IHAJJITEN Driss
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On dis que je suis un homme de réflexion.Je suis quelqu'un qui suit de près l'actualité ma spécialité, le terrorisme d'origine islamique. «J'écris régulièrement des notes d'actualité et je m'occupe de la rédaction de mes blogs et autres; je tente d'expliquer ce qu'est Al-Qaida en allant plus loin que ce que propose la télé ou la presse. Le problème, c'est que le fonctionnement de cette organisation terroriste est très compliqué et qu'on raisonne mal avec nos esprits d'occidentaux » .
la structure de base d'Al-Qaida n'est pas celle d'un état-major avec un grand chef et un sous-chef comme on pourrait l'imaginer. Bin Laden est entouré d'un conseil consultatif dont les membres l'accompagnent depuis ses débuts. En dessous, il y a différents comités s'occupant respectivement de l'aspect militaire, des achats, de l'information et de la propagande, ou encore des finances.
« Par exemple, Bin Laden n'a jamais donné l'ordre d'exécuter les attentats du 11 septembre 2001. Ce sont des gens qui sont venus lui proposer le plan pour obtenir son accord. Le projet d'origine était d'attaquer en même temps la côte est et la côte ouest. Bin Laden trouvant le projet trop compliqué à réaliser aurait répondu qu'il valait mieux se contenter d'attaquer la côte est. Son comité financier s'est occupé d'une partie des fonds. Seuls les cours de pilotage des terroristes ont été financés. Ensuite, les terroristes se sont débrouillés tout seuls. »
«Déjà, il faut faire la distinction entre l'information et le renseignement. L'information est recueillir de façon légale tandis que le renseignement est recueillir de façon illégale, je m'explique: En europe, la culture du renseignement n'existe pas. On considère que le renseignement, c'est sale. sauf les Britanniques, qui restent les maîtres historiques dans ce domaine, y sont beaucoup plus sensibilisés
Publié par ihajjiten à 10:49:06 dans Terrorisme ... | Commentaires (3) | Permaliens
Les confessions faites par deux lieutenants de Ben Laden après leur arrestation ont permis de mieux comprendre les techniques d'Al-Qaeda. Récit.
Enquête Der Spiegel
«La marque d'Al-Qaeda, disait lundi le chef d'état-major de l'armée française Henri Bentegeat à Jean-Pierre Elkabbach, c'est la minutie de la préparation des attentats. » La manière d'opérer à Madrid, probablement après des repérages, des préparatifs, une mise au point extrêmement précise de plusieurs semaines, voire de plusieurs mois, les Américains qui enquêtent sur l'attentat du World Trade Center l'avaient déjà identifiée. Grâce en partie aux confessions faites par deux proches de Ben Laden arrêtés l'un en mai 2002, l'autre en mars 2003. L'hebdomadaire allemand Der Spiegel avait pu obtenir en octobre les procès-verbaux de l'audition de ces deux terroristes :
Le Pakistanais Khalid Cheik Mohammed ne sait plus vraiment à quel moment ni dans laquelle de leurs retraites secrètes des montagnes afghanes Oussama ben Laden a prononcé ces mots, si lourds de menaces pour plusieurs milliers de vies innocentes. Mais il se souvient bien que le chef d'Al-Qaeda, alors qu'ils imaginaient le type d'action terroriste qui frapperait l'Amérique au coeur, lui a répliqué : « Pourquoi utilises-tu une hache si tu peux te servir d'un bulldozer ? » Une métaphore banale qui allait décider comment une poignée de fanatiques détournerait, le 11 septembre 2001, quatre avions de ligne pour les précipiter contre les deux tours du World Trade Center, le Pentagone et probablement, si de courageux passagers ne les en avaient empêché, contre le Capitole. C'est en tout cas à partir de là qu'a commencé à se mettre en place le « bulldozer » destiné à écraser, du moins son inspirateur pouvait-il l'espérer, les trois symboles de l'Amérique : la richesse, la puissance et la démocratie.
Cheik Mohammed est un homme trapu et robuste. Rompu à la clandestinité. Ceux qui l'ont capturé en mars 2003 pouvaient redouter qu'il ne lâcherait rien. Heureuse surprise, depuis qu'il a appris que Ramzi Binalshibh, son bras droit, arrêté en mai 2002, avait fait aux enquêteurs américains une confession très détaillée de ses activités clandestines, Cheik Mohammed s'est mis à table lui aussi. Leurs aveux à l'un et à l'autre ont permis d'avoir un aperçu plus précis de la façon dont avait été conçue puis préparée, en Afghanistan, en Allemagne, aux Etats-Unis et même un peu en Espagne, l'action terroriste la plus spectaculaire d'Al-Qaeda avant la tuerie de Madrid. Nom de code : opération « Porsche 911 ». Un nom de voiture allemande évoquant le sport et le luxe, pour une action qui restera comme une tache dans l'histoire de l'humanité.
« Le bulldozer plutôt que la hache »
L'affaire du 11 septembre 2001, c'est d'abord une vengeance personnelle. Une revanche sur ce qui s'est passé un vendredi gris de l'hiver 1993. Ce 26 février, Ramsi Ahmed Youssef, le neveu de Cheik Mohammed, fait exploser dans les sous-sols du World Trade Center une bombe de 600 kilos de nitroglycérine cachée dans une camionnette blanche garée au parking B2. Il y a 6 morts et plusieurs dizaines de blessés. Les dégâts sont très importants, mais les tours ont tenu bon. Peu de temps après son arrestation, en 1995, Youssef déclarera, en passant devant les tours jumelles, aux enquêteurs du FBI qui, pour des raisons de sécurité le transféraient en hélicoptère jusqu'au centre de Manhattan : « Si j'avais eu plus d'argent et de temps, ces deux tours n'existeraient plus. » On a eu tort de ne pas prêter attention à cette bouffée de haine. Ce que Youssef n'avait pu réussir, son oncle, Cheik Mohammed, s'est juré d'y parvenir. Et lui a eu les moyens de le faire.
Ce n'était pas son coup d'essai. Avant le 11 septembre, cet homme de 38 ans avait déjà monté plusieurs actions terroristes. La plus spectaculaire, celle qui ressemble le plus à ce qu'allait être l'attaque des tours jumelles de New York, a pourtant échoué. Le 6 janvier 1995, les policiers philippins font irruption dans un appartement de Manille dont les occupants se livraient à des activités tellement explosives qu'en maniant un mélange de potassium et de sodium, destiné à fabriquer une bombe artisanale, ils ont mis le feu à une partie de l'immeuble. Les services philippins et la CIA reconstituent grâce au disque dur des ordinateurs retrouvés dans les décombres de l'appartement ce que devait être l'objectif des artificiers : rien de moins que l'explosion simultanée de 12 avions de ligne américains grâce à des bombes à retardement dissimulées à leur bord. Le cerveau de l'affaire est identifié comme étant un ingénieur diplômé de l'université de Greensboro, en Caroline du Nord, fils d'un entrepreneur pakistanais installé au Koweït. C'est Cheik Mohammed. Le plus grave, c'est qu'il échappe aux policiers. En dépit des mandats d'arrêt internationaux lancés (« surpoids léger, yeux bruns, lunettes ») et de la prime de 2 millions de dollars promise pour sa capture, le bras droit de Ben Laden a réussi à disparaître dans les montagnes afghanes.
Selon les déclarations qu'il fera après son arrestation aux enquêteurs américains, c'est à ce moment-là, dans l'année 1996, que naît le projet de frapper l'Amérique de façon spectaculaire. Sa première idée était de bourrer d'explosifs un avion de tourisme et de le précipiter sur le siège de la CIA, à Langley, « afin de lever, avait-il dit, la hache contre l'ennemi ». D'où la fameuse remarque de Ben Laden sur le bulldozer plutôt que la hache... Conséquence, on oublie le Cessna d'aéroclub transformé en brûlot, et c'est un appareil commercial qui servira de boutefeu. Plus fort même puisque le chef leur demande de voir grand, les conjurés envisagent de détourner non pas un seul avion de ligne, mais dix : cinq sur la côte Est, cinq sur la côte Ouest, pour les précipiter simultanément sur des objectifs stratégiques. Cette fois, c'est Ben Laden qui trouve le projet trop ambitieux et trop difficile à monter et à coordonner. De la même façon qu'il leur fera renoncer à précipiter leurs bombes volantes contre des centrales nucléaires. « Trop bien protégées par des missiles sol-air et l'aviation américaine. »
Au fil des contacts, des rendez-vous improvisés ou planifiés, à Kandahar, ou dans cette zone de non-droit située entre le Pakistan et l'Afghanistan - et qui l'est toujours un peu aujourd'hui ( Cheik Mohammed devient de facto le responsable du comité militaire de cinq hommes qui, autour de Ben Laden, va préparer l'opération « Porsche 911 ». On l'appelle même désormais « Al Much », le cerveau. Sa tâche, maintenant que le modus operandi est choisi, va consister à choisir des kamikazes pour l'action terroriste. En fait, ce ne sont pas les volontaires qui manquaient, dira Cheik Mohammed aux enquêteurs américains après sa capture, mais il lui fallait trouver des garçons connaissant bien les pays occidentaux, éventuellement éduqués, comme il l'est lui-même, dans des universités américaines ou européennes et parlant parfaitement anglais.
« Combattre les juifs et les chevaliers de la croix »
Aussi l'arrivée dans les montagnes afghanes, dans le courant de l'hiver 1999, de quatre recrues pour le djihad venant d'Allemagne est-elle une aubaine pour Al-Qaeda. Mohamed Atta, Ziad Jarra, Marwan al-Shehhi et Ramzi Binalshibh ont quitté Hambourg, où ils étaient étudiants. Endoctrinés par un certain Mohammed Haydar Zammar, ancien de Bosnie lui aussi, ils cherchaient à rejoindre la Tchétchénie pour y combattre les Russes, dont les atrocités contre les insurgés musulmans étaient abondamment commentées dans les mosquées d'Allemagne. Mais leur mentor leur avait conseillé de ne pas aller directement à Grozny et de passer par le Pakistan et l'Afghanistan afin de rejoindre d'autres combattants du djihad.
A Kandahar, les quatre jeunes gens sont rapidement pris en main par les hommes d'Al-Qaeda. On leur explique d'abord qu'il y a mieux à faire que d'aller servir de chair à canon en Tché- tchénie. Ils sont même l'objet d'attentions particulières : ainsi, pendant le ramadan, ils sont invités à participer à un souper de rupture du jeûne à la table de Ben Laden, qui leur promet, sans plus de détails, qu'ils connaîtront bientôt le paradis d'Allah. Mais on ne leur dévoile pas encore leur mission. D'abord, on leur fait prêter la « baia », le serment par lequel ils s'engagent à « combattre les juifs et les chevaliers de la croix et à mourir s'il le faut au combat ». Puis on leur explique qu'ils ont été sélectionnés pour une mission « extrêmement secrète et périlleuse ». En attendant, ils doivent revenir à Hambourg, puis de là passer aux Etats-Unis pour y suivre des cours intensifs de pilotage.
Ben Laden en personne a veillé aux détails les plus pratiques : il a ainsi conseillé aux quatre volontaires de jeter leurs passeports sitôt entrés en Allemagne, afin que leur voyage en Afghanistan reste secret. Et surtout d'apparaître sans barbe sur les photos d'identité de leurs nouveaux passeports. C'est à ce stade des confessions de Cheik Mohammed et de Binalshibh aux enquêteurs américains qu'apparaît pour la première fois la mention de l'Espagne comme pays où il est possible pour les hommes de la mouvance d'Al-Qaeda d'organiser des rendez-vous sans trop de risques d'être repérés. Car si la décision et les objectifs de l'attaque du 11 septembre furent définitivement choisis par Ben Laden et Cheik Mohammed en février 2001, c'est seulement en juillet que Mohammed Atta, Marwan al-Shehhi et Ziad Jarra reçurent leurs instructions. Justement à l'occasion d'un voyage en Espagne. On a d'ailleurs retrouvé la trace de Mohammed Atta. Il est arrivé à Madrid par un vol Iberia et a loué une voiture Hyundai pour une semaine, avec laquelle il s'est rendu à Tarragone, où il avait réservé une chambre au Casablanca Playa.
« Nous allons décapiter l'oiseau »
C'est là qu'Atta retrouve Binalshibh, son compagnon de route en Afghanistan, qui, interdit d'entrée aux Etats-Unis, était resté en Allemagne à la demande de Ben Laden pour coordonner les opérations du 11 septembre. Avec lui, Imad Yarkas, alias Abu Dahda (on a retrouvé sa trace cette semaine dans le carnet d'adresses du Marocain Djamel Zougam arrêté à Madrid après la tragédie des trains). Les enquêteurs espagnols avaient eu connaissance de deux coups de téléphone reçus des Etats-Unis par cet Abu Dahda d'un certain Chakour fort explicite en dépit de son langage apparemment codé : le 6 août 2001, Chakour, dit à Abu Dahda : « J'ai préparé quelques ficelles et d'autres choses qui te plairont. » Quinze jours avant le 11 septembre, il lui précise : « Nous allons bientôt décapiter l'oiseau... »
Dans l'enquête du FBI, le rôle de Madrid comme plaque tournante réapparaît six jours avant l'affaire du World Trade Center. Le 5 septembre, en effet, Binalshibh, qui doit se mettre à l'abri loin de l'Allemagne avant que les polices européennes lancent leurs filets en tous sens lorsque les avions auront accompli leur sinistre mission, prend à 14 h 48 un vol Düsseldorf-Madrid. A l'aéroport de Barajas, il est réceptionné et hébergé par un Saoudien possédant un passeport britannique, Abd al-Walid. Celui-ci lui aurait fourni un nouveau passeport et un billet pour Karachi. Le 11 septembre au matin, Binalshibh arrivait à Kandahar, en Afghanistan, au terme de son exfiltration. Il est 23 heures à New York. Il ne reste que quelques heures avant que Mohammed Atta et ses complices ne transforment le complexe du World Trade Center en deux tours infernales
Publié par ihajjiten à 10:47:39 dans Dossiers | Commentaires (1) | Permaliens
Le terrorisme islamiste est apparu relativement récemment, dans les années 90.
Certes, il y eut dans le passé des appels à la djihad, mais la guerre, fût-elle sainte, n'est pas le terrorisme; elle en est même aux antipodes, car elle suppose un affrontement forces contre forces, entre des combattants agissant à visage découvert; cette transparence est justement ce qui est fui par les terroristes, qui cherchent à n'être ni identifiés, ni localisés, et qui agissent dans l'ombre et par surprise, de sorte à provoquer chez l'ennemi des dégâts matériels, humains, et psychologiques dont l'ampleur, compte tenu de la faiblesse de leurs moyens militaires, ne pourrait jamais être atteinte lors d'une bataille menée « à la loyale ».
Le terrorisme est le modus operandi des faibles. De plus, il faut relativiser les choses; lors de son procès, après la révolte berbère contre les Français fomentée par El Mokrani en 1870, et qui se solda par des milliers de morts, le fils du cheikh qui avait prêché la djihad pour soutenir Mokrani reconnut que ce n'était finalement qu'un subterfuge destiné à donner une légitimation religieuse à une rébellion qui ne l'était nullement. On peut également penser, compte tenu de ce que l'on connaît du personnage, que la djihad prêchée par l'émir Abd-el-Kader ne le fut pas plus sincèrement.
Pour en revenir au terrorisme stricto sensu, aussi bien arabe que musulman, il est apparu pour la première fois à l'occasion du conflit israélo-palestinien. Ce terrorisme arabe, et plus précisément palestinien, que l'on a connu dans les années 70, n'avait aucune implication religieuse. A l'époque, d'ailleurs, les éléments les plus durs des partisans d'un Etat palestinien (et de la destruction de celui d'Israël) étaient des marxistes, souvent d'origine chrétienne (comme Georges Habache, par exemple). Ce terrorisme « national », d'ailleurs, ne frappait pratiquement jamais en dehors d'Israël, et surtout, ne visait d'autres cibles que celles considérées comme directement concernées par ce conflit (même s'il s'agissait de civils israéliens).
Durant la guerre d'Algérie, le FLN n'a certes pas été avare de bombes, et le plastic était d'usage courant. Toutefois, le FLN, comme son nom l'indique, était un mouvement national algérien qui travaillait à l'indépendance de l'Algérie alors française. Le but des attentats était d'exaspérer l'armée française, de sorte à provoquer des représailles dont la brutalité ferait basculer dans le camp indépendantiste des populations indécises. Si, incontestablement, la référence religieuse était sous-jacente, la rébellion algérienne se déclarant « arabo-musulmane » et combattant, dès à partir de 1949, d'une façon des plus sanglantes, le « berbérisme » (la culture berbère ancestrale est profondément laïque), elle considérait que l'objectif religieux serait atteint par voie de conséquence lorsque l'indépendance du pays, son but principal et premier, serait acquise. Il n'était alors aucunement question de terrorisme religieux.
Il a fallu attendre la première guerre du Golfe, et par conséquent le début des années 90 pour voir se manifester un terrorisme se réclamant de l'islam, comme moteur et comme but.
Il faut ici, pour bien comprendre le processus, faire un retour en arrière. En 1740, un religieux, Mohamed Abdul Wahhab s'était mis à prêcher un islam particulièrement rigoureux et puritain, prônant un retour aux sources et une lecture littérale du Coran. Sa tribu, exaspérée par ses sermons, l'avait chassé, et il avait trouvé refuge chez l'émir du Nadjd, un certain Mohamed ibn Saoud. Celui-ci accepta d'embrasser le doctrine d'Abdul Wahhab et de mettre son épée à son service. En échange, ibn Saoud recevait une légitimation religieuse dont lui-même et ses descendants profitèrent si bien que la famille Saoud parvint, près de deux siècles plus tard, en 1932, à unifier l'Arabie, y compris, surtout, les lieux saints de La Mecque et de Médine, sous son sceptre. Le pacte initial fut modifié, en ce sens que désormais, ce ne serait plus leur épée, mais les sommes considérables provenant de l'exploitation des gisements pétrolifères du sous-sol arabique que les Saoud mettraient à la disposition des wahhabites, héritiers spirituels d'abdul Wahhab ayant considérablement cru suite aux deux chocs pétroliers des années 70/80, la propagande wahhabite s'intensifia dans tout le monde musulman (et non pas seulement arabe).
Lors de la première guerre du Golfe, les Saoud soutinrent les Etats-Unis, mais, concomitamment, tout le monde musulman s'était mobilisé en faveur de Saddam Hussein. Les wahhabites prirent la balle au bond, et récupérèrent à leur profit les sentiments anti-américains et anti-occidentaux qui étaient à cette occasion apparus au grand jour. Ils les instrumentalisèrent au profit de leur cause. Ainsi, l'Arabie des Saoud joua-t-elle gagnant sur les deux tableaux, contribuant à l'affaiblissement d'un rival idéologique (le baassiste et laïque Irak) qui se trouvait être en même temps un concurrent sur le marché du pétrole, tout en récupérant, par le truchement de leurs alliés wahhabites la vague de sympathie pour ce pays qui s'était soulevée dans le monde musulman !
Le discours des wahhabites était simple : si le monde musulman était humilié, c'était parce que le vrai islam y avait été abandonné. Au même moment, l'URSS disparaissait, et les laïques se trouvaient privés de l'aide du camp socialiste. Ils n'avaient plus d'autre solution que de se ranger sous la bannière islamiste. Toutes les conditions étaient donc réunies pour une spectaculaire montée en puissance de l'islamisme fondamentaliste. Certes, des organisations comme les Frères Musulmans existaient déjà, mais leurs moyens étaient limités, et, dans bien des pays arabes « laïques », ils étaient persécutés et contraints, sinon au silence, du moins à la prudence. C'est là, au début des années 90, qu'apparurent des mouvement, des organisations, des partis fondamentalistes, d'autant plus aisément que les pouvoirs en place plus ou moins laïques étaient souvent inefficaces, discrédités, corrompus et oppresseurs. Le FIS, en Algérie, était apparu quelques années plus tôt, mais son essor date de 1992, et il s'est presque immédiatement transformé en mouvement terroriste...
C'est que cette radicalisation portait le terrorisme en son sein. Deux événements, totalement indépendants l'un de l'autre, mirent le feu aux poudres. D'une part, la souillure résultant de la présence américaine sur le sol sacré de l'Arabie (le pays est considéré comme constituant une seule et immense mosquée) fut très mal supportée par les plus religieux. Un homme leva l'étendard de la révolte, il s'appelait Oussama Ben Laden. Ce multimilliardaire avait été longtemps à la solde des Américains en Afghanistan. Il y avait dans ce pays une convergence d'intérêts, mais aussi une connivence idéologique, entre les moudjahidin afghans en lutte contre le communisme athée, et les Américains, dont on connaît l'esprit également très religieux. Mais là, c'étaient les Américains qui se comportaient en ennemis de l'islam. Ben Laden changea son fusil d'épaule, et l'affaire afghane, en 1994, ayant été réglée au mieux des intérêts d'Allah, grâce aux Talibans (soutenus au début pas les Etats-Unis (!), qui leur retirèrent leur appui suite à leur refus de proscrire la culture du pavot) Ben Laden se retourna contre les Américains et se mit à glisser inéluctablement vers le terrorisme (attentats en 1998 contre les ambassades américaines au Kenya et en Tanzanie).
D'autre part, Arafat, englué dans mille difficultés, cherchait un appui efficace et solide. Il se tourna donc vers la riche Arabie, qui, jusque là, ne lui avait pas fourni la moindre cartouche. Pour avoir le soutien actif des Saoudiens, il lui fallait donner des gages religieux. Cela lui fut d'autant plus facile que, privés de l'aide matérielle et du soutien idéologique des Soviétiques et des pays de l'Est, ainsi que de celle de l'Irak, amoindri par la guerre, les activistes traditionnels de la cause palestinienne avaient sombré corps et biens. Et Arafat islamisa l'Intifada, avec les conséquences que l'on sait... Hamas, Martyrs d'Al Aqsa, Hezbollah, et bien d'autres groupuscules islamistes, remplacèrent le FPLP et les autres mouvements laïques d'antan. Donner des gages religieux, c'était se tourner vers l'islamisme, et s'associer au terrorisme islamiste; accepter de devenir une pièce entre les mains des vrais joueurs, Ben Laden en tête. Ben Laden qui jusque là, lui aussi, s'était soucié des Palestiniens comme d'une guigne, commença à s'intéresser à eux et à les soutenir, au moins en paroles. On remarquera au passage le peu de cas que fait le leader palestinien des accords de Camp David ou de ceux d'Oslo ! Pour lui, la diplomatie n'est que la continuation de la guerre par d'autres moyens !
Certains croient comprendre (intellectuellement) les terrorismes « locaux », et ainsi que les Palestiniens aient recours au terrorisme localement, ou que le GIA s'en prenne aux généraux corrompus d'Alger, mais saisissent mal la raison pour laquelle l'islam fondamentalisme est entré en terrorisme international tous azimuts, bien avant un certain 11 septembre, soit dit en passant. En premier lieu, les terrorismes « locaux » font partie d'une stratégie plus vaste, que l'on pourrait appeler la politique de la peau de léopard. Ensuite, pour saisir la cause de cette agressivité à l'encontre des « croisés judéo-chrétiens », il faut se reporter au Coran que les fondamentalistes entendent suivre à la lettre. Le but ultime que doit se fixer tout bon musulman est d'instaurer sur notre Terre un califat universel. Le monde doit être un comme Dieu est Un. Par suite, tout être humain doit, soit, se convertir à l'islam, soit disparaître. Toute autre forme de gouvernement ne saurait être tolérée, car il ne doit pas exister de loi qui ne soit conforme aux préceptes du Coran. Le Coran est le Livre écrit par Dieu. Il fixe tout, il régente tout, non seulement dans le domaine spirituel, mais aussi pour ce qui est de l'organisation de la société. « Le Coran est notre Constitution » est un cri fréquemment entendu en terre d'islam. Le Coran est la loi, publique, civile, pénale ; il règle même la vie privée de ses adeptes...et des autres, en attendant leur conversion ou leur élimination.
Comme l'ouma islamiya n'est pas encore un Etat, qu'il n'existe pas encore une armée musulmane, mais que le monde musulman est divisé en une multitudes d'Etats profanes, souvent antagonistes, aux intérêts divergents, il ne reste aux vrais musulmans, qui ne se reconnaissent pas dans ces Etats « séparatistes » et donc impies, que l'arme du terrorisme, l'arme des faibles, comme je l'indiquais ci-dessus, en attendant que l'un ou l'autre de ces Etats ne se déclare non pas sujet de droit international, mais embryon du futur califat universel. Ce pourrait-être, pourquoi pas, le Pakistan surpeuplé et sa bombe atomique, soutenu financièrement par les Saoudiens....
Jadis, le califat mondial pouvait n'être qu'un rêve ; aujourd'hui, il est devenu techniquement possible de passer du rêve à l'action, grâce à tout ce que nous avons inventé, nous, les Infidèles, en matière de méthodes de communication, j'allais écrire, de marketing, ensuite en matière de moyens de communication, téléphone cellulaire, fax, Internet, radio, télévision, etc. plus les avions, le TGV, les automobiles, etc., enfin en matière d'armement, du plus léger au plus lourd, voire nucléaire, bactériologique ou chimique. Je fais observer au passage qu'un bon vieil avion de ligne détourné peut aussi constituer une arme redoutable !
En attendant une guerre chaude, ouverte, officielle, en quelque sorte, qui éclatera inévitablement tôt ou tard si nous ne tuons pas dans l'œuf les rêves hégémoniques de ces saints hommes, il s'agit pour eux d'affaiblir l'adversaire par tous les moyens, dont la propagande et le terrorisme, mais les deux vont de pair. L'adversaire, c'est vous, c'est nous, c'est l'Amérique, c'est l'Europe, c'est le Japon, l'inde ou la Chine... Les discours lénifiants, relayés par des politiciens aveugles ou à courte vue et des médias complices, constituent l'un des versants de cette stratégie; l'autre, c'est le terrorisme qui déstabilise en profondeur nos pays. On ignore trop souvent que les 3.000 morts dans l'attentat du 11 septembre ne sont qu'une goutte d'eau dans l'océan des conséquences de cet acte; il faut compter également les entreprises qui ont perdu tous leurs cadres et/ou toutes leurs archives dans la destruction des twin towers et qui ont été acculées à la faillite, le coup porté à nombre d'activités économiques, principalement les assurances et les réassureurs, l'aviation commerciale, et le tourisme, non seulement aux Etats-Unis, mais dans le monde entier, les 8 millions de chômeurs qui en ont résulté sur les cinq continents, sans parler des troubles psychologiques et sociologiques liés à cet événement qui ont touché un grand nombre de personnes, et là encore, non pas seulement à New York ni même aux seuls Etats-Unis..
Que faire ? D'abord, et c'est en notre pouvoir, et c'est le devoir de chacun de nous, lutter de toutes nos forces et de toutes nos intelligences contre l'entreprise d'intoxication islamophile que mènent médias et politiciens que j'aurai la charité de ne considérer que comme stupides ou mal informés. Ensuite, faire comprendre à nos contemporains que le 11 septembre n'est rien au regard de ce qui nous attend inévitablement, et pousser, non seulement les pouvoirs publics, mais aussi chaque chef d'entreprise lucide et responsable, à prendre en compte le danger, et à s'y préparer. Il faut s'organiser autrement, peut-être éparpiller les centres de décision pour qu'un attentat comme celui du 11 septembre, voire plus grave, ne puisse détruire totalement une affaire, désorganiser l'économie, paralyser les services publics.
Et ce n'est pas parce que les gouvernements américains successifs portent une lourde responsabilité dans l'éclosion du terrorisme islamiste international qu'il faut vouer les Etats-Unis aux gémonies. Nous avons besoin de mettre en commun toutes nos forces, de celles de l'Europe, de la Russie, d'Israël, de l'Inde, du Japon et même de la Chine, et aussi de celles des Etats d'Amérique du Nord et du Sud pour surmonter le plus grand danger couru depuis longtemps par ces civilisations, dont la nôtre (!), ou plutôt, par LA civilisation.
Publié par ihajjiten à 10:45:57 dans Terrorisme ... | Commentaires (1) | Permaliens
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