On reconnait à ceci celui qui a des dispositions pour la quête intérieure: il mettra au-dessus de n'importe quelle réussite l'échec, il le cherchera même, inconsciemment s'entend. C'est que l'échec toujours essentiel, nous dévoile à nous-même, il nous permet de nous voir comme Dieu nous voit, alors que le succès nous éloigne de ce qu'il y a de plus intime en nous et en tout.
Cioran

Publié par lenomdelarose à 10:37:03 dans philosophes à vendre | Commentaires (0) | Permaliens
JEAN DE LA CROIX
Grenade 1581
En l'an quinze cent quatre vingt et un suivant le soleil du Christ marchant sur sa quarantième année
Aux cavernes des Égyptiens paraît un homme au dessous de la moyenne en son capuce blanc
Au Couvent des Martyrs nouveau prieur des Carmes
Pour apaiser la soif dévorante du Seigneur chez ses fiancées
Qui fait de l'Alhambra construire un aqueduc
Il porte dans ses yeux la vision céleste et vient achever ici ce cantique à Tolède entrepris dans la prison Gocémonos Amado familiarité de l'Âme envers Dieu son amant
Jouissons mon bien-aimé puis allons voir en ta beauté
Le mont et la colline d'où l'eau pure jaillit
Entrons au plus profond dans le profond taillis
Et d'abord aux cavernes hautes de la terre nous irons
Si bien dissimulés
Amour de Dieu furtif amour volé
Adultère du ciel et de l'âme ô rendez-vous divin ô divine bravade
Lieu de passe de l'enfer au paradis
Et nous y entrerons
Goûter le vin bourru de la grenade
Que dit-il au delà des mots quel
Blasphème admirable ou sainte moquerie et pourquoi
Chez les Gitans cherche-t-il la couche obscène du Seigneur
Quel enseignement cherche-t-il parmi vous proxénètes
Qui dansez vos robes de couleur
Autour du couple mystique
Salut à toi Jean de la Croix les pieds nus t'en venant
Parmi ces enfants de l'Inde comme si
D'eux tu pouvais tirer leçon de sagesse anci-
Enne et comme si leur impiété même veillait sur une petite flamme
Ainsi qu'en portent les cœurs peints dans cette vie à l'étroit
Salut à toi Jean de la Croix je t'attendrai Que le répons au chant d'Islâm
De toi m'arrive et donne-moi neuve folie afin que j'y croie
Jean de la Croix ne voit pas le Fou près de cent ans en arrière
Jean de la Croix n'entend pas la question posée
Et tant que sur le front de la fleur la plus humble il luit une goutte de rosée
Jean de la Croix se défend dans sa parole à cause de la Sainte-Hermandad sans doute et sont les hautes cavernes selon lui
Des mystères divins La pierre dont il parle
Celle sur qui l'Apôtre a bâti son église et ce vin
Bourru qui sourd des graines de la grenade
Exprime ici que des merveilles de Dieu sort et s'essore
L'unique jouissance et délectation de l'âme
*
Jean de la Croix je te demande
Autrement qu'un corrégidor
Ce qu'est l'homme et ce qu'est l'amour
Ce qu'est la nuit ce qu'est le jour
Jean de la Croix
Il dit que l'âme est une lampe
Et d'elle ne vient point le feu
Il faut que quelqu'un le lui donne
La flamme d'amour est de Dieu
Jean de la Croix je te demande
Non des mots pour l'Inquisiteur
Mais d'éclairer la Nuit obscure
De ta lumière
Jean de la Croix
Il dit que la flamme couronne
La lampe comme le Saint-Esprit
L'apôtre et la lampe n'est lampe
Qu'autant que sa flamme a mûri
Jean de la Croix je te demande
Quelle est la sagesse secrète
Ainsi qui fait lampe la lampe
Jean de la Croix
La vive flamme de l'amour
Est pourquoi la lampe fut faite
Sans elle qui n'est qu'un plomb lourd
La flamme est l'avenir de l'âme
Jean de la Croix je te demande
De dire au clair ce qu'est la flamme
Elle est l'avenir de la lampe
Si je te crois
Il dit à nouveau que la lampe
Est l'âme et la flamme l'amour
Une autre fois je lui demande
D'où vient l'amour et qu'est la femme
Jean de la Croix je te demande
Qu'est l'avenir
Le jour vient de t'en souvenir
Jean de la Croix
*
Ubeda 1591
Et quand il est à s'en mourir
Jean de la Croix sur la montagne
Se souvient de la nuit gitane
Des enfants couleur de châtaigne
Et quand il est à s'en mourir
Mieux que prière et pénitence
Il se souvient des longues danses
Qui furent sa chapelle ardente
Et quand il est à s'en mourir
Au dernier moment de la cendre
La guitare entre dans sa chambre
Le feu reprend pour le chant sombre
Et quand il est à s'en mourir
Jean comprend sa douleur extrême
La nuit obscure de lui-même
Et les clous de Dieu dans son âme
Jean de la Croix
Jean de la Croix je te reconnais tu ressembles
A tous ceux pour qui le rite et le dogme étaient prisons
Et qui cherchèrent chemin droit vers Dieu laissant les lacets interminables de la raison
Jean de la Croix tu n'es que le nom chrétien de tous ceux qui se damnent d'amour
Jean de la Croix tu meurs autrement mais pourtant comme
Mansoûr al-Hallâdj hors de ta religion comme lui car la Loi
De Dieu toujours qu'il soit de Judée ou d'Islâm tu le sais met à mort les Saints
La Loi de Rome ou de La Mecque inexpiable tient l'excès d'aimer fût-ce Dieu Jean de la Croix
Et moi comme toi qui n'ai de passion mesure
Je passe le lit de tes douleurs au delà de l'amour de Dieu
Car la réponse est de ce monde à la question que je suis
Qui s'en écarte se perd et ne trouve
Que l'abîme au bout du raccourci quand la réponse est en ce monde-ci
Dans ce monde-ci l'amour et l'accomplissement de l'homme
Jean de la Croix
x
Aragon. Le fou d'Elsa

Publié par lenomdelarose à 10:16:28 dans poètes disparus | Commentaires (0) | Permaliens
A psalm of life.
Henry Wadsworth Longfellow 1839
What the heart of the young man said to the psalmist.
Tell me not, in mournful numbers,
"Life is but an empty dream!"
For the soul is dead that slumbers,
And things are not what they seem.
Life is real! Life is earnest!
And the grave is not its goal;
"Dust thou art, to dust returnest,"
Was not spoken of the soul.
Not enjoyment, and not sorrow,
Is our destined end or way;
But to act, that each to-morrow
Finds us farther than to-day.
Art is long, and Time is fleeting,
And our hearts though stout and brave,
Still, like muffled drums are beating.
Funeral marches to the grave.
In the world's broad field of battle,
In the bivouac of Life,
Be not like dumb driven cattle!
Be a hero in the strife!
Trust no Future, howe'er pleasant!
Let the dead Past bury its dead!
Act, -- act in the living Present!
Heart within, and God o'erhead!
Lives of great men all remind us
We can make our lives sublime,
And, departing, leave behind us
Footprints on the sands of time;
Footprints, that perhaps another,
Sailing o'er life's ocean main,
A forlorn and shipwrecked brother,
Seeing, shall take heart again.
Let us, then, be up and doing,
With a heart for any fate;
Still achieving, still pursuing,
Learn to labour and to wait.
Un psaume de la vie.
Ce que le cœur du jeune homme a répondu au psalmiste.
Ne me dites pas, dans de sombres accords,
« La vie n'est qu'un rêve, la vie n'est qu'absence ! »
Car celui dont l'âme s'assoupit est un mort,
Et les choses ne sont pas selon les apparences.
La vie est authentique ! La vie est griève !
Ailleurs que dans la tombe est sa cause ;
« À la poussière tu retourneras, art de la poussière, »
Ce n'est guère ainsi que l'âme cause.
Ni plaisir, ni souffrance,
Ne nous sont formule ou délivrance ;
Mais agir, pour chaque lendemain
Être de ce jour plus lointain.
L'art est long, et le Temps fugace,
Mais nos cœurs encor, crânes et coriaces,
Tels en sourdine vers la fosse, des tambours,
De leur marche funèbre, battent toujours.
Dans ce vaste champ de bataille ici-bas,
Dans le bivouac de la Vie,
Ne sois pas au troupeau bêtement conduit !
Mais un héros au combat !
En aucun Avenir ne te fie, tout séduisant qu'il est !
Laisse au Passé mort ses morts enterrer !
Agis, -- agis dans l'ardent Présent !
Dieu en-dessus, et le cœur en dedans !
Les vies des grands hommes nous rappellent à tous
Que rendre insignes nos vies, nous le pouvons tous,
Et, partant, laisser derrière nous
Les traces des pas dans le sablier du temps ;
Le sillage d'une vie sur l'océan,
Dans lequel un autre peut-être, naviguant,
Un frère, naufragé et désespéré,
Reprendra encor courage à le considérer.
Alors, allons, restons debout, et faisons
Contre mauvaise fortune bon cœur ;
Achevons toujours, toujours continuons,
Apprenons, patience et labeur.
Traduction :
lenomdelarose
Publié par lenomdelarose à 19:25:00 dans poètes disparus | Commentaires (0) | Permaliens

Dans le non-agir, rien ne demeure inaccompli.
Lao-Tseu
Publié par lenomdelarose à 18:54:41 dans tao | Commentaires (0) | Permaliens


Apprivoiser, ça veut dire créer des liens...
L'essentiel est invisible aux yeux,
on ne voit bien qu'avec le coeur

Publié par lenomdelarose à 19:27:20 dans la vie en rose | Commentaires (2) | Permaliens
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