Christian
DELARUE
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MILITANT
ALTERMONDIALISTE
MRAP / ATTAC
Fonctionnaire aux Finances
Licencié en droit Rennes
né le 20 juillet 1955
Activités politiques
Membre de la LCR de 1985 à 2006
Candidat de la LCR aux élections de mai 1997
Soutien Maintenant à gauche !
Activités antiracistes :
Secrétaire national du MRAP
Membre du Bureau exécutif du MRAP et de son Conseil d'Administration.
Responsable de sa commission Mondialisation.
Représentant / délégué du MRAP auprès d'ATTAC au titre de membre fondateur d'ATTAC
MRAP =
Mouvement contre le Racisme et pour l'Amitié entre les Peuples
Movement against Racism and for Friendship among Peoples
Movimiento contra el Racismo y por la Amistad entre los Pueblos
Statut consultatif auprès du Conseil Economique et Social de l'ONU
43, Boulevard Magenta, 75010-Paris, France
Tel : 33 1 53 38 99 99
Fax : 33 1 40 40 90 98
e-mail : accueil@mrap.fr
web : http://www.mrap.asso.fr/
Activités altermondialistes
Membre du Conseil d'Administration d' ATTAC France
Participation au FSE de Paris St Denis en 2003
Membre du CA d'ATTAC Rennes
Activités syndicales :
Elu à la CE de l'UL CGT Rennes en dec. 1993 comme responsable de l'activité "jeune"
Elu à la CE du SNADGI-CGT 35 en juin 1993
Membre de l'UGFF-CGT 35
Militant associatif à AC! (Agir ensemble contre le chômage)
de nov 93 à 98 (Travaillons tous, travaillons moins, travaillons autrement)
Militant antisexiste - féministe
Représentant de la LCR Rennes aux Assises de la CNDF de mars 1997
Signataire :
- de "Des hommes s'engagent : Faire l'amour, pas la haine - Non à la virilité machiste !"
- du Manifeste "Encore féministe"
*
Les conférences et contributions sont publiées sur divers sites :
- rennes-info.org (rubrique contributions)
- amitie entre les peuples,
http://www.amitie-entre-les-peuples.org/
- Bellaciao,
http://bellaciao.org/fr/spip.php?mot157
- PAG69
- alternativeunitaire2007.org/
- pour la République sociale PRS
- ATTAC FRANCE, ATTAC 35, ATTAC 89...
http://www.france.attac.org/spip.php?auteur1353
- MRAP (Mouvement contre le Racisme et pour l'Amitié entre les Peuples)
- altermonde-sans-frontière
http://www.altermonde-sans-frontiere.com/
http://www.altermonde-sans-frontiere.com/spip.php?auteur67
- Europe solidaire sans frontière
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- Egalité d'abord
- et d'autres encore
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Publié par ockren à 00:07:04 dans 2 - 1 : Contre le racisme, pour l'égalité | Commentaires (0) | Permaliens
L'empreinte de Durkheim et de Weber au sein de la gauche
française.
Il n'y a pas que Marx dans la gauche ! On répondra effectivement que la gauche solidariste et néosolidariste (1) fait beaucoup de place à Durkheim ainsi qu'à Bouglé, Bourgeois et Keynes au détriment de Marx dans ses projets. Mais ce n'est pas sur ce thème de la solidarité et de la citoyenneté que j'invoque ici Durkheim et plus secondairement Weber mais sur le seul aspect, beaucoup plus restreint, de la laïcité .
L'idée soumise au débat ici est que la laïcité portée par la
gauche sociale (syndicale et altermondialiste) et par la gauche politique celle
solidariste ou celle socialiste (comme société opposée à la société dominée par
le capitalisme) emprunte à Durkheim et Weber lorsqu'elle évoque la laïcité, le
" retour du religieux " . Ce faisant elle peut tendre un moment à
relativiser contre Marx la présence de rapports sociaux conflictuels dans la
société civile . Mais précisément dira-t-elle l'espace laïc conçu comme espace
neutralisé par refoulement des débats sur Dieu et les religions a pour but de
créer un espace public qui permette de laisser place au débat politique au débat
de société en lien avec les luttes sociale . Dans cette perspective quasiment
l'ensemble de la gauche française a pu se
rattacher intellectuellement aux
principes dégagés à la fin du XIX ème siècle par Durkheim et Weber; du moins
pour partie. La droite elle fera aussi appel à eux mais beaucoup moins, lui
préférant Tocqueville.
I - L'EMPREINTE d'Emile DURKHEIM
A suivre Christian Dubois nous défendons au travers des théories de Durkheim d'une part des valeurs laïques et d'autre part l'école républicaine.
- Les valeurs
laïques : Pour Durkheim, " il existe des valeurs laïques
qui peuvent être sacrées, c'est-à-dire à part, intouchables et, face aux valeurs
théocratique (qualifiées de religieuses) en déclin, l'élaboration d'une morale
nouvelle, indispensable à l'intégration sociale, a un côté nécessairement
religieux (du sacré et une institution
" ecclésiale " ). Sur quoi peuvent
reposer les valeurs laïques ?
Fondamentalement sur la raison et la connaissance scientifique
: ce n'est pas un esprit de sacrifice en vue d'un monde meilleur qui va conduire
l'individu à rogner sa liberté en acceptant des règles collectives, ce n'est pas
non plus son intérêt bien compris, c'est la connaissance même du fonctionnement
de la société qui impose à lui cette
règle intouchable du respect des
règles".
- L'école républicaine
gratuite pour tous . La diffusion de ces nouvelles
valeurs communes visant à cimenter la société doit se faire de façon privilégiée
par l'école où l'on doit acquérir un vivre ensemble reposant sur le savoir
scientifique. Au plan politique, ces nouvelles valeurs communes viseront à faire
prendre conscience du devoir civique et du rôle intégrateur de l'Etat.
L'institution centrale de l'intégration dans la société moderne est donc l'école
contrôlée par l'Etat et il ne faut pas perdre de vue que Durkheim était
pédagogue avant que d'être sociologue et la sacralisation de la connaissance
comme source de morale se retrouve à travers l'assimilation des enseignants à
des modèles qui doivent être dignes du caractère sacré de ce qu'ils
enseignent et qui doivent être respectés à l'instar des prêtres. Le lien
citoyenneté et laïcité passe donc la conscience collective dont le lieu
privilégié d'acquisition est l'école.
B) La gauche laique ne suit pas Durkheim (et encore moins Tocqueville)
sur la présence nécessaire de la religion
!
Durkheim reconnaît que la science ne peut se substituer entièrement
aux croyances " théocratiques " et, il est même souhaitable qu'elle ne le puisse
pas. Quelle place, dans ce cas, leur faire dans la conscience collective et sa
transmission par l'école ? Les croyances sont un objet d'étude scientifique et
doivent être abordées comme telles ce qui ne signifie pas qu'on les rejette
entant que croyances ; au contraire, l'approche scientifique permet aux croyants
d'avoir une approche plus rationnelle, finalement moralement plus efficace et
plus en conformité avec la conscience collective. L'école ne forme pas des
adeptes des religions mais donne à ces adeptes la possibilité de rendre ces
croyances compatibles au sein de la société. La tâche de transmission de ces
croyances relèvent de groupes secondaires que Durkheim souhaitent préserver,
voire revivifier (en particulier les groupes professionnels)
parce que
l'Etat et la société politique sont loin et que la conscience collective a
besoin d'être concrétisée. Ainsi si la citoyenneté, selon Durkheim, met l'accent
sur le dépassement des individus dans une perspective rousseauiste, elle ne se
réfère pas à un individu abstrait, sujet de droits, mais à un individu socialisé
c'est-à-dire où se construit et s'actualise une conscience commune, déclinée à
deux niveaux et qui doit permettre l'affirmation d'une conscience
individuelle.
Tocqueville va plus loin : le citoyen doit croire pour être
pleinement citoyen et n'importe quelle religion peut faire l'affaire (il cite la
métempsychose) avant de se raviser : certaines religions sont incompatibles avec
la citoyenneté démocratique, celles qui comprennent explicitement des principes
d'organisation de la société et des préceptes politiques et il désigne
l'Islam.
On voit que les propos de Sarkosy dans son discours de Latran
qui justifient la présence utile de la religion doivent plus à Tocqueville qu'à
Durkheim. Ainsi, pour Henri Tincq (3) il reprendrait même l'utilitarisme de
Napoléon : "Nicolas Sarkozy a prononcé deux discours, à la basilique du Latran à
Rome le 20 décembre 2007 et à Riyad le 14
janvier, qui proposent une vision
de la laïcité assez différente de celle qui avait fini par s'imposer en France
après un siècle de crises. Depuis, certains prêtent au président français des
intentions "concordatrices", dans la lignée d'un Napoléon qui avait une vision
plutôt politique et cynique de la religion : "Comment avoir de l'ordre dans un
Etat sans religion ? La société ne peut exister sans l'inégalité des fortunes et
l'inégalité des fortunes ne peut subsister sans la religion", écrivait-il en
1801, l'année du concordat signé avec Pie VII, destiné à rétablir la paix civile
et religieuse après la Révolution".
La gauche laïque est marquée par Durkheim mais aussi par Max Weber
II - L'EMPREINTE de Max WEBER
Pour la gauche laïque, il s'agit d'accepter la religion dès lors que son volet oppressif est annulé. Cela est-il possible? Oui si l'on ne confond pas domination directe et aliénation.
La religion, toutes les religions ne sont pas neutres mais
actives dans la société. "D'un point de vue des rapports de pouvoir dans la
société, Weber analyse la religion comme un système de domination : le prêtre
vise à domestiquer la masse sociale en imposant et en cherchant à légitimer des
valeurs, des normes et de pratiques, cette domination est
évidemment très
liée à l'ordre social et politique et renvoie à des modes de socialisation
spécifique". Contrairement à ceux qui comme Foucault voient des rapports de
pouvoir partout et en complément à Weber, la gauche marxiste cherchera à repérer
la présence d'une théologie de la libération parmi la théocrates des différentes
religions. On ne peut ici que renvoyer au travail exemplaire de M LOWY.
Pour Weber, si le poids de la religion régresse dans la société
moderne, la probabilité qu'elle disparaisse du paysage social est faible. La
gauche marxiste instruite des méthodes autoritaires et même exterminatrices de
Staline et autres dictateurs du prolétariat est devenue plus libertaire et ne
cherche pas à éradiquer la religion des consciences et ne fait pas du combat
contre la religion un axe majeur ni même secondaire. Elle est laïque au sens ou
elle entend à ce que la
religion reste dans la sphère privé et que dans
cette sphère privée elle ne prenne pas une dimension oppressive contre les
femmes. Mais ici c'est la jonction de l'émancipation humaine avec l'émancipation
des femmes qui est mis en avant et non pas la laïcité.
B. L'influence de Weber sur la gauche ne s'arrête pas là.
La compréhension des rapports entre sécularisation et
laïcisation , c'est aussi à Weber - entre autres - qu'on la doit ! Mais ici on
ne saurait parler de reprise in extenso mais simplement d'influence diffuse et
partielle.
Continuons avec Christian Dubois et l'apport de Weber : "La
laïcisation est un processus d'affranchissement progressif des fonctions de la
vie publique de la religion (à commencer par la fonction politique). La
sécularisation exprime l'idée qu'il n'existe aucune force extérieure au monde
pour l'expliquer, c'est le " désenchantement du monde ", il n'y a aucune
puissance mystérieuse ou transcendante nécessaire pour comprendre le monde (ce
qui ne préjuge pas de ce qui est nécessaire pour y vivre).
La sécularisation a quatre caractéristiques :
Le désenchantement du monde n'est pas un mouvement linéaire et
uniforme, il a pu se heurter à de très fortes résistances impliquant une
spécification du processus et c'est là que la laïcité comme valeur va être
promue (France), il a pu se réaliser progressivement allant jusqu'à vider de
fait la référence au religieux institutionnel en dehors de la stricte sphère
religieuse (Angleterre) mais, on connaît l'exemple d'un pays fortement
sécularisé, la Suède, qui a fini par instaurer officiellement la séparation de
l'Eglise et de l'Etat en 2000.
La sécularisation est un mouvement qui
renvoie à des changements du système des valeurs dans l'ensemble des sphères de
la vie sociale qui n'exclut pas mais n'impose pas la promotion de ces valeurs
dans le domaine public c'est-à-dire la laïcité".
Christian DELARUE
Misère du solidarisme et du néosolidarisme
http://bellaciao.org/fr/spip.php?article68170
2) Les références sociologiques ont pour source : Citoyenneté et
laïcité, approches sociologiques par Christian Dubois
http://www3.ac-clermont.fr/pedago/ses/cours%20capes/cours%20citoyennetelaicite.htm
3) M. Sarkozy, la laïcité et la "religion civile", par Henri
Tincq
http://www.lemonde.fr/opinions/article/2008/01/25/m-sarkozy-la-laicite-et-la-religion-civile-par-henri-tincq_1003594_3232.html
et un article critique de Tincq sur Marianne
" Sarkozy : la religion doit devenir l'opium des banlieues ! "
http://www.marianne2.fr/Sarkozy-la-religion-doit-devenir-l-opium-des-banlieues-!_a82491.html?
Publié par ockren à 19:26:36 dans 4 - 2 : Mentalité laïque | Commentaires (0) | Permaliens
Le grand amour c'est sublime et surtout possible !
Lecture critique de Jean GARNEAU et de son texte "Les mythes amoureux : le grand amour" en lien ci-après.
Par grand amour il évoque l'amour absolu, l'amour romantique, l'amour passion, sans préciser que ces variétés d'amour se rencontrent dans le réel et pas seulement comme "aspiration hors sol". Autrement dit, le grand amour existe ou a existé chez les personnes qui l'ont réellement vécu. Cela se voit dans leur regard. Les personnes amoureuses portées par un amour transcendant et partagé illuminent l'entourage de joie et de bonheur. Celles et ceux qui ont connu le grand amour de leur vie savent toute la joie et tout le bonheur que cet amour engendre et corrélativement tout le malheur qui surgit lorsque la perte de ce grand amour survient.
Le réel comme point d'accord avec Jean Garnier.
Le grand amour s'éprouve dans le réel. Je suis ici d'accord avec Jean Garneau lorsqu'il écrit "Mais ces satisfactions ont une autre caractéristique importante: elles sont bien réelles. Il ne s'agit pas de besoins qui seront comblés éventuellement lorsque les circonstances (ou le comportement de la personne) seront changés. Il s'agit de plaisirs qui sont déjà présents, que nous éprouvons réellement". Et faut-t-il ajouter, ce n'est pas par son passage dans le réel qu'il perd de sa force et de sa grandeur, bien au contraire.
Les grands amoureux trouvent toujours les moyens de se dire des mots doux à longueur de journées mais ne n'est pas seulement une histoire de communication ils arrivent toujours à se rencontrer régulièrement pour éprouver leur amour dans le regard, le contact, la caresse. Bref ils s'aiment de milles manières dans le réel et pas seulement dans l'affection désincarnée ou le fantasme. Et si cela ne dure pas nécessairement toute une vie cela peut durer fort longtemps ! C'est peu de dire que ces amoureux s'en souviennent car bien souvent cette période à été fort constructive de leur personnalité qui a pu ainsi pleinement s'épanouir.
Le dosage entre satisfaction et angoisse.
Jean GARNEAU écrit "Dans ce qu'on appelle le grand amour, les satisfactions sont souvent illusoires ou même inexistantes". Je pense au contraire que les grandes satisfactions surgissent abondamment au début lors de la phase fusionnelle des premiers mois mais qu'elles se maintiennent à un haut niveau par la suite et ce parfois pendant plusieurs années. Pour y parvenir il faut sans doute créer du manque et de l'incertitude pour respecter la loi du désir et ne pas sombrer dans le couple simplement et froidement cohabitant . Mais on sait que la satisfaction va venir et pas dans plusieurs jours.
L'idée qui suit de Jean GARNEAU ne relève pas nécessairement du grand amour : "On y aspire, on s'attend à ce que la satisfaction vienne un jour. En attendant, on se satisfait de la joie d'être aimé, d'être accepté ou même simplement d'être regardé par l'autre. C'est le fait d'être choisi par cet être extraordinaire qui nous comble en anticipation. Mais en réalité, nous vivons de l'angoisse, de la fébrilité et de l'espoir bien plus que de la satisfaction". Il se trompe car dans le grand amour il y a nettement plus de satisfaction que d'angoisse. La fébrilité existe mais la rencontre est fréquente et source de réelles satisfactions.
On peut d'ailleurs se demander de quellles satisfactions il s'agit ? Les satisfactions comportent une dimension affective non palpable quoique source de liens puissants. C'est bien ce qui explique que l'attachement à la personne aimée séparée (ou décédée) perdure plusieurs mois voire plusieurs années.
Christian DELARUE
Libres extraits de "Qui est l'autre ?" (de Robert MISRAHI), par Christian Delarue
http://bellaciao.org/fr/article.php3?id_article=47492
suivi du commentaire : par contraste :
LES COHABITANTS : AUCUNE PASSION, PEU D'AMOUR
http://www.redpsy.com/infopsy/grandamour.html
Publié par ockren à 15:47:21 dans ce qui reste | Commentaires (0) | Permaliens
Publié par ockren à 17:28:09 dans 5 - Voile islamique | Commentaires (0) | Permaliens
LA LAICISATION DU MONDE :
UNE PERSPECTIVE POUR LE XXI ème SIECLE.
par Christian DELARUE
vendredi 18 juillet 2008
sur Amitié entre les peuples
http://amitie-entre-les-peuples.org/spip.php?article222
Dans certains cercles de gauche ou altermondialistes on évoque de plus en plus l'idée d'un socialisme du XXI ème siècle. Un socialisme nécessairement mondialisé et nécessairement porteur d'un alterdéveloppement remède aux dégâts écologique d'un capitalisme incapable de s'autolimiter. Parallèlement à cette perspective l'idée de promouvoir laïcité et droits des femmes se renforce. Une telle promotion doit s'effectuer de la façon la plus pacifique mais en répondant fermement à la fois la vision conquérante de la nation musulmane à étendre (point 2) et à son opposé venu des USA et nommé "choc des civilisations".
1) La laïcité, comme processus et rapport de force.
En effet, face au "retour du religieux" pas nécessairement problématique mais parfois par trop excessif il importe d'enclencher au niveau mondial un processus de laïcisation (1) et de promouvoir la laïcité comme valeur universelle comme cadre de cohabitation pacifique donc souhaitable partout dans le monde, comme espace commun pour tous et toutes. En effet "la laïcité permet à tous les individus d'un pays, qu'ils croient au ciel ou qu'ils n'y croient pas, qu'ils fassent partie d'une institution religieuse ou pas, qu'ils pratiquent ou non une religion ou qu'ils se réfèrent à une spiritualité ou une philosophie particulière ou à aucune, de participer en citoyens à la vie publique, à égalité de droits et de devoirs. Elle se caractérise par un double refus : celui d'un athéisme (ou d'une autre philosophie) d'État et celui de toute religion officielle et/ou exclusive. Ainsi comprise, la laïcité n'est l'apanage d'aucun groupe, d'aucun état, d'aucune culture."(2) Le principe de laïcité est en corrélation avec un exercice des droits civils et politiques totalement déconnectés de toute appartenance religieuse, philosophique et culturelle
Pour enclencher cette laïcisation, il ne s'agit pas d'imposer la laïcité aux pays dominés par l'impérialisme mais d'avancer progressivement partout ou c'est possible et en fonction des situations "régionales". Ce n'est pas chose simple. Il convient sans doute de mieux intégrer les principes de laïcité dans les grandes déclaration des droits de niveau mondial ou sa place est dès plus restreinte . Certes ce ne sera pas un texte fondamental mondial sur la laïcité qui fera une application garantie dans tous les pays de la planète, mais ce serait un point d'appui qui manque de nos jours. Par ailleurs, le mieux semble encore de renforcer la laïcité là ou elle existe. A cet égard il convient de suivre particulièrement ce qui se passe au niveau européen. Améliorer le niveau de laïcité - si l'on accepte la formule qui sous-entant qu'il y a toujours des conquêtes à mener en matière de laïcité et qu'il ne faut pas se fier uniquement aux textes constitutionnels ou aux dispositifs juridiques complexes- en Europe est un gage de son extension pacifique dans le reste du monde.
On définit traditionnellement la laïcité par trois grands principes (1) passibles d'une interprétation plus ou moins forte : 1°) la neutralité confessionnelle, spirituelle et philosophique du politique ce qui implique une autonomie de l'Etat par rapport aux religions. 2°) la reconnaissance de la liberté de croyance, de religion, de conviction philosophique et d'indifférence. 3°) la non-discrimination entre les citoyens qui implique l'égalité de traitement des personnes quelle que soit leur religion, leurs convictions, leur sexe, leurs conditions sociales et physiques et la dissociation de leurs droits et devoirs, notamment de citoyens, de toute appartenance ou de non appartenance à une religion, à une spiritualité ou à une philosophie.
2) L'islam, sa nation et le nationalisme religieux offensif.
L'islamophobie consiste surtout à constamment ramener l'islam à ce qui a de plus négatif dans cette religion aux fin de stigmatisation et d'exclusion de tous ses membres ou de n'importe quel de ses membres. Or l'islam comme d'autres religions est variées dans ses interprétations et ses pratiques géographiques et historiques. Il existe donc un islam progressiste ayant assimilé ce que l'on a coutume d'appeler la modernité c'est à dire l'égalité des sexes, la laïcité, le fait démocratique, etc.... Il existe aussi un islam réactionnaire à composante variable, plus ou moins offensif.
- Deux obstacles épistémologiques et ethnocentriques à la compréhension du nationalisme musulman.
Embrasser la religion musulmane c'est pour beaucoup ( combien ?) de ses membres appartenir à une nation mais une nation qui n'est pas celle que nous concevons ordinairement en France, autrement dit pas celle d'un Etat-nation . La nation de l'islam est de nature supra nationale. Plusieurs territoires ou pays en font donc partie intégrante . La référence matérielle à un territoire ne suffit pas à définir la nation de l'islam (cf ci-après) .
Ce n'est pas tout : il faut encore retenir un autre élément complémentaire tout aussi oublié que le précédent alors qu'il donne, lui, la pleine signification à un islam de conquête, autrement dit à un nationalisme religieux offensif, pas nécessairement guerrier mais susceptible de le devenir.
Les non-musulmans dans toutes leur diversité croyants ou athées ne forment eux aussi qu'une seule nation car ils sont tous des infidèles par rapport à l'islam. En somme, sur la planète il n'y a que deux nations : la nation des musulmans et la nation des non-musulmans, infidèles par définition. Le monde divisé en deux mondes non compatibles. L'islam de conquête ne signifie pas qu'il faille faire la guerre. Comme pour d'autres religions il peut suffire de simplement faire l'apologie des préceptes et des rituels traditionnels tant chez les jeunes que chez les adultes.
- Débattre de cette dynamique en rapport avec son opposé.
Comme l'islam possède une dimension politique du fait de la non séparation de la société civile et de l'Etat le risque de dégénérescence guerrière est aisé. Tout dépend en fait de l'équilibre des forces tant interne (dans le monde musulman lui-même) qu'externe (rapport de force entre les deux mondes). Une telle interprétation de l'islam ne valide cependant pas la théorie du "choc des civilisations" de Samuel Huttington reprise par les USA. Au contraire vouloir un monde de paix c'est refuser mais dans la plus grande lucidité possible l'affrontement de deux camps opposés l'Orient contre l'Occident. Par contre c'est lutter pour la réduction des inégalités de développement dans le monde économiquement hiérarchisé mais aussi ne pas céder à l'extension de la laïcité (même sous des définitions variables) et à l'égalité entre les hommes et les femmes.
Le problème est encore plus complexe si on rapporte le nationalisme musulman avec le nationalisme arabe. Il y a là matière à une autre étude.
3 ) La mentalité laïque contre la réislamisation par le voile islamique.
Outre la question courante "De quoi le voile est-il le symbole ?" (affichage religieux, marquage sexuel) il faut aussi poser la question : A quelle dynamique sociale se rapporte le voile ? A lire les spécialistes de la question il y a tout lieu de penser d'un façon plus générale que le voile est le symbole d'une forte religiosité issue de la réislamisation qui à son tour génère une "mondanisation" problématique. "On observe un certain niveau d'individualisation à travers les pratiques religieuses, surtout dans les communautés musulmanes d'Europe, mais aussi dans certains pays musulmans. La foi s'individualise, et le conformisme communautaire perd de son influence face au libre choix de pratiquer ou non. Même la constitution des réseaux néo-fondamentalistes tend à se faire sur une base d'adhésion individuelle. Néanmoins, la religiosité demeure forte" cf A. Kazancýgil (document du CEMOTI en lien). Le divin est l'affaire de chacun sans cesser d'être aussi l'affaire de l'Etat. Mais sous la poussée de la réislamisation ce religieux s'est mondanisé au point d'envahir la sphère publique. Cet envahissement est parfois si fort et par ailleurs si clivé en terme de genre qu'il en devient étouffant, oppressant dans certains lieux.
Il est important de noter, pour éviter de caricaturer négativement l'islam, qu'en Europe un très grand nombre de musulmanes ne portent pas le voile et ont une pratique moderne, discrète et pacifique de l'islam.
http://cemoti.revues.org/document772.html
NB : Cette division du monde porte des noms, une signification : Dar al-Islam, c'est la « Maison de la paix » celle de l'islam et Dar al-Harb, est la « Maison de la guerre », celle des non-musulmans en fait car Dar al-Kufr qui signifie domaine des infidèles" ou "domaine de l'incroyance" se rapporte au Dar al-Harb.
D'après Wikipédia /Dar al-Islam/ et ses termes associés ne figurent pas dans les textes fondamentaux de l'Islam qui sont le Coran ou les Hadiths. Des disciples musulmans maintiennent que marquer un pays ou un lieu comme /Dar al-Islam/ ou /Dar al-Harb/ concerne la question de la sécurité religieuse sur le plan juridique. Cela signifie que si un musulman pratique l'islam librement, il peut alors être considéré comme vivant dans un espace dit Dar al-Islam, même s'il vit dans un pays non islamique. Cependant les théologiens musulmans affirment que les cinq appels à la prière quotidiens doivent être effectués pour qu'une zone soit considéré comme Dar al-Islam.
(1) La laïcisation n'est pas la sécularisation même si ces processus vont de pair
Un colloque a fait le point sous cet angle.
Un point de vue assez largement répandu dans les opinions publiques et les médias occidentaux affirme l'incapacité des sociétés musulmanes d'entrer dans la modernité et, notamment, d'acclimater en leur sein la sécularité et la démocratie, qui en sont des caractéristiques majeures. La notion de sécularité et les processus de sécularisation ont été privilégiés ici par rapport au concept de laïcité. Il s'agit moins de discuter des manières dont les institutions et les acteurs politiques et étatiques partis, gouvernements, appareils d'Etat fonctionnent dans ces pays, mais plutôt d'y identifier, dans l'espace public et l'espace privé et aux plans individuel et collectif, les discours, les idées et les comportements, qui peuvent être interprétés comme des signes, des indicateurs de processus de sécularisation et de démocratisation et leur impact sur les institutions politiques et étatiques
http://cemoti.revues.org/document772.html
(2) Je reprends les principes dégagé dans "La Laïcité, Valeur universelle". par Yves HIVERT-MESSECA sans y mettre des conditions stricte qui dépendent du degré d'avancement de la laïcisation
http://sog1.free.fr/Articles/ArtMesseca205Laicite.htm
Publié par ockren à 09:56:24 dans 4 - LAÎCITE | Commentaires (0) | Permaliens
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