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lenomdelarose

La Rose est sans pourquoi

Back from Ireland | 18 octobre 2006

 











All things bright and beautiful


All things bright and beautiful,
All creatures great and small,
All things wise and wonderful,
The Lord God made them all.

Each little flower that opens,
Each little bird that sings,
He made their glowing colours,
He made their tiny wings.

The rich man in his castle,
The poor man at his gate,
God made them high or lowly,
And ordered their estate.

The purple-headed mountain,
The river running by,
The sunset and the morning,
That brightens up the sky;

The cold wind in the winter,
The pleasant summer sun,
The ripe fruits in the garden
He made them every one.

The tall trees in the greenwood,
The meadows where we play,
The rushes by the water
We gather every day;

He gave us eyes to see them,
And lips that we might tell,
How great is God Almighty,
Who has made all things well.





 



Cecil Frances Alexander








Publié par lenomdelarose à 22:13:20 dans poètes disparus | Commentaires (0) |

Pren ceste rose | 18 octobre 2006

 


 



 


Pren ceste rose, aimable comme toy,
Qui sers de rose aux roses les plus belles,
Qui sers de fleur aux fleurs les plus nouvelles,
Dont la senteur me ravit tout de moy.
Pren ceste rose, et ensemble reçoy
Dedans ton sein mon cœur, qui n'a point d'ailes
Il est constant, et cent playes cruelles
N'ont empesché qu'il ne gardast sa foy.
La rose et moy differons d'une chose :
Un soleil void naistre et mourir la rose;
Mille soleils ont vu naistre m'amour,
Dont l'action jamais ne se repose.
Ha ! plut à Dieu que telle amour, éclose
Comme une fleur, ne m'eust duré qu'un jour !


Pierre de Ronsart


Publié par lenomdelarose à 20:21:41 dans poètes disparus | Commentaires (0) |

L'arbre rêve | 18 octobre 2006





ARBRE




L'arbre chante comme l'oiseau.
Tout à coup, coup de vent. - Vent brusque.
Cela vient, s'apaise, revient comme vagues.
Le vent donne au grand arbre une multitude de pensées,
le surprend, le trouble,
l'attaque en tous points, l'ébranle.
Le revêt de l'envers de ses milliers
de feuilles nombreuses.
L'épouse, le change en rumeur qui grandit et s'affaiblit
et le change en ruisseau perdu.
Ceci donne pur rêve du ruisseau.
L'arbre rêve d'être ruisseau;
L'arbre rêve dans l'air d'être une source vive...
Et de proche en proche, se change en poésie, en
un vers pur...





Paul Valéry


 





 



 

Publié par lenomdelarose à 19:10:52 dans poètes disparus | Commentaires (0) |

Thank you for smoking | 18 octobre 2006



 

LE RETOUR AU PAYS

C'est un Breton qui revient au pays natal
Après avoir fait plusieurs mauvais coups
Il se promène devant les fabriques à Douarnenez
Il ne reconnait personne
Personne ne le reconnait
Il est très triste.
Il entre dans une crêperie pour manger des crêpes
Mais il ne peut pas en manger
Il a quelque chose qui les empêche de passer
Il paye
Il sort
Il allume une cigarette
Mais il ne peut pas la fumer.
Il y a quelque chose
Quelque chose dans sa tête
Quelque chose de mauvais
Il est de plus en plus triste
Et soudain il se met à se souvenir :
Quelqu'un lui a dit quand il était petit
« Tu finiras sur l'échafaud »
Et pendant des années
Il n'a jamais osé rien faire
Pas même traverser la rue
Pas même partir sur la mer
Rien absolument rien.
Il se souvient.
Celui qui avait tout prédit c'est l'oncle Grésillard
L'oncle Grésillard qui portait malheur à tout le monde
La vache!
Et le Breton pense à sa sœur
Qui travaille à Vaugirard
A son frère mort à la guerre
Pense à toutes les choses qu'il a vues
Toutes les choses qu'il a faites.
La tristesse se serre contre lui
Il essaie une nouvelle fois
D'allumer une cigarette
Mais il n'a pas envie de fumer
Alors il décide d'aller voir l'oncle Grésillard.
Il y va
Il ouvre la porte .
L'oncle ne le reconnaît pas
Mais lui le reconnait
Et il lui dit :
« Bonjour oncle Grésillard »
Et puis il lui tord le cou.
Et il finit sur l'échafaud à Quimper
Après avoir mangé deux douzaines de crêpes
Et fumé une cigarette.







 


Jacques Prévert










Publié par lenomdelarose à 18:01:09 dans poètes disparus | Commentaires (0) |

A fire in my head | 18 octobre 2006


Il est amer et doux pendant les nuits d'hiver d'écouter, près du feu qui palpite et qui fume, les souvenirs lointains s'élever, au bruit des carillons qui chantent dans la brume.

Charles Baudelaire



 


Publié par lenomdelarose à 16:22:15 dans carpe diem | Commentaires (0) |