Christian
DELARUE
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MILITANT
ALTERMONDIALISTE
MRAP / ATTAC
Fonctionnaire aux Finances
Licencié en droit Rennesné le 20 juillet 1955
Activités politiques
Membre de la LCR de 1985 à 2006
Candidat de la LCR aux élections de mai 1997
Soutien Maintenant à gauche !
Activités antiracistes :
Secrétaire national du MRAP
Membre du Bureau exécutif du MRAP et de son Conseil d'Administration.
Responsable de sa commission Mondialisation.
Représentant / délégué du MRAP auprès d'ATTAC au titre de membre fondateur d'ATTAC
MRAP =
Mouvement contre le Racisme et pour l'Amitié entre les Peuples
Movement against Racism and for Friendship among Peoples
Movimiento contra el Racismo y por la Amistad entre los Pueblos
Statut consultatif auprès du Conseil Economique et Social de l'ONU
43, Boulevard Magenta, 75010-Paris, France
Tel : 33 1 53 38 99 99
Fax : 33 1 40 40 90 98
e-mail : accueil@mrap.fr
web : http://www.mrap.asso.fr/
Activités altermondialistes
Membre du Conseil d'Administration d' ATTAC France
Participation au FSE de Paris St Denis en 2003
Membre du CA d'ATTAC Rennes
Activités syndicales :
Elu à la CE de l'UL CGT Rennes en dec. 1993 comme responsable de l'activité "jeune"
Elu à la CE du SNADGI-CGT 35 en juin 1993
Membre de l'UGFF-CGT 35
Militant associatif à AC! (Agir ensemble contre le chômage)
de nov 93 à 98 (Travaillons tous, travaillons moins, travaillons autrement)
Militant antisexiste - féministe
Représentant de la LCR Rennes aux Assises de la CNDF de mars 1997
Signataire :
- de "Des hommes s'engagent : Faire l'amour, pas la haine - Non à la virilité machiste !"
- du Manifeste "Encore féministe"
*
Les conférences et contributions sont publiées sur divers sites :
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Le grand amour c'est sublime et surtout possible !
Lecture critique de Jean GARNEAU et de son texte "Les mythes amoureux : le grand amour" en lien ci-après.
Jean Garneau se veut critique du grand amour (1), un critique qui n'entend pas du moins en début d'introduction se complaire à dévaloriser ce que les humains estiment beau et grand . Ce qu'il fait quand même tout le long de ses développements ! Ou est l'erreur ? En fait, il critique souvent à raison des personnes qui n'ont jamais connu le grand amour, qui n'ont fait que le rechercher !
Par grand amour il évoque l'amour absolu, l'amour romantique, l'amour passion, sans préciser que ces variétés d'amour se rencontrent dans le réel et pas seulement comme aspiration hors sol. Autrement dit, le grand amour existe ou a existé chez les personnes qui l'ont réellement vécu. Cela se voit dans leur regard. Les personnes amoureuses portée par un amour transcendant et partagé illumine l'entourage de joie et de bonheur. Celles et ceux qui ont connu le grand amour de leur vie savent toute la joie et tout le bonheur que cet amour engendre et corrélativement tout le malheur qui surgit lorsque la perte de ce grand amour survient.
Le réel comme point d'accord avec Jean Garnier.
Le grand amour s'éprouve dans le réel. Je suis ici d'accord avec Jean Garneau lorsqu'il écrit "Mais ces satisfactions ont une autre caractéristique importante: elles sont bien réelles. Il ne s'agit pas de besoins qui seront comblés éventuellement lorsque les circonstances (ou le comportement de la personne) seront changés. Il s'agit de plaisirs qui sont déjà présents, que nous éprouvons réellement". Et faut-t-il ajouter, ce n'est pas par son passage dans le réel qu'il perd de sa force et de sa grandeur, bien au contraire.
Les grands amoureux trouvent toujours les moyens de se dire des mots doux à longueur de journées mais ne n'est pas seulement une histoire de communication ils arrivent toujours à se rencontrer régulièrement pour éprouver leur amour dans le regard, le contact, la caresse. Bref ils s'aiment de milles manières dans le réel et pas seulement dans l'affection désincarnée ou le fantasme. Et si cela ne dure pas nécessairement toute une vie cela peut durer fort longtemps ! C'est peu de dire que ces amoureux s'en souviennent car bien souvent cette période à été fort constructive de leur personnalité qui a pu ainsi pleinement s'épanouir.
Le dosage entre satisfaction et angoisse.
Jean GARNEAU écrit "Dans ce qu'on appelle le grand amour, les satisfactions sont souvent illusoires ou même inexistantes". Je pense au contraire que les grandes satisfactions surgissent abondamment au début lors de la phase fusionnelle des premiers mois mais qu'elles se maintiennent à un haut niveau par la suite et ce parfois pendant plusieurs années. Pour y parvenir il faut sans doute créer du manque et de l'incertitude pour respecter la loi du désir et ne pas sombre dans le couple simplement et froidement cohabitant . Mais on sait que la satisfaction va venir et pas dans plusieurs jours. L'idée qui suit de Jean GARNEAU ne relève pas nécessairement du grand amour : "On y aspire, on s'attend à ce que la satisfaction vienne un jour. En attendant, on se satisfait de la joie d'être aimé, d'être accepté ou même simplement d'être regardé par l'autre. C'est le fait d'être choisi par cet être extraordinaire qui nous comble en anticipation. Mais en réalité, nous vivons de l'angoisse, de la fébrilité et de l'espoir bien plus que de la satisfaction". Dans le grand amour il y a nettement plus de satisfaction que d'angoisse.
Christian DELARUE
Libres extraits de "Qui est l'autre ?" (de Robert MISRAHI), par Christian Delarue
http://bellaciao.org/fr/article.php3?id_article=47492
suivi du commentaire : par contraste :
LES COHABITANTS : AUCUNE PASSION, PEU D'AMOUR
1) http://www.redpsy.com/infopsy/grandamour.html
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LA LAICISATION DU MONDE :
UNE PERSPECTIVE POUR LE XXI ème SIECLE.
par Christian DELARUE
vendredi 18 juillet 2008
sur Amitié entre les peuples
http://amitie-entre-les-peuples.org/spip.php?article222
Dans certains cercles de gauche ou altermondialistes on évoque de plus en plus l'idée d'un socialisme du XXI ème siècle. Un socialisme nécessairement mondialisé et nécessairement porteur d'un alterdéveloppement remède aux dégâts écologique d'un capitalisme incapable de s'autolimiter. Parallèlement à cette perspective l'idée de promouvoir laïcité et droits des femmes se renforce. Une telle promotion doit s'effectuer de la façon la plus pacifique mais en répondant fermement à la fois la vision conquérante de la nation musulmane à étendre (point 2) et à son opposé venu des USA et nommé "choc des civilisations".
1) La laïcité, comme processus et rapport de force.
En effet, face au "retour du religieux" pas nécessairement problématique mais parfois par trop excessif il importe d'enclencher au niveau mondial un processus de laïcisation (1) et de promouvoir la laïcité comme valeur universelle comme cadre de cohabitation pacifique donc souhaitable partout dans le monde, comme espace commun pour tous et toutes. En effet "la laïcité permet à tous les individus d'un pays, qu'ils croient au ciel ou qu'ils n'y croient pas, qu'ils fassent partie d'une institution religieuse ou pas, qu'ils pratiquent ou non une religion ou qu'ils se réfèrent à une spiritualité ou une philosophie particulière ou à aucune, de participer en citoyens à la vie publique, à égalité de droits et de devoirs. Elle se caractérise par un double refus : celui d'un athéisme (ou d'une autre philosophie) d'État et celui de toute religion officielle et/ou exclusive. Ainsi comprise, la laïcité n'est l'apanage d'aucun groupe, d'aucun état, d'aucune culture."(2) Le principe de laïcité est en corrélation avec un exercice des droits civils et politiques totalement déconnectés de toute appartenance religieuse, philosophique et culturelle
Pour enclencher cette laïcisation, il ne s'agit pas d'imposer la laïcité aux pays dominés par l'impérialisme mais d'avancer progressivement partout ou c'est possible et en fonction des situations "régionales". Ce n'est pas chose simple. Il convient sans doute de mieux intégrer les principes de laïcité dans les grandes déclaration des droits de niveau mondial ou sa place est dès plus restreinte . Certes ce ne sera pas un texte fondamental mondial sur la laïcité qui fera une application garantie dans tous les pays de la planète, mais ce serait un point d'appui qui manque de nos jours. Par ailleurs, le mieux semble encore de renforcer la laïcité là ou elle existe. A cet égard il convient de suivre particulièrement ce qui se passe au niveau européen. Améliorer le niveau de laïcité - si l'on accepte la formule qui sous-entant qu'il y a toujours des conquêtes à mener en matière de laïcité et qu'il ne faut pas se fier uniquement aux textes constitutionnels ou aux dispositifs juridiques complexes- en Europe est un gage de son extension pacifique dans le reste du monde.
On définit traditionnellement la laïcité par trois grands principes (1) passibles d'une interprétation plus ou moins forte : 1°) la neutralité confessionnelle, spirituelle et philosophique du politique ce qui implique une autonomie de l'Etat par rapport aux religions. 2°) la reconnaissance de la liberté de croyance, de religion, de conviction philosophique et d'indifférence. 3°) la non-discrimination entre les citoyens qui implique l'égalité de traitement des personnes quelle que soit leur religion, leurs convictions, leur sexe, leurs conditions sociales et physiques et la dissociation de leurs droits et devoirs, notamment de citoyens, de toute appartenance ou de non appartenance à une religion, à une spiritualité ou à une philosophie.
2) L'islam, sa nation et le nationalisme religieux offensif.
L'islamophobie consiste surtout à constamment ramener l'islam à ce qui a de plus négatif dans cette religion aux fin de stigmatisation et d'exclusion de tous ses membres ou de n'importe quel de ses membres. Or l'islam comme d'autres religions est variées dans ses interprétations et ses pratiques géographiques et historiques. Il existe donc un islam progressiste ayant assimilé ce que l'on a coutume d'appeler la modernité c'est à dire l'égalité des sexes, la laïcité, le fait démocratique, etc.... Il existe aussi un islam réactionnaire à composante variable, plus ou moins offensif.
- Deux obstacles épistémologiques et ethnocentriques à la compréhension du nationalisme musulman.
Embrasser la religion musulmane c'est pour beaucoup ( combien ?) de ses membres appartenir à une nation mais une nation qui n'est pas celle que nous concevons ordinairement en France, autrement dit pas celle d'un Etat-nation . La nation de l'islam est de nature supra nationale. Plusieurs territoires ou pays en font donc partie intégrante . La référence matérielle à un territoire ne suffit pas à définir la nation de l'islam (cf ci-après) .
Ce n'est pas tout : il faut encore retenir un autre élément complémentaire tout aussi oublié que le précédent alors qu'il donne, lui, la pleine signification à un islam de conquête, autrement dit à un nationalisme religieux offensif, pas nécessairement guerrier mais susceptible de le devenir.
Les non-musulmans dans toutes leur diversité croyants ou athées ne forment eux aussi qu'une seule nation car ils sont tous des infidèles par rapport à l'islam. En somme, sur la planète il n'y a que deux nations : la nation des musulmans et la nation des non-musulmans, infidèles par définition. Le monde divisé en deux mondes non compatibles. L'islam de conquête ne signifie pas qu'il faille faire la guerre. Comme pour d'autres religions il peut suffire de simplement faire l'apologie des préceptes et des rituels traditionnels tant chez les jeunes que chez les adultes.
- Débattre de cette dynamique en rapport avec son opposé.
Comme l'islam possède une dimension politique du fait de la non séparation de la société civile et de l'Etat le risque de dégénérescence guerrière est aisé. Tout dépend en fait de l'équilibre des forces tant interne (dans le monde musulman lui-même) qu'externe (rapport de force entre les deux mondes). Une telle interprétation de l'islam ne valide cependant pas la théorie du "choc des civilisations" de Samuel Huttington reprise par les USA. Au contraire vouloir un monde de paix c'est refuser mais dans la plus grande lucidité possible l'affrontement de deux camps opposés l'Orient contre l'Occident. Par contre c'est lutter pour la réduction des inégalités de développement dans le monde économiquement hiérarchisé mais aussi ne pas céder à l'extension de la laïcité (même sous des définitions variables) et à l'égalité entre les hommes et les femmes.
Le problème est encore plus complexe si on rapporte le nationalisme musulman avec le nationalisme arabe. Il y a là matière à une autre étude.
3 ) La mentalité laïque contre la réislamisation par le voile islamique.
Outre la question courante "De quoi le voile est-il le symbole ?" (affichage religieux, marquage sexuel) il faut aussi poser la question : A quelle dynamique sociale se rapporte le voile ? A lire les spécialistes de la question il y a tout lieu de penser d'un façon plus générale que le voile est le symbole d'une forte religiosité issue de la réislamisation qui à son tour génère une "mondanisation" problématique. "On observe un certain niveau d'individualisation à travers les pratiques religieuses, surtout dans les communautés musulmanes d'Europe, mais aussi dans certains pays musulmans. La foi s'individualise, et le conformisme communautaire perd de son influence face au libre choix de pratiquer ou non. Même la constitution des réseaux néo-fondamentalistes tend à se faire sur une base d'adhésion individuelle. Néanmoins, la religiosité demeure forte" cf A. Kazancýgil (document du CEMOTI en lien). Le divin est l'affaire de chacun sans cesser d'être aussi l'affaire de l'Etat. Mais sous la poussée de la réislamisation ce religieux s'est mondanisé au point d'envahir la sphère publique. Cet envahissement est parfois si fort et par ailleurs si clivé en terme de genre qu'il en devient étouffant, oppressant dans certains lieux.
Il est important de noter, pour éviter de caricaturer négativement l'islam, qu'en Europe un très grand nombre de musulmanes ne portent pas le voile et ont une pratique moderne, discrète et pacifique de l'islam.
http://cemoti.revues.org/document772.html
NB : Cette division du monde porte des noms, une signification : Dar al-Islam, c'est la « Maison de la paix » celle de l'islam et Dar al-Harb, est la « Maison de la guerre », celle des non-musulmans en fait car Dar al-Kufr qui signifie domaine des infidèles" ou "domaine de l'incroyance" se rapporte au Dar al-Harb.
D'après Wikipédia /Dar al-Islam/ et ses termes associés ne figurent pas dans les textes fondamentaux de l'Islam qui sont le Coran ou les Hadiths. Des disciples musulmans maintiennent que marquer un pays ou un lieu comme /Dar al-Islam/ ou /Dar al-Harb/ concerne la question de la sécurité religieuse sur le plan juridique. Cela signifie que si un musulman pratique l'islam librement, il peut alors être considéré comme vivant dans un espace dit Dar al-Islam, même s'il vit dans un pays non islamique. Cependant les théologiens musulmans affirment que les cinq appels à la prière quotidiens doivent être effectués pour qu'une zone soit considéré comme Dar al-Islam.
(1) La laïcisation n'est pas la sécularisation même si ces processus vont de pair
Un colloque a fait le point sous cet angle.
Un point de vue assez largement répandu dans les opinions publiques et les médias occidentaux affirme l'incapacité des sociétés musulmanes d'entrer dans la modernité et, notamment, d'acclimater en leur sein la sécularité et la démocratie, qui en sont des caractéristiques majeures. La notion de sécularité et les processus de sécularisation ont été privilégiés ici par rapport au concept de laïcité. Il s'agit moins de discuter des manières dont les institutions et les acteurs politiques et étatiques partis, gouvernements, appareils d'Etat fonctionnent dans ces pays, mais plutôt d'y identifier, dans l'espace public et l'espace privé et aux plans individuel et collectif, les discours, les idées et les comportements, qui peuvent être interprétés comme des signes, des indicateurs de processus de sécularisation et de démocratisation et leur impact sur les institutions politiques et étatiques
http://cemoti.revues.org/document772.html
(2) Je reprends les principes dégagé dans "La Laïcité, Valeur universelle". par Yves HIVERT-MESSECA sans y mettre des conditions stricte qui dépendent du degré d'avancement de la laïcisation
http://sog1.free.fr/Articles/ArtMesseca205Laicite.htm
Publié par ockren à 09:56:24 dans 4 - LAÎCITE | Commentaires (0) | Permaliens
Il y a deux ans à peu près à cette période M me signalait la mauvaise nouvelle annoncée par son mari : le décès du dernier de ses parents. Je ne me souviens plus si c'était son père ou sa mère . Ce dècès semble avoir été à l'origine de changement de vie important puisque M a décidé de rompre trois mois plus tard une longue relation amoureuse entre nous. Ce qui a été constructif, joie et bonheur est devenu soudainement perte et tristesse .
J'ai eu longtemps ma part de bonheur. C'est déjà çà.
J'ai une pensée d''estime renouvelé et d'amitié pour lui et pour elle. J'espère que leurs deux enfants vont bien. Je les aime tous!
Christian
Publié par ockren à 07:39:01 dans - Se quitter... | Commentaires (0) | Permaliens
QUE RECOUVRE LE VOILE POLITICO-RELIGIEUX
DE FAIZA M. ?
Reprise modifiée d'un premier et provisoire commentaire sur Bellaciao - Faiza M. : Nouvelle affaire de voile. par JJ Lakrival
http://bellaciao.org/fr/spip.php?article68980
Ce "voile-prison-du-corps" cache-t-il une femme? Plaisanterie certes puisqu'on sait qu'il cache un être humain, que cet être humain est toujours de sexe féminin ! C'est bien ce qui est insupportable à beaucoup de femmes libres mais aussi et c'est heureux à beaucoup d'hommes libres . Cache-t-il un corps de femme libre ou un corps de règles politico religieuses très contraignantes d'essence patriarcale ?
Disons d'emblée que comme d'autres au MRAP, je me félicite de cette décision "FAIZA M" du Conseil d'Etat. Pour autant elle pose sans doute autant de questions qu'elle ne semble en résoudre, notemment en matière de non discrimination raciste. Disons que le point d'étape semble être : "Pas d'islamophobie mais pour autant toutes les pratiques de l'islam ne sont pas recevables".
1 -Faiza M n'est pas fan de Ben Laden mais salafiste !
L'arrêt du Conseil d'Etat, rendu le 27 juin dernier a refusé d'accorder la nationalité française à l'épouse marocaine d'un Français, âgée de 32 ans, vivant en France et mère de trois enfants nés en France, parlant bien la langue française, au motif qu'elle " a adopté, au nom d'une pratique radicale de sa religion, un comportement en société incompatible avec les valeurs essentielles de la communauté française, et notamment le principe d'égalité des sexes ". (Voir en annexe l'article du Monde )
Invoquant le principe de liberté religieuse garanti par la Constitution et le fait qu'elle n'a, depuis son arrivée en France en 2000, "jamais cherché à remettre en cause les valeurs fondamentales de la République", Mme M. avait demandé au Conseil d'Etat d'annuler le décret de 2005 refusant sa demande pour "défaut d'assimilation".
Pour le Conseil d'Etat le radicalisme ne provient pas de l'adhésion explicte ou implicite à un mouvement politico-religieux radical (qui n'est pas nécessairement un groupement terroriste de type Al Quaïda) ou estimé tel, il peut aussi se déduire d'une pratique radicale de la religion. C'est là une interprétation nouvelle .
2 - La critique reconduite des voiles politico-religieux couvrants ou non.
Faiza M portait un voile religieux islamique couvrant . En parlant de voile et non de burka ou de niqab je met l'accent sur ce qui est commun quand d'autres, comme Jean Bauberot par exemple, soulignent les différences. Il y a bien des différences subjectives - inconfort et enfermement - et sociales - décliner son identité - entre les différents voiles mais je tiens ces différences pour négligeables . Les burka et niqab ne font qu'accentuer la symbolique patriarcale et religieuse et le non respect des principes défendus par l'altermondialisme pas seulement de laïcité mais aussi la liberté (de travailler ensemble aisément) la fraternité (la tolérance est unilatérale), et d'égalité (l'hommes ne se couvre pas). N'est-ce pas plus fondamental que le parler correctement la langue française ? Il est dit que Madame Faiza M. disposait d'une bonne maîtrise du français et ses trois enfants ont été suivie pendant ses grossesses par un gynécologue homme. A ce jour, la maîtrise de la langue française avait été considérée par les juges comme déterminante pour l'acquisition de la nationalité.
Il est dit qu'il s'agit d'une burka et non d'un niqab. Et d'aucuns de faire une exègèse des textes religieux et des courants géopolitiques qui ont utilisé un certain type de voile à des fins de renforcement de l'oppression patriarcale. Ces recherches ne sont pas inutiles mais un laïc a-t-il à se faire l'interprète des textes religieux et de leurs usages politiques et religieux très variables dans le temps et dans l'espace ? En tout cas, ce n'est pas, mùe semblet-il, aux juges d'interpréter la religion et ses liens avec les régimes politiques. De façon plus générale n'est-il pas préférable d'adopter une position qui prend acte que la religion musulmane donne lieu, comme d'autres religions quoiqu'avec des spécificités, à de multiples pratiques sociales et à diverses normes concernant la relation au corps et notamment au corps des femmes. Il existe donc des comportement divers se réclamant de l'islam. Certains sont compatibles avec la laïcité et l'égalité des femmes d'autres pas. On sait qu'il existe un islam radical qui pousse au port du voile mais il ne s'agit pas nécessairement des voiles hyper couvrants.
- La burka ou le niqab relève de la symbolique générale des voiles islamiques tout en ayant une spécificité particulière, surtout en terme d'égalité des sexes.
- Moindre spécificité : espace laïc, pacifique et de libertés réciproques. N'importe quel voile, légerement couvrant ou très couvrant, relève de l'ostensibilité des signes de la religion et témoigne d'une forme exhibitionniste et non discrète du religieux. La burka n'a donc aucune spécificité par rapport aux autres voiles en terme d'affichage excessif de sa religion. Le doit positif français depuis la loi de mars 2004 ( ) tire de l'ostensibilité des signes religieux des règles différentes suivant que l'on est à l'école ou hors de l'école. D'aucuns souhaitent une extension de la loi pour la sphère publique d'autres pour les milieux fermés ou la présence est obligatoire autrement dit les lieux de production. D'autres enfin souhaitent l'abrogation de cette loi de 2004 qui a pourtant le mérite de distinguer les signes religieux discrets qui sont autorisés des signes religieux ostensibles interdits et ce faisant de dégager une philosophie et un régime juridique de compromis, d'équilibre des tolérances.
- Spécificité particulière : rapport de genre . La conception qui préside au port de voiles couvrants met l'accent, comme pour le voile islamique ordinaire, sur le facteur sexué et séducteur du corps de la femme mais il va jusqu'au bout : le visage aussi est dangereux. Il faut donc aussi le cacher . En ce sens ce voile intégral est radical . A suivre Emmanuel LEVINAS c'est l'humanité de la personne que l'on cache. Rapporté à la phobie des intégristes religieux, c'est aussi de par la simple expression d'un visage que l'Autre (homme ou femme) peut tomber amoureux ! Il faut donc aussi le cacher tout comme le reste du corps qui potentiellement suscite le désir. Dans cette conception l'homme est totalement irresponsable de son désir et de son regard et c'est la femme qui porte sur elle la totalité de la responsabilité de ce qu'elle a généré : elle est automatiquement fautive. Car la séduction est une faute. Loin d'être compatible avec l'amitié, elle pousserait immanquablement aux rapports sexuels hors mariage voire contre les mariages . Ce qui est une horreur pour cette religion comme pour d'autres d'ailleurs. Le voile islamique classique est fondamentalement une construction patriarcale - des hommes et non de Dieu - à l'égard des femmes mais aussi à l'encontre les hommes qui ne se conçoivent pas comme concupiscents, du moins pas uniquement, pas au point de ne pouvoir se maîtriser. Ce n'est pas ici que question de symbole mais aussi une question d'oppression matérialisée. La burka et le niqab y ajoute de façon plus accentuée la réalité du voile-enfermement, conçu comme le prolongement de la réclusion dans la sphère familiale (dans l'habitation).
- A quelle dynamique sociale se rapporte le voile islamique ?
Outre la question "De quoi le voile est-il le symbole ?" il faut aussi poser la question : A quelle dynamique sociale se rapporte le voile ? A lire les spécialistes de la question il y a tout lieu de penser d'une façon plus générale que le voile est le symbole d'une forte religiosité issue de la réislamisation qui à son tour génère une "mondanisation" problématique. "On observe un certain niveau d'individualisation à travers les pratiques religieuses, surtout dans les communautés musulmanes d'Europe, mais aussi dans certains pays musulmans. La foi s'individualise, et le conformisme communautaire perd de son influence face au libre choix de pratiquer ou non. Même la constitution des réseaux néo-fondamentalistes tend à se faire sur une base d'adhésion individuelle. Néanmoins, la religiosité demeure forte" cf A. Kazancýgil (document du CEMOTI en lien). Le divin est l'affaire de chacun sans cesser d'être aussi l'affaire de l'Etat. Mais sous la poussée de la réislamisation ce religieux s'est mondanisé au point d'envahir la sphère publique. Cet envahissement est parfois si fort et par ailleurs si clivé en terme de genre qu'il en devient étouffant, oppressant dans certains lieux.
http://cemoti.revues.org/document772.html
4 - Et l'antiracisme? Et l'islamophobie?
Jusqu'alors, on pouvait faire quasiment toutes les critiques à tous les voiles islamiques pour peu que cela ne dégénère pas en stigmatisation de tous les musulmans (cf Redeker, clip Fitna) mais pour autant on ne pouvait exclure les femmes voilées. Ainsi quoiqu'on pense ou quoiqu'on dise on ne saurait, sauf à l'école, exclure une femme voilée. C'est ce qu'il faut retenir du jugement de discrimination religieuse issu de l'affaire Truchelut (dite du voile vosgien de Julienrupt). La décision du Conseil d'Etat va-t-elle opérer un bougé sur cette jurisprudence ? Il y a là une affaire à suivre.
Aujourd'hui, une femme voilée devrait pouvoir entrer dans un gîte sans avoir à ôter son accoutrement religieux couvrant et ostensible mais la même femme ne saurait obtenir la nationalité française alors que par ailleurs elle remplit tous les critères formels à l'exception d'une certaine conformité aux principes républicains qui ne font pas pleinement consensus ! L'antiracisme est pertinent dans un cas ne l'est plus dès lors qu'il s'agit d'invoquer la nationalité. Certes les faits jugés sont différents ainsi que la demande (entrer dans un gîte - obtenir la nationalité française) mais cette décision du Conseil d'Etat qui se prononce contre le port du voile, contre l'islam radical et semble bien ce faisant soutenir les partisans de la laïcité, de l'antisexisme. Il convient sans doute de ne pas s'en tenir à ces premiers traits pour comprendre la portée de cette décision.
5 - Pas d'islamophobie en France mais pour autant tout l'islam n'est pas recevable !
S'il faut retenir le point d'étape actuel sur la question, la formule qui suit, à préciser à l'avenir, semble pertinente : "Pas d'islamophobie mais pour autant toutes les pratiques de l'islam ne sont pas recevables". On en revient à l'idée que l'islam est normalement accepté dans un pays censé refuser les discriminations religieuses, et cela comme d'autres religions ni plus ni moins, dès lors qu'il respecte certaines valeurs fondamentale . En conséquence il peut être rejeté dès qu'il prend des aspects inacceptables. On ne saurait dès lors se prévaloir de l'islamophobie ou d'un racisme antimusulman. Quels sont ces aspects inacceptables? La lecture de la décision laisse entendre qu'il s'agit de pratiques jugées telles dans toutes les sociétés les plus libérales au plan politique ; des sociétés civiles et des Etats qui ne confondent pas tolérance et acceptation de tous les excès issus du retour intempestif du religieux partout dans le monde. Que recouvre ces excès ? Sont-ils tous assimilables à de l'intégrisme ? Sans doute pas. Ce sera au juge de le préciser.
Reste que cette décision du Conseil d'Etat pose bien des jalons, des points de repères sur lesquels s'appuyer pour faire barrage aux excès du religieux mais sans certitude dans l'interprétation. Elle fournit juste une indication de sens sur le port de la burka et sur tout voile assimilé mais elle ne règle rien sur la cohérence des règles et principe de la République française. Le juge administratif conserve les moyens de juger autrement. On voit qu'il reste en France à mieux articuler laicité, droit des femmes et antiracisme du moins tel que ce dernier est aujourd'hui interprêté. C'est sans doute toute une interprétation des principes républicains qui est à développer.
Christian DELARUE
Responsable national du MRAP s'exprimant à titre personnel.
Une Marocaine en burqa se voit refuser la nationalité française
La burqa est-elle incompatible avec la nationalité française ? Une Marocaine de 32 ans, mariée à un Français et mère de trois enfants nés en France, vient de se voir refuser la nationalité au motif qu'elle "a adopté, au nom d'une pratique radicale de sa religion, un comportement en société incompatible avec les valeurs essentielles de la communauté française, et notamment le principe d'égalité des sexes".
Pour la première fois en France, le Conseil d'Etat, dans un arrêt du 27 juin, a pris en compte le niveau de pratique religieuse pour se prononcer sur la capacité d'assimilation d'une personne étrangère. Jusqu'à présent, dans la communauté musulmane, seules des personnes jugées proches de mouvements fondamentalistes ou ayant publiquement tenu des propos relevant de l'islam radical se sont vu refuser la nationalité française. Et aucune n'est allée au bout de la procédure.
Dans le cas de Faiza M., ce sont sa tenue vestimentaire et sa vie privée qui sont mises en avant pour confirmer le refus de la nationalité française. Invoquant le principe de liberté religieuse garanti par la Constitution et le fait qu'elle n'a, depuis son arrivée en France en 2000, "jamais cherché à remettre en cause les valeurs fondamentales de la République", Mme M. avait demandé au Conseil d'Etat d'annuler le décret de 2005 refusant sa demande pour "défaut d'assimilation".
La commissaire du gouvernement (chargée de donner un avis juridique), Emmanuelle Prada-Bordenave, a insisté sur les entretiens qu'a eus le couple avec les services sociaux et la police. A trois reprises, Faiza M. se serait présentée "recouverte du vêtement des femmes de la péninsule arabique, longue robe tombant jusqu'aux pieds, voile masquant les cheveux, le front et le menton et une pièce de tissu masquant le visage et ne laissant voir les yeux que par une fente".
Le couple reconnaît "spontanément" son appartenance au salafisme. Ce courant de l'islam, qui prône une lecture littérale et rigoriste du Coran, s'inspire du mode de vie des premiers fidèles du prophète Mahomet. Faiza M. a affirmé qu'elle n'était pas voilée quand elle vivait au Maroc et a indiqué "qu'elle n'a adopté ce costume qu'après son arrivée en France à la demande de son mari et qu'elle le porte plus par habitude que par conviction".
"D'après ses propres déclarations, a souligné la commissaire du gouvernement, elle mène une vie presque recluse et retranchée de la société française. Elle n'a aucune idée sur la laïcité ou le droit de vote. Elle vit dans la soumission totale aux hommes de sa famille." Faiza M. semble "trouver cela normal et l'idée même de contester cette soumission ne l'effleure même pas", a ajouté Mme Prada-Bordenave, estimant que ces déclarations sont "révélatrices de l'absence d'adhésion à certaines valeurs fondamentales de la société française".
Parallèlement, il est apparu que Mme M. "parle bien français", un critère habituellement retenu dans l'attribution de la nationalité et que, durant ses grossesses, elle a été suivie par un gynécologue homme.
Cette décision, qui est prise quelques semaines après l'annulation d'un mariage entre deux époux musulmans, au motif que la femme avait menti sur sa virginité, traduit l'émergence dans la société française de questions liées aux particularismes religieux et culturels. "Cette affaire montre que le droit est de plus en plus amené à se prononcer sur les conflits de valeurs que pose l'islam à la société", constate Didier Leschi, ancien chef du bureau des cultes au ministère de l'intérieur, spécialiste de la laïcité. Sans possibilité de recours, Faiza M. pourra, selon les juristes, renouveler sa demande quand elle aura prouvé qu'elle "a fait siennes les valeurs de la République".
Stéphanie Le Bars
Source : www.lemonde.fr 11 juillet 2008
Publié par ockren à 13:43:19 dans 5 - Voile islamique | Commentaires (0) | Permaliens
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