que je les rencontre et qu'ils me disent : « Ah bon ! Vous nous lâchez ! », je dis non. Vous êtes présents, vous êtes là. Ce que je vous demande, nous devons mieux nous connaître, tirer sur l'excellence. Tout ce que nous faisons doit apporter la crédibilité devant le peuple. Donc c'est sur cette base que le Gouvernement a été constitué. Donc, vous comprenez très bien que ce n'est pas moi qui vais aujourd'hui faire partir des gens qui sont compétents ... à moins qu'ils n'aient commis peut être trop d'excès pendant que le peuple a décidé de changer, de se situer au niveau de la comparaison des projets de société.
Monsieur le Président, on entend aussi dire que si les cabinets ministériels tardent à être formés, et c'est la dernière question sur ce volet là, c'est parce que vos proches aussi veulent placer leurs Hommes. Est-ce que c'est vrai cette information ?
Je ne suis pas informé. C'est leur droit légitime. Ils se disent : « Vous nous avez lâché pendant la constitution du Gouvernement. Nous avouons compter en notre sein des compétences, mais pourquoi vous nous laissez ? » On ne peut pas comprendre ça ! Naturellement, c'est des forces politiques, c'est des partis politiques. C'est leur droit. Ils disent « Nous sommes constitués pour prendre le pouvoir. Mais nous avons gagné les élections et on se sent écarté de l'exercice du pouvoir». Je leur ai dit non. Ce qui compte, c'est surtout l'excellence. Nous allons travailler, nous allons gérer... Au début, nous avons parlé du partenariat ! Nous allons reprendre les termes du partenariat. Nous allons identifier les poches de compétence et je leur ai donné l'assurance que ces compétences ne seront pas abandonnées.
Là, vous l'avez dit, il y en a qui vous ont aidé et qui se mobilisent aussi et qui continuent et, au regard de ce qui se passe dans notre pays, on a l'impression qu'il n'y a pas une opposition politique à votre action. Ensuite, vous soulevez une popularité que je crois fait rêver beaucoup de politiciens dans notre pays.
Si c'est vrai, je ne peux que rendre grâce à Dieu. Et, surtout, c'est une interpellation pour ma part : je ne dois pas décevoir !
Justement, ma question était celle-là : est ce que les partis politiques ne sont pas importants ? Et comment ne pas décevoir la majorité des Béninois ?
Je dois vous dire une chose. On a voulu me prêter une intention. C'est ça que vous avez voulu traduire. Je vous comprends bien. C'est de venir détruire les partis politiques. Non, loin de là. J'ai écouté. Le peuple est arrivé à un stade. Vous l'avez dit dans votre exposé liminaire. Vous avez dit, notre démocratie aujourd'hui est admirée. Mais dans le même temps, nous avons faim, le peuple a faim ! Mon arrivée c'était dans le sens d'apporter ma contribution dans ce sens là en disant qu'il est possible d'intensifier le rythme de création de richesses mais à condition que nous changions de comportement. Et j'ai compris qu'en réalité, c'est ce que le peuple voulait. Nous en sommes certain. Donc, je suis respectueux de la constitution qui dit que la vie politique est animée par les partis politiques. Je les ai remerciés, parce qu'ils ont travaillé pour la stabilité de notre pays. S'il n'y avait pas cette stabilité, le Bénin n'existerait pas. On parlerait, peut-être..., je ne voulais pas donner l'exemple d'un autre pays. J'ai un respect total et profond pour ces partis politiques.
Peut-être, ce qui reste, je crois qu'ils sont entrain de le faire, que chacun d'eux puisse mesurer, peut-être, la distance qui le sépare du peuple, du point de vue des ambitions que nourrit aujourd'hui ce peuple et, partant de là, identifier les réformes. Et c'est là où, quelque part, je suggère cette conviction que, nous allons nous rencontrer. Et, dans tous les cas de figures, nous sommes tous des Béninois. La question de la gestion de la cité veut la cohésion nationale, et je tends la main à tout le monde pour que nous puissions y arriver.
La question de l'opposition, je suis mal placé. En tout cas, le cadre institutionnel existe. Il y a une loi sur l'opposition. Nous allons bientôt prendre le décret pour confirmer cela. Il y a derrière, un certain nombre de conditions. Mais, certes, le décret sera pris, il n'y a pas de démocratie sans une opposition constructive et responsable, et je souhaite cela. Si elle existe, au fur et à mesure qu'elle va mûrir, à mon avis, la gestion de la cité sera de plus en plus transparente. Et, je me félicite déjà de ceux qui apportent des critiques constructives et non ceux là, peut-être, qui sont là pour tout détruire parce que c'est lui qui est là et il faut l'empêcher.
Parlant de partis politiques, est-ce que vous vous reconnaissez à travers le Front Républicain d'Action Patriotique, le FRAP, qui, selon ses initiateurs, va « frapper très fort » lors des prochaines législatives ?
C'est quoi reconnaître ?
Est ce que c'est votre parti politique ?
Non. Moi, je n'ai pas de parti. Aujourd'hui, je n'ai pas de parti.
Mais Convergence Cauris, Force Cauris... ?
C'est des citoyens qui ont décidé de créer. Si je vous dis que j'ai eu l'information presque au même titre que vous !
Pourtant le FRAP, c'est votre épouse qui l'a créé et qui s'est retirée après ?
C'est quoi le FRAP ? Je crois, j'ai dit à mon épouse de se retirer, de s'éloigner définitivement et de s'adonner à des questions d'œuvres sociales. Je crois que ça c'est clair. On ne peut pas empêcher les patriotes qui ont compris le sens ou l'enjeu, la question fondamentale, l'idéal, la prospérité pour notre pays, qui décident de s'organiser sur la base de ce mot d'ordre de changement. Qu'est-ce que vous leur reprochez ? Dans ce cas alors, on me verra derrière tous les mouvements, plus de 200 mouvements qui disent : c'est le changement, ou peut-être la cinquantaine de partis politiques qui disent le changement ? Il y a des partis politiques qui travaillent sur cette base et je dis, une fois de plus, je les remercie. Je les remercie parce que je n'ai rien. Et avec les pratiques antérieures, je n'ai rien à leur donner en tant que tel. Et j'ai compris, en fait ils sont animés par un idéal et ils continuent, ils ne se découragent pas. Je profite de ce temps d'antenne pour les remercier. Dans tous les cas de figures, les législatives, elles, sont prochaines. Et c'est l'occasion pour moi de remercier l'institution parlementaire et les députés, et je le répète, j'ai du respect, une considération profonde pour chacun d'eux. Ils sont tous animés par le devenir de ce pays. C'est avec eux que nous allons préparer cette échéance. Maintenant, les partis politiques qui se préparent pour y aller et qui pensent que c'est le changement, ... si vous allez appeler ça la « majorité », je ne demande pas mieux... Je prie Dieu. Que Dieu puisse bénir tout le monde et puisse bénir toute cette Nation.
Donc en 2007, nous irons aux Législatives ?
C'est notre souhait. Et je lance un appel à toutes les institutions de la République, à la Société civile, à toutes les autres couches pour qu'ensemble nous puissions préparer cette échéance là, dans la paix. Nos députés ont posé ce problème, que nos élections sont extrêmement onéreuses. Ils ont parfaitement raison. Mais ensemble, je suis convaincu que nous allons organiser cette échéance à moindre coût. Ça veut dire qu'il faut revoir la loi.
Nous y allons avec la LEPI, le RAVEC ou la LEA ?
Là où nous en sommes, il faut être réaliste ! Je crois, le souci qui anime les députés, c'est de faire en sorte que nous parvenions à des élections véritablement transparentes et démocratiques. Je les en félicite. Je crois, ils ont raison. Que Dieu les aide. Que Dieu les garde. Mais, le problème aujourd'hui, c'est que nous avons été surpris par le calendrier constitutionnel qui veut que les législatives viennent en 2007. On est tous attachés à la constitution, je crois. Et ce que nous avons découvert, et vous le saviez bien, le peuple béninois est attaché à sa constitution, compte tenu de tout ce qui s'est passé. Et je profite pour encore saluer le professionnalisme de la Cour Constitutionnelle, la sérénité des députés de notre institution parlementaire, la sérénité de la société civile et de tout le monde. Donc, ce que nous avons proposé, c'est que la LEPI, aujourd'hui du point de vue du délai, est pratiquement impossible ; sans compter maintenant le coût que cela requiert. Alors, rapidement, on peut utiliser cette proposition de marque qui consiste à faire le RAVEC, comme on le dit le Recensement Administratif à Vocation d'Etat Civil. Ça donne le droit de citoyenneté à tous nos compatriotes qui n'ont pas encore un état civil : jugement ou acte de naissance, etc. Lorsque nous aurons fait tout ce travail, on créera une base de données. Et là, lorsque la CENA sera mise en place, elle saura utiliser ces données là : extirper la lise de nos concitoyens en âge de vote, c'est-à-dire 18 ans et au delà. Et lorsque nous allons finir de le faire, progressivement, nous allons arriver à la LEPI, en tout cas, avant les présidentielles de 2011.
Nous allons revenir au volet gouvernance et à la lutte contre la corruption précisément. Et j'ai juste une préoccupation. Vous l'avez dit, il faut que nos élections soient moins onéreuses. Et certains disent qu'il n'y a pas d'argent pour organiser les élections tel que ça se passait. Alors, ma préoccupation, c'est de savoir aujourd'hui quel a été votre héritage sur le plan financier quand vous êtes venu et est-ce que cela augure d'une organisation financière pour les législatives ? Est-ce que les Béninois peuvent être rassurés ?
Ecoutez, je ferai tout pour créer les conditions pour une concertation avec l'institution parlementaire parce qu'elle a sa partition à jouer dans cette affaire. Et chaque institution a son rôle. Je ne ferai pas le travail qui est dévolu à l'institution parlementaire ! C'est aussi la démocratie et c'est le respect de la Constitution. Pour ma part, un Gouvernement est créé pour respecter, pour se donner à ses missions constitutionnelles au rang desquelles figure l'organisation des élections. A ce niveau, nous n'avons pas d'argent pour organiser les élections comme elles ont été organisées dans le passé. Mais nous aurons de l'argent dans le cadre légal, plus allégé et plus responsable. Nous avons de moyens pour que nous puissions aller aux législatives de 2007 pour honorer notre Constitution ; et qu'après, maintenant, la Nation toute entière, appuyée par la communauté internationale puisse s'adonner à une évaluation. Voilà une relecture de notre constitution à laquelle nous tenons qui, pour chacun de nous, est certainement soit une bible, soit un coran. Je crois que c'est ça la démocratie. Et c'est ça la question du consensus qui est fondamentale et je crois. C'est la raison pour laquelle, je dis bien, je remercie les Députés qui ont vraiment pris acte de cela.
Parlant de corruption, de lutte contre la mauvaise gouvernance, il y a un certain nombre de dossiers aujourd'hui, d'affaires devant la justice. Si vous voulez bien vous prononcer sur ces affaires là ? Il y a le dossier de la LEPI, dans lequel l'ancien Ministre Alain ADIHOU a été traduit devant la Haute Cour de Justice ou du moins l'Assemblée Nationale a saisi la Haute Cour de Justice ; il y a l'affaire SONACOP avec Monsieur FAGBOHOUN qui est en prison actuellement... et, tout récemment, l'ancien Ministre des Finances, Monsieur SEHLIN. Les Béninois attendent que vous disiez un mot sur ces cas.
Dans le même temps, les Béninois savent que chaque institution a son rôle. Le dossier FAGBOHOUN / SONACOP est pendant à la justice. Je ne peux rien dire... Le dossier de l'ancien ministre des finances est également pendant à la justice, je ne peux rien dire. Le dossier de l'ancien ministre ADIHOU qu'est-ce que vous voulez que je dise ? Quelle compréhension vous avez de la question ?
C'est la question qu'on vous pose !
Moi... ce que je voulais vous dire, j'ai pris connaissance de la presse pour mieux comprendre. J'ai pu comprendre, sauf erreur de ma part, il faut peut-être que je me rapproche de cette haute juridiction, la Haute Cour de Justice, j'ai cru comprendre que la présidente de cette Cour prestigieuse semble proposer aux députés, d'apporter encore un plus à la loi organique , de l'enrichir. Aujourd'hui, c'est les députés qui ont la possibilité de saisir la Haute Cour de Justice. Toujours dans le cadre du renforcement de la bonne gouvernance, si j'ai bien compris, je dis bien sauf erreur de ma part, qu'on donne la possibilité à ces citoyens par exemple... Alors, c'est ce que j'ai compris et le dossier lui-même, en réalité, est encore vivant ! Je ne veux pas vraiment empiéter sur les fonctions, le rôle des autres institutions. C'est ce que j'ai compris dans l'échange que le Parlement et la Haute Cour de Justice ont eu. Maintenant, je n'ai pas eu connaissance que ça remet en cause la mise en œuvre de la décision du Parlement. Ceci dit, je ne voudrais pas vraiment m'attarder là dessus et permettre à chaque institution de jouer sa partition parce que cela renforcerait notre démocratie à laquelle nous sommes attachés.
Monsieur le Président, vous avez ordonné des audits dans les différents départements et même au niveau de certaines entreprises. Où est-ce qu'on en est aujourd'hui ? Est-ce qu'il y aura des sanctions si des cas de mauvaise gestion étaient avérés ?
Les audits sont en cours comme je l'ai dit. Au niveau des administrations, c'est quasi terminé. Mais on a eu quelques difficultés en ce qui concerne l'audit des entreprises et offices c'est-à-dire la SBEE, l'OPT, la SONAPRA, BENIN TELECOM, etc, parce que ces audits avaient été déjà initialement retenus dans le dialogue que nous menons avec les institutions de Brettons Wood. Donc, en réalité, c'est avec la Banque Mondiale qu'on a décidé de les diligenter. Naturellement, la Banque Mondiale a sa méthode, ses procédures. En tout état de cause, on lui a rappelé la nécessité d'aller très vite. Donc aujourd'hui, en tout cas, les audits seront faits et vous le dites, s'il y aura des sanctions ? Naturellement, nous voulons l'audit pour tirer leçon du passé et mieux gérer l'avenir sur tous les plans : institutionnel, réforme structurelle, efficacité, bonne gouvernance etc. En tout état de cause, s'il y a des choses, il y a naturellement la question des sanctions disciplinaires qui sont des sanctions administratives, des sanctions pénales, des mises en demeure. Il y aura des cas extrêmement flagrants.
S'il y a des personnalités politiques influentes qui sont impliquées, vous allez pouvoir les sanctionner ?
Nul n'est au dessus de la loi.
Merci Monsieur le Président. Nous allons passer au volet décentralisation. Cela fait quand même déjà plus de trois ans que le Bénin s'est engagé dans ce processus de décentralisation. Aujourd'hui, la question fondamentale qui se pose aux communes c'est le transfert des compétences. Qu'est-ce qui va être fait en ce qui concerne votre Gouvernement ? Est-ce que le transfert sera opérationnel ou vous optez pour un accompagnement en attendant...?
La décentralisation fait partie des quatre axes dont j'ai parlé tout à l'heure et je crois, nous y croyons fermement pour des raisons évidentes que vous connaissez très bien. Aujourd'hui, pour aller vite, nous avons créé un comité interministériel qui est en train de prendre cette question : la question de transfert des missions, transfert des ressources, transfert des compétences, dans quelles conditions la gouvernance locale, l'audit de ces communes, etc. Tout sera discuté dans le sens d'une prise en compte des aspirations de ces communes pour préserver leur efficacité. Parce qu'il faut reconnaître aujourd'hui qu'il y a eu des missions qui ont été transférées sans moyens. Et quelle que soit la bonne volonté qui anime aujourd'hui les acteurs de ce secteur que je reconnais...,ces acteurs ne peuvent pas remplir convenablement leurs missions. Il faut le reconnaître, lorsqu'on a fait l'état des lieux, cet état des lieux n'est pas définitif. Entre temps, un sous comité est en train de travailler au Ministère du Développement, de l'Economie et des Finances pour mieux éclairer le comité interministériel et très bientôt, vous en aurez les décisions qui seront prises et qui découleraient des réflexions qui seront faites par le sous-comité ou le comité interministériel.
Parlant toujours de décentralisation, il y a la question de la désignation des chefs lieux de département qui est restée toujours une épine au pied de l'exécutif. Est ce que vous allez pouvoir prendre vos responsabilités maintenant, au risque de faire des mécontents ?
Ça c'est sûr. Je vous le garantis, c'est pour très bientôt. Vous vous attendez à quoi ? On pouvait faire une seconde lecture ? Je crois que c'est des réflexions qui ont été lancées il y a quelques années. C'était en quelle année...? Rappelez- moi ça.
Ce n'était pas sous votre régime en tout cas ; il y a trois ans de cela.
Trois ans, il y a eu pas mal de mutations qui ont affecté nos localités etc.? Dans tous les cas, une décision sera prise quels que soient leurs conséquences, leurs incidences, leur impact sur la classe politique ou sur les considérations électoralistes. Ce n'est pas ces considérations qui vont m'animer moi. C'est en termes d'efficacité. Et si l'efficacité veut qu'on fasse une seconde lecture pour, peut-être, proposer des réajustements, je crois qu'il ne faut pas exclure cela.
Nous attendions cette période, cette fête du 1er août. Je crois ça fait partie des exigences de la feuille de route. Et dans les stratégies, puisque nous avons terminé les 100 jours, nous sommes en train de rédiger maintenant notre stratégie d'édification des piliers sans lesquels on ne peut pas convaincre le peuple de cette notion de changement qui doit nous conduire à la prospérité.Très bientôt, on aura fini et toutes ces questions là seront réglées et portées à la connaissance des institutions. D'abord, ça c'est clair : en ce qui concerne le Parlement, on ira devant le Parlement et la Cour Constitutionnelle, le Conseil Economique et Social, la Haute Autorité... La Cour Suprême etc., la société civile et puis les populations.
Nous allons aborder le volet diplomatique de cette émission. Au nombre des reproches adressés généralement à la diplomatie béninoise, c'est son manque de dynamisme. Quel est le rôle que vous entendez attribuer à cette diplomatie aujourd'hui ? Est-ce une diplomatie de production ou de rayonnement ?
C'est une diplomatie à vocation économique... Mais pour réussir, il faut également plus de crédibilité et, à l'intérieur le rayonnement, l'image, un peu de tout... Donc, je crois on est en train de réfléchir sérieusement pour que l'argent de chaque contribuable qui va soutenir cette diplomatie puisse rapporter, puisse être un centre de profit. On doit aller dans cette direction là.
D'accord. Quelle lecture nous devons faire aujourd'hui des multiples voyages que vous aviez effectués tout récemment et puis les contacts que vous avez eus, dans quel cadre on les inscrit ?
Voyez, j'étais au dernier sommet des chefs d'Etats, un sommet sur le secteur privé. Et avec le Président OBASANJO, on échangeait et il me dit :
- Mon jeune frère, ça va ? Et je dis :
- Ce n'est pas si simple cette affaire là !
- Pourquoi ?
- On me dit que je voyage beaucoup et qu'on ne me voit pas. »
Il me dit :
- Mais moi, vous savez, les gens ont failli prendre une loi contre moi ici pour dire que je voyage trop. Mais aujourd'hui nous sommes arrivés à un point où les Nigérians disent : « Ah ! Mais dis donc, il avait raison .
Parce qu'il a su faire venir au pays, il a fait gagner les Nigérians des concours extérieurs de l'ordre de 80 milliards de dollars qui aujourd'hui sont venus renforcer le bien-être, la prospérité du Nigeria. C'est vrai, le Nigeria produit du pétrole mais il n'y a pas que le pétrole. Si aujourd'hui les réserves de change du Nigeria tournent autour de 40 à 45 milliards de dollars, c'est l'impact. Je sais que j'ai un mandat, je suis un serviteur que le peuple a choisi. Mon mandat, c'est le peuple. Je suis un mandataire et dans l'ordre de mission qui m'a été confié, c'est de tout faire pour créer les conditions pour que le peuple sente aller la prospérité. Donc, si je considère que aller voir un partenaire parce qu'il réussira à améliorer les conditions d'approvisionnement du pays dans tel bien, dans tel bien ou dans tel bien, parce qu'il peut aider à faire la promotion du pays, pour l'avenir des investissements massifs publics ou privés, pour créer des emplois, distribuer des revenus, donc éradiquer la pauvreté, je vous le dis, je suis prêt à recommencer quels que soient les commentaires qui seront faits. Ce qui compte, je fixe rendez-vous à chacun et je sais qu'à l'heur
Publié par djiwan à 13:13:27 dans - Ntic | Commentaires (0) | Permaliens
<< |1| 2| 3| 4| 5| 6| 7| 8| 9| 10| 11| 12| 13| 14| 15| 16| 17| 18| 19| 20| 21| 22| 23| 24| 25| 26| 27| 28| 29| 30| 31| 32| 33| 34| 35| 36| >>
Commentaires