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Maroc: Qui nous protège ? | 20 août 2009

DST: Placée sous la tutelle administrative du ministre de l'Intérieur, la DGST ou DST est une direction active de la Sûreté nationale comprenant des fonctionnaires appartenant à tous les corps de la police (commissaires, officiers, brigadiers et gardiens).
Elle a pour mission de  "veiller à la sauvegarde et à la protection de la sûreté de l'Etat et de ses institutions". L'organisation et le fonctionnement de ses services sont couverts par la classification du secret défense. Son quartier général est situé à Témara. Ses brigades territoriales sont implantées dans chaque province, chaque préfecture, chaque wilaya. Ses 10.000 agents sont installés dans les ministères, préfectures, aéroports, hôtels et clubs privés. Les résultats de ses investigations sont tenus secrets. La DST possède son propre service d'écoutes-radio, la PCR (Police des Communications Radioélectriques), chargée de fournir aux départements concernés des rapports de toute nature sur les communications nationales et internationales.

RG: La direction des Renseignements généraux n'a curieusement pas beaucoup évolué.
Il est vrai qu'elle joue un rôle incontournable en matière de collecte et “ d'analyse” des faits de société, mais ses méthodes et son mode opératoire restent classiques. D'ailleurs, cette direction n'est pas réputée attirer les éléments brillants et ambitieux de la DSGN qui préfèrent opérer dans la police judiciaire ou à la brigade nationale de la police judiciaire (BNPJ). Comme tout le personnel de la Sûreté nationale, celui des RG travaille dans des conditions lamentables. Et surtout, son travail est rarement pris en considération.

DAG: La fameuse Direction des Affaires générales (DAG) est une superstructure.
En plus de sa structure centrale au sein du ministère de l'Intérieur, cette direction dispose dans toutes les entités territoriales (wilayas, préfectures, cercles, arrondissements, etc) d'une armée de cadres et d'agents qui ne travaillent que sur l'information dans tous ses états. Cette direction doit ramasser chaque jour et dans les quatre coins du royaume des milliers d'informations brutes dont peu sont traitées.

Moqaddams: Les chioukhs et moqaddams font partie du patrimoine makhzénien. Forts d'un statut d'agents de l'autorité, ils sont l'œil et l'oreille du Makhzen dans chaque quartier.
Rien ne leur échappe. Les autorisations de construction ou les certificats de résidence sont leur spécialité. Le ministère de l'Intérieur compte bientôt lancer dans la mêlée une nouvelle promotion de moqaddams jeunes et instruits, pour pallier au vieillessement et à l'inefficience qui affectent leur effectif.

DGED: Le nom de la DGED est pendant longtemps resté étroitement lié à Mohamed Oufkir et à Ahmed Dlimi. D'où l'image " ténébreuse " qu'elle a toujours véhiculée. La DGED est la chasse gardée des militaires. D'ailleurs tous ses directeurs étaient des hauts gradés de l'armée. C'est pourquoi l'arrivée en 2005 de Mohamed Yassine Mansouri à sa tête a été considérée comme un " putsch civil " au sein de cet appareil sécuritaire chargé de "participer au maintien de la sécurité de l'Etat et de ses institutions". La DGED emploierait près de 2000 civils et à peu près 2500 militaires. A ces effectifs, il faut ajouter les membres du fameux "service Action", dirigé par le général Mohamed El Azzaoui. Le nombre des éléments de ce service est estimé à plus de 300, affectés à des missions de renseignement, d'assistance à des pays ou à des mouvements amis et, pour finir, à des actions de reconnaissance, d'identification et de marquage d'objectifs de toute nature. La DGED s'est investie en Afrique, dans le monde arabe, en Europe ainsi qu'en Asie. Elle se veut plus active dans les zones de crise. En ayant recours au renseignement humain, technique, opérationnel ou à la coopération avec d'autres services, nationaux et étrangers.
Rien ne prédisposait ce Bejjadi à diriger la DGED. Ni sa formation, ni ses centres d'intérêt ne l'orientaient à faire carrière dans le renseignement. Ceux qui l'ont côtoyé ou collaboré avec lui parlent d'un homme discret, courtois, honnête et pieux. D'ailleurs, Mohamed Yassine Mansouri est parmi les proches du roi les plus respectés.
A la DGED, il se contente de délèguer et de superviser.

5ème bureau: Cette direction du renseignement militaire a pour mission de déjouer l'intrusion d'éléments armés sur le territoire. Elle doit également protéger l'armée de toute tentation d'infiltration. Elle doit donc veiller à la sécurité de 245 000 militaires que compte les Forces armées royales.

2ème bureau: Peu connue mais très sensible, cette direction est officiellement chargée du " renseignement sur l'ennemi et de l'étude des menaces ". Elle doit donc rassembler des informations sur les troupes des pays voisins comme l'Algérie et l'Espagne.

Gendarmerie: Le général Hamidou Laânigri a longtemps spéculé et misé sur le départ de Hosni Benslimane.
Ce dernier, malgré l'âge (76 ans), reste incontestablement l'un des hommes de confiance de Mohammed VI.
Son pouvoir n'est plus à prouver. Sa main-mise sur le sport (président de la Fédération du football et du Comité national olympique) a fait beaucoup de mal à ce secteur.
La gendarmerie royale est une grosse machine dotée de moyens humains, techniques et logistiques importants. Ainsi, le général Hosni Benslimane dispose de 22 000 gendarmes dont 1 000 officiers, 22 commandements régionaux, des hélicoptères de combat de recherche et de sauvetage, d'avions de lutte contre les incendies, etc. Le budget de fonctionnement de la gendarmerie absorbe 21% du budget des Forces armées royales.
Le budget global alloué à la gendarmerie en 2006 représente 7,8 du budget alloué à l'administration de la Défense. Ce qui est considéré comme un grand gâteau dont le général Hosni Benslimane bénéficie sans pour autant que l'appareil de la gendarmerie ne soit modernisé. Cela dit, les gendarmes quadrillent toutes les zones rurales et étendent leurs prérogatives parfois sur des périmètres urbains ou récemment urbanisés. Les renseignements généraux de la gendarmerie s'occupent de ce qui passent sur les bases militaires. Mais leurs activités dépassent souvent les casernes. Ils s'occupent davantage de ce qui se passe dans les villes (activités des partis politiques, associations, conférence de presse, universités, etc).

Forces auxiliaires: Désormais gérées par le général Hamidou Laânigri, les Forces auxilliaires relèvent du ministère de l'Intérieur. Composées de plusieurs milliers d'agents, les Forces auxiliaires sont au four et au moulin. Elles " touchent " à tout. Elles participent au maintien de la sécurité urbaine. Elles sont également sollicitées pour des opérations contre l'immigration clandestine ou contre le trafic de la drogue. Le général Laânigri semble avoir un grand projet pour ce corps. Il veut en faire des CRS  pour le maintien de l'ordre et la sécurité.

 

Publié par ihajjiten à 14:42:41 dans Maroc News | Commentaires (0) |

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