Tandis qu'il fumait, Terence éprouvait un certain contentement à se dire que la pls grande partie de l'humanité était incapable de comprendre ses pensées. C'était mieux ainsi : appartenir à un club fermé, auquel seuls les élus avaient accès. Il se rappela comment, dans son cas, le tourment d'être marié s'était métamorphosé en émerveillement. Sa femme savait à quelle fin il venait à Genève, elle n'en était pas dérangée - au contraire, dans ce monde malade, elle était heureuse que son mari trouvât la récompense escomptée après une semaine de labeur.
La fille qui venait de sortir de la chambre avait tout compris. Leurs âmes étaient proches, il le sentait, bien qu'il ne fût pas prêt à tomber amoureux car il aimait sa femme. Mais il se plut à penser qu'il était libre et à rêver d'une nouvelle relation.
Restait l'expérience la plus difficile : faire d'elle la Vénus à la fourrure, la Souveraine, la Maîtresse, capable de l'humilier et de le punir sans pitié. Si elle passait l'épreuve, il serait prêt à lui ouvrir son coeur, et à la laisser entrer.
Journal de Maria, encore ivre de vodka et de plaisir :
"Quand je n'ai plus rien eu à perdre, j'ai obtenu. Quand j'ai cessé d'être ce que j'étais, je me suis trouvée moi-même. Quand j'ai connu l'humiliation et la soumission totale, j'ai été libre. Je ne sais pas si je suis malade, si tout cela était un rêve, ou si ça n'arrive qu'une fois. Je sais que je peux vivre sans, mais jaimerais le rencontrer de nouveau, répéter l'expérience, aller encore plus loin.
J'avais un peu peur de la douleur, pourtant elle était moins forte que l'humiliation - ce n'était qu'un prétexte. Lorsque j'ai ressenti mon premier orgasme depuis des mois, après tous ces hommes et tout ce qu'ils fait avec mon corps, je me suis sentie - est-ce vraiment possible ? - plus près de Dieu. Je me suis rappellé ce qu'il avait dit au sujet de la peste noire, ce moment où les flagellants, offrant leur douleur pour le salut de l'humanité, trouvaient en elle le plaisir. Je ne voulais pas sauver l'humanité, ni lui, ni moi-même ; j'étais seulement là.
L'art du sexe est l'art de contrôler la perte de contrôle."
Si vous désirez encore quelques lignes il vous faudra posseder cet ouvrage ;)
Commentaires