IHAJJITEN Driss
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Publié par ihajjiten à 10:50:54 dans Dossiers | Commentaires (0) | Permaliens
Publié par ihajjiten à 10:31:22 dans Espionage | Commentaires (0) | Permaliens
Contournant la censure appliquée au discours d'Al-Qaida par les médias français, Al-Qaida dans le texte permet d'accéder enfin à des documents jusque-là réservés à une poignée d'experts et de chercheurs. Pour de nombreux lecteurs, ce sera une surprise, tant le discours d'Oussama Ben Laden et d'Ayman Al-Zawahiri échappe à l'enclos théologique dans lequel on l'avait un peu rapidement enfermé. Ces textes recèlent en effet un argumentaire politique aisément compréhensible par tout esprit non frotté de science religieuse : quarante ans après les indépendances, l'Occident a instrumentalisé des régimes autoritaires et répressifs avant d'investir militairement le Proche-Orient, détenteur de la majorité des ressources énergétiques de la planète. Face à cette recolonisation, Ben Laden et Zawahiri ont clairement fait le choix de la contre-offensive.
Les trois premiers auteurs sont incontournables. Abdallah Azzam théorise la résistance armée, Zawahiri décortique la domination sanglante des régimes soutenus par l'Occident, Ben Laden organise et incarne la guérilla islamique mondiale. On notera que le quatrième texte n'est pas vraiment à sa place : « découverte » par l'armée américaine en des circonstances invérifiables, hâtivement authentifiée par l'équipe Kepel, la lettre d'Abou Moussab Al-Zarqawi a été imprudemment jointe au florilège. On regrettera plus largement que les commentaires relèguent l'histoire politique du Proche-Orient au second plan.
C'est l'ouvrage de François Burgat qui donne la clé des écrits d'Azzam, Zawahiri et Ben Laden. A l'analyse des textes, il ajoute en effet la lecture essentielle des contextes successifs qui ont nourri la radicalisation à la fois doctrinale et guerrière de la « génération Al-Qaida ». Arc-bouté sur un long travail de terrain, L'Islamisme à l'heure d'Al-Qaidadécoupe l'histoire de l'islamisme en trois grandes temporalités : la lutte contre la domination coloniale ; l'opposition à l'autoritarisme des régimes issus de l'indépendance ; la résistance actuelle, de plus en plus radicale car de plus en plus violemment combattue, au « nouvel ordre du monde » issu de la fin de la guerre froide. Il serait pourtant faux de voir dans cette radicalisation un résultat inévitable du choix d'un « parler musulman » opéré, pour des raisons essentiellement identitaires, par la grande majorité des acteurs politiques arabes.
Il serait tout aussi erroné de croire qu'il suffira de « désislamiser » l'ennemi du moment pour lui ôter tout désir de remettre en question l'hégémonie occidentale. Du Yémen à l'Egypte et à l'Arabie saoudite, François Burgat montre au contraire que la radicalisation islamiste est moins le symptôme d'une « maladie de l'islam » que l'expression extrême d'un différend politique avec l'Occident. Et que la mouvance Al-Qaida, dans sa monstruosité et sa violence, est moins inspirée par la lecture des textes sacrés que par le bouclage hermétique des scènes politiques arabes et la banalisation de la torture.
On peut toujours théologiser à outrance le discours d'Al-Qaida, au risque d'alimenter cet autisme guerrier dans lequel l'Occident se meut aujourd'hui. C'est à une posture plus calme que ces deux livres appellent : renvoyer la radicalisation islamique à son contexte de production et au malaise d'un monde arabe que, plus que jamais, l'on empêche d'être.
Publié par ihajjiten à 10:22:34 dans Terrorisme ... | Commentaires (0) | Permaliens
Les violences faites aux femmes, jeunes filles et fillettes prennent aujourd'hui l'ampleur d'une épidémie : elles constituent un terrible affront aux droits humains et portent gravement atteinte à la santé publique. Partout dans le monde, des femmes subissent régulièrement des violences sexuelles et des coups infligés par leur partenaire intime, des membres de leur famille, des voisins ou des inconnus. Elles sont aussi victimes de violences liées au genre pendant et après les conflits et les guerres. Ces violences entraînent des atteintes physiques ecchymoses, fractures, blessures et parfois même la mort. Mais les conséquences sur la santé des femmes vont au-delà de ces souffrances. Elles ont en effet de profondes répercussions sur le bien-être psychologique des femmes, sur leur santé en matière de sexualité et de procréation, ainsi que sur le bien-être et la sécurité de leur famille et de leur entourage. Ces violences ont un coût humain énorme, ainsi qu'un coût économique.
Il est indispensable de connaître les différentes formes de violences contre les femmes, les contextes dans lesquels elles se produisent et leurs conséquences pour pouvoir apporter à ce fléau une réponse relevant des droits humains ; il faut aussi convaincre les gouvernements que c'est une affaire de santé publique et qu'ils doivent donc y réagir, comme ils le font face à d'autres crises relatives à la santé.
En outre, il s'avère de plus en plus nécessaire de sensibiliser et de former les professionnels de la santé afin qu'ils puissent :
mieux identifier les victimes et veiller à ce qu'elles reçoivent les soins nécessaires ;
signaler les victimes de violences aux services d'aide appropriés ;
contribuer à répondre de manière efficace et adéquate au besoin de sécurité et de justice des femmes ;
coopérer efficacement avec les autres secteurs de la société pour mieux protéger les femmes et répondre à leurs besoins ;
défendre plus efficacement le droit des femmes au meilleur état de santé susceptible d'être atteint.
En mars 2004, Amnesty International a lancé une campagne de longue durée appelée Halte à la violence contre les femmes. Le présent rapport s'inscrit dans le cadre de cette campagne et étudie les liens entre la violence contre les femmes et la santé de celles-ci. Il est publié à l'occasion du bilan qui va être réalisé pour le dixième anniversaire de la Déclaration et du Programme d'action de Beijing et va traiter, entre autres thèmes, de la violence à l'égard des femmes et de la santé des femmes. Avec les Objectifs du Millénaire pour le développement, le Programme d'action de Beijing propose des objectifs clairs pour améliorer la santé et les droits fondamentaux des femmes.
Le présent rapport examine les différentes formes que peut prendre cette violence : violences physiques, sexuelles, psychologiques, affectives et privations économiques ou autres. Il étudie également les contextes dans lesquels elle se produit et analyse les risques encourus par certains groupes de femmes spécifiques.
Les conséquences des violences subies par les femmes sur leur santé sont notamment les suivantes : blessures physiques, infections sexuellement transmissibles dont le VIH/sida, autres maladies, troubles mentaux, handicaps, répercussions sur la santé en matière de reproduction ; elles entraînent parfois la mort.
Le présent document traite également des soins médicaux aux victimes de violences, des démarches médicolégales destinées à rendre justice aux femmes et du rôle des professionnels de la santé dans l'action à mener face à la violence contre les femmes.
En conclusion, il adresse quelques recommandations d'action aux gouvernements et aux organismes professionnels.
Publié par ihajjiten à 10:15:01 dans Dossiers | Commentaires (0) | Permaliens
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