Depuis le 20-06-2006 :
361661 visiteurs
Depuis le début du mois :
17772 visiteurs
Billets :
364 billets
Mardi 29 avril, 17h, séance à l'assemblée nationale. A l'ordre du jour : la loi sur les Archives.
A 16h55, on arrive sur les bancs de l'assemblée, on essaie de caser ses jambes (je me demande si à l'époque de la construction, ils avaient déjà du mal à être bien installé...). 503 députés viennent de voter la loi sur la modernisation du marché du travail...Suspension de séance...les députés s'en vont...et ne reviennent pas...
Qu'est-ce que j'allais m'imaginer ? Que les 503 députés viendraient s'étriper sur la question de l'article 11 adopté par le Sénat ?
Pour la gauche, quelques députés communistes (avec une apparition remarquée de M. Brard qui doit bien trouver de quoi s'occuper...) et socialistes, pas de verts (monsieur Cochet, je suis déçue !). Pour la droite, moins de députés sauf pour les votes...et un nouveau centre. Le Modem s'en fout !
La séance a duré 3h30.
J'ai été étonné du sérieux du travail de la gauche, et notamment de Mme Filipetti qui m'avait l'air d'avoir bien potassé le sujet.
Argument le plus drôle de la droite (ils sont comiques, il faut le relever) : "Le texte a été adopté à l'unanimité au Sénat", pourquoi en serait-il autrement à l'Assemblée... Mais à quoi servent les députés alors ??
La gauche a tout essayé pour faire voter ses amendements...rien n'y a fait, sauf le dernier. Quand la droite critique la gauche de ne rien proposer et de faire une opposition systématique, on a eu la preuve que c'était plutôt le contraire...
A chaque amendement de la gauche, les députés de droite suivaient l'avis de la ministre. Ca a été assez révélateur pour une amendement de la ministre qui demandait la suppression d'un article. "Qui est pour ? Qui est contre ?"...Malaise...on s'est emmêlé les pinceaux, le président de séance répète alors qu'on vote pour l'amendement de Mme la ministre, amendement pour lequel le rapporteur de la commission des lois est défavorable...Ils lèvent tous la main pour approuver. On suit donc l'avis de Mme la ministre, et quand Mme la ministre ne comprends rien au sujet, elle suit l'avis du rapporteur.
Des députés de droite qui n'y connaissaient donc rien "Oh, ça va !! Il est 9h moins 10 !!"...Et alors ? Si t'es pas content, tu t'en vas...oups, j'oubliais, tu n'es là que parce que tes petits copains t'ont demandé de voter...Et la gauche n'est toujours pas fouttu de faire la même chose ! Ils le font exprès d'être des loosers ? Ils auraient eu la possibilité quand même de ramener plus de gens pour faire passer un amendement !
Au final, qu'est ce que ça donne ? Une loi votée conformément aux avis de la commission des lois, avec un refus systématique des amendements de la gauche. La création d'une catégorie d'archives incommunicables, et des réductions de délais moindres que le projet de loi original. Mme Albanel n'a même pas daigné défendre son texte (mais puisque je vous dis qu'elle y comprends rien!...) ! Et un désengagement de l'Etat concernant la gestion de ses archives courantes et intermédiaires. Peu de belles perspectives en ce qui nous concerne en tant que futurs archivistes. C'est une avancée certes..mais bon...des archives incommunicables...
Pour notre petit groupe d'élèves archivistes, on a quand même rigolé quand le rapporteur de la commission des lois a affirmé que durant les auditions on lui avait dit que les archives électroniques des services de l'Etat étaient régulièrement transférées vers des supports durables ! Eclatement de rire général ! On a plus besoin de nous alors !! Mais qui a pu lui affirmer ça ? Le rapporteur doit pourtant savoir que dans sa propre maison, le problème n'est pas réglé. Et qu'est-ce qu'un support durable ? La droite a voté un amendement de la gauche, celui de faire un rapport annuel sur la conservation de ces données électroniques...ils leurs devaient bien ça !
Le député nouveau centre a tenté le coup mais a retiré son amendement. Un député UMP (notaire) a voulu donner des dérogations supplémentaires aux généalogistes professionnels, avis défavorable de Mme la ministre, ses collègues ne l'ont même pas soutenus. "La recherche des héritiers est difficile, elle est souvent longue, et ce serait bon pour le pouvoir d'achat". Ben voyons ! Si on retrouve pas les héritiers, c'est qu'ils en ont rien à faire de la personne décédée, ils n'ont donc pas à recevoir de l'argent. "Pouvoir d'achat"...nan mais franchement !
Publié par deline à 22:14:23 dans Politique | Commentaires (3) | Permaliens
Vos blablas