Secret défense, simple intention ou projet qui demande à mûrir.
Aucune partie ne veut se prononcer. Alger comme Washington nient
l'existence d'une base militaire américaine au Sud algérien.
Les
informations répercutées par les médias quant à la présence de ce type
d'installation avaient été déjà démenties, aussi bien par
les autorités algériennes que par l'ambassade américaine à Alger. Or le
déploiement US à caractère sécuritaire en Afrique n'est plus
aujourd'hui une simple vue de l'esprit. En juillet 2005, l'hebdomadaire
satirique français Le Canard enchaîné affirmait que « quelque 400
hommes des forces spéciales américaines se trouvent dans une base
militaire US installée près de Tamanrasset pour combattre le
terrorisme ». Selon la même source, les
militaires
américains ont installé sur leur base en Algérie une station d'écoute
qui leur permet de capter toutes les communications par téléphones fixe
et portable, par satellite et par fax en Afrique subsaharienne. Vrai ou
faux, les officiels dans les deux pays n'avaient pas jugé utile, à
cette date, de réagir à ce genre d'indications. Cela est d'autant plus
vrai que le sujet avait fait, auparavant, l'objet de traitement de la
part des médias. « En Algérie, les USA auraient installé une base
militaire au sud de Tamanrasset », soutenait, en juin 2004, Richard
Labévière, chef du service de politique internationale de Radio France
internationale (RFI). Il expliquait cela par : « Soucieux de leur
ravitaillement en pétrole, les USA lorgnent de plus en plus sur les
réserves africaines existant au Maghreb et en Afrique centrale. Ainsi,
au prétexte du terrorisme, la néocolonisation de ces zones s'installe
par les pressions économiques ou/et par l'installation de base
militaire dans ces pays. » Il est vrai que c'est l'année où l'ancien
secrétaire d'Etat américain Colin Powell était venu en Algérie que
l'opinion publique avait pris connaissance de ce projet. « Parmi les
nombreux projets antiterroristes américains en Afrique, figurerait
l'installation d'une base militaire dans le Sud algérien »,
s'aventurait à écrire le Quotidien d'Oran de juillet 2003. Aujourd'hui,
ce dossier retient encore l'attention.
Selon l'AFP, un responsable américain avait aussi rencontré des
représentants des pays membres du programme « Dialogue méditerranéen »
de l'OTAN. Une structure qui comprend, outre l'Algérie, la Tunisie et
le
Maroc,
la Jordanie, la Mauritanie, l'Egypte et Israël. Le contexte militaire
s'y prête quand on apprend également qu'une délégation américaine,
constituée essentiellement de hauts responsables du ministère de la
Défense et du département d'Etat, avait séjourné en
Mauritanie. Conduite par Bobby Pittman, chef de la délégation et
sous-secrétaire d'Etat adjoint en chef chargé du Bureau des affaires
africaines, cette délégation est venue établir « une évaluation de la
situation dans le pays », selon un communiqué lu par ce responsable
devant la presse et cité par l'AFP. Il est utile de rappeler qu'en
juillet dernier, les chefs d'état-major des armées de Mauritanie, du
Mali, du Niger et d'Algérie et une délégation américaine du
Commandement américain en Europe ont tenu à Nouakchott une « réunion
sur la sécurité et la lutte contre le terrorisme » dans la région
d'Afrique subsaharienne. Cette réunion, tenue dans le plus grand
secret, avait pour objectif d'échanger des informations utiles sur les
groupes armés. Elle intervenait après les derniers attaques en mauritanie dans le nord-est du pays, attribuée au
Groupe salafiste pour la prédication et le combat (GSPC). Les
Etats-Unis se sont engagés, depuis notamment trois ans, dans des
programmes de coopération antiterroriste avec plusieurs pays africains,
dont l'Algérie.
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