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Les responsables de la crise economique mondiale | 08 novembre 2008

Illuminati = Franc-macons = Groupe  Bilderberg 
 Responsables de la crise economique mondiale
 
 OBAMA ! Sera accepté au sein du groupe?
 Le groupe Bilderberg, acteur du Nouvel Ordre Mondial pour la domination par une guerre économique depuis 50 ans 
 
 

Publié par ihajjiten à 17:15:57 dans Dossiers | Commentaires (0) |

L’éducation sexuelle à la Marocaine | 28 octobre 2008

(Par: Ousra Magazine) 

De la naissance à la pré-adolescence, l'enfant découvre son corps, subit des pulsions, bien souvent dans le silence le plus total ou, plus grave encore, dans l'interdit. À grand renfort de « h'chouma » et de tabous, l'éducation sexuelle marocaine déforme plus qu'autre chose le futur adulte.
Encore aujourd'hui, dans la plupart des esprits, éducation sexuelle rime avec liberté sexuelle. Eh oui ! Lorsqu'on parle de sexe, cela ne peut forcément qu'être pervers. Donc, à partir de là, motus et bouche cousue. Et pourtant, si l'enfant recevait le plus naturellement possible une éducation sexuelle intégrée normalement dans son éducation, sans que cela ait l'air d'être quelque chose à part, cela éviterait bien des déboires.
Mais au fait, en quoi consiste cette éducation qui dérange tant ? L'éducation sexuelle est le fait d'informer l'enfant sur les différentes étapes de l'évolution de son corps. Cela peut aller de l'hygiène à la protection, en passant également par le respect de son corps. L'éducation sexuelle vise, en fait, à permettre à l'enfant d'assumer l'évolution et l'éveil que va subir son corps, afin de pouvoir mieux le protéger et ainsi de vivre en harmonie avec l'esprit. Car ne vous y trompez pas, s'il n'y a pas d'harmonie entre corps et esprit, il ne peut y avoir épanouissement de la personne. De plus, aucune éducation ne peut être réussie si elle n'inclut l'éducation sexuelle.

Qu'en est-il dans les familles marocaines ?

L'éducation sexuelle existe bien dans les familles, mais elle n'atteint pas du tout ses objectifs, selon Soumaya Naamane-Guessous, sociologue. En effet, l'éducation sexuelle constructive ne concerne qu'une infime partie de la population marocaine qui, si elle devait être chiffrée, ne représenterait quasiment rien. Ce dont nous parlerons, c'est de la très grande majorité des familles qui donnent une éducation négative.
Ici, il va falloir différencier l'éducation que l'on donne aux filles de celle que l'on donne aux garçons.

En ce qui concerne les filles, c'est une éducation qui s'exprime par des interdits et rien que des interdits : ne pas faire ceci, ne pas toucher, ne pas montrer, ne pas écouter son corps, l'étouffer au maximum afin de sauvegarder sa virginité. Par ailleurs, si elle a le malheur de ressentir la moindre sensation, cela n'est pas normal et elle est automatiquement traitée de vicieuse. De cette éducation, qui est transmise d'abord par les mères et ensuite par le discours ambiant (qui est très fort), la jeune fille retient que son corps est source de souillure, de problèmes... Et il peut être source de déshonneur. Cette éducation sexuelle la marque à tel point qu'elle n'arrive pas à assumer son corps et, par conséquent, à s'épanouir.
À la puberté, (qui équivaut à une grande crise chez la jeune fille), on lui dit que désormais elle va devoir faire encore plus attention car maintenant, elle peut procréer.

À l'école, pour celles qui ont la chance d'y aller, ce n'est guère mieux. Les cours de sciences ne commencent qu'au deuxième cycle, bien après l'âge de la puberté. Il est vrai qu'on y parle un peu des transformations du corps, mais cela reste toujours très théorique, toujours empreint de « h'chouma » et de pudeur. Tout cela fait que les élèves assistent plus à un cours de science-fiction qu'à autre chose. Le moins que l'on puisse dire, c'est qu'il y a beaucoup de blocages, nécessitant la présence d'un professeur femme pour des élèves exclusivement filles. Le message aura plus de chance de passer même si, dans beaucoup de cas, les jeunes filles vont s'auto-censurer.

Pour les garçons, cela est encore plus dramatique selon Soumaya Naamane-Guessous, parce qu'il n'y a pas d'interdits (sauf ceux, implicites, de ne pas toucher aux sœurs et aux cousines lorsqu'elles habitent le même foyer). Le discours des mères -les pères sont complètements absents- pousse énormément à la sexualité, le mythe de la virilité étant très présent. Alors, d'un côté les garçons sont implicitement encouragés à avoir des rapports sexuels, et de l'autre, les filles en sont complètement privées. Le garçon est du reste lui-même éduqué pour être le gardien du corps de ses sœurs.
Toujours selon notre spécialiste, la puberté, à cause de l'hypocrisie qui accompagne l'éducation sexuelle que l'on donne aux garçons est dans la grande majorité des cas, très mal vécue, encore plus que chez les filles.

En effet, pour les filles, la puberté est mal vécue, mais le milieu féminin dans lequel elles vivent les aide énormément. Les femmes parlent, et même si la jeune fille ne reçoit pas d'explications directes, elle entend ce qui se dit autour d'elle et donc s'informe.
Par contre, le garçon est confronté à un silence total quant à l'évolution de son corps. Souvent, la mère ne sait pas expliquer, et un sentiment de honte bloque le dialogue. Le père, quant à lui, n'en parle jamais. Le garçon traverse donc une crise très forte dans la solitude et dans l'angoisse, sans que personne ne puisse répondre à ses questions. Le discours ambiant (celui de la rue, des copains...) devient alors la source d'information principale. Or, les hommes ne sont pas très sincères lorsqu'ils parlent de sexualité, et cela justement parce qu'ils sont victimes du mythe de la virilité. Face à ce qu'il entend, le jeune se retrouve donc en situation d'échec par rapport à son propre mécanisme sexuel. Il devra attendre d'avoir ses premiers rapports sexuels (qui généralement se passent avec des prostituées) pour savoir à quoi s'en tenir. Souvent, les premiers rapports se résument en des éjaculations précoces, tout simplement parce que l'adolescent n'est pas préparé, a peur et ne vit pas la relation dans un souci de qualité. Il n'y a que la quantité qui compte. Tout cela contribue à faire de l'homme quelqu'un de bestial pendant le rapport sexuel : ce n'est pas du tout l'affection qui est recherchée, ni la satisfaction de la partenaire, mais la performance et la crainte de ne pas pouvoir assumer la virilité dans laquelle il est enfermé.

Les conséquences de ce modèle d'éducation sexuelle

Soumiya Naamane-Guessous, après enquête, s'est rendu compte que beaucoup de femmes marocaines se plaignent du manque d'affection et du manque d'expression de l'amour chez l'homme.

Ainsi, cette éducation sexuelle fait que le garçon ne se sent presque jamais concerné par l'acte sexuel, ni par une éventuelle grossesse. Les mères n'apprennent pas à leur fils d'abord à se protéger contre les maladies sexuellement transmissibles (qui sont un véritable danger), ensuite que lors d'un rapport sexuel, il y a deux personnes : une fille et un garçon qui, au bout du compte, peuvent avoir un enfant. La preuve, quand une jeune fille se retrouve enceinte, combien de fois n'avons-nous pas entendu : « le pauvre, il s'est fait piéger par les effets maléfiques de la séduction féminine... » Du coup, la jeune fille se retrouve complètement abandonnée, vouée à elle-même. Et bien-sûr, la seule à être condamnée par la société. Exclue, elle tombe généralement dans la prostitution. Lui, pauvre victime, il bénéficie de toutes les circonstances atténuantes possibles.

Quand les tabous s'en mêlent...  

La plupart des tabous sont des interdits non formulés, ce sont des sujets dont on ne parle pas, des choses qu'on ne fait pas. Comme par exemple, parler d'acte sexuel avant le mariage. Ce sont des rapports interdits par l'Islam, donc on n'est pas censé savoir que cela existe. Et si on en parle, c'est reconnaître leur existence et peut-être même les encourager.

Un autre tabou, qui fait des ravages également, c'est celui de la puberté. Que ce soit pour les filles ou pour les garçons, les dégâts sur le corps, l'esprit et l'équilibre des rapports entre hommes et femmes sont énormes. S'il y avait une éducation sexuelle qui permette aux filles et aux garçons de vivre sainement, tout en comprenant d'abord l'évolution de leur propre corps puis de celui de l'autre, bien des erreurs seraient évitées. Ces ravages se ressentent jusqu'à la période de la ménopause pour la femme et de l'andropause pour l'homme (diminution de la puissance sexuelle chez l'homme, accompagnée parfois de troubles hormonaux, pouvant affecter l'humeur et/ou le physique, et qui se manifeste vers 47-48 ans). En effet, on ne compte plus les femmes qui, à l'âge de la ménopause quittent la couche conjugale. Le couple se fissure et le mari, dans certains cas, cherche à se remarier. Pourquoi la majorité des Marocains ne vivent-ils pas en couple jusqu'à la vieillesse dans l'harmonie et la sérénité ? Encore une fois, selon notre spécialiste, une des principales raisons est que l'éducation sexuelle est de très mauvaise qualité. Elle détruit la perspective d'une entente dans le couple à long terme.
Enfin, en règle générale, tout ce qui a trait à la sexualité est tabou. Les hommes et les femmes refusent d'en parler.

État des lieux

Les blocages idéologiques sont très forts, ce qui fait que l'éducation des jeunes n'a pas beaucoup changé.
La lueur d'espoir, c'est qu'il y a de plus en plus de couples constitués de jeunes qui ont fait des études. Généralement, lorsque la mère est lettrée, même si elle n'arrive pas à parler ouvertement à ses enfants, elle fait beaucoup moins de dégâts sur leur devenir qu'à l'époque des générations précédentes.

Dans l'élite intellectuelle, on assiste à une communication indirecte, implicite. Le père, pour faire passer le message auprès de son fils, peut, par exemple, en regardant la télé, l'air de rien, dire : « ah oui ! C'est le sida, alors il faut vraiment se protéger ».

L'éducation sexuelle devrait, sans conteste, commencer à la maison ! Ne serait-ce que parce que dans ce domaine, l'information venant des parents est essentielle. Elle devrait passer par un dialogue constructif avec l'enfant ou l'adolescent, répondant à son besoin ou à son envie d'être informé. Aujourd'hui, on n'a plus le droit de faire comme si de rien n'était. Un tel échange est indispensable pour inciter et aider le ou la jeune à se protéger contre les risques ou les dangers auxquels il (elle) est exposé(e) : abus sexuel, grossesse non désirée, mais aussi maladies sexuellement transmissibles pouvant, dans certains cas, être mortelles, comme le sida par exemple.

L'école a également un rôle à jouer en éduquant les jeunes par le savoir. Les médias aussi devraient s'impliquer en véhiculant l'information, et pas seulement à l'occasion de la journée du sida.

Les chiffres sont là, 48 % de la population marocaine est rurale. Il reste encore beaucoup à faire !

Publié par ihajjiten à 18:35:42 dans Dossiers | Commentaires (0) |

Al-Qaeda Comment se prépare un attentat? | 14 février 2008

Al-Qaeda Comment se prépare un attentat?

Les confessions faites par deux lieutenants de Ben Laden après leur arrestation ont permis de mieux comprendre les techniques d'Al-Qaeda. Récit.

Enquête Der Spiegel

«La marque d'Al-Qaeda, disait lundi le chef d'état-major de l'armée française Henri Bentegeat à Jean-Pierre Elkabbach, c'est la minutie de la préparation des attentats. » La manière d'opérer à Madrid, probablement après des repérages, des préparatifs, une mise au point extrêmement précise de plusieurs semaines, voire de plusieurs mois, les Américains qui enquêtent sur l'attentat du World Trade Center l'avaient déjà identifiée. Grâce en partie aux confessions faites par deux proches de Ben Laden arrêtés l'un en mai 2002, l'autre en mars 2003. L'hebdomadaire allemand Der Spiegel avait pu obtenir en octobre les procès-verbaux de l'audition de ces deux terroristes :

Le Pakistanais Khalid Cheik Mohammed ne sait plus vraiment à quel moment ni dans laquelle de leurs retraites secrètes des montagnes afghanes Oussama ben Laden a prononcé ces mots, si lourds de menaces pour plusieurs milliers de vies innocentes. Mais il se souvient bien que le chef d'Al-Qaeda, alors qu'ils imaginaient le type d'action terroriste qui frapperait l'Amérique au coeur, lui a répliqué : « Pourquoi utilises-tu une hache si tu peux te servir d'un bulldozer ? » Une métaphore banale qui allait décider comment une poignée de fanatiques détournerait, le 11 septembre 2001, quatre avions de ligne pour les précipiter contre les deux tours du World Trade Center, le Pentagone et probablement, si de courageux passagers ne les en avaient empêché, contre le Capitole. C'est en tout cas à partir de là qu'a commencé à se mettre en place le « bulldozer » destiné à écraser, du moins son inspirateur pouvait-il l'espérer, les trois symboles de l'Amérique : la richesse, la puissance et la démocratie.

Cheik Mohammed est un homme trapu et robuste. Rompu à la clandestinité. Ceux qui l'ont capturé en mars 2003 pouvaient redouter qu'il ne lâcherait rien. Heureuse surprise, depuis qu'il a appris que Ramzi Binalshibh, son bras droit, arrêté en mai 2002, avait fait aux enquêteurs américains une confession très détaillée de ses activités clandestines, Cheik Mohammed s'est mis à table lui aussi. Leurs aveux à l'un et à l'autre ont permis d'avoir un aperçu plus précis de la façon dont avait été conçue puis préparée, en Afghanistan, en Allemagne, aux Etats-Unis et même un peu en Espagne, l'action terroriste la plus spectaculaire d'Al-Qaeda avant la tuerie de Madrid. Nom de code : opération « Porsche 911 ». Un nom de voiture allemande évoquant le sport et le luxe, pour une action qui restera comme une tache dans l'histoire de l'humanité.

« Le bulldozer plutôt que la hache »

L'affaire du 11 septembre 2001, c'est d'abord une vengeance personnelle. Une revanche sur ce qui s'est passé un vendredi gris de l'hiver 1993. Ce 26 février, Ramsi Ahmed Youssef, le neveu de Cheik Mohammed, fait exploser dans les sous-sols du World Trade Center une bombe de 600 kilos de nitroglycérine cachée dans une camionnette blanche garée au parking B2. Il y a 6 morts et plusieurs dizaines de blessés. Les dégâts sont très importants, mais les tours ont tenu bon. Peu de temps après son arrestation, en 1995, Youssef déclarera, en passant devant les tours jumelles, aux enquêteurs du FBI qui, pour des raisons de sécurité le transféraient en hélicoptère jusqu'au centre de Manhattan : « Si j'avais eu plus d'argent et de temps, ces deux tours n'existeraient plus. » On a eu tort de ne pas prêter attention à cette bouffée de haine. Ce que Youssef n'avait pu réussir, son oncle, Cheik Mohammed, s'est juré d'y parvenir. Et lui a eu les moyens de le faire.

Ce n'était pas son coup d'essai. Avant le 11 septembre, cet homme de 38 ans avait déjà monté plusieurs actions terroristes. La plus spectaculaire, celle qui ressemble le plus à ce qu'allait être l'attaque des tours jumelles de New York, a pourtant échoué. Le 6 janvier 1995, les policiers philippins font irruption dans un appartement de Manille dont les occupants se livraient à des activités tellement explosives qu'en maniant un mélange de potassium et de sodium, destiné à fabriquer une bombe artisanale, ils ont mis le feu à une partie de l'immeuble. Les services philippins et la CIA reconstituent grâce au disque dur des ordinateurs retrouvés dans les décombres de l'appartement ce que devait être l'objectif des artificiers : rien de moins que l'explosion simultanée de 12 avions de ligne américains grâce à des bombes à retardement dissimulées à leur bord. Le cerveau de l'affaire est identifié comme étant un ingénieur diplômé de l'université de Greensboro, en Caroline du Nord, fils d'un entrepreneur pakistanais installé au Koweït. C'est Cheik Mohammed. Le plus grave, c'est qu'il échappe aux policiers. En dépit des mandats d'arrêt internationaux lancés (« surpoids léger, yeux bruns, lunettes ») et de la prime de 2 millions de dollars promise pour sa capture, le bras droit de Ben Laden a réussi à disparaître dans les montagnes afghanes.

Selon les déclarations qu'il fera après son arrestation aux enquêteurs américains, c'est à ce moment-là, dans l'année 1996, que naît le projet de frapper l'Amérique de façon spectaculaire. Sa première idée était de bourrer d'explosifs un avion de tourisme et de le précipiter sur le siège de la CIA, à Langley, « afin de lever, avait-il dit, la hache contre l'ennemi ». D'où la fameuse remarque de Ben Laden sur le bulldozer plutôt que la hache... Conséquence, on oublie le Cessna d'aéroclub transformé en brûlot, et c'est un appareil commercial qui servira de boutefeu. Plus fort même puisque le chef leur demande de voir grand, les conjurés envisagent de détourner non pas un seul avion de ligne, mais dix : cinq sur la côte Est, cinq sur la côte Ouest, pour les précipiter simultanément sur des objectifs stratégiques. Cette fois, c'est Ben Laden qui trouve le projet trop ambitieux et trop difficile à monter et à coordonner. De la même façon qu'il leur fera renoncer à précipiter leurs bombes volantes contre des centrales nucléaires. « Trop bien protégées par des missiles sol-air et l'aviation américaine. »

Au fil des contacts, des rendez-vous improvisés ou planifiés, à Kandahar, ou dans cette zone de non-droit située entre le Pakistan et l'Afghanistan - et qui l'est toujours un peu aujourd'hui ( Cheik Mohammed devient de facto le responsable du comité militaire de cinq hommes qui, autour de Ben Laden, va préparer l'opération « Porsche 911 ». On l'appelle même désormais « Al Much », le cerveau. Sa tâche, maintenant que le modus operandi est choisi, va consister à choisir des kamikazes pour l'action terroriste. En fait, ce ne sont pas les volontaires qui manquaient, dira Cheik Mohammed aux enquêteurs américains après sa capture, mais il lui fallait trouver des garçons connaissant bien les pays occidentaux, éventuellement éduqués, comme il l'est lui-même, dans des universités américaines ou européennes et parlant parfaitement anglais.

« Combattre les juifs et les chevaliers de la croix »

Aussi l'arrivée dans les montagnes afghanes, dans le courant de l'hiver 1999, de quatre recrues pour le djihad venant d'Allemagne est-elle une aubaine pour Al-Qaeda. Mohamed Atta, Ziad Jarra, Marwan al-Shehhi et Ramzi Binalshibh ont quitté Hambourg, où ils étaient étudiants. Endoctrinés par un certain Mohammed Haydar Zammar, ancien de Bosnie lui aussi, ils cherchaient à rejoindre la Tchétchénie pour y combattre les Russes, dont les atrocités contre les insurgés musulmans étaient abondamment commentées dans les mosquées d'Allemagne. Mais leur mentor leur avait conseillé de ne pas aller directement à Grozny et de passer par le Pakistan et l'Afghanistan afin de rejoindre d'autres combattants du djihad.

A Kandahar, les quatre jeunes gens sont rapidement pris en main par les hommes d'Al-Qaeda. On leur explique d'abord qu'il y a mieux à faire que d'aller servir de chair à canon en Tché- tchénie. Ils sont même l'objet d'attentions particulières : ainsi, pendant le ramadan, ils sont invités à participer à un souper de rupture du jeûne à la table de Ben Laden, qui leur promet, sans plus de détails, qu'ils connaîtront bientôt le paradis d'Allah. Mais on ne leur dévoile pas encore leur mission. D'abord, on leur fait prêter la « baia », le serment par lequel ils s'engagent à « combattre les juifs et les chevaliers de la croix et à mourir s'il le faut au combat ». Puis on leur explique qu'ils ont été sélectionnés pour une mission « extrêmement secrète et périlleuse ». En attendant, ils doivent revenir à Hambourg, puis de là passer aux Etats-Unis pour y suivre des cours intensifs de pilotage.

Ben Laden en personne a veillé aux détails les plus pratiques : il a ainsi conseillé aux quatre volontaires de jeter leurs passeports sitôt entrés en Allemagne, afin que leur voyage en Afghanistan reste secret. Et surtout d'apparaître sans barbe sur les photos d'identité de leurs nouveaux passeports. C'est à ce stade des confessions de Cheik Mohammed et de Binalshibh aux enquêteurs américains qu'apparaît pour la première fois la mention de l'Espagne comme pays où il est possible pour les hommes de la mouvance d'Al-Qaeda d'organiser des rendez-vous sans trop de risques d'être repérés. Car si la décision et les objectifs de l'attaque du 11 septembre furent définitivement choisis par Ben Laden et Cheik Mohammed en février 2001, c'est seulement en juillet que Mohammed Atta, Marwan al-Shehhi et Ziad Jarra reçurent leurs instructions. Justement à l'occasion d'un voyage en Espagne. On a d'ailleurs retrouvé la trace de Mohammed Atta. Il est arrivé à Madrid par un vol Iberia et a loué une voiture Hyundai pour une semaine, avec laquelle il s'est rendu à Tarragone, où il avait réservé une chambre au Casablanca Playa.

« Nous allons décapiter l'oiseau »

C'est là qu'Atta retrouve Binalshibh, son compagnon de route en Afghanistan, qui, interdit d'entrée aux Etats-Unis, était resté en Allemagne à la demande de Ben Laden pour coordonner les opérations du 11 septembre. Avec lui, Imad Yarkas, alias Abu Dahda (on a retrouvé sa trace cette semaine dans le carnet d'adresses du Marocain Djamel Zougam arrêté à Madrid après la tragédie des trains). Les enquêteurs espagnols avaient eu connaissance de deux coups de téléphone reçus des Etats-Unis par cet Abu Dahda d'un certain Chakour fort explicite en dépit de son langage apparemment codé : le 6 août 2001, Chakour, dit à Abu Dahda : « J'ai préparé quelques ficelles et d'autres choses qui te plairont. » Quinze jours avant le 11 septembre, il lui précise : « Nous allons bientôt décapiter l'oiseau... »

Dans l'enquête du FBI, le rôle de Madrid comme plaque tournante réapparaît six jours avant l'affaire du World Trade Center. Le 5 septembre, en effet, Binalshibh, qui doit se mettre à l'abri loin de l'Allemagne avant que les polices européennes lancent leurs filets en tous sens lorsque les avions auront accompli leur sinistre mission, prend à 14 h 48 un vol Düsseldorf-Madrid. A l'aéroport de Barajas, il est réceptionné et hébergé par un Saoudien possédant un passeport britannique, Abd al-Walid. Celui-ci lui aurait fourni un nouveau passeport et un billet pour Karachi. Le 11 septembre au matin, Binalshibh arrivait à Kandahar, en Afghanistan, au terme de son exfiltration. Il est 23 heures à New York. Il ne reste que quelques heures avant que Mohammed Atta et ses complices ne transforment le complexe du World Trade Center en deux tours infernales

Publié par ihajjiten à 10:47:39 dans Dossiers | Commentaires (1) |

haj Tabit. La vraie histoire | 18 novembre 2007

Enquête.

Sexe, violence et politique. Un super-flic compile depuis 10 ans des enregistrements pornographiques de plus de 500 femmes, de personnalités politiques, médiatiques, etc. TelQuel, qui a pu avoir accès à
plusieurs sources parmi les victimes et les enquêteurs, restitue, révélations
à l'appui, l'histoire du plus grand scandale de mœurs qu'a connu le royaume.
En fait, l'affaire Tabit a réellement éclaté en août 1992. Bien loin de la scène du crime. Le feuilleton a démarré entre célibataires immigrés dans un appartement loué par des Marocains... dans la banlieue de Milan, en Italie. Les “amis” agrémentent leur soirée bien arrosée par le visionnage de vidéocassettes pornographiques. Première surprise : l'un des enregistrements semble mettre en scène des personnages marocains, comme leur accent le laisse penser. Deuxième surprise, et elle est terrible : l'une des protagonistes du film... est la propre sœur de l'un des spectateurs de la soirée, Saïd, MRE vivant depuis quelque temps en Italie. Le jeune homme essaie de masquer sa surprise et prétexte un besoin urgent de vomir. Il prend congé de ses amis et s'éclipse pour passer, seul, toute la nuit à ruminer des idées noires. Dès le lendemain, il décide de rentrer au Maroc, plus précisément à Casablanca, direction Derb El Kheir à Aïn Chok où réside sa famille. “Au début, il ne nous a rien dit, mais ce n'est que plus tard, lorsqu'il a été passé à tabac par les hommes de Tabit et alors qu'il craignait pour sa vie, qu'il s'est confié à plusieurs d'entre nous, amis du Derb”, raconte aujourd'hui l'un des amis de Saïd, qui vit toujours en Italie.
Le jeune homme, qui presse sa mère de questions gênantes, finit par obtenir le fin mot de l'histoire. Sa sœur Khadija, 18 ans, a fait la connaissance d'un certain “Haj” en 1991, alors qu'elle attendait le bus pour rentrer de Aïn Diab. Et puis un jour, elle n'est pas rentrée au domicile parental. Le lendemain, sa mère, qui a fait le tour de tous les commissariats, apprend que sa fille a été arrêtée la veille en compagnie de plusieurs prostituées pour “racolage sur la voie publique”. Le fameux “Haj”, Mohamed Mustapha Tabit, commissaire principal et puissant patron des RG à Casablanca, est-il déjà derrière cette arrestation, qui vaudra à Khadija un séjour de quinze jours en cellule ? Toujours est-il que la jeune fille, sans doute de peur de retourner en prison, cède définitivement aux avances du Haj chez qui elle emménage pratiquement, dans sa garçonnière du Boulevard Abdellah Ben Yassine, dans le centre-ville de Casablanca.

Saïd obtient l'adresse du Haj et s'y rend pour guetter l'apparition de sa sœur. Elle finit par se montrer, mais dès qu'elle l'aperçoit, elle remonte précipitamment les escaliers qui mènent à la garçonnière. Quelques instants plus tard, une fourgonnette de police s'arrête devant lui et l'embarque de force. Le jeune homme est roué de coups avant d'être bérarqué du véhicule de police, des kilomètres plus loin, sur la corniche casablancaise. “Je me rappelle parfaitement de cet incident. Mais Tabit, qui a tout orchestré de loin, était tellement puissant que les policiers de service n'ont pas osé lui demander la moindre explication”, se souvient aujourd'hui un inspecteur des renseignements généraux à la retraite, qui a suivi l'affaire de près.

Le jeune immigré, qui choisit à ce moment de s'en ouvrir à ses confidents, ne renonce pas pour autant à sa quête. Il change de véhicule pour éviter de se faire repérer et parvient, au bout de 15 jours de filature discrète, à isoler sa sœur qu'il “kidnappe” pour l'emmener chez des amis de la famille. Khadija raconte sa version des faits et Saïd, qui craint le pire, décide alors de filmer la confession de sa sœur. Dès le lendemain, sa décision est prise : il part à Rabat, direction l'ambassade d'Italie. Jouant de sa double nationalité maroco-italienne, le jeune homme déballe tout et le responsable italien, après avoir reçu une copie de l'enregistrement, promet d'en toucher un mot à l'un de ses amis au gouvernement marocain. Cet ami n'est autre que Abdellatif Filali, alors premier ministre. Ce dernier en informe le roi qui, après s'être informé, décide rapidement de mettre Haj Tabit hors d'état de nuire.

Hassan II, qui a probablement en tête l'idée d'une purge dans le corps de la police, décide de confier l'affaire à la gendarmerie royale, dirigée par Housni Benslimane. “On nous a prévenus de Rabat que des pontes de la gendarmerie allaient se lancer dans une enquête extrêmement sensible et que nous devions rester à leur disposition, notamment pour la rédaction des PV et la mise à leur disposition des noms et adresses des personnes qu'ils voulaient arrêter ou interroger. Mais nous ne savions pas vraiment de quoi, ni de qui il s'agissait”, se souvient notre source aux RG.

Les investigations sont menées par un corps d'élite formé par des hommes de confiance de Benslimane. Dès septembre 1992, les convocations et les dépositions se multiplient.

Le 2 février 1993, sans prévenir la police, une brigade de la Gendarmerie effectue une descente dans la garçonnière de Tabit. Le butin saisi est inestimable : 118 cassettes vidéo mettant en cause plus de 518 femmes et nombre de personnalités du monde politique, syndical, médiatique ou financier. La panique est à son comble quand l'information finit par faire le tour du pays. “Jusqu'à présent, il y a encore de grosses pointures du monde politique qui se demandent si on n'a pas gardé sous la main quelques cassettes à toutes fins utiles”, avance aujourd'hui encore l'un des enquêteurs. Quatre jours après la découverte du butin, Tabit est interpellé. Le scandale public peut éclater.

Brillant mais “déséquilibré”
Mais qui était donc Mustapha Tabit ? Et comment en est-il arrivé à provoquer un scandale aux dimensions aussi extraordinaires ? Début de réponse fournie par cet enquêteur de la gendarmerie, qui a participé à la préparation de son arrestation : “Humainement, il avait une structure mentale complexe. Professionnellement, il était aussi brillant que puissant...”. Détail que beaucoup ignoraient au moment des faits : Tabit a été instituteur (d'arabe) avant d'être policier. Affecté à Béni Mellal après un baccalauréat décroché en 1970, le jeune homme, fraîchement marié, semble mal vivre sa vie de couple. “Un policier connu dans la ville harcelait sa femme de ses avances. Un jour, et suite à une altercation, il a même réussi à envoyer Tabit en prison sous prétexte qu'il aurait insulté les institutions sacrées du royaume”, révèle notre source. Relaxé, le jeune instituteur continue de subir le chantage du policier. Tabit, et c'est là une autre révélation inédite, plonge dans la dépression. Il boude de plus en plus l'école, mais aussi le domicile conjugal, et se fait suivre en psychiatrie. “Quand on a consulté son dossier, on a su qu'il avait multiplié, à l'époque, les épisodes de dépression. Dans sa détresse, il a développé un complexe d'infériorité poussé à l'extrême, au point de faire une fixation sur les femmes, auxquelles il cherchera en permanence à prouver sa virilité”, raconte notre source. De fil en aiguille, le jeune homme finit par abandonner son poste d'instituteur, son couple, et Béni Mellal par la même occasion. En 1974, il franchit le pas et postule... à l'Académie de police de Kénitra.

Brillant, le jeune Tabit réussit facilement le concours d'entrée et décroche haut la main le grade d'officier. Il rejoint les RG même si, comme cela nous a été confirmé, il flirtera jusqu'au bout avec la DST. Pour son baptême de feu, Tabit choisit d'être affecté... à Beni Mellal, sans doute pour régler ses comptes avec le passé. Pas de chance, son ennemi juré, le fameux commissaire, a déjà été muté. Et personne ne saura si l'inimitié entre les deux policiers a eu une suite.

Finalement affecté à Casablanca, l'officier prend rapidement du galon. Sa fonction de commissaire des RG aidant, il établit un vaste réseau d'informateurs et le tout Casablanca n'a bientôt plus de secret pour lui. “Nul ne sait comment ça a commencé, mais il a finit par filmer des personnalités, marocaines mais aussi étrangères (officiels, hommes d'affaires) en pleins ébats sexuels”, explique l'une de ses sources. Tabit filme pour le compte de la police, mais aussi pour le sien. Et il compile les vidéocassettes.

Acteur et metteur en scène
Le commissaire utilise du matériel de pointe, généralement des Betacam incrustées partout dans le studio aménagé au Boulevard Abdellah Ben Yassine, où il invite des “amis”, par dizaines. Il filme aussi à l'intérieur de villas et d'appartements, généralement contrôlés par les services, dans d'autres villes du royaume. “Beaucoup de ces parties fines étaient à usage strictement personnel. Le commissaire y a d'ailleurs maintes fois convié ses propres amis, qui n'étaient pas toujours des policiers. Il lui arrivait aussi de confier le double de ses clés à l'un de ses nombreux proches”, poursuit notre source.

L'homme, qui a l'habitude de ratisser du terrain, chasse partout : à la sortie des hammams, devant la fac, au retour de la plage, etc. Les “prises” du commissaire sont parfois consentantes, séduites par l'élégance d'un homme au verbe facile. D'autres femmes sont prises de force, avant d'être filmées à leur insu et victimes, la plupart du temps, de chantage par la suite. C'est ainsi que le commissaire parvient, au fil des années, à se constituer une impressionnante collection de cassettes mettant en scène pas moins de 518 femmes. Détail : 184 d'entre elles, plus ou moins consentantes, sont des proches (épouses, sœurs, filles) de flics. Comme si la blessure de Béni Mellal, du temps où le commissaire était encore instituteur, le lançait toujours.

Publiquement, Mustapha Tabit, alias Haj Hamid (ou Mohamed), cultive l'image d'un homme à la piété exemplaire. Remarié depuis l'épisode de Béni Mellal, l'homme fort des RG à Casablanca a effectué plusieurs fois le pèlerinage de la Mecque et n'a pas l'habitude de boire, ni même de fumer. Le vendredi, il est rare, pour ne pas dire exceptionnel, qu'il rate la rituelle prière d'Addohr à la mosquée. L'une de ses nombreuses victimes raconte : “Il lui arrivait d'interrompre le coït pour faire ses ablutions et s'isoler pour les besoins de sa prière... Parfois, le vendredi, il quittait précipitamment la garçonnière le temps d'effectuer sa prière à la mosquée du quartier et revenir reprendre ses activités, comme si de rien n'était. C'est comme s'il y avait deux personnages en lui !”.

Les enregistrements vont de l'anecdotique aux scènes les plus hard. Sado-maso, flagellation, viols authentiques et déflorations sont légion. Et le trash n'est jamais loin, comme nous l'explique cet enquêteur qui a eu droit à de longues séances de visionnage : “Le plus dur, parfois, était les paroles, les dialogues échangés. Le Haj pouvait insulter, frapper, regrouper deux sœurs, une mère et sa fille, dans le même lit, et passer allègrement de l'une à l'autre”. Des flics, mais aussi des magistrats, des journalistes renoncent à regarder les enregistrements jusqu'au bout. Trop insoutenable. Mais toutes les images ne sont pas aussi “chocs”. “Sur certains enregistrements, on avait l'impression d'assister à un authentique film porno amateur. Un peu mal filmé, avec de vrais acteurs, des personnes consentantes”.

Grâce aux multiples caméras planquées dans la garçonnière, Tabit varie les angles de vue, les plans. Sur certains enregistrements, il réussit même à réaliser de surprenants montages. Comme la fameuse cassette 32, une sorte de “best of” de toutes les bandes existantes, où Tabit, cette fois, disparaît de la scène pour laisser la place à diverses célébrités marocaines dans des positions compromettantes... L'une de nos sources explique : “Le commissaire avait dédié des enregistrements à telle ou telle personnalité, ce qui semblait parfaitement rentrer dans l'exercice habituel de sa fonction (faire chanter et collaborer des icônes du monde des affaires ou de la politique). Mais sur cette fameuse cassette 32, il a rassemblé, par un subtil jeu de montage, un cocktail de personnalités et de situations sexuelles provenant de séances différentes, étalées sur de nombreuses années”. Cette cassette, on le sait, a disparu par la suite du dossier d'accusation... pour ne plus jamais réapparaître.

La chaîne de production (le terme n'est pas exagéré) est alors si bien huilée, et les complices tellement nombreux, que le commissaire en arrivent à s'assurer les services d'un célèbre gynécologue, souvent sollicité pour des avortements ou des réfections d'hymens. Notre enquêteur confirme : “Il arrivait que l'une des filles supplie Tabit de ne pas la toucher, arguant qu'elle était vierge et promise à un mariage très prochain. Le commissaire pouvait parfaitement passer outre, la déflorer, avant de l'expédier dès le lendemain chez le gynécologue !”. Il est utile de savoir que pendant ce temps, Tabit continue à suivre ses différents traitements psychiatriques. L'argent (du racket) n'est pas son seul moteur, il y a autre chose, le besoin, probablement, de (se) prouver sa virilité. “A la fin d'une séance de groupe, il pouvait demander à l'un de ses partenaires, sans arrêter l'enregistrement : alors tu m'as trouvé comment ? Je ne t'ai pas épaté, je ne l'ai pas fait souffrir, hein ?”.

Que se passe-t-il alors exactement dans la tête du commissaire que le tout Casablanca connaît déjà ? Quels usages personnels a-t-il pu faire de tous ces enregistrements étalés sur près de dix ans ? Aujourd'hui encore, il n'existe guère de réponse définitive. “Tabit collaborait avec la police secrète (DST, DGED) et lui rendait de menus services, notamment via les enregistrements qui ont permis de piéger diverses personnalités. Mais il ne se contentait pas de cela et, avec le temps, il est devenu de plus en plus incontrôlable”, fait remarquer notre source. Personne ne peut certifier, aujourd'hui, que le commissaire n'a pas aussi écoulé sa “marchandise” dans différents réseaux internationaux de pornographie. Chose qui expliquerait notamment l'arrivée de la fameuse vidéocassette, mettant en scène Khadija, jusqu'en Italie.

Le feuilleton de l'année 1993
Quand Tabit est arrêté, en février 1993, ce ne sont pas les raisons de l'inculper qui manquent. Plusieurs femmes avaient déposé plainte contre lui, mais sa puissance et les dossiers sulfureux qu'il consignait avec soin sur tout un chacun, du simple inspecteur au wali, en passant pas le préfet de police ou encore les magistrats, faisaient de lui un personnage intouchable. Pour le traîner devant la justice, il a donc suffi de piocher. L'une de ces affaires remonte à l'été 1990, quand le commissaire Mostafa Benmaghnia, chef de la police judiciaire de Hay Mohammadi, reçoit dans son bureau une jeune femme de 26 ans, qui insiste pour déposer une plainte pour viol contre un certain “Haj Hamid”, le nom d'emprunt habituellement utilisé par Tabit. Benmaghnia se souvient des faits : “Selon les dires de la plaignante, Haj Hamid l'aurait menacée avant de l'introduire de force dans son appartement et de la violer. Je n'ai eu aucun mal à recouper le numéro d'immatriculation du véhicule avec celui de Tabit, célèbre patron des RG à Casablanca”. Benmaghnia confie la patate chaude à son supérieur hiérarchique, Ahmed Ouachi, commissaire divisionnaire et chef de la sûreté de la préfecture de Hay Mohammadi-Aïn Sebâa, lequel avise également sa hiérarchie. Les choses en restent là. Quelques jours plus tard, Benmaghnia est surpris de recevoir un télex du cabinet de la DGSN (Direction générale de la sûreté nationale) qui le somme de quitter la PJ du Hay Mohamadi pour retourner à son ancien poste dans l'arrondissement de Casa-Anfa. L'affaire est ainsi enterrée, oubliée, jusqu'en 1993, avec le démarrage du procès Tabit.

L'instruction lancée dans la précipitation va ainsi déterrer toutes ces histoires et bien d'autres, pour animer le feuilleton de l'année 1993. La consigne est alors répercutée sur l'ensemble des appareils sécuritaires et judiciaires du pays, pour enfoncer au maximum le commissaire. En plus d'être un gigantesque scandale de mœurs, l'affaire Tabit est éminemment politique. Le procès, qui s'ouvre le 18 février, est ainsi marqué par de nombreux vices de forme. L'homme va être soumis à la torture à plusieurs reprises et des témoins de l'époque parlent “d'un procès expéditif où le commissaire fut tout le temps sommé de se taire”.
La sentence tombe le 15 mars : Mohamed Mustapha Tabit est condamné à la peine de mort pour “attentat à la pudeur, défloration, viol avec violence, rapt et séquestration d'une femme mariée, actes de barbarie et incitation à la débauche”. Une trentaine de personnes, dont des policiers et des victimes, sont condamnées à diverses peines de prison, allant jusqu'à 10 ans. Septembre 1993, Tabit est passé par les armes. Driss Basri, alors tout puissant ministre de l'Intérieur et patron de la DST, saisit l'aubaine pour opérer une purge à la tête de la DGSN. La famille de Tabit et ses victimes seront longtemps - et injustement - stigmatisées, parfois en public. L'une des personnes incarcérées dans la foulée du procès, un gradé de la police, meurt en détention. Un autre gradé, même gracié des années plus tard, après avoir été jeté en prison, n'a jamais pu réintégrer la fonction publique : il gagne aujourd'hui sa vie en conduisant un grand taxi...



Tabit face à la mort. Le film de son exécution

Tabit, contrairement aux usages, n'aura pas passé plus de six mois dans le couloir des condamnés à mort de la Prison centrale de Kénitra. Arrêté en février 1993, il a été exécuté le 5 septembre de la même année. Ce jour-là, à l'aube, le quartier des condamnés à mort s'éveille au chant du muezzin, appelant à la prière d'Al Fajr. Haj Tabit fait sa prière. La dernière d'une vie particulièrement mouvementée. Puis l'homme est conduit à l'extérieur de la prison, à quelques kilomètres de Kénitra. Une section des Forces auxiliaires fait le guet. Le poteau est déjà planté. Un groupe de personnalités est là pour assister à l'exécution de la sentence : le directeur de la prison, le médecin de service, des magistrats, en plus de Housni Benslimane, patron de la gendarmerie, d'Ahmed Midaoui, fraîchement nommé directeur général de la police, et de Mohamed Lididi, directeur de l'administration pénitentiaire. Pour sa dernière volonté, le commissaire demande au juge Lahcen Tolfi (l'homme des missions délicates, le même qui a jugé des affaires aussi célèbres que celles des Saoudiens présumés terroristes en 2002, de Slimani et Laâfora, etc.) la permission de communiquer à sa femme un numéro et le prénom d'une personne. Le magistrat accepte la requête et lui demande de prononcer la “Chahada” avant d'être conduit devant le peloton d'exécution. Face aux fusils braqués sur lui, Tabit s'est montré digne. “Je suis condamné pour des choses que tout le monde fait. Sauf que les gens qui ont été condamnés avec moi n'ont rien à voir avec cette histoire !”, aurait balbutié le condamné. Sa famille, à laquelle on a injustement refusé de le voir avant son exécution, a reçu plus tard son corps dans un cercueil scellé. La tombe de Tabit se trouve, depuis, au cimetière dit Rawdat Chelh à Casablanca.



 

Publié par ihajjiten à 13:13:39 dans Dossiers | Commentaires (0) |

Décrypter les emails | 09 novembre 2007

Trucs et Astuces

Décrypter les emails que l'on reçoit peut permettre d'en savoir plus sur l'expéditeur mais aussi et surtout sur les intermédiaires de ce même mail (par où passe t'il ? Est-ce bien l'interlocuteur auquel je m'attends ? etc.).
Le site www.libellules.chpropose un tutoriel (www.libellules.ch/mail_header.php) très intéressant sur le sujet.
On y apprend ce qu'est un header, comment l'afficher et quelles sont les méthodes et outils pour les comprendre et les analyser. Un travail qui permet aux plus rebutés par l'informatique et ses divers langages de glaner quelques informations sur les emails reçus.
Ceci me fait penser que ce tutriel peut très bien se compléter par l'article que j'avais rédigé il y a un bout de temps pour tenter de déterminer si vos conversations par emails sont espionnées.

Publié par ihajjiten à 13:59:53 dans Dossiers | Commentaires (0) |

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