IHAJJITEN Driss
marocnews@email.it
Depuis le 27-06-2006 :
286842 visiteurs
Depuis le début du mois :
4818 visiteurs
Billets :
136 billets
Les Etats-Unis, tous les Etats occidentaux « athées » et ceux qui soutiennent George Bush sont dans le collimateur.
Explication de texte.
Au fil des ans et des attentats, les messages envoyés par Al-Qaeda ont pris les formes les plus diverses. Il peut s'agir de simples enregistrements audio, le plus souvent attribués au porte-parole Suleiman Abou Gheith, ou, plus rarement, de cassettes vidéo montrant Oussama ben Laden et son bras droit, l'Egyptien Ayman al-Zawahiri, arpentant les montagnes aux confins de l'Afghanistan et du Pakistan. Les communiqués de l'organisation sont presque toujours oraux et souvent rendus publics via la chaîne qatarie Al-Jezira. Ils alternent revendications et menaces, justifient tour à tour les bains de sang au nom de la cause palestinienne ou de la nécessité de bouter les Américains hors d'Arabie saoudite et des lieux saints.Mais il est une constante intangible. Dans toutes ces interventions suinte une haine farouche dirigée non seulement contre les régimes, peuples et pays qui n'appartiennent pas au monde musulman, mais également, au sein de ce monde, contre tous ceux qui ne partagent pas la vision rétrograde de l'islam enseignée par l'héritier d'une des plus grosses fortunes saoudiennes tombé dans l'intégrisme absolu. Une guerre de religions d'un autre âge qui s'appuie sur une série de dogmes.
Indissociable du mode de fonctionnement d'Al-Qaeda, qui recourt aussi souvent que possible à des kamikazes, la mort est omniprésente dans ses communiqués. Les terroristes qui tuent au nom de la cause y aspirent, tout en la semant indistinctement. Le texte de revendication des attentats de Madrid est dans ce registre un modèle du genre : « L'escadron de la mort a réussi à pénétrer au coeur des croisés européens. L'opération trains de la mort fait partie du règlement d'un vieux compte avec l'Espagne, alliée de l'Amérique dans la guerre contre l'Islam. Nous apportons aux musulmans du monde la joyeuse nouvelle de l'opération vents de mort noire », une attaque qui viserait les Etats-Unis dans un proche avenir. Conclusion de cette diatribe qui souligne l'incompatibilité entre deux visions du monde : « Vous, vous voulez la vie, nous, nous voulons la mort. »
A cette fascination morbide s'ajoute une dimension quantitative. La faucheuse doit oeuvrer sur le mode industriel. Tous les attentats endossés par Al-Qaeda, à commencer par ceux commis contre les tours jumelles du World Trade Center, avaient pour but de tuer massivement. Un objectif confirmé par la dernière revendication. Faisant cette fois allusion à l'attaque qui visait une loge maçonnique à Istanbul, le 9 mars, le texte précisait : « Si trois francs-maçons ont été tués dans l'opération, c'est dû à une erreur technique. Tous auraient dû être tués. »
Cette référence médiévale prêterait à sourire si elle n'était constamment invoquée pour justifier tant de crimes contre l'humanité. Dans la vision manichéenne du monde développée par le milliardaire saoudien et ses émules, le mal est incarné par les sociétés occidentales, assimilées aux vagues de combattants envoyés par les rois de France et la papauté pour délivrer Jérusalem. « Al-Qaeda mène toujours le djihad et brandit la bannière de l'islam face à la campagne sioniste croisée », expliquait Zawahiri dans un message rendu public.
Première cible visée, les Etats-Unis. Ben Laden s'en était expliqué dans plusieurs enregistrements vidéo postérieurs au 11 septembre 2001 : « Il s'agit d'une guerre religieuse à sa base. Je jure par Dieu que l'Amérique ne connaîtra plus jamais la sécurité [...] avant que toutes les armées occidentales athées ne quittent la terre des lieux saints. »
Quel que soit le prétexte d'un communiqué, il y est toujours question des Etats-Unis, des coups déjà portés à la première puissance mondiale et de ceux qui ne tarderont pas à lui être infligés ; bien pires que les précédents, comme il se doit. La dernière revendication ne fait pas exception à la règle, qui précise que « la frappe prévue contre l'Amérique se trouve dans sa phase finale ».
Sont également dans le collimateur tous les Etats qui ont soutenu Bush dans son expédition irakienne. Le chef d'Al-Qaeda en avait dressé la liste en octobre dernier : « Nous nous réservons le droit de riposter au moment et à l'endroit opportuns contre tous les pays participant à cette guerre injuste, en particulier la Grande-Bretagne, l'Espagne, l'Australie, la Pologne, le Japon et l'Italie. »
La France n'a pas été oubliée. Elle ne fait certes pas partie de la coalition, mais la loi sur le voile lui a attiré les foudres de Zawahiri. « L'interdiction du voile en France s'inscrit dans le même cadre que l'incendie des villages en Afghanistan, la destruction des maisons sur les têtes de leurs occupants en Palestine, le massacre des enfants et le vol du pétrole en Irak », s'insurge l'ancien médecin égyptien, qui range en conséquence l'Hexagone dans la catégorie des « croisés occidentaux contre les musulmans ».
A commencer par l'Arabie saoudite, le pays de Ben Laden, dont les dirigeants ont commis deux crimes impardonnables : avoir adopté un mode de vie contraire à sa propre interprétation des préceptes de l'islam et autoriser, depuis la guerre du Golfe, des troupes américaines à stationner à quelques centaines de kilomètres des principaux lieux saints, La Mecque et Médine.
Entrent également dans cette catégorie tous les Etats qui ne répondent pas aux visions intégristes du milliardaire, soit une large majorité du monde arabo-musulman. Quelques semaines après les attentats du 11 septembre 2001, celui-ci l'avait d'ailleurs confirmé : « Ceux qui prétendent être des dirigeants arabes et dont les pays sont membres de l'Onu sont des mécréants qui ont renié le Coran et la tradition du Prophète. »
Il y'a quelques mois, les services secrets allemands ont entrés en possession d'une cassette audio attribuée au Jordanien Abou Moussab al-Zarqaoui ; long cri de haine universelle dirigé contre les Etats-Unis, Israël, mais aussi les pays jugés coupables d'avoir trahi l'islam. L'appréciation en est aussi concise que définitive : « Ô Allah, tue-les l'un après l'autre, n'épargne personne. »
Tous les pays arabes reconnaissent désormais plus ou moins explicitement le droit à l'existence de l'Etat hébreu. Les organisations palestiniennes qui rêvent encore de jeter les Israéliens à la mer évitent de le crier sur les toits. Mais Al-Qaeda n'a jamais fait mystère se sa volonté de « mener le djihad contre les croisés et les juifs », comme l'expliquait Ben Laden dans une conférence de presse en 1998. Un objectif qui reste d'actualité, à en juger par un message de novembre dernier dans lequel le correspondant précisait : « Les juifs et les Américains ne seront jamais en sécurité tant que nous sommes en vie. »
Notons au passage que l'organisation s'en prend en général aux régimes qu'elle juge hostiles. Dans le cas d'Israël, elle ne mentionne jamais le gouvernement d'Ariel Sharon, mais fait systématiquement référence aux juifs, avec l'évident souci de faire porter à tout un peuple la responsabilité d'une politique impopulaire.
En guerre contre la planète, Al-Qaeda véhicule une logique et un langage qui évoquent irrésistiblement ceux prêtés à Simon de Montfort, un vrai croisé celui-là. Envoyé par le pape Innocent III pour réprimer l'hérésie cathare, il se serait exclamé, avant de lancer ses troupes à l'assaut de Béziers : « Tuez-les tous, Dieu reconnaîtra les siens. » C'était il y a huit cents ans
Publié par ihajjiten à 16:22:10 dans Dossiers | Commentaires (0) | Permaliens
|
Publié par ihajjiten à 16:17:26 dans Dossiers | Commentaires (0) | Permaliens
S'il est une question que l'on évoque peu ou pas du tout, c'est celle des services de renseignements israéliens. L'Etat hébreu en a fait l'élément-clé de sa stratégie en temps de guerre et de paix.
Cette culture du renseignement, unique en son genre, avait été mise au service, en partie, des agences de renseignements US, après les attentats du 11 septembre 2001. Le savoir-faire, l'expertise et la maîtrise de l'arabe et de ses différents dialectes ont placé Israël, particulièrement ces dernières années, en position de « leader d'opinion », sur toutes questions, auprès des Etasuniens.
Pour comprendre de l'intérieur les structures et le fonctionnement du Mossad, un service d'élite, il faut lire le témoignage - bien rare, il faut bien le dire - d'un ancien agent des services israéliens, Victor Ostrovsky, réfugié aujourd'hui au Canada [1]. Même s'il faut largement réactualiser les propos de l'ancien espion, ce que l'on apprend sur l'univers interne et les méthodes de travail de cette institution est extrêmement utile et éclairant.
Israël a fait des pays arabes ou islamiques une cible suprême de ses services. Au-delà de l'utilisation des technologies de pointe - écoutes, surveillance, brouillage, sabotage, etc. -, il s'appuie, dans cette guerre de l'ombre, sur le renseignement d'origine humain e : la présence sur place de « taupes » - des agents autochtones - dans les échelons décisionnaires arabes [2]. On est loin de la fiction ! De nombreuses sources attestent et confirment cette réalité. Autre terrain de déploiement : les Etats-Unis et l'Europe. Les communautés arabes ou islamiques constituent de vraies sources d'informations. Ces dernières années, sur le sol des Etats-Unis, plusieurs dizaines d'instituts de recherche sur le Moyen-Orient ont vu le jour, très souvent à l'initiative de Juifs américains. Un quadrillage et un maillage du territoire US qui se sont révélés éminemment utiles dans l'avant et l'après-11 septembre. Un autre témoignage, qui est passé presque inaperçu, révèle l'univers dans lequel évoluent ces nouveaux acteurs ; lesquels centrent leurs efforts sur les 98% de renseignements de « sources ouvertes » : documentations, décryptage, recoupement des informations, travail d'identification, etc. Ce livre est intitulé « L'infiltrée. Une femme au cœur des réseaux terroristes islamistes » [3]. L'auteur, qui vit aux Etats-Unis - une Juive d'origine irakienne, parlant et maîtrisant parfaitement l'arabe -, a préféré ne pas décliner son identité, car elle est toujours en activité.
Deux facteurs ont accéléré l'évolution de la stratégie israélienne, l'Intifadha II et les attentats du 11 septembre 2001.
L'Intifada II
Une fois Ariel Sharon au pouvoir, celui-ci avait vite compris l'effet dévastateur de la « guerre des pierres » sur l'image d'Israël dans le monde. Pour allumer le contre-feu, il a créé une cellule spéciale afin de mener une véritable bataille de l'information. Ses relais ? Ce sont d'abord les responsables communautaires de la diaspora, comme par exemple le Conseil représentatif des institutions juives de France (CRIF). Objectif : impliquer et souder les Juifs du monde entier dans ce combat. Son argument de base : les critiques que suscitent l'Etat hébreu ne seraient que l'expression de la « haine d'Israël » et du sentiment « éternellement judéophobe » (une thèse caricaturallement développée par Pierre-André Taguieff, CNRS). Le point de vue israélien a été - et est - toujours dominant aux Etats-Unis, mais c'est la France qui sera au cœur de cette pression, et ses médias accusés d'être « pro-arabes ». Le premier ministre a été, à plusieurs reprises, en pointe sur cette question. Cette façon de vouloir brouiller les pistes, de cultiver le confusionnisme et d'être un allumeur de feu permanent montre les obsessions d'un homme, dont le moins qu'on puisse dire est qu'il est d'une psycho-rigidité presque pathologique. On le reverra dans les prochains mois.
Les attentats du 11 septembre 2001
Pour Israël, cet événement est proprement « providentiel ». C'est l'occasion de faire valoir ses thèses et imposer ses vues à l'Amérique de Bush. Les néoconservateurs, dont l'attachement à Israël et ses combats est aujourd'hui mille fois vérifié, scellent cette alliance et poussent l'administration US à approfondir et pérenniser ce lien d'ordre, peut-on dire, « divin », puisque la religion vient mettre son nez dans cette histoire au goût messianique.
Au-delà de cette influence dans les sphères les plus influentes, des centaines de structures oeuvrent, d'une façon formelle ou informelle, dans cette bataille de conquête du cœur et des esprits. On connaît l'action de lobbying, notoire, de l'AIPAC, du travail de veille de la league anti-diffamation, mais il y a aussi bien d'autres officines, lesquels ont souvent le label fondations, qui conseillent, orientent et servent de relais au point de vue israélien. Il suffit de lire, par exemple, les études de la fondation Wexner (www.wexnerfoundation.com) sur « Les priorités de la communication israélienne en 2003 », pour juger de l'ampleur de l'action entreprise.
Tout cela apparaîtrait de bonne guerre s'il n'y avait pas cette dimension dévastatrice de la guerre psychologique, où l'on fabrique de l'Arabe et du Musulman le masque hideux de l'extrémiste permanent. Il est temps de sortir de cette logique néfaste, et d'entrer dans une pédagogie de la paix. Serait-ce trop tard ?
Post-scriptum :
[1] « Mossad. Un agent des services secrets israéliens parle », de Victor Ostrosvky, avec Claire Hoy, éditions Presses de la Cité. Au moment de sa sortie, aux Etats-Unis, l'Etat d'Israël avait demandé son interdiction, tellement les informations contenues dans l'ouvrage étaient une source de gêne pour ce pays. Le livre avait été réédité en Algérie, en 1996.[2] La population d'Israël est composée de 105 origines ethniques. Le recrutement des espions dans ce vivier donne un avantage comparatif unique.
[3] « Terrorist Hunter, mai 2003. The extraordinary Story of a Woman Who Went Undercover to Infiltrate Radical Islamic Groups Living in America » ecco, harpercollins publishers. Un livre qui montre l'extraordinaire infiltration des réseaux israéliens aux Etats-Unis. Un exemple édifiant ! Traduction française : édition Grasset. « L'Infiltrée, une femme au cœur des réseaux islamistes », 2003.
Publié par ihajjiten à 10:14:40 dans Dossiers | Commentaires (0) | Permaliens
1|
Commentaires