Tabit face à la mort. Le film de son exécution
Tabit, contrairement aux usages, n'aura pas passé plus de six mois dans le couloir des condamnés à mort de la Prison centrale de Kénitra. Arrêté en février 1993, il a été exécuté le 5 septembre de la même année. Ce jour-là, à l'aube, le quartier des condamnés à mort s'éveille au chant du muezzin, appelant à la prière d'Al Fajr. Haj Tabit fait sa prière. La dernière d'une vie particulièrement mouvementée. Puis l'homme est conduit à l'extérieur de la prison, à quelques kilomètres de Kénitra. Une section des Forces auxiliaires fait le guet. Le poteau est déjà planté. Un groupe de personnalités est là pour assister à l'exécution de la sentence : le directeur de la prison, le médecin de service, des magistrats, en plus de Housni Benslimane, patron de la gendarmerie, d'Ahmed Midaoui, fraîchement nommé directeur général de la police, et de Mohamed Lididi, directeur de l'administration pénitentiaire. Pour sa dernière volonté, le commissaire demande au juge Lahcen Tolfi (l'homme des missions délicates, le même qui a jugé des affaires aussi célèbres que celles des Saoudiens présumés terroristes en 2002, de Slimani et Laâfora, etc.) la permission de communiquer à sa femme un numéro et le prénom d'une personne. Le magistrat accepte la requête et lui demande de prononcer la Chahada avant d'être conduit devant le peloton d'exécution. Face aux fusils braqués sur lui, Tabit s'est montré digne. Je suis condamné pour des choses que tout le monde fait. Sauf que les gens qui ont été condamnés avec moi n'ont rien à voir avec cette histoire !, aurait balbutié le condamné. Sa famille, à laquelle on a injustement refusé de le voir avant son exécution, a reçu plus tard son corps dans un cercueil scellé. La tombe de Tabit se trouve, depuis, au cimetière dit Rawdat Chelh à Casablanca. | |