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Chrismondial

Alltermondialiste - Antiraciste - Antisexiste - Laïc ( http:// Krismondial.blogg.org )

Présentation






Christian




DELARUE





http://www.tlaxcala.es/images/auteur_294.jpg






MILITANT






ALTERMONDIALISTE




 




 




MRAP / ATTAC






 






Fonctionnaire aux Finances

Licencié en droit Rennes


né le 20 juillet 1955






Activités politiques





Membre de la LCR de 1985 à 2006





Candidat de la LCR aux élections de mai 1997





Soutien Maintenant à gauche !


www.maintenantagauche.org





 







Activités antiracistes :





Secrétaire national du MRAP





Membre du Bureau exécutif du MRAP et de son Conseil d'Administration.





Responsable de sa commission Mondialisation.





Représentant / délégué du MRAP auprès d'ATTAC au titre de membre fondateur d'ATTAC




MRAP =



Mouvement contre le Racisme et pour l'Amitié entre les Peuples
Movement against Racism and for Friendship among Peoples
Movimiento contra el Racismo y por la Amistad entre los Pueblos

Statut consultatif auprès du Conseil Economique et Social de l'ONU

43, Boulevard Magenta, 75010-Paris, France
Tel : 33 1 53 38 99 99
Fax : 33 1 40 40 90 98
e-mail : accueil@mrap.fr
web : http://www.mrap.asso.fr/





 

Activités altermondialistes




Membre du Conseil d'Administration d' ATTAC France




Association pour la Taxation des Transactions pour
l'Aide aux Citoyens
http://www.france.attac.org/



Participation au FSE de Paris St Denis en 2003



Membre du CA d'ATTAC Rennes






Activités syndicales :





Elu à la CE de l'UL CGT Rennes en dec. 1993 comme responsable de l'activité "jeune"





Elu à la CE du SNADGI-CGT 35 en juin 1993




Membre de l'UGFF-CGT 35




 




Militant associatif à AC! (Agir ensemble contre le chômage)




de nov 93 à 98 (Travaillons tous, travaillons moins, travaillons autrement)




 





Militant antisexiste - féministe





Représentant de la LCR Rennes aux Assises de la CNDF de mars 1997





Signataire :




- de "Des hommes s'engagent : Faire l'amour, pas la haine - Non à la virilité machiste !"




- du Manifeste "Encore féministe"





 

*



Les conférences et contributions sont publiées sur divers sites :


- rennes-info.org (rubrique contributions)


 


- amitie entre les peuples,


http://amitie-entre-les-peuples.org/




- Bellaciao,


http://bellaciao.org/fr/spip.php?mot157




- PAG69




- alternativeunitaire2007.org/


 


- pour la République sociale PRS


- ATTAC FRANCE, ATTAC 35, ATTAC 89...

http://www.france.attac.org/spip.php?auteur1353




- MRAP (Mouvement contre le Racisme et pour l'Amitié entre les Peuples)



- altermonde-sans-frontière


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- Europe solidaire sans frontière


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- Egalité d'abord






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Qui a vu Rennes et non Dahouët n'a rien vu ! | 14 juillet 2008

Qui a vu Rennes et non Dahouët n'a rien vu !

Le propos est moins orgueuilleux que "Qu'a vist Paris e noun Cassis a ren vist"

Ce n'est pas la première fois que je viens au Dahouët (1), mais en ce mois de juillet 2008 il est devenu mon petit coin préféré.
Logeant à St Alban la chose est plus aisée.
Que ce soit au bar du port ou directement à même le quai, j'aime venir y prendre les notes du dernier livre à lire pour accomplir ma tâche militante
Quelque chose d'indéfinissable m'y attire ; une langueur, une ambiance, un calme.

J'ai toujours aimé la mer et les petits ports.
Etant jeune marin (2) je passais des heures à regarder la mer.
Etant jeune plongeur j'aimais descendre en apnée loin de la surface (comme dans le Grand bleu mais en plus modeste)
Au printemps 68, à 13 ans, j'ai abandonné mon collège pour fréquenté le port de Cassis et les Calanques voisines.

1) Dahouët, port de Pléneuf près de St Brieuc
http://docarmor.free.fr/valarmor/valest/dahouet1.htm

2) Entre octobre 73 et octobre 78 j'ai navigué sur plusieurs bâteaux gris MN et sur plusieurs mers et océans. 

Publié par ockren à 20:19:41 dans Admiration | Commentaires (0) |

17 avril 2008 : Aimé CESAIRE nous quitte | 17 avril 2008

En ce 17 avril 2008, les peuples opprimés du monde, la Martinique mais aussi tous les hommes et les femmes qui luttent pour un monde basé sur la justice sociale et le respect de la dignité humaine se trouvent orphelins avec le départ d'Aimé Césaire.

Poète des mots, il  a représenté pour les peuples colonisés et opprimés une pensée ouverte  vers de nouvelles voies. Avec Aimé Césaire se sont rencontrés le rêve, les mots au service de la lutte pour la liberté et la libération. Eveilleur des consciences, Aimé Césaire reste aujourd'hui à côté de toutes celles et ceux qui se voient refuser les droits humains fondamentaux et qui sont soumis à l'arbitraire des lois pensées pour assurer la domination. 

Aimé Césaire laisse, à tous ceux qui veulent le saisir, le flambeau de la lutte  afin de construire un monde de paix et de fraternité. Il laisse aussi l'héritage d'une humanité qui cherche à en finir avec les discriminations, le racisme et la domination.

La Fondation Frantz Fanon, qui remercie profondément Aimé Césaire pour avoir accepté d'assumer la charge de Président d'honneur, exprime sa profonde douleur en ces tristes moments pour les familiers et amis d'Aimé Césaire.

 

pour le Bureau de la Fondation Frantz Fanon

Mireille Fanon-Mendès France

Sonia Dayan-Herzbrun

Hugo Ruiz Diaz Balbuena

Publié par ockren à 20:45:31 dans Admiration | Commentaires (0) |

Clara ZETKIN | 08 mars 2008

Vive le 8 Mars, vive Clara ZETKIN !

repris de "Tête hautes et regards droits" (un nouveau blog féministe libertaire)

C'est à Copenhague en 1910, lors de la 2° conférence internationale des femmes socialistes, que l'allemande Clara Zetkin propose, pour la première fois, d'organiser une Journée internationale des femmes en vue de servir à la propagande pour le vote des femmes. La conférence réunit une centaine de femmes venues de 17 pays, et adopte aussitôt cette proposition, inspirée des manifestations d'ouvrières qui se sont déroulées aux Etats-Unis en 1908 et en 1909.


Le 8 mars 1914, les femmes réclament le droit de vote en Allemagne. La révolution allemande de novembre 1918 permet enfin au mouvement féministe d'obtenir le droit de voter et d'être élues.

Petit historique du 8 mars : Créée en 1910, l'année suivante, soit en 1911, en l'occasion de la journée de la femme, un million de femmes manifestent en Europe. Mais la date n'est tout d'abord pas fixe, et ce n'est qu'à partir de 1917 et des prémices de la révolution russe : avec la grève des ouvrières de Saint-Pétersbourg, que la tradition du 8 mars se met définitivement en place. En 1921, Lenine déclare le 8 mars, journée des femmes. En 1924, le 8 mars est célébré en Chine, puis en 1946 dans les pays de l'Est. En 1971, au Québec. Ensuite les Nations Unies l'officialisent en 1977.

1982 : La Journée internationale des femmes est finalement reconnue officiellement en France.

Clara Zetkin : Leadeuse socialiste allemande et rédactrice en chef de la revue féministe L'égalité, Clara Zetkin était enseignante, journaliste, femme politique. Elle participe avec Rosa Luxemburg à la création en 1915 de la ligue spartakiste et elle mène de nombreuses actions pacifistes, notamment l'organisation une conférence internationale pacifiste des femmes socialistes en 1915 à Berlin, ce qui lui vaudra d'être arrêtée à plusieurs reprises. Ensuite, elle joue avec Rosa Luxemburg, un rôle essentiel dans la création du parti communiste allemand -KPD-. Députée du KPD de 1920 à 1933, date à laquelle l'arrivée des nazis au pouvoir l'oblige à s'exiler à Moscou où elle décède la même année.
Ses principaux combats ont été la lutte pour la suppression du capitalisme et l'instauration du socialisme, pour le droit de vote des femmes, le droit au divorce et à l'union libre, ainsi que l'égalité entre les sexes.

C. Zetkin : “La femme est asservie à l'homme et elle le restera tant qu'elle ne sera pas indépendante économiquement.”

Le 8 mars 1909

Le 29 mars 1911

Grève des femmes de Saint Pétersbourg et déclenchement de la révolution de 1917

Nombreux textes de Clara Zetkin en anglais

Quelques textes de Clara Zetkin en français

in TETES HAUTES REGARDS DROITS 

Publié par ockren à 20:19:10 dans Admiration | Commentaires (0) |

Quand ROSA LUXEMBOURG décrivait l'asile de nuit : Du lumpen berlinois de 1912 aux exclus parisien d'aujourd'hui... | 20 janvier 2008

Quand Rosa Luxembourg décrivait l'asile de nuit

Du lumpen berlinois de 1912 aux exclus parisiens de 2007

Dominique BOULLIER

dimanche 24 juin 2007

Dans un texte bref de 1912, Dans l'asile de la nuit, ici réédité, Rosa Luxembourg s'indigne du sort des sans-abri de Berlin, victimes d'une intoxication alimentaire, dans un asile de nuit berlinois. Elle y exprime sa compassion pour les sans-abri, sa colère vis-à-vis des privilèges et dénonce la logique d'un système dans lequel les uns s'enrichissent sur la misère des autres. Un texte d'actualité aujourd'hui : 70 sans-abri sont morts dans un asile de nuit à Berlin en janvier 1912, 25 mal-logés sont morts à Paris dans l'incendie d'un hôtel meublé en janvier 2007.

Qui sont les sans-abri, les sans-domicile fixe, les sans-papier, les mal-logés, les sans-emploi ?

Leurs manques leur servent-ils d'identité ? Peut-on décrire ces hommes et ces femmes qui vivent dans la rue simplement par leur âge et par leurs maux comme l'a fait récemment Médecins du Monde dans une enquête de terrain ? Ces enquêtes sont utiles, bien sûr ! Le cri d'alarme de Villermé de 1840 [1], a conduit à la loi de 1841 réglementant le travail des enfants [2]. La colère de l'Abbé Pierre, face à la pénurie de logements et les rigueurs de l'hiver 1954 qui tuent a provoqué un immense mouvement de solidarité. Le rapport [3] de René Lenoir, Inspecteur des finances, a alerté en 1974 les services publics sur la nécessité de faire des choix en matière de prévention pour les 3 à 4 millions « d'inadaptés sociaux ». L'appel de Coluche de septembre 1985 [4] aboutit à la naissance des Restos du Cœur. Au 31 /12/ 2003, 3,3 millions de personnes bénéficient de minima sociaux. De nombreuses associations se sont développées, utiles, très utiles au quotidien, mais nous restons dans le registre de l'assistance.

Le texte - qui vient d'être réédité dans les carnets de l'Herne [5] - reste d'actualité près d'un siècle plus tard. Rosa Luxembourg replace dans un contexte économique et social les sans-abri de 1912. Et leur redonne une identité sociale : « Ces pensionnaires de l'asile, victimes des harengs infects ou du tord-boyaux frelaté, qui sont-ils ? Un employé de commerce, un ouvrier du bâtiment, un tourneur, un mécanicien : des ouvriers, des ouvriers, rien que des ouvriers ou des hommes qui l'étaient, hier encore. »

Elle les inscrit dans une histoire collective. Elle rappelle que la consommation effrénée des uns et la misère des autres ne sont pas des phénomènes concomitants : pendant que les uns s'enrichissent, les autres s'appauvrissent chaque jour un peu plus. Ce sont des phénomènes interdépendants : l'enrichissement des uns est lié à la paupérisation des autres : « Le prolétaire est d'abord l'ouvrier capable et consciencieux qui, dès son enfance, trime patiemment pour verser son tribut quotidien au capital La moisson dorée des millions s'ajoutant aux millions s'entasse dans les granges des capitalistes. Un flot de richesse de plus en plus imposant roule dans les banques et dans les bourses tandis que les ouvriers – masse grise, silencieuse, obscure – sortent chaque soir des usines et des ateliers tels qu'ils sont entrés le matin, éternels pauvres hères, éternels vendeurs apportant au marché le seul bien qu'ils possèdent : leur peau ».

Quand les firmes débauchent, leurs actions flambent et nombre de leurs salariés vont pointer à l'ANPE, puis au bureau d'aide sociale .... Et tout le monde n'a pas l'humour de Coluche : « Quand j'étais petit à la maison, le plus dur c'était la fin du mois. Surtout les trente derniers jours. »

Sous des termes différents, des sociologues se sont penchés sur les 6 millions de personnes (allocataires et aussi conjoints, enfants et autres personnes à charge) concernées par la pauvreté avec des analyses fines et sensibles [6]. Nombre de ces ouvrages s'interrogent sur les processus en œuvre, mais les interrogations restent aussi souvent dans le registre de la politique passive de la pauvreté.

Elles n'ont pas la force du discours de Rosa Luxembourg qui décrit comment d'un statut socialement accepté, le prolétaire peut tomber dans la déchéance : « Peu à peu ses forces le trahissent. Une période de chômage plus longue, un accident, la vieillesse qui vient – et l'un d'eux, puis un second est contraint de se précipiter sur le premier emploi qui se présente : il abandonne sa profession et glisse irrésistiblement vers le bas. Les périodes de chômage s'allongent, les emplois se font plus irréguliers. L'existence du prolétaire est bientôt dominée par le hasard ; le malheur s'acharne sur lui, la vie chère le touche plus durement que d'autres. La tension permanente pour un morceau de pain, finit par se relâcher, son respect de soi s'amenuise – et le voici debout devant la porte de l'asile de nuit à moins que ce ne soit celle de la prison. »

Un chômeur est virtuellement un chômeur de longue durée et un chômeur de longue durée un exclu en sursis, condamné à terme à l'assistance et à l'aide sociale. Rosa Luxembourg dénonce la logique d'un rapport de production capitaliste - qui garantit honneur et prospérité à quelques-uns, et qui écarte chaque année des conditions de vie normales de la classe ouvrière des milliers d'existences pour les faire tomber dans la nuit de la misère. Il s'agit bien du lumpenproletariat (prolétariat en haillons) qui fut, durant l'époque industrielle, une des appellations des populations vivant dans la misère ; une population formée d'éléments déclassés misérables, non organisés du prolétariat urbain. Il s'agit bien de l'armée de réserve du capitalisme qui reste l'arme la plus efficace dont dispose le patronat pour imposer la stagnation ou la baisse des salaires, l'intensification du travail, la dégradation des conditions de travail, la flexibilité et le démantèlement du code du travail, la précarisation. Et la précarisation généralisée provoque un chômage récurrent et fait de chaque salarié, un chômeur en puissance. En 2007, les restaurants Buffalo Grill emploient des dizaines d'immigrés en situation irrégulière « Nos patrons menaçaient de nous livrer à la police » ; « On ne pouvait pas se rebeller » ; « 10 salariés en situation irrégulière ont été licenciés, 15 sont en grève, 22 ont démissionné [7]

C'est avec la Révolution industrielle, bouleversant les rapports de production et les rapports sociaux, qu'est apparue la grande pauvreté. En 1852, Marx écrivait : « Dans la mesure où des millions de familles vivent dans des conditions économiques qui les séparent les unes des autres et opposent leur genre de vie, leurs intérêts et leur culture à ceux des autres classes de la société, elles constituent une classe. Mais elles ne constituent pas une classe dans la mesure où il n'existe entre les paysans parcellaires aucun lien social et où la similitude de leurs intérêts ne crée entre eux aucune communauté, aucune liaison nationale, ni aucune organisation politique. » [8]

Les démunis subissent leur pauvreté dans l'humiliation et le désarroi. Sans logement, l'engrenage se met en route : l'hygiène et l'alimentation deviennent difficile, l'emploi et les relations aux autres sont menacés. Les « SANS » ne sont pas seulement sans papier, sans domicile ou sans travail : un manque en entraîne d'autres sur le plan matériel, et aussi sur le plan moral et social : perte d'identité, perte de relations sociales, perte de dignité .... Passer de la résignation, du repli sur soi, à la prise de parole ; de la déprime à la colère ; du ressentiment individuel à la révolte ; passer de l'isolement à la mobilisation collective : se constituer en groupes, se mobiliser ensemble peut devenir une mission impossible.

Rosa Luxembourg est consciente du peu de poids que les sans-abri représentent lorsqu'ils sont isolés : « Chaque jour des sans-abri s'écroulent, terrassés par la faim et le froid. Personne ne s'en émeut, seul les mentionne le rapport de police. (...) Le prolétaire ne peut attirer sur lui l'attention de la société qu'en tant que masse qui porte à bout de bras le poids de sa misère. »

Les compagnons d'Émmaus, les Restos du cœur, l'APEIS, Les collectifs de sans papiers, Droit Devant, Médecins du Monde, Les enfants de Don Quichotte, et d'autres associations permettent aux plus démunis de faire face au quotidien et de se faire entendre. Mais la route est longue avant que la révolte des « SANS » aboutisse à de réels changements de société ...

À la suite de ce coup de gueule magistral, les Lettres de ma prison adressées à Sonia Liebknecht, la compagne de Karl Liebknecht, nous révèlent une femme sensible, amoureuse de la poésie, des fleurs et des oiseaux qu'elle écoute de sa prison. « Intérieurement, je me sens beaucoup plus chez moi dans un petit bout de jardin, comme ici, ou dans un champ, étendue sur l'herbe, et entourée de bourdons, que dans un congrès du parti. » Qu'on mesure l'étendue de cet optimisme : si Sonia est en liberté, Karl Liebknecht est lui aussi incarcéré ; Rosa Luxembourg et lui seront assassinés le 15 janvier 1919.

Dominique Boullier

[1] Tableau physique et moral des ouvriers employés dans les manufactures de coton, de laine et de soie.

[2] Journée de 8 heures pour les enfants de 8-12 ans et de 12 heures pour les 12-16 ans !!!

[3] Les exclus, un Français sur dix, R. Lenoir, Seuil, 1974.

[4] « J'ai une petite idée, comme ça... si y'a des gens qui sont intéressés pour sponsoriser une cantine gratuite que l'on commencerait par faire à Paris, et puis qu'on étalerait dans les grandes villes de France, nous on est prêts à aider une entreprise comme ça, qui ferait un resto qui aurait comme ambition de faire deux à trois mille repas par jour, gratuitement ».

[5] Rosa Luxembourg, Dans l'asile de la nuit, Suivi de Lettres de ma prison adressées à Sonia Liebknecht, la compagne de Karl Liebknecht, carnets, L'Herne, mars 2007. (126 pages) 9,50 euros.

[6] La désaffiliation, Robert Castel, 1991 ; La disqualification sociale, Serge Paugam, 1991 ; Les gens de peu, P.Sansot, 1992 ; De la production de richesse à la production des exclus, Denis Clerc, 1992 ; Les quartiers d'exil, François Dubet, Didier Lapeyronnie, 1992 ; La misère du monde, Pierre Bourdieu, dir., 1993 ; La désinsertion, ouvrage collectif, Laboratoire de Changement Social, 1994. Une nouvelle pauvreté a été mise au jour par la mise en place du RMI et son évaluation.

[7] Le Monde, 5 juin 2007.

[8] Le 18-Brumaire de Louis Bonaparte, Karl Marx, 1852.


http://local.attac.org/93sud/spip.php?page=imprimer&id_article=4

Publié par ockren à 16:54:06 dans Admiration | Commentaires (0) |

Taslima NASREEN traquée par les fondamentalistes | 18 janvier 2008

" Je ne suis plus qu'une voix désincarnée "

Taslima Nasreen

Traquée par les fondamentalistes islamistes en Inde, l'auteure bengalie témoigne de l'étendue de son abandon

Le Monde,
12 janvier 2008


Où suis-je ? Je suis sûre que personne ne me croira si je dis que je n'ai pas de réponse à cette question qui paraît simple, mais la vérité est que je n'en ai pas. Je suis comme les morts-vivants : engourdie, privée des plaisirs de l'existence et de l'expérience, dans l'incapacité de sortir des limites étouffantes de ma chambre. Oui, c'est ainsi que je survis.

Ce cauchemar n'a pas commencé lorsque j'ai été embarquée sans ménagement de Calcutta - il dure depuis un moment déjà. C'est une sorte de mort lente et lancinante, comme si je buvais à petites gorgées une coupe remplie d'un poison à effet lent qui détruit peu à peu toutes mes facultés. C'est une conspiration en vue d'assassiner mon être même, autrefois si courageux, si dynamique et si enjoué. Je ne suis plus qu'une voix désincarnée. Ceux qui me soutenaient par le passé ont disparu dans les ténèbres.

Je me demande : quel crime odieux ai-je commis ? Quel genre de vie est-ce quand je ne peux ni sortir de chez moi ni connaître les joies de la compagnie des autres êtres humains ? Quel crime ai-je donc commis pour être obligée de passer ma vie cachée, reléguée dans l'obscurité ? Je me sers des mots, et non pas de la violence, pour exprimer mes idées. Jamais je n'ai jeté de pierres ni n'ai versé le sang pour faire part de mon avis. Pourtant, on me considère comme une criminelle. Je suis persécutée parce que l'on a estimé que le droit des autres à donner leur opinion était plus légitime que le mien.

L'Inde réalise-t-elle l'immense souffrance que l'on éprouve quand on doit renoncer à ses convictions les plus chères ? A quel point il a fallu que je me sente humiliée, effrayée et anxieuse pour laisser mes mots être censurés ? Si je n'avais pas accepté que mes écrits aient été expurgés de façon grotesque par ceux qui y tenaient tant, j'aurais été traquée et poursuivie jusqu'à ce que je tombe raide morte. Leur politique, leur foi, leur barbarie et leurs intentions diaboliques ont pour but d'aspirer mes forces vitales, les vérités que j'écris sont trop difficiles pour eux à digérer. Comment puis-je - moi qui n'ai aucun pouvoir et aucune protection - combattre la force brute ? Toutefois, quoi qu'il advienne, je ne me résignerai pas au mensonge.

Qu'ai-je à offrir hormis l'amour et la compassion ? Je suis assez réaliste pour savoir que le conflit, la haine, la cruauté et la barbarie font partie intégrante de la condition humaine. Si je venais à être éliminée ou exterminée, le monde s'en ficherait comme d'une guigne. Tout cela, je le sais. Pourtant, j'avais imaginé que le Bengale serait différent. J'avais cru que jamais le Bengale que j'aime avec tant de passion ne m'abandonnerait. Il l'a fait.

Exilée du Bangladesh, durant des années j'ai erré de par le monde comme une orpheline perdue. Quand le Bengale occidental m'a offert l'asile, j'ai eu le sentiment que toutes ces années de fatigue et d'hébétude étaient derrière moi. J'étais en mesure de reprendre une vie normale dans un pays aimé et familier. Tant que je survivrai, je porterai en moi les paysages du Bengale, son soleil, sa terre humide, son essence même. Ce même Bengale qui a été un sanctuaire que j'ai rejoint après avoir parcouru des kilomètres entachés de sang vient de me tourner le dos. Je suis bengalie, à l'intérieur comme à l'extérieur ; je vis, je respire, je rêve en bengali. Que l'on ne veuille plus de moi au Bengale m'est difficile à croire.

Dans ce pays où je suis une invitée, je dois prendre garde à ce que je dis, ne rien faire qui enfreigne le code de l'hospitalité. Je ne suis pas venue ici dans l'intention de blesser les sentiments de qui que ce soit. Meurtrie et blessée dans mon propre pays, j'ai enduré des affronts et des blessures dans bien d'autres endroits avant d'arriver en Inde, où je savais que j'en endurerais de nouveau. Car il s'agit d'un pays démocratique et laïque, où le système électoral implique que la voix d'un laïc équivaut à celle d'un fondamentaliste islamiste. Je me refuse à le croire. Je refuse de l'entendre. Pourtant, partout autour de moi, j'en lis, entends et vois la preuve. Je voudrais parfois être comme ces singes mythiques, indifférente au mal qui m'entoure. La mort qui désormais me rend visite sous des formes multiples m'apparaît comme une amie. J'ai envie de lui parler, de me confier à elle. Je n'ai personne d'autre à qui parler, personne d'autre à qui me confier.

J'ai perdu mon Bengale tant aimé. Aucun enfant arraché au sein de sa mère n'a souffert autant que j'ai souffert de cette douloureuse séparation. Encore une fois, j'ai perdu la mère dans le ventre de laquelle je suis née. La douleur n'est pas moindre que celle qui a été la mienne le jour où j'ai perdu ma mère biologique. Après m'être installée à Calcutta, j'ai pu dire à ma mère - qui n'était alors plus qu'un souvenir en moi - qu'enfin j'étais rentrée. Quelle importance que je sois d'un côté ou de l'autre d'une frontière artificielle ? Aujourd'hui, je n'ai pas le coeur de dire à ma mère que j'ai été expulsée sans cérémonie par ceux-là mêmes qui m'avaient offert l'asile, que ma vie actuelle est celle d'une nomade. Du coup, j'ai fini par me convaincre que j'avais dû transgresser quelque chose, commettre quelque grave erreur. Oser dire la vérité est-il un péché si épouvantable dans cette époque de mensonge et de tromperie ? Est-ce parce que je suis une femme ?

Je sais que je n'ai pas été condamnée par le peuple. Si on lui avait demandé son avis, je suis certaine que la majorité aurait voulu que je reste au Bengale. Mais depuis quand une démocratie reflète-t-elle la voix des masses ? Une démocratie est dirigée par ceux qui tiennent les rênes du pouvoir qui agissent comme bon leur semble. Individu insignifiant que je suis, je dois maintenant vivre ma vie selon mes propres termes et écrire sur ce que je crois et qui me tient à coeur. Je n'ai aucun désir de faire du mal, de calomnier ou de tromper. Je ne mens pas. J'essaie de ne pas être insultante. Je ne suis qu'un simple écrivain qui ne connaît ni ne comprend rien à la dynamique politique. La force du fondamentalisme, à laquelle je me suis opposée et que j'ai combattue pendant des années, n'a été que renforcée par ma défaite.

Voici mon Inde tant aimée, où j'ai vécu et ai écrit sur l'humanisme laïque, les droits de l'homme et l'émancipation des femmes. C'est aussi le pays où j'ai dû souffrir et payer au prix fort mes convictions les plus profondes, où pas un seul parti politique de quelque obédience que ce soit n'a pris la parole en ma faveur, où aucune ONG ni aucun groupe défendant les droits des femmes ou les droits de l'homme ne m'a soutenue, ni n'a condamné les attaques malveillantes lancées à mon encontre. Cette Inde-là, je ne l'avais encore jamais connue. Il est vrai que des individus, de manière dispersée et non organisée, se battent pour ma cause, et que des journalistes, des écrivains et des intellectuels se sont exprimés en ma faveur, même s'ils n'ont jamais lu une ligne de ce que j'ai écrit. Je leur suis reconnaissante de donner leur opinion et de me témoigner leur soutien.

Partout où des individus se rassemblent en groupes, ils semblent perdre leur pouvoir de parler. Pour être franche, cette facette de la nouvelle Inde me terrifie. Depuis ma plus tendre enfance, j'ai considéré l'Inde comme un grand pays, une nation pleine d'audace. Le pays de mes rêves : éclairé, fort, progressiste et tolérant. J'ignore si je survivrai, mais l'Inde et ce qu'elle représente doit à tout prix survivre.

Traduit de l'anglais par Pascale Haas

Taslima Nasreen

Taslima Nasreen a reçu le 9 janvier le premier prix Simone-de-Beauvoir pour la liberté des femmes avec Ayaan Hirsi Ali. Elle a donné ce texte à cette occasion.

Ecrivaine

Publié par ockren à 09:17:41 dans Admiration | Commentaires (0) |

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