Qu'attendre
de ce monde, de ces jours ? De ce ciel qui lentement s'efface et se
colore ? Ce que je crois être mon idéal serait de fuir ce monde, et de
m'enfermer dans un univers si clos que je me trouverais hors du chemin.
Un univers constitué de romantisme, de multiples photographies
accrochées aux murs, de nature et de silence. La foule, ainsi que ce
que propose cette société s'avère bien trop éloigné de mes besoins.
Plus que jamais, je rêve d'autarcie, de solitude. De perdition, peut
être. Je me suis souvent demandé si ce désir de solitude n'exprimait
point en réalité désir de mort, puisque tout devient feutré, autre,
ailleurs. La solitude est l'ailleurs que l'humain de peut construire
concrètement en dehors de son esprit. La fuite. La sérénité. Elle ne
représente pas véritablement le fait d'être seul, mais plutôt de vivre
dans une société où le nombre d'individus se trouverait extrêmement
réduit. Et où surtout, il serait possible d'organiser son temps comme
on le désire. Au quotidien, nous côtoyons plus souvent des inconnus ou
visages qui nous sont neutres, que ceux que nous aimons. Et puis
viendra le jour où notre cœur cessera à jamais de battre, et notre
corps sera enseveli sous terre. Sous le bruit, l'agitation ; sous les
villes, les pas humains. Alors, peut être faudra-t-il se retourner et
se demander à quoi aura servi cette existence ? Je
n'aurais point été fière de mon existence si j'avais réalisé une œuvre
qui m'aurait apporté gloire et argent. J'exècre ces désirs. L'idéal
d'une vie se résumerait à la consacrer à ce qui nous tient le plus à
cœur, à réaliser notre projet librement, tel qu'il soit, à disposer
finalement de sa vie.
Photo: mai 2006