AGIR, JE VIENS
Poussant la porte en toi, je suis entré
Agir, je viens
Je suis là
Je te soutiens
Tu n'es plus à l'abandon
Tu n'es plus en difficulté
Ficelles déliées, tes difficultés tombent
Le cauchemar d'où tu revins hagarde n'est plus
Je t'épaule
Tu poses avec moi
Le pied sur le premier degré de l'escalier sans fin
Qui te porte
Qui te monte
Qui t'accomplit
Je t'apaise
Je fais des nappes de paix en toi
Je fais du bien à l'enfant de ton rêve
Afflux
Afflux en palmes sur le cercle des images de l'apeurée
Afflux sur les neiges de sa pâleur
Afflux sur son âtre... et le feu s'y ranime
AGIR, JE VIENS
Tes pensées d'élan sont soutenues
Tes pensées d'échec sont affaiblies
J'ai ma force dans ton corps, insinuée
...et ton visage, perdant ses rides, est rafraîchi
La maladie ne trouve plus son trajet en toi
La fièvre t'abandonne
La paix des voûtes
La paix des prairies refleurissantes
La paix rentre en toi
Au nom du nombre le plus élevé, je t'aide
Comme une fumerolle
S'envole tout le pesant de dessus tes épaules accablées
Les têtes méchantes d'autour de toi
Observatrices vipérines des misères des faibles
Ne te voient plus
Ne sont plus
Équipage de renfort
En mystère et en ligne profonde
Comme un sillage sous-marin
Comme un chant grave
Je viens
Ce chant te prend
Ce chant te soulève
Ce chant est animé de beaucoup de ruisseaux
Ce chant est nourri par un Niagara calmé
Ce chant est tout entier pour toi
Plus de tenailles
Plus d'ombres noires
Plus de craintes
Il n'y en a plus trace
Il n'y a plus à en avoir
Où était peine, est ouate
Où était éparpillement, est soudure
Où était infection, est sang nouveau
Où étaient les verrous est l'océan ouvert
L'océan porteur et la plénitude de toi
Intacte, comme un œuf d'ivoire.
J'ai lavé le visage de ton avenir.
Publié par lenomdelarose à 17:24:22 dans poètes disparus | Commentaires (0) | Permaliens
LE PSAUME DE LA VIE
Imité de Longfellow
Oh ! Ne me dites plus que la vie est un rêve,
Une ombre qui s'enfuit et flotte sous nos pas,
C'est le temps de la lutte, et si rien ne s'achève,
L'éternel avenir a son germe ici-bas.
La vie est un combat, la vie est une arène
Où le devoir grandit du triomphe obtenu ;
C'est le sentier qui monte et pas à pas nous mène
Aux sommets d'où la vue embrasse l'inconnu.
Âme ! Souffle divin, captive frémissante,
Toi dont l'aile meurtrie usera sa prison,
Celui qui t'a créée immortelle et vivante
Te fit libre et t'ouvrit un immense horizon.
Pour l'homme, né de Dieu, rayon de sa pensée,
Le repos, c'est l'oubli, le sommeil, c'est la mort.
Souviens-toi, fils du ciel, qu'immobile et glacée,
La tombe est un passage ; elle n'est pas un port.
Marche ! et que chaque jour te trouve à son aurore
Plus près du but sacré, le flambeau dans la main
Agis ! le temps est court ; il se hâte et dévore
Ce qui n'est pas réel, immortel et divin.
Que jamais le regret, la crainte ou l'espérance,
La joie ou la douleur ne retardent tes pas.
N'entends-tu pas ton cœur qui bat dans le silence ?
Marche ! il n'est rien pour lui d'assez grand ici-bas.
Que ton pied sur le sol laisse une noble empreinte,
Et peut-être, suivant tes sentiers après toi,
Quelque esprit agité par le doute et la crainte
Retrouvera l'espoir, le courage et la foi.
Laisse au vague avenir ses lointaines promesses,
Au stérile passé son sourire d'adieu ;
Bannis les rêves d'or et les molles tristesses.
Le présent est à toi, mais le reste est à Dieu.
A Dieu, ce passé mort qu'Il répare et pardonne ;
A Dieu, cet avenir que lui seul a scruté ;
A nous, l'heure qui fuit aussitôt qu'elle sonne,
Mais qui contient l'éternité.
Décembre 1855.
Madame Edmonde de Pressensé (1826-1901), épouse de Francis de Pressensé sénateur inamovible (1853-1914).
Publié par lenomdelarose à 11:10:43 dans poètes disparus | Commentaires (0) | Permaliens
L'Infortuné
Ne convient pas que vous raconte
Comment je me suis mis à honte
En quel manière
Vous qui rime me demandez
Comment je me suis amendé
De prendre femme
Trop tard je m'en suis aperçu
Quand je suis dans le piège chu
C'est mon dommage
Qui jamais n'eut moins d'avoir
Mon hôte veut l'argent avoir
De mon hosté
J'en ai presque tout ôté
Avoir me sont nus les côtés
Contre l'hiver
Le mal ne saurait seul venir
Tout ce qui me devait venir
M'est advenu
Que sont mes amis devenus
Eux que j'avais de si près tenu
Et tant aimés
Ils ont été trop clairsemés
Je crois le vent les a ôtés
L'amour est morte
Ce sont amis que vent emporte
Et il ventait devant ma porte
Les emporta
Si le ciel point n'a de colère
Je crois que Dieu le débonnaire
M'aime de loin
Bien l'ai prouvé en ce besoin
Suis où le maillet met le coing
Dieu l'y a mis
Même le sot de sot me clame
Or pour filer s'il me faut trame
Moult ai à faire
Je ne suis pas ouvrier des mains
L'espérance de l'endemain
Ce sont mes fêtes
Si je m'émeus je n'en puis mais
Ne voit venir avril ni mai
Voici la glace
Contre le temps l'arbre s'effeuille
Qui ne maintient en branche feuille
Tombée à terre
Et la pauvreté qui m'atterre
De tout côté me fait la guerre
En cet hiver
Pauvre sens et pauvre mémoire
M'a Dieu donné le roi de gloire
Et pauvre rente
Et droit au cul quand bise vente
Le vent me vient, le vent m'évente
C'est trop souvent
Qu'en bonne santé Dieu me garde
Qui nous ôte peines et charges
Et sauve l'âme
Me revoilà sur le chantier
Et j'en ai le corps fatigué
Jusqu'à gémir
Nul oncques me conforta
Ni du sien rien ne m'apporta
Ici j'apprends
Qui a un rien pour lui le garde
Et qui trop a se met en garde
D'avoir trop mis
De son avoir pour faire amis
Et n'en trouve un ni la demi
Qui le secoure
Laisserai fortune à son cours
À moi seul ferai recours
Si je le puis
D'après Rutebeuf, Léo & LeNomdelaRose
Publié par lenomdelarose à 11:00:15 dans poètes disparus | Commentaires (0) | Permaliens
Hay un momento
en que uno se libera de su biografía
y abandona entonces esa sombra agobiante,
esa simulación que es el pasado.
Ya no hay que servir más
la angosta fórmula de uno mismo,
ni seguir ensayando sus conquistas,
ni plañir en las bifurcaciones.
Abandonar la propia biografía
y no reconocer los propios datos,
es aliviar la carga el viaje.
Y es como colgar en la pared un marco vacío
para que ningún paisaje se agote al fijarse.
Il y a un moment
où l'on se libère de sa biographie
et abandonne alors cette ombre déprimante,
cette simulation qu'est le passé.
Il ne faut plus utiliser
la formule mesquine du même,
ni tenter de poursuivre ses conquêtes,
ni gémir aux bifurcations.
Abandonner sa biographie
et ne pas reconnaître ses propres données,
c'est alléger la charge pour le voyage.
Ou comme accrocher au mur un cadre vide
pour qu'à s'y figer ne s'épuise aucun paysage.
Roberto Juarroz. Argentina
Duodécima poesía vertical.
Publié par lenomdelarose à 09:22:43 dans poètes disparus | Commentaires (0) | Permaliens
Et si un homme auprès de vous vient à manquer à son visage de vivant, qu'on lui tienne de force la face dans le vent.
St John Perse
Publié par lenomdelarose à 16:32:50 dans poètes disparus | Commentaires (0) | Permaliens
| Di | Lu | Ma | Me | Je | Ve | Sa |
|---|---|---|---|---|---|---|
| 1 | 2 | 3 | 4 | 5 | ||
| 6 | 7 | 8 | 9 | 10 | 11 | 12 |
| 13 | 14 | 15 | 16 | 17 | 18 | 19 |
| 20 | 21 | 22 | 23 | 24 | 25 | 26 |
| 27 | 28 | 29 | 30 | 31 |
commentaires