A bonne amour je fais veu et promesse + ¶ & a la fleur qui est rose clamée, * A la vaillant de Loyauté deesse, Par qui nous est ceste chose informée, Qu'a tousjours mais la bonne renommée Je garderay de dame en toute chose Ne par moy ja femme n'yert diffamée & pour ce prens je l'Ordre de la Rose. / /
Publié par lenomdelarose à 20:32:34 dans la vie en rose | Commentaires (0) | Permaliens
Combien haut volent les mouettes au-dessus de l'île
Combien triste ce garçon de ferme dans son grand jeu
Pris comme un grain sur votre sable
Combien posé le son de cloche des brebis
Quand la fantaisie leur vient de rôder sur la falaise
Pris comme par la marée qui m'a laissé ici
Combien bénie la forêt avec ses chants d'oiseaux
Combien nette la coupe de tourbe étendue si longtemps
Prise comme une graine sur votre terre

Isle of Islay
How high the gulls fly o'er Islay.
How sad the farm lad deep in play.
Felt like a grain on your sand.
How well the sheep's bell music makes.
Rovin' the cliff when fancy takes.
Felt like the tide left me here.
How blest the forest with birds' song.
How neat the cut peat laid so long.
Felt like a seed on your land.
Publié par lenomdelarose à 16:15:02 dans laudes | Commentaires (0) | Permaliens
« Lorsque moi j'emploie un mot, répliqua Humpty Dumpty d'un ton de voix quelque peu dédaigneux, il signifie exactement ce qu'il me plait qu'il signifie... ni plus ni moins.
- La question, dit Alice, est de savoir si vous avez le pouvoir de faire que les mots signifient autre chose que ce qu'ils veulent dire.
- La question, riposta Humpty Dumpty, est de savoir qui sera le maître... un point c'est tout.»
De l'autre côté du miroir et ce qu'Alice y trouva.
Lewis Caroll
(Humpty Dumpty est un œuf dans le roman de Lewis Caroll)
Publié par lenomdelarose à 22:41:03 dans philosophes à vendre | Commentaires (1) | Permaliens
Far off, most secret, and inviolate Rose,
Enfold me in my hour of hours; where those
Who sought thee in the Holy Sepulchre,
Or in the wine vat, dwell beyond the stir
5 And tumult of defeated dreams; and deep
Among pale eyelids, heavy with the sleep
Men have named beauty. Thy great leaves enfold
The ancient beards, the helms of ruby and gold
Of the crowned Magi; and the king whose eyes
10 Saw the Pierced Hands and Rood of elder rise
In druid vapour and make the torches dim;
Till vain frenzy awoke and he died; and him
Who met Fand walking among flaming dew
By a gray shore where the wind never blew,
15 And lost the world and Emer for a kiss;
And him who drove the gods out of their liss,
And till a hundred morns had flowered red,
Feasted and wept the barrows of his dead;
And the proud dreaming king who flung the crown
20 And sorrow away, and calling bard and clown
Dwelt among wine-stained wanderers in deep woods;
And him who sold tillage, and house, and goods,
And sought through lands and islands numberless years,
Until he found with laughter and with tears,
25 A woman, of so shining loveliness,
That men threshed corn at midnight by a tress,
A little stolen tress. I, too, await
The hour of thy great wind of love and hate.
When shall the stars be blown about the sky,
30 Like the sparks blown out of a smithy, and die?
Surely thine hour has come, thy great wind blows,
Far off, most secret, and inviolate Rose?
The Secret Rose
William Butler YEATS (1865-1939).
The Wind Among the Reeds. 1899.
La Rose Secrète
Lointaine, le plus souvent secrète, et intangible Rose,
Étreins-moi dans mon heure suprême ; là où ceux
Qui furent en ta quête dans le Saint Sépulcre,
Ou dans le caveau à vin, demeurent au-delà de l'agitation
5 Et du tumulte des rêves déçus ; et au plus profond
Des pâles paupières, lourdes de ce sommeil
Que les hommes nommèrent beauté. Tes grandes feuilles embrassent
Les barbes séculaires, les heaumes de rubis et d'or
Des Mages couronnés ; et de ce roi dont les yeux
10 Virent les Mains Percées et la Croix d'une ancienne élévation
Dans une vapeur de druide elles en obscurcissent les flambeaux ;
Jusqu'à ce qu'éclatât une vaine frénésie et qu'il ait trépassé ;
Et lui qui a rencontré Fand+ qui marchait dans ce flamboiement de rosée
Sur un rivage gris où jamais le vent n'a soufflé,
15 Et qui a perdu le monde et Emer+ pour un baiser ;
Et lui qui a mené les dieux hors de leur liesse,
Et jusqu'à l'éclosion de maintes aurores pourpres,
Festoya et pleura les tertres de ses morts ;
Et le fier roi rêveur jeta au loin sa couronne
20 Et sa peine, et convoquant barde et bouffon
Demeurés parmi les vagabonds avinés des forêts profondes ;
Et lui qui vendit fermage, maison, et biens,
Et chercha à travers la lande et les îles d'innombrables années,
Et finit par trouver, en riant et pleurant,
25 Une femme d'une si radieuse beauté,
Que les hommes battaient le grain à minuit à la lueur d'une boucle,
Une petite boucle de cheveux dérobée. Moi aussi, j'attends
L'heure de ton grand vent d'amour et de haine.
Quand les étoiles seront-elles soufflées d'un côté à l'autre du ciel,
30 Comme des étincelles hors d'une forge, et qui meurent ?
Sans doute ton heure est-elle venue, ton grand vent souffle,
Lointaine, le plus souvent secrète, et intangible Rose ?
+ Dans la mythologie celtique irlandaise, Emer est la fille de Forgall Manach (le rusé), roi de Meath, son nom signifie « ambroisie ». Après avoir été l'épouse de Manannan Mac Lir, elle devient celle de Cuchulainn non sans difficultés, son père l'ayant promise à un autre ; le héros est expédié en Écosse, avec son ami Ferdiad, chez la magicienne Scathach durant toute une année, et à son retour il doit attaquer la forteresse de Forgall et enlever Emer. Dans le récit Serglige ConCulaind on la voit, poussée par la jalousie, partir avec cinquante servantes munies de couteaux pour tuer la maîtresse de son mari, Fand (l'épouse de Manannan). Finalement elle pardonne et un druide lui fait boire le breuvage d'oubli.
Publié par lenomdelarose à 10:29:40 dans poètes disparus | Commentaires (1) | Permaliens

Or est vray qu'après plainz et pleurs
Et angoisseux gemissemens,
Après tristesses et douleurs,
Labeurs et griefz cheminemens,
Travail mes lubres sentemens,
Esguisez comme une pelote,
M'ouvrit plus que tous les commens
D'Averroÿs sur Aristote.
Combien qu'au plus fort de mes maulx,
En cheminant sans croix ne pile,
Dieu, qui les pelerins d'Esmaus
Conforta, ce dit l'Evangile,
Me monstra une bonne ville
Et pourveut du don d'esperance ;
Combien que le pecheur soit vile,
Riens ne hayt que perseverance.
Je suys pecheur, je le sçay bien ;
Pourtant ne veult pas Dieu ma mort,
Mais convertisse et vive en bien,
Et tout autre que pechié mort.
Combien qu'en pechié soye mort,
Dieu vit, et sa misericorde,
Se conscience me remort,
Par sa grace pardon m'accorde.
Et, comme le noble Romant
De la Rose dit et confesse
En son premier commencement
Qu'on doit jeune cuer en jeunesse,
Quant on le voit viel en viellesse,
Excuser, helas ! il dit voir.
Ceulx donc qui me font telle presse
En meurté ne me vouldroient veoir.
Hommes faillis, despourveuz de raison,
Desnaturez et hors de congnoissance,
Desmis du sens, comblez de desraison,
Fols abusez, plains de descongnoissance,
Qui procurez contre vostre naissance,
Vous soubzmettans a detestable mort
Par lascheté, las ! que ne vous remort
L'orribleté qui a honte vous maine ?
Voyez comment maint jeune homs est mort
Par offenser et prendre autruy demaine.
Chascun en soy voye sa mesprison,
Ne nous venjons, prenons en pacience ;
Nous congnoissons que ce monde est prison :
Aux vertueux franchis d'impacience
Battre, touiller, pour ce n'est pas science,
Tollir, ravir, piller, meurtrir a tort.
De Dieu ne chault, trop de verté se tort
Qui en telz faiz sa jeunesse demaine,
Dont a la fin ses poins doloreux tort
Par offenser et prendre autruy demaine.
Que vault piper, flater, rire en trayson,
Quester, mentir, affermer sans fiance,
Farcer, tromper, artifier poison,
Vivre en pechié, dormir en deffiance
De son prouchain sans avoir confiance ?
Pour ce conclus: de bien faisons effort,
Reprenons cuer, ayons en Dieu confort,
Nous n'avons jour certain en la sepmaine ;
De nos maulx ont noz parens le ressort
Par offenser et prendre autruy demaine.
Vivons en paix, exterminons discort ;
Ieunes et viculx, soyons tous d'ung accort :
La loy le veult, l'apostre le ramaine
Licitement en l'epistre rommaine ;
Ordre nous fault, estat ou aucun port.
Notons ces poins ; ne laissons le vray port
Par offenser et prendre autruy demaine.
Freres humains qui apres nous vivez,
N'ayez les cuers contre nous endurcis,
Car, se pitié de nous povres avez,
Dieu en aura plus tost de vous mercis.
Vous nous voiez cy attachez cinq, six :
Quant de la char, que trop avons nourrie,
Elle est pieça devoree et pourrie,
Et nous, les os, devenons cendre et pouldre.
De nostre mal personne ne s'en rie;
Mais priez Dieu que tous nous vueille absouldre !
Se freres vous clamons, pas n'en devez
Avoir desdaing, quoy que fus mes occis
Par justice. Toutesfois, vous sçavez
Que tous hommes n'ont pas bon sens rassis ;
Excusez nous, puis que sommes transis,
Envers le fils de la Vierge Marie,
Que sa grace ne soit pour nous tarie,
Nous preservant de l'infernale fouldre.
Nous sommes mors, ame ne nous harie;
Mais priez Dieu que tous nous vueille absouldre !
La pluye nous a buez et lavez
Et le soleil dessechiez et noircis ;
Pies, corbeaulx, nous ont les yeux cavez,
Et arrachié la barbe et les sourcils.
Jamais nul temps nous ne sommes assis ;
Puis ça, puis la, comme le vent varie,
A son plaisir sans cesser nous charie,
Plus becquetez d'oyseaulx que dez a couldre.
Ne soiez donc de nostre confrarie ;
Mais priez Dieu que tous' nous vueille absouldre !
Prince Jhesus, qui sur tous seigneurie,
Garde qu'Enfer n'ait de nous la maistrie :
A luy n'ayons que faire ne que souldre.
Hommes, icy n'a point de mocquerie ;
Mais priez Dieu que tous nous vueille absouldre !
Publié par lenomdelarose à 17:46:32 dans poètes disparus | Commentaires (0) | Permaliens
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