Accueil | Créer un blog | Blog Beauté | Blog Sexe 6

Fleurs de soumission

Uniquement le plaisir...

Les Rayons et les Ombres | 04 septembre 2006



Les champs n'étaient point noirs, les cieux n'étaient pas mornes ;
Non, le jour rayonnait dans un azur sans bornes
Sur la terre étendu,
L'air était plein d'encens et les prés de verdures
Quand il revit ces lieux où par tant de blessures
Son coeur s'est répandu,

L'automne souriait; les coteaux vers la plaine
Penchaient leurs bois charmants qui jaunissaient à peine ;
Le ciel était doré ;
Et les oiseaux, tournés vers celui que tout nomme,
Disant peut-être à Dieu quelque chose de l'homme,
Chantaient leur chant sacré,

Il voulut tout revoir, l'étang près de la source,
La masure où l'aumône avait vidé leur bourse.
Le vieux frêne plié,
Les retraites d'amour au fond des bois perdues,
L'arbre où dans les baisers leurs âmes confondues
Avaient tout oublié,

Il chercha le jardin, la maison isolée,
La grille d'où l'oeil plonge en une oblique allée,
Les vergers en talus,
Pâle, il marchait. - Au bruit de son pas grave et sombre
Il voyait à chaque arbre, hélas ! se dresser l'ombre
Des jours qui ne sont plus,

Il entendait frémir dans la forêt qu'il aime
Ce doux vent qui, faisant tout vibrer en nous-même,
Y réveille l'amour,
Et, remuant le chêne ou balançant la rose,
Semble l'âme de tout qui va sur chaque chose
Se poser tour à tour !

Les feuilles qui gisaient dans le bois solitaire,

S'efforçant sous ses pas de s'élever de terre,
Couraient dans le jardin ;
Ainsi, parfois, quand l'âme est triste, nos pensées
S'envolent un moment sur leurs ailes blessées,
Puis retombent soudain,

Il contempla longtemps les formes magnifiques
Que la nature prend dans les champs pacifiques ;
Il rêva jusqu'au soir ;
Tout le jour il erra le long de la ravine,
Admirant tour à tour le ciel, face divine,
Le lac, divin miroir.

Hélas ! se rappelant ses douces aventures,
Regardant, sans entrer, par-dessus les clôtures,
Ainsi qu'un paria,
Il erra tout le jour. Vers l'heure où la nuit tombe,
Il se sentit le coeur triste comme une tombe, Alors il s'écria :

- « O douleur ! j'ai voulu, moi dont l'âme est troublée,
Savoir si l'urne encor conservait la liqueur,
Et voir ce qu'avait fait cette heureuse vallée
De tout ce que j'avais laissé là de mon coeur !

« Que peu de temps suffit pour changer toutes choses ?
Nature au front serein, comme vous oubliez ?
Et comme vous brisez dans vos métamorphoses
Les fils mystérieux où nos coeurs sont liés !

« Nos chambres de feuillage en halliers sont changées ;
L'arbre où fut notre chiffre est mort ou renversé;
Nos roses dans l'enclos ont été ravagées
Par les petits enfants qui sautent le fossé.

« Un mur clôt la fontaine où, par l'heure échauffée,
Folâtre, elle buvait en descendant des bois ;
Elle prenait de l'eau dans sa main, douce fée,
Et laissait retomber des perles de ses doigts !

« On a pavé la route âpre et mal aplanie,
Où, dans le sable pur se dessinant si bien,
Et de sa petitesse étalant l'ironie,
Son pied charmant semblait rire à côté du mien !

« La borne du chemin, qui vit des jours sans nombre,
Où jadis pour m'attendre elle aimait à s'asseoir,
S'est usée en heurtant, lorsque la route est sombre,
Les grands chars gémissants qui reviennent le soir.

« La forêt ici manque et là s'est agrandie.
De tout ce qui fut nous presque rien n'est vivant ;
Et, comme un tas de cendre éteinte et refroidie,
L'amas des souvenirs se disperse à tout vent !

« N'existons-nous donc plus ? Avons-nous eu notre heure ?
Rien ne la rendra-t-il à nos cris superflus ?
L'air joue avec la branche au moment où je pleure ;
Ma maison me regarde et ne me connait plus.

« D'autres vont maintenant passer où nous passâmes.
Nous y sommes venus, d'autres vont y venir ;
Et le songe qu'avaient ébauché nos deux âmes,
Ils le continueront sans pouvoir le finir !

« Car personne ici-bas ne termine et n'achève ;
Les pires des humains sont comme les meilleurs ;
Nous nous réveillons tous au même endroit du rêve,
Tout commence en ce monde et tout finit ailleurs.

« Oui, d'autres à leur tour viendront, couples sans tache,
Puiser dans cet asile heureux, calme, enchanté,
Tout ce que la nature à l'amour qui se cache
Mêle de rêverie et de solennité !

« D'autres auront nos champs, nos sentiers, nos retraites.
Ton bois, ma bien-aimée, est à des inconnus.
D'autres femmes viendront, baigneuses indiscrètes,
Troubler le flot sacré qu'ont touché tes pieds nus.

« Quoi donc ! c'est vainement qu'ici nous nous aimâmes !
Rien ne nous restera de ces coteaux fleuris
Où nous fondions notre être en y mêlant nos flammes !
L'impassible nature a déjà tout repris.

« Oh ! dites-moi, ravins, frais ruisseaux, treilles mûres,
Rameaux chargés de nids, grottes, forêts, buissons
Est-ce que vous ferez pour d'autres vos murmures ?
Est-ce que vous direz à d'autres vos chansons ?

« Nous vous comprenions tant ! doux, attentifs, austères,
Tous nos échos s'ouvraient si bien à votre voix !
Et nous prêtions si bien, sans troubler vos mystères,
L'oreille aux mots profonds que vous dites parfois !

« Répondez, vallon pur, répondez, solitude,
O nature abritée en ce désert si beau,
Lorsque nous dormirons tous deux dans l'attitude
Que donne aux morts pensifs la forme du tombeau ;

« Est-ce que vous serez à ce point insensible
De nous savoir couchés, morts avec nos amours,
Et de continuer votre fête paisible,
Et de toujours sourire et de chanter toujours ?

« Est-ce que, nous sentant errer dans vos retraites,
Fantômes reconnus par vos morts et vos bois,
Vous ne nous direz pas de ces choses secrètes
Qu'on dit en revoyant des amis d'autrefois ?

« Est-ce que vous pourrez, sans tristesse et sans plainte,
Voir nos ombres flotter où marchèrent nos pas,
Et la voir m'entraîner, dans une morne étreinte,
Vers quelque source en pleurs qui sanglote tout bas ?

« Et s'il est quelque part, dans l'ombre où rien ne veille,
Deux amants sous vos fleurs abritant leurs transports,
Ne leur irez-vous pas murmurer à l'oreille :
- Vous qui vivez, donnez une pensée aux morts !

« Dieu nous prête un moment les près et les fontaines,
Les grands bois frissonnants, les rocs profonds et sourds,
Et les cieux azurés et les lacs et les plaines,
Pour y mettre nos coeurs, nos rêves, nos amours ;

« Puis il nous les retire, il souffle notre flamme.
Il plonge dans la nuit l'antre où nous rayonnons ;
Et dit à la vallée, où s'imprima notre âme,
D'effacer notre trace et d'oublier nos noms.

« Eh bien ? oubliez-nous, maison, jardin, ombrages !
Herbe, use notre seuil ! ronce, cache nos pas,!
Chantez, oiseaux ? ruisseaux, coulez ! croissez, feuillages !
Ceux que vous oubliez ne vous oublieront pas.

« Car vous êtes pour nous l'ombre de l'amour même !
Vous êtes l'oasis qu'on rencontre en chemin !
Vous êtes, à vallon, la retraite suprême
Où nous avons pleuré nous tenant par la main !

« Toutes les passions s'éloignent avec l'âge,
L'une emportant son masque et l'autre son couteau,
Comme un essaim chantant d'histrions en voyage
Dont le groupe décroît derrière le coteau.

« Mais toi, rien ne t'efface, amour ! toi qui nous charmes ?
Toi qui, torche ou flambeau, luis dans notre brouillard ?
Tu nous tiens par la joie, et surtout par les larmes ;
Jeune homme on te maudit, on t'adore, vieillard.

« Dans ces jours où la tête au poids des ans s'incline,
Où l'homme, sans projets, sans but, sans visions,
Sent qu'il n'est déjà plus qu'une tombe en ruine
Où gisent ses vertus et ses illusions ;

« Quand notre âme en rêvant descend dans nos entrailles,
Comptant dans notre coeur, qu'enfin la glace atteint,
Comme on compte les morts sur un champ de batailles,
Chaque douleur tombée et chaque songe éteint,

« Comme quelqu'un qui cherche en tenant une lampe,
Loin des objets réels, loin du monde rieur,
Elle arrive à pas lents par une obscure rampe
Jusqu'au fond désolé du gouffre intérieur ;

« Et là, dans cette nuit qu'aucun rayon n'étoile,
L'âme, en un repli sombre où tout semble finir,
Sent quelque chose encor palpiter sous un voile...
C'est toi qui dors dans l'ombre, à sacré souvenir ! »

Publié par pecheusedereve à 11:34:14 dans Art et photographie | Commentaires (0) |

Le regard des femmes - V. Hugot | 04 septembre 2006


Le regard des femmes ressemble à certains engrenages tranquilles. On passe à côté tous les jours paisiblement et impunément. On va, on vient, on rêve, on parle, on rit. Tout à coup on se sent happé. L'engrenage vous tient, le regard vous a pris. Vous êtes perdu. Vous y passerez tout entier. Un enchaînement de forces mystérieuses s'empare de vous. Vous aller tomber d'engrenage en engrenage, d'angoisse en angoisse, de torture en torture, votre esprit, votre fortune, votre avenir, votre âme.

Publié par pecheusedereve à 11:24:55 dans Art et photographie | Commentaires (0) |

Sur un toit de vent - Paul Laraque | 04 septembre 2006


Que t'est le bouclier de tes seins
Quand ma flèche t'abat comme un vautour
L'haleine des grands bois dépouille le dieu neuf
Et me voici nomade
Libre des défroques empruntées
Chargé du legs sans partage
J'arrive primitif du fond de moi-même
Que dis-tu du beau nu dans l'arène
La mer n'englobe cet élan
Près de l'arbre mûr pour l'abandon
Si ta main indique la seule étoile
Je bois la coupe du ciel
Dans la défaillance de ta chair
Ivre comme une voile en partance
N'attends le mot qui brise
Je rejette l'éloquence des feuilles en l'air
Crains la richesse du sphinx
Qui bondit
Hirsute
Dans l'or décadent des âges
Le vent des clartés lointaines
M'embarque pour le vertige sans issue
La barque vogue sur la danse des joies
D'une lune qui luit tes cuisses écartées

N'objecte la préséance de nul carquois
Sur le bord des vagues rebelles
Je dis que le fruit tombera
Dans le creux d'ombre de tes mains d'attente
Si fragiles qu'elles sont rire de gosse blessée
Pourquoi l'armoirie au front des nuits
Quand bourrasque le rythme de l'éphémère
L'écueil de ma vie
C'est la flamme de ta hanche
Qui s'enhardit aux horizons
L'aube pâlit la grâce des jeunes dents
Reconnais le pouvoir de chaque fenêtre
Rayant le désert d'une âme qui s'affronte
Le lambi somnambule sur la table
Crie l'alléluia d'une gueule sans gêne
Qui heurte la pâmoison des corps
Je vois des lendemains qui flambent
De tous les jets d'eau du monde
Fantasques comme des miroirs
Et je t'entends partir aux cascades des faunesses
Parmi ces champs dressés comme le glaive de ton sexe

Publié par pecheusedereve à 11:16:15 dans Intimité | Commentaires (0) |

Onze minutes - Coelho Paulo - (suite 6 | 25 août 2006 | 04 septembre 2006



Un jour, un musicien - un homme que Terence trouvait très étrange parce qu'il paraissait excessivement normal dans ce milieu d'originaux - oublia un livre dans le studio. "La vénus à la fourrure", de Léopold Von Sacher-Masoch. Terence le feuilleta et, à mesure qu'il lisait, il se comprenait mieux lui-même.
"La jolie femme se dévêtit et prit un long fouet, avec un petit manche, qu'elle attacha à son poignet.<>.
<> "
La femme de Terence se tenait de l'autre côté de la cloison vitrée du studio en pleine répétition. Elle avait demandé que l'on coupe le microphone qui permettait aux techniciens de tout entendre, et on lui avait obéi. Terence songeait qu'elle était peut-être en train de fixer un rendez-vous au pianiste. Il comprit : elle le rendait fou - mais il s'était déjà habitué à souffrir, semblait-il, et ne pouvait plus vivre sans.
"je vais vous fouetter", disait la femme dévêtue, dans le roman qu'il tenait. "Faite-le. Je vous en implore".
Il était beau, il possédait du pouvoir dans sa maison de disques. Quel besoin avait-il de mener cette existence?
Il aimait cela. Il méritait de souffrir grandement, puisque la vie avait été généreuse pour lui et qu'il n'était pas digne de tous ces bienfaits - l'argent, le respect, la célébrité. Sa carrière en était au point où il dépendait du succès, et cela l'inquiétait, parce qu'il avait déjà vu bien des gens tomber de haut.
Il lut le livre jusqu'à la dernière ligne. Il se mit à lire tout ce qui concernait la mystèrieuse union de la douleur et du plaisir. sa femme découvrit les vidéos qu'il louait; les livres qu'il cachait, et elle lui demanda ce que cela signifiait, s'il était malade. Terence l'assura que non, c'étaient des recherches pour illustrer un nouveau travail. Et il suggéra, l'air de ne pas y toucher : "Nous devrions peut-être essayer".
Ils essayèrent. Au début très timidement, en recourant seulement aux manuels qu'ils trouvaient dans les sex-shops. Peu à peu, ils développèrent de nouvelles techniques, atteignant les limites, prenant des risques - Mais ils sentaient que leur mariage était de plus en plus solide. Ils étaient complices d'un secret interdit, condamné.
Leur expérience se transforma en art :ils créèrent une nouvelle mode, cuir et clous en métal. Sa femme, en bottes et porte-jartelles, entrait en scène un fouet à la main, et portait le public au délire. Ce nouveau disque atteignit le premier rang du hit parade en Angleterre, et il s'ensuivit un succès retentissant dans toute l'Europe. Terence était surpris que les jeunes acceptentaussi facilement ses divagations personnelles, et sa seule explication était que leur violence contenue pouvait ainsi s'exprimer sous une forme intense, mais inoffensive.
Le fouet, devenu le symbole du groupe, fut reproduit sur des T-shirts, des tatouages, des autocollants, des cartes postales... Et Terence, qui bénéficiait d'une certaine formation intellectuelle, se mit en quête de l'origine de tout cela dans le but de mieux se comprendre lui-même.
Contrairement à ce qu'il avait dit à la prostituée, cela n'avait rien à voir avec les pénitents désireux d'éloigner la peste noire. Depuis la nuit des temps, l'homme avait compris que la souffrance, une fois apprivoisée, est son passeport pour la liberté.
En Egypte, à Rome et en Perse existait déjà la notion selon laquelle un homme qui se sacrifie sauve son pays et le monde. En chine, lorsqu'une catastrophe naturelle se produisait, l'empereur était châtié, puisqu'il était le représentant de la divinité sur terre. Les meilleurs combattants de Sparte, dans la Grèce antique, étaient fouettés une fois par an, du matin au soir, en hommage à la Déesse Artémis - tandis que la foule les exhortait par ses cris à supporter avec dignité la douleur qui les préparait à affronter les guerres à venir. A la fin de la journée, les prêtres examinaient les blessures laissées sur leur dos et y lisaient l'avenir de la cité.
Les Pères du désert, une ancienne communauté monastique du IVe s, non loin d'Alexandrie, recouraient à la flagellation pour éloigner les démons, ou prouver la superiorité de l'esprit sur le corps dans la quête spirituelle. L'histoire des Saints regorgeait d'exemples - Sainte Rose courait dans un jardin d'épines, Saint Dominique Loricatus se fustigeait chaque soir avant de se coucher, les martyrs se livraient volontairement à la mort lente sur la croix ou se laissaient dévorer par les animaux sauvages. Tous affirmaientque la douleur, une fois surmontée, menait à l'extase mystique.
De récentes études, non confirmées, révèleaient qu'un champignon aux propriétés hallucinogènes pouvait se développer sur les blessures, provoquant ainsi des visions. Le plaisir semblait tel que cette pratique avait bientôt quitté les monastères pour se répandre dans le monde.
En 1718 était paru un "Traité d'autoflagellation" qui enseignait comment découvrir le plaisir à travers la douleur, sans causer de dommages physiques. A la fin du XVIIIe siècle, on trouvait une multitude d'endroits dans toute l'Europe où les gens recherchaient la joie à travers la souffrance. Selon certaines archives, des rois et des princesses avaient coutume de se faire battre par leurs domestiques, avant de découvrir que l'on peut avoir du plaisir non seulement à recevoir, mais à appliquer la douleur - bien que ce fût plus épuisant et moins gratifiant.

Publié par pecheusedereve à 10:57:42 dans Lithératures | Commentaires (0) |

Présentation




Et oui je sais vous allez me dire encore un blog où une minette raconte sa vie. Je suis une femme ayant la trentaine et je me pose des milliers questions sur la vie. Je suis très intriguée par ce monde soi disant parallèle qui est le BDSM. Au fil de mes articles vous allez découvrir mon évolution à ce sujet. Je vais essayer d'être la plus clair possible dans mes explications et de vous montrez les différents visages du BDSM.



   

Septembre

DiLuMaMeJeVeSa
     12
3456789
10111213141516
17181920212223
24252627282930

Recherche

  • RSS
  • RSS
  • Podcast
  • atom 03