Christian
DELARUE
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MILITANT
ALTERMONDIALISTE
MRAP / ATTAC
Fonctionnaire aux Finances
Licencié en droit Rennes
né le 20 juillet 1955
Activités politiques
Membre de la LCR de 1985 à 2006
Candidat de la LCR aux élections de mai 1997
Soutien Maintenant à gauche !
Activités antiracistes :
Secrétaire national du MRAP
Membre du Bureau exécutif du MRAP et de son Conseil d'Administration.
Responsable de sa commission Mondialisation.
Représentant / délégué du MRAP auprès d'ATTAC au titre de membre fondateur d'ATTAC
MRAP =
Mouvement contre le Racisme et pour l'Amitié entre les Peuples
Movement against Racism and for Friendship among Peoples
Movimiento contra el Racismo y por la Amistad entre los Pueblos
Statut consultatif auprès du Conseil Economique et Social de l'ONU
43, Boulevard Magenta, 75010-Paris, France
Tel : 33 1 53 38 99 99
Fax : 33 1 40 40 90 98
e-mail : accueil@mrap.fr
web : http://www.mrap.asso.fr/
Activités altermondialistes
Membre du Conseil d'Administration d' ATTAC France
Participation au FSE de Paris St Denis en 2003
Membre du CA d'ATTAC Rennes
Activités syndicales :
Elu à la CE de l'UL CGT Rennes en dec. 1993 comme responsable de l'activité "jeune"
Elu à la CE du SNADGI-CGT 35 en juin 1993
Membre de l'UGFF-CGT 35
Militant associatif à AC! (Agir ensemble contre le chômage)
de nov 93 à 98 (Travaillons tous, travaillons moins, travaillons autrement)
Militant antisexiste - féministe
Représentant de la LCR Rennes aux Assises de la CNDF de mars 1997
Signataire :
- de "Des hommes s'engagent : Faire l'amour, pas la haine - Non à la virilité machiste !"
- du Manifeste "Encore féministe"
*
Les conférences et contributions sont publiées sur divers sites :
- rennes-info.org (rubrique contributions)
- amitie entre les peuples,
http://www.amitie-entre-les-peuples.org/
- Bellaciao,
http://bellaciao.org/fr/spip.php?mot157
- PAG69
- alternativeunitaire2007.org/
- pour la République sociale PRS
- ATTAC FRANCE, ATTAC 35, ATTAC 89...
http://www.france.attac.org/spip.php?auteur1353
- MRAP (Mouvement contre le Racisme et pour l'Amitié entre les Peuples)
- altermonde-sans-frontière
http://www.altermonde-sans-frontiere.com/
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- Europe solidaire sans frontière
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Blog altermondialiste, antiraciste, féministe et laïc ...
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UN SIMPLE FOULARD ? UN VULGAIRE FICHU ? ou AUTRE CHOSE...
Contribution au débat lancé par le texte Mouloud AOUNIT
notamment publié sur Bellaciao ce 6/11/07.
http://www.bellaciao.org/fr/article.php3?id_article=54626
Pour situer mon intervention, il me faut dire que j'approuve de nombreuses considérations de ce texte. Je critique principalement le premier paragraphe. J'avance d'autres considérations librement comme un antiraciste qui a fréquenté des musulmans et des musulmanes de plusieurs pays ayant des références religieuses variables et surtout - c'est le plus important - avec des pratiques différentes notamment par rapport à la religion, à la laïcité, aux droits des femmes mais aussi par rapport à l'anti-impérialisme, au sionisme, etc...
"DISCRIMINATION RELIGIEUSE"
Tel est le verdict du jugement du 9 octobre 2007 tranchant le conflit entre Horia DEMIATI musulmane voilée et Fany TRUCHELUT propriétaire du gite de Julienrupt dans les vosges. D'une part c'est une victoire contre le racisme qui frappe les musulmans, d'autre part la présence de l'objet-voile laisse planer une ambiguité, donc une insatisfaction. D'un côté un motif de contentement, de l'autre le sentiment de confusion. Car peut-on généraliser ce verdict de discrimination religieuse à chaque demande d'enlèvement du voile ou ce cas était-il particulier car le voile n'était que masque d'un racisme anti-musulman. Avec un contexte différent - épuisement de l'idéologie du 'choc des civilisations" - que va-t-on choisir comme positionnement ? Est-ce que l'on distinguera enfin la musulmane et sa religion ou le seul voile. Pout l'heure il semble bien qu'il faille recevoir les musulmanes voilées et donc éviter l'exclusion discrimination, mais rien n'empêche de dire nonobstant que le voile est honni .
En effet le verdict aurait été différent si la musulmane ostensible avait été reçu dans le gîte mais en précisant que son accoutrement offensif indisposait ! Car on peut haïr les signes religieux trop ostensibles mais se garder de préconiser l'exclusion du travail ou du logement. Reste le problème de devoir travailler plusieurs heures et plusieurs jours avec une femme voilée à ses côtés - ce qui est une situation jugée insupportable par beaucoup - car ressenti comme une oppression religieuse plus pénible encore qu'un crucifix sur un mur.
Le texte de Mouloud AOUNIT banalise le voile islamique (terme générique qui recouvre diverses catégories de voile - 10) . Pourtant le port d'un fichu ou d'un foulard ne pose de problème à personne y compris à la propriétaire du gîte vosgien. Je pourrais parier qu'elle a pu en mettre un dans les dix ans qui viennent de s'écouler. Pour ma part, j'avoue qu'il m'arrive de mettre un bonnet (quand il neige) et un casque (quand je suis en moto). Donc si l'on veut être sérieux, il faut bien dire qu'il s'agit d'autre chose. A partir du moment ou le voile est porté été comme hiver, dehors comme dedans ce n'est plus un simple fichu c'est autre chose.
NB: La "découverte" par le climat date de juin 1989 à Epinal (dans les Vosges déjà et encore)L' article de Ghislaine Ottenheimer (2) explique qu'à la faveur de récréations, alors qu'il faisait très chaud, la Directrice, voyant une fillette suer, lui aurait demandé de retirer son foulard, ce que la fillette refusa de faire. Au delà de l'anecdote[2], Ghislaine Ottenheimer insiste bien sur l'époque et sur le climat : « Mais de quel droit, sous quel prétexte s'offenser du port d'un couvre-chef quel qu'il soit, en plein hiver ? Là, à la faveur des premiers rayons de soleil, la directrice a testé le caractère emblématique et religieux de ce fichu. ». (archive MRAP)
I ANALYSES CRITIQUES D'UN EMBLEME
A) DECONSTRUIRE
- DONC AUTRE CHOSELe voile islamique est outil de voilage et outil d'un certain islam. Le "certain" fait toute la différence. Il est d'une part un étendard pour l'extérieur et d'autre part pour de nombreuses féministes un instrument d'aliénation pour celles qui le portent. Cet outil d'imprégnation idéologique dit objectivement deux choses : je crois en Dieu, je crois en Dieu en permanence... ce qui finit par insupporter. L'intolérance suscite le rejet. Il dit aussi je suis une femme respectable, ce qui signifie un double insulte :
- pour un femme sans voile : tu n'es qu'une femme-objet (ou plus vulgairement une pute - et ce n'est pas un phénomène restreint) ;
- pour les hommes : vous ne me verrez pas comme femme séduisante car vous êtes violeur ou du moins trop concupiscent pour me voire aussi comme être humain dans le même mouvement.
Je renvoie à ma colère "VOILE ISLAMIQUE ET SEDUCTION" sur Bellaciao (3) et blog chrismondial
- L'AMALGAME D'UN CERTAIN ANTIRACISME
La phrase (9) ci après - et notamment l'emploi du terme Autre qui globalise à les musulmanes - montre que le travail de "désimbrication" n'a pas été suffisamment fait : "les personnes interrogées (9) qui adoptent des positions à la fois féministes et antiracistes sont celles qui s'opposent le plus à la loi (de mars 2004), qui refusent de la justifier au nom de la laïcité, de désigner l'Autre (ici les Musulman-e-s) comme différent et de le stigmatiser". Il ne faut en effet pas se tromper de stigmatisation. Il ne faut pas généraliser.
Car il y a un réel mensonge à amalgamer la critique et la phobie du voile islamique à la phobie de l'islam dans sa globalité. C'est le piège du "faux nez" (7). C'est contraire aux pratiques d'analyse que le MRAP met en oeuvre par ailleurs. D'une certaine manière on pratique ici ce que l'on critique sous le terme d'islamophobie, de racisme anti-musulman ! On reste dans la prise de position inverse - technique classique du mauvais antiracisme de simple renversement - sans passer par la distinction.
Effectivement le MRAP dénonce à raison " l'amalgame entre islam -intégrisme -islamisme radical" avec pour exemple "l'affaire des bagagistes de Roissy qui se sont vu retirer leurs badges en raison de leurs pratique religieuse" (qui n'avait rien d'anti-laïque ou de sexiste). Effectivement, une argumentation historique et sociologique dès plus conséquente que cite Mouloud AOUNIT dans son texte pèse pour dire que la phobie du voile PEUT cacher un racisme anti-musulman. Mais il n'y a pas de causalité automatique. Il importe de dire qu'il s'agit d'une possibilité de dérapage, d'une forte probabilité mais pas d'une nécessité absolue. De nombreux laïcs et de nombreux antisexistes ou féministes sont critiques et phobiques du voile sans être raciste . "N'allons pas dire - écrit Eric FASSIN - que les femmes des quartiers, en dénonçant la violence qu'elles subissent, ou les féministes laïques, en s'insurgeant contre l'oppression sexiste, sont racistes, ni même qu'elles ne sont que les alibis du racisme" (8)
B) RECONSTRUIRE
- PEDAGOGIE ANTIRACISTE : LES DISTINCTIONS A REPETER CONSTAMMENT
- De nombreux antiracistes critiquent le voile, ils le haïssent mais cela s'arrête strictement au voile. Autrement dit ce rejet ne porte ni sur la personne ni sur la religion. Donc pas sur l'Autre. La religion musulmane est diverses : certains religieux pensent que le voile est une obligation mais pas tous. L'islam d'emprisonnement et d'affichage offensif est très minoritaire en France : peu de jeunes filles et de femmes musulmanes portent le voile.
- En conséquence plutôt que de reprendre la distinction l'islam invisible et l'islam visible je distinguerais s'agissant des individus l'islam discret et pacifique d'un l'islam ostensible et offensif. A l'égard de ce dernier on ne saurait se montrer tolérant.. Il faut certes respecter la loi mais être aussi à l'offensive.
- UNE CERTAINE PEDAGOGIE LAIQUE : UNE ETHIQUE DE LA RENCONTRE
Je précise d'emblée - notamment par rapport à la précision d'un texte de Bernard TEPER publié recemment (6) - que je ne me réfère pas ici au corpus de la laïcité institutionnelle française de 1905 - qui doit certes être défendue en France - mais à l'évolution d'une "mentalité laïque" strictement individuelle qui veut que l'on préfère les signes religieux discrets (voire aucun) aux signes ostensibles ou ostentatoires. Sous l'influence d'une compréhension de l'évolution de la civilisation humaine dans l'histoire (issue d'une lecture personnelle des thèses de Patrick TORT sur le darwinisme) je milite pour que cette mentalité laïque progresse dans tous les pays, pour qu'un pas historique conséquent soit fait en ce sens.
Le signe religieux ostensible - voile ou kippa ou autre - est donc contraire à la mentalité laique qui se contente de signes discrets .
- EN CONTRE : Ces derniers manifestent un bon compromis entre liberté d'afficher sa religion sans oppresser l'autre. Car l'affichage ostensible est bien une forme d'oppression. Le fait qu'elle ne soit pas ressenti comme tel par tous ne signifie pas son absence chez certains, notamment chez celles et ceux qui ont déjà subi l'influence du religieux.
- EN POUR : Le signe religieux discret permet la rencontre pacifique, Comme le souligne le comité de Vitrolle du MRAP (1) un tel espace (laïque) permet la rencontre sans que les croyances, restant intimes (ou du moins discrètes), soit un obstacle relationnel.
Un voile comme une croix ou une kippa çà s'enlève aisément, sans pour autant abandonner sa religion. Il suffit d'adopter des signes discrets pour satisfaire la mentalité laïque et les critiques de nombreuses féministes. Parler de racisme anti-voile c'est, à la limite, ne pas comprendre ce qu'est le racisme réel, ce que subissent celles - ceux qui ne peuvent enlever tout qui les racise : cheveux frisés, peau mat ou noire, etc.... Et de plus, cela ne signifie pas mépris de la religion (que nous pouvons néanmoins critiquer sur tel ou tel point) que les croyants peuvent pratiquer librement tout en respectant l'autre celui ou celle qui pratique sa religion sans la brandir constamment aux yeux du monde. Cela ne signifie donc pas acceptation des discriminations pour les croyances religieuses des musulmans comme des autres religions. Certaines pratiques religieuses seulement sont à critiquer vivement: celles qui sont offensives.
II ANALYSE CRITIQUE DES AUTRES PRESUPPOSES
Dans une contribution au Monde Mouloud AOUNIT (4) écrit : "La France républicaine des années 2000 serait-elle composée de trois communautés, une majoritaire "catho-laïque" repliée sur elle-même, et deux minoritaires, juive et musulmane, qui seraient susceptibles de s'affronter à tout moment ?" Le propos vise à sortir la lutte antiraciste de la sectorisation de la tribalisation. Ce qui est positif.
Mais le même propos devrait conduire à une vision plus contrastée des processus de communautarisation. En fait il n'y a pas plus UNE communauté catho-laique unifiée qu'UNE communauté musulmane unifiée. On pourrait en dire de même pour les juifs de France. Sans doute y a-t-il des points communs qui justifient cette vision en trois communautés mais les différences voire les conflits internes semblent plus importants. Ce qui devrait inciter à relativiser la vision tricommunautaire bien rigide. D'autant que le fractionnement en de multiples sous communautés est renforcée par la diversité du religieux.
- PRENDRE ACTE DE LA DIVERSITE DES INTERPRETATIONS RELIGIEUSES
Quand on évoque le "retour du religieux" on oubli pour les trois grandes religions monothéistes que l'unanimité d'interprétation des textes et plus encore que l'uniformité dans la diffusion des normes et prescriptions religieuses est un mythe. Au-delà d'un corpus fondateur de chacune, on repère rapidement en quelque sorte des "théologies" dans chaque religion et les pratiques qui en sont issues sont encore plus diverses dans chaque religion. La diversité domine tant au plan historique qu'au plan géographique. On trouvera donc pour chaque religion toute la gamme des visions du monde allant du libéral progressiste acquis relativement à la laicité et à l'égalité des sexes aux visions réactionnaires, à l'intégrisme le plus violent.
- PRENDRE ACTE DES EFFETS D'INTEGRATION
Il faudrait ajouter certains effets de la logique républicaine d'intégration-assimilation qui quoi qu'on en pense (elle est passible de vives et justes critiques) vient renforcer la tendance à mentalité laïque.
Ici et maintenant on ne peut plus aisément raciser la jeune fille voilée par simple effet de l'évidence avec le réel. Ce phénomène de racisation ne peut se produire que dans les sociétés ou islam et voile vont ensemble comme une "seconde nature". Au temps de la colonisation toutes les femmes étaient voilées (énormément du moins) et donc le "racisme anti-voile" était un réel racisme islamophobique (avant le mot) lié au colonialisme. Aujourd'hui le nombre de musulmanes non voilées est immensément supérieur à la petite minorité de jeunes filles voilées, et l'effet d'amalgame ne joue plus automatiquement . Pour beaucoup, la phobie discriminante est très circonscrite à l'objet-voile et ne saurait donc être, sauf délire paranoiaque (11), une islamophobie raciste. Parler d'islamophobie non raciste - car très circonscrite à l'objet voile - laisse d'ailleurs entendre qu'il existe bien une islamophobie raciste. Mais c'est à l'analyse de le montrer. On ne peut recourir à l'évidence comme du temps de la colonisation.
Christian DELARUE
Addendum: - CIRCONSCRIRE L'OPPRESSION
Dire et répéter que le voile signifie, au-delà de la conscience de celle qui le porte, « oppression » (religieuse et/ou sexiste) doit s'accompagner d'un propos de prudence qui vise à relativiser "l'agression". Il faut ici promouvoir une sorte intelligence des rapports humains car il est facile de devenir soi-même oppresseur en luttant contre l'oppression. Au cas présent de devenir raciste islamophobe.
Pour être plus précis - vu mes responsabilités antiracistes - je ne voudrais pas être mal compris . Mon net rejet du voile ne m'empêche nullement de réagir quand par exemple un chauffeur de bus de ma ville interpelle de façon injurieuse une jeune femme voilée dans son bus. Pas d'injure aux jeunes filles voilées! Le respect de l'humanité de la personne est de droit au-delà de ce qui nous heurte dans son comportement.
Quant à l'éventualité d'une loi sur l'interdiction des signes religieux ostensibles dans les lieux publics clos ceux ou l'on doit rester en permanence avec de tels individus offensifs, je renvoie au texte écrit sur ce sujet (5).
Notes:2 cf. site MRAP rubrique archive sous rubrique voile
3 VOILE ISLAMIQUE ET SEDUCTION
sur Bellaciao le dimanche 4 novembre 2007 (23h09) :
- http://bellaciao.org/fr/article.php3?id_article=54555
4 Contre l'antiracisme tribal, par Mouloud Aounit LE MONDE 15.06.06
http://www.mrap.fr/interventions/monde
5 Que penser, que proposer suite au verdict "julienrupt" (voile vosgien) sur ce blog
6 Lire : Qu'est-ce que la laïcité ? par Bernard Teper du vendredi 19 octobre 2007
article publié dans la lettre 31
http://www.ufal.info/media_flash/1,article,181,,,,,_Qu-est-ce-que-la-laicite.htm
7 Gérard Bouvier, cité dans la presse avec ces propos : « Le tribunal ne s'est pas laissé abuser par les arguments pseudo-féministes et pseudo-laïcs avancés par Madame (...). Ces arguments sont un faux-nez derrière lequel on trouve un comportement raciste. » .
8 Eric FASSIN p 242 de "De la question sociale à la question raciale".
9 De l'affaire du voile à l'imbrication du sexisme et du racisme site du Mouvement des indigènes de la République
10 J'ai repéré 14 types de "voile" d'après un ouvrage de Fawzia Zouari
http:/www.re2.freesurf.fr/laic/voile2html
11 On peut cependant dire que pour l'extrême droite et une certaine droite la "théorie" ou plutôt l'idéologie du "Choc des civilisations" a réactivé en quelque sorte le vieux racisme anti-musulmans de l'époque coloniale. Une telle idéologie et une telle peur reste cependant en grand écart par rapport au réel français et européen. Elle ne saurait être majoritaire. Nous serions alors en plein fantasme paranoïaque de masse. Ce serait un délire "cimenté" par une idéologie de moins en moins rationnelle, de moins en moins théorisée et théorisable, donc plus proche d'une croyance stupide qui vise à voir Ben Laden derrière toute jeune fille voilée.
Publié par ockren à 17:35:44 dans 5 - Voile islamique | Commentaires (0) | Permaliens
FAIRE RECULER LE MACHISME INSIDIEUX DES "MECS LOURDS"
Alors que je disais à une amie "j'y vais dare dare" (sans intonation renvoyant à du sexuel), elle me répond : "et pourquoi pas clito clito". Certes ! J'aurais pu dire si j'avais été moins surpris "Tu n'a qu'à dire clito-clito quand je dis "dare dare". Dans un régistre moins soft mais provenant toujours d'une femme, j'ai déjà entendu une remarque stigmatisante d'une féministe à une autre à propos de son décolté pigeonnant.
Voilà pour l'exception . Le plus souvent ce sont les femmes qui sont surprises d'entendre des propos oppresseurs ou ressentis comme oppresseurs. Un propos vulgaire adressé à cantonade dans une foire agricole sur "le sperme des vaches" n'est pas nécessairement sexiste s'il s'adresse à un public mixte, il reste néanmoins lourd et vulgaire.
I - LES DEGRES DU SEXISME
J'ai parlé ailleurs d'hypersexisme . Certaines de mes amies féministes ont douté de la pertinence du propos. En évoquant l'hypersexisme je précisais pourtant clairement que cette violence supérieure ou extrême à l'encontre des femmes ne saurait faire l'impasse sur le sexisme ordinaire multiforme. Autrement dit l'existence de l'un ne saurait s'accomoder de l'autre. Ici je veux aller plus loin encore avec ce que l'on peut appeler avec Natacha Henri "le paternalisme lubrique".
Le sexisme se compose d'insultes, de propos dévalorisants et autres pratiques clairement sexistes qui, si elles sont répétées, tournent au harcèlement. Lorsqu'elles sont très occasionnelles, elles ne traumatisent pas, elles n'empêchent pas de vivre mais les insultes restent des insultes. Le sexisme ordinaire ne passe d'ailleurs pas nécessairement par des insultes verbales mais il est aisément repérable par les femmes qui le subissent . Il témoigne de l'emprise du sexisme dans la société, dans toutes les sociétés.
II LE PATERNALISME LUBRIQUE DES « MECS LOURDS »
Outre l'hypersexisme et le sexisme il y a encore le sexisme plus soft, la zone grise du machisme insidieux, celui qui ne se veut pas nécessairement méchant - dire "ma biche" relève plus d'une familiarité déplacée que de la franche méchanceté - mais qui s'inscrit bel et bien dans la domination masculine contre les femmes. Ceux qui en abusent quotidiennement ou très souvent sont nommés par Natacha Henri "Les mecs lourds" (1). Cela va du regard trop appuyé au commentaire déplacé notamment sur les vêtements des femmes, sur la séduction d'une jolie femme ou sur la laideur d'une autre.
III SITUER, COMPRENDRE
Est-ce à dire qu'il ne faille plus plaisanter ? Est à dire que parler de sexualité est interdit. Non mais encore faut-il éviter la vulgarité, du moins la vulgarité unilatérale celle qui systématiquement diminue les femmes. De plus faut-il parler de sexualité à la première venue, celle que l'on croise sur le trottoir? Il ne s'agit pas d'être "coincé" mais simplement de ne pas accroître la domination masculine sur les femmes.
Il s'agit bien de voir les femmes à qui l'on s'adresse comme des personnes, comme des êtres humains avant de les voir comme femmes . Comme j'imagine la réponse moqueuse alors je précise : on peut dans le même mouvement voir la femme, l'être humain sexué, autrement dit sa séduction, sa beauté (ou le contraire) mais aussi l'être humain non sexué . Du coup c'est sans hypocrisie que dans un même mouvement l'on fait d'une par intervenir un frein qui manifeste la conscience de la nécessaire respectabilité due à tout être humain et d'une part la prise en compte de la différence qui attire les hommes Impossible ? Non la séduction existe et elle doit pouvoir se manifester librement et pour toutes sans exception mais pour cela il lui faut un cadre de respect et de sécurité. Nous n'irons pas vers une société de rencontres authentiques en étant répressif à l'encontre des manifestations de séduction des femmes (que ces dernières soient jugées belles ou non selon les critères du moment) .
Enfin n'oublions pas que les femmes subissent les viols masculins dans toutes les sociétés et qu'en conséquence cela traumatise non seulement les victimes mais insécurisent aussi toutes femmes.
IV - S'ENGAGER ...
A)
S'abstenir de remarques sur une jolie fille qui passe, c'est le SMIC de l'homme respectueux. Et c'est quand les hommes sont "entre eux" que la remarque s'applique surtout. Ces abstentions sur le long temps sont remarquées par les adolescents, elles sont donc éducatives à l'égard des fils qui n'entendent jamais de la bouche du père des commentaires de ce type.
B) ...ET LE REGARD
Il faut aller plus loin et s'interroger sur le regard que les hommes portent sur les femmes. C'est évidemment beaucoup plus difficile que de s'abstenir de parler.
Commençons par le plus simple : Ne pas se retourner pour regarder la femme que vous venez de croiser dans la rue, c'est aussi le SMIC du respect des femmes. Si l'on doit le faire pour une bonne raison ne pas le faire de façon visible car cela humilie. Passons au cran au-dessus: Ne pas laisser un regard appuyé sur une femme que l'on juge belle est-ce si difficile? Oui s'il l'on vient de tomber amoureux. Mais on ne tombe pas amoureux à chaque coin de rue. Donc là encore le self contrôle est de rigueur. Quand une femme vous plait vous la regardez et c'est normal mais si certains sont "lourds" selon le langage féminin c'est qu'ils sont incapables soit de ne pas regarder ailleurs soit de ne la regarder que modérément. Autrement dit elle devient femme-objet.
C) LE CAFE
De nombreux hommes ont la fâcheuse tendance au travail à demander aux femmes de faire le café. Surtout dans les milieux ou les hommes sont majoritaires. Là ou les femmes sont majoritaires une « éducation antisexiste » repousse le machisme insidieux. La tâche de faire le café est un révélateur du niveau de machisme des hommes au travail.
Les hommes antisexistes ne le deviennent pas par hasard. Dis moi si tu fréquentes surtout des hommes ou surtout des femmes et je te dirais comment tu te comportes avec les femmes.
Christian DELARUE
1) Les mecs lourds : c'est aussi le titre de son livre paru en 2003 chez Robert Laffond.
On peut lire aussi sur le même sujet :
http://toutpourelles.over-blog.com/article-4123981.html
Le machisme insidieux des "mecs lourds également sur:
http://www.bellaciao.org/fr/article.php3?id_article=54238
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UN CRAN AU-DESSUS: LE PORNO-SOFT
Personnellement, je trouve très pédagogique d'aborder le porno-soft
ainsi de la part de féministes:
Christina Aguilera, tout comme Jennifer Lopez, Kylie Minogue, Shakira ou
tant d'autres, se contente de se déhancher lacivement dans une tenue de
quelques millimètres. On est dans le "peu habillé" devenu extrêmement
commun dans la mode et le spectacle. C'est aguichant, mais en soi ça ne
dit rien, tout dépend des personnes qui les entourent à l'écran et de ce
qui se passe, le fait qu'elles soient habillées légèrement peut avoir
des significations très différentes selon le contexte. Quelques exemples
pour saisir la nuance.
la suite sur:
http://arbobo.over-blog.com/article-2665704.html
Le texte s'intitule: Ton micro n'est pas une bite (le porno soft comme
"genre musical" dans les clips vidéo) - Arbobo
Publié par ockren à 16:21:25 dans 3 - ANTISEXISME Féminisme | Commentaires (4) | Permaliens
Maurice WINNYKAMEN vient de publier
GRANDEUR ET MISERE DE L ANTIRACISME : Le MRAP est-il dépassé ?
aux Editions Tribord
L'auteur né en 1933 est un ancien militant du MRAP . Il
a quitté le MRAP avant 1977, avant que le MRAP deviennent Mouvement
contre le Racisme et pour l'Amitié entre les Peuples. Il a donc connu
et fait vivre un MRAP que beaucoup n'ont pas connu, en tout cas que je
n'ai pas connu (1) celui qui va de 1941 - le MNCR - et 1949 - MRAP -
alors que le MRAP signifiait « Mouvement contre le Racisme et
l'Antisémitisme et pour la Paix » à 1977 date du changement de nom.
C'est donc avec intérêt et respect et même admiration que j'ai lu la
première partie de l'ouvrage qui porte sur les années antérieures à
1977.
Avenir du MRAP : Réponse à Maurice WINNYKAMEN 1*
http://www.bellaciao.org/fr/article.php3?id_article=53901
*Avenir du MRAP : Réponse à Maurice WINNYKAMEN 2*
http://www.bellaciao.org/fr/article.php3?id_article=53936
Christian DELARUE
Secrétaire national du MRAP
Publié par ockren à 00:22:28 dans 2 - MRAP - ANTIRACISME | Commentaires (0) | Permaliens
QUE PENSER, QUE PROPOSER
SUITE AU VERDICT "JULIENRUPT" (VOILE VOSGIEN) ?
QUE FAIRE CONTRE LE VOILE ISLAMIQUE SUITE AU VERDICT "JULIENRUPT" (VOILE VOSGIEN) ?
http://bellaciao.org/fr/article.php3?id_article=55118
La propriétaire d'un gîte rural de Julienrupt, dans les Vosges, a été condamnée par le tribunal correctionnel d'Epinal pour avoir refusé d'accueillir une cliente qui portait un voile islamique.
http://www.lepoint.fr/content/a_la_une/article?id=204489
Cette femme de 54 ans a été reconnue coupable de discrimination religieuse.. On a discuté en séance et dans les couloirs sur le point de savoir s'il fallait caractériser la discrimination de raciale ou de religieuse. Ce n'est pas anodin. Nul doute que des débats vont se tenir sur cette différence. Cette décision peut faire date.
Cette différence souligne une double hypocrisie. La deuxième portant sur le voile indique qu'il va falloir étendre le champ ouvert en 2004.
I - LUTTER CONTRE UNE DOUBLE HYPOCRISIE.
Le racisme avance masqué, il faut donc le dénoncer (A). Mais à l'inverse un certain discours globalisant risque de tordre le bâton dans l'autre sens en portant des accusations injustifiées. La critique de la « voilophobie » ne sautait être sommaire ! (B)
A Oui un "RACISME PERNICIEUX" se déploie en ce moment.
Il n'est d'ailleurs pas si nouveaux puisque déjà en 2003, donc avant la loi du 15 mars 2004 des préjugés et des actes antiarabes et antimusulmans se sont banalisés. Je ne pense pas avoir relativisé cet aspect ainsi que le laisse penser le message "en réponse à C DELARUE" posté sur Bellaciao. Simplement je pense, à la différence de Mouloud AOUNIT, que des compréhensions se sont fait jour depuis 2004. Une prise de conscience s'est développée entre islamophobie globale débouchant sur du racisme et critique ou blasphème du voile soit comme signe religieux ostensible oppresseur des autres soit comme symbole d'aliénation pour les femmes.
Reste que le racisme sous toutes ses formes constitue un réel problème en France et en Europe qui nécessite le renfort du mouvement antiraciste. Car il y a besoin d'un mouvement antiraciste fort en France mais un mouvement en capacité d'éviter les amalgames .A cette heure je suis dubitatif. . Je ne conçois pas un tel mouvement qui se met sans débat en ordre de bataille derrière un rapport, que dis-je derrière quelques passages d'un rapport . Autrement dit , on ne peut prendre comme un dogme la phrase répétée ces jours-ci : "Selon le rapport de l'ONU de sept 2007 , l'islamophobie constitue, dans le contexte actuel, la forme la plus grave de diffamation des religions. C'est une forme contemporaine de racisme, de discrimination raciale, de xénophobie et de l'intolérance". Il existe un racisme généré par l'islamophobie mais aussi des rejets de certains abus de l'islam et notamment d'un islam politisé qui ne sont pas raciste.
Le mouvement antiraciste doit s'attacher plus encore à développer son volet social, son ancrage altermondialiste, notamment sur l'extension des logiques sécuritaires et guerrières.
B - DERRIERE LE VOILE : LAICITE et FEMINISME ou RACISME ANTI-ARABE / RACISME ANTI-MUSULMAN
Derrière le voile, il ne faut pas s'abstenir de l'analyse avant de conclure. La "voilophobie" n'est pas systématiquement raciste. "
- d'une part la liberté de religion' qui n'est pas sans limite. Des compromis sont à rechercher. Le droit international protège la liberté religieuse mais ignore la laïcité.. La mentalité laïque est à conquérir contre l'esprit religieux ostensible ou ostentatoire
- d'autre part le racisme caché derrière le refus du voile car en ce cas c'est en fait toute la personne avec sa croyance voir son appartenance ethnique qui est rejetée. C'est du racisme islamophobique ou du racisme anti-arabe (il faut analyser de près).
Mais on ne saurait procéder constamment par soupçon facile et générateur d'amalgame. Les choses sont plus compliquées dans la vie réelle. Ainsi, de nombreuses personnes non racistes ( y compris des musulmanes ) ne supportent pas le voile soit comme féministes soit comme personnes attachées à la mentalité laïque.
Mais il faut bien prendre garde à distinguer le comportement ou l'apparence de la personne elle-même. Autrement dit distinguer le voile comme accessoire facultatif (outil objectif d'oppression) qui peut être enlevé
au moins pendant le temps du vivre en commun et la personne qui ne doit pas se sentir rejetée pour sa croyance religieuse (de quelque religion qu'il s'agisse) encore que la croyance religieuse puisse elle aussi être critiquée sans que cela se comprenne comme une attaque à la personne même.
- Le voile est ressenti d'une part comme une OPPRESSION EXTRAVERTIE
Autrement dit comme un message offensif vers l'extérieur, c'est-à-dire contre les autres, les proches, ceux qui subissent la présence constante du signe ostensible.
- Les personnes de mentalité laïque, sensibles au prosélytisme religieux insidieux mais permanent (je crois, je crois, je crois, croyez, croyez...) refusent souvent le voile à ce titre. Ils ne rejettent ni les arabes ni les musulmanes, ni l'islam. Ils sont tolérants. Ils s'opposent juste à un instrument d'oppression, pas plus. Ils ne sauraient être accusés de racisme.
- Des hommes non sexistes ou antisexistes éprouvent comme une oppression le message insidieux du voile: les hommes seraient tous incapables de maîtriser leurs désirs, ils seraient trop concupiscents et même aisément violeurs. Le même message signifie aux femmes "occidentalisées" qu'elles sont aussi "dépravées" que les hommes et qu'en cas d'agression elles sont responsables.
- Le voile est d'autre part perçu comme outil d'OPPRESSION INTROVERTIE
Autrement dit comme une aliénation, c'est-à-dire tournée à l'encontre de la personne même qui le porte. Les féministes sont sensibles à cet aspect. On pourrait dire que l'on ne libère pas une personne malgré elle. Que c'est à la personne elle-même de faire son trajet de libération. Les féministes n'ignorent évidemment pas cela. Reste que de nombreuses femmes ne supportent pas le voile à ce titre et uniquement à ce titre et que dès lors elles ne sauraient être assimilées à des racistes.
Les deux volets - laic et féministe de la critique se combinent souvent dans la réalité.
II LUTTER SUR PLUSIEURS FRONTS : ANTI RACISME, ANTISEXISME, COMBAT SOCIAL ET ALTERMONDIALISTE...
MAIS AUSSI EXTENSION DE
Qu'il faille poursuivre la lutte antiraciste comme la lutte antisexiste le tout dans un cadre élargi d'un combat social de type altermondialiste est une nécessité . Il faut aussi poursuivre le travail engagé en 2004 (A) en tenant compte des effets pervers (B).
A)
- UNE AVANCEE : La loi interdisant les « signes religieux ostensibles » a constitué une avancée par rapport aux textes fondateurs (les lois de 1881, 1882 et 1886) qui ne concernait que les locaux, les programmes scolaires et le personnel enseignant mais pas les élèves ou les mères accompagnatrices. Une avancée car l'envahissement pénible des signes religieux ne provient pas seulement du crucifix isolé en hauteur sur le mur d'une classe ou d'éventuels propos religieux d'enseignants mais aussi du nombre de personne supportant constamment du matin au soir des signes religieux
ostensibles ..Le partage entre l'institution soumise à la laicité et ses usagers libres est dépassé. Ce partage est en fait maintenu mais la loi du 15 mars 2004 va plus loin encore.
- UNE DISTINCTION CAPITALE : La distinction entre signes discrets autorisés et signes ostensibles interdits constitue un principe fondamental pouvant donner contenu clair pour l'humanité à ce que l'on peut appeler « la mentalité laïque » . L'esprit laïc, que n'est pas l'athéïsme, doit enfin progresser au plan historique et mondial . Pour l'heure la mentalité laïque peine à sortir de la préhistoire du fait de la puissance du pouvoir religieux et patriarcal archaïque. De plus en plus d'individus, y compris des croyants, et de quasiment toutes les religions, sont gênés par l'affichage de signes par trop ostensibles. Ils préfèrent adopter des signes discrets voire garder pour eux leur croyance.
B) ... MAIS IL FAUT ËTRE TRES PRUDENT !
- DES INSUFFISANCES DANGEREUSES : Si la loi du 15 mars 2004 pouvait encourir la critique c'était plutôt du fait que rien n'était prévu, notamment dans le privé, pour recevoir les jeunes musulmanes à l'affichage religieux ostensible . La déscolarisation des élèves est un fait à prendre en considération pour des militants laics responsables tout comme d'ailleurs pour des féministes. Je le souligne, même si cela ne fait pas plaisir aux laics et aux féministes anti-voile, car il ne faudrait pas qu'un gouvernement prenne pour les lieux de production des mesures irresponsables génératrices d'exclusion .
- POUR UNE EXTENSION : Pour moi, cette philosophie de la loi du printemps 2004 ne saurait rester limitée aux portes de l'école . Sont également concernés les autres lieux clos qui sont des lieux de partage contraint de l'espace . Cela concerne principalement les lieux de travail . Toutes les entreprises ne peuvent prévoir des lieux distincts pour les femmes voilées et les femmes non voilées. Le passage par la loi semble difficile, sauf s'il s'agit d'une loi indicatrice qui ouvre sur des discussions et des compromis. Le principe étant de favoriser le vivre ensemble le plus possible et donc d'éviter le licenciement.
- UNE METHODE : Le principe se couple aussi avec l'idée que l'émancipation ne s'obtient pas par la répression. Il s'agit de trouver un compromis entre liberté de porter un signe et souci de ne pas oppresser une autre personne par ce port constant et proximal.
Christian DELARUE
Secrétaire national du MRAP
Publié par ockren à 23:29:04 dans 5 - Voile islamique | Commentaires (0) | Permaliens
DE L 'INFLUENCE PREGNANTE DE L' INTERPRETATION REACTIONNAIRE- PATRIARCALE SUR LES RAPPORTS HOMMES/FEMMES
ou UN OUBLI DANS LE DEBAT DU "VOILAGE / DEVOILAGE".
Voici deux textes qui se complètent sur les rapports hommes/femmes en lien avec l'interprétation réactionnaire des religions, historiquement dominante de part le monde. Concernant le voile, il s'agit d'un certain islam, mais l'histoire accuse d'autres religions instrumentalisées par le patriarcat, par le pouvoir des hommes. Mais par ailleurs il est important de voir - malgré les critiques ci-dessous - l'islam comme varié, comme divers .
Dans le même registre du réel divers mais du côté des individus croyant et non de la religion diffusée, il existe et c'est heureux des musulman(e)s qui se sont dégagées du fatras idéologique décrit ci après . Le fait de pouvoir rencontrer des musulmanes croyantes (arabes ou non) qui étaient aussi laiques (au sens ici de sobre d'apparence sur les signes religieux) et même parfois marxistes (à l'instar de la théologie chrétienne de libération) et surtout libres par rapport aux coutumes religieuses-patriarcales est une chance pour la lutte contre les préjugés.
Au total, la certitude de la diversité de l'islam et la présence de ces femmes admirables constituent deux obstacles qui discréditent une islamophobie globale et sans nuance... mais ces deux faits n'empêche pas la critique des courants réactionnaires comme tendance lourde historique. Bien au contraire !
Il s'agit d'une version courte d'un texte plus long qui citent les auteurs et reproduit les passages en cause. Ce texte trop long n'était pas lu . Il figure en réponse à Pascal Hilout qui a publié une diatribe sévère sur son site intitulé : LE MRAP ATTAC
- Pudeur et concupiscence ou égalité et réciprocité
- Corps à soi, corps pour soi ou corps à cacher pour les uns, à dénuder pour les autres.
VOILE 1 : PUDEUR ET CONCUPISCENCE ou EGALITE ET RECIPROCITE
Les "modernes" interprètes de l'islam (qui dégage le sens au-dela du texte ) semblent bien plus hypocrite encore que les "classiques" (ceux qui s'en tiennent à la lettre du texte) : le voile islamique peut être enlevé disent-ils... mais il faut pouvoir conserver d'une autre manière sa signification profonde (pudeur, contre la concupiscence, etc...).
A) UN DISCOURS DE
Avec de telles théologies, qui aboutissent à entériner dans la fatalité l'agression sexuelle et sexiste de certains hommes, l'égalité hommes-femmes n'est pas pour demain. Le désir et la séduction vont donc rester de l'ordre du mal et les mauvais comportements masculins incorrigibles . Les femmes se voient assigner au devoir de non provocation et au respect de la sobriété vestimentaire de pudeur maximale . En cas de non respect de la sobriété, c'est la violence masculine qui survient fatalement .La violence masculine est incoercible. Donc c'est le défaut de sobriété vestimentaire, le défaut de voilage en tout genre qui empêche la "paix entre les sexes". La charge de la responsabilité (et de culpabilité le cas échéant) est renversé et ce faisant le changement est impossible. La manifestation du désir, le droit à la séduction est interdit pour les femmes et les hommes vivent dans la frustration et la culpabilité leur désir à l'égard des femmes car l'idée d'égalité et de réciprocité est exclu.
Or pour les hommes et les femmes en recherche de rapports d'égalité et de réciprocité, l'enfermement des femmes contraintes durablement à se cacher des hommes non seulement "concupiscents" (sic) mais potentiellement violeurs est inadmissible . Le combat à mener n'est pas contre la "concupiscence" (et pour la pudeur) mais contre le viol et pour des relations sexuelles librement consenties. Et mêmes pour des relations ou les femmes peuvent être offensive pour manifester leur désir (cf voile 2)
B) UN DISCOURS INEGALITAIRE ET PUDIBOND
Cette théologie pudibonde, qui n'est pas le propre de l'islam, a d'autres inconvénients : le garçon n'a pas de question à se poser . Si la séduction féminine est de l'ordre du réel et si ce réel n'est pas en soi condamnable alors quelle signification donner à la séduction (pour moi ou pour elle), quel comportement quand telle femme m'attire (question du regard) , quel comportement avec celles que je juge moins attirante ? ect. Il n'y a pas une réponse unique à donner à ces questions ni même des réponses dogmatiques à fournir mais il s'agit d'avoir un cadre égalitaire qui permet de se les poser, de poser les questions sur le rapport du regard des hommes sur les femmes, et de prendre ainsi ses responsabilités.
Des personnes de mentalité laïque peuvent aussi partager cette idéologie de la sobriété vestimentaire pudique du corps des femmes mais ce n'est en général pas systématisé comme dans les doctrines religieuses qui sont de façon dominante beaucoup plus rigides. Ce qui ouvre à des souplesses de comportements en fonction des situations. Ce qui permet des évolutions.
VOILE 2 : CORPS A SOI / CORPS POUR SOI ou CORPS A CACHER (pour les uns) / CORPS A DENUDER (pour les autres)
Je discute ici de la troisième position qui défend le corps à soi des femmes comme s'opposant à la fois à ceux qui veulent voiler les femmes et ceux qui veulent les dénuder (disons les dévoiler).
A ) UNE " DOUBLE OBSESSION " A EGALITE ?
"Comme le remarquait Samira Bellil quelques mois avant de mourir, l'obsession des uns de nous voiler n'a d'équivalent que l'obsession des autres de nous déshabiller. Or ces deux obsessions sont deux formes en miroir de négation des femmes : l'une veut que les femmes attisent ce désir tout le temps, tandis que l'autre leur enjoint de ne pas le provoquer. Mais dans les deux cas le référent par rapport auquel les femmes doivent penser leur corps reste le désir masculin. Ce que le foulard dévoile, c'est que le corps des femmes n'est pas un corps à soi - un corps pour soi." (cf. Samira Bellil citée par Christine Delphy)
Position qui parait juste mais abstraite car oublieuse du contexte et de l'histoire et donc d'un conditionnement profond.
Notons d'abord le saut qui est opérer entre dévoiler la tête et déshabiller le corps. Opération qui permet de créer une troisième position en forçant le trait. Le débat n'est pas entre deux extrêmes : "voile ou à poil". Mais peu importe ici car il faut admettre qu'il y a effectivement une pression contradictoire des hommes sur les femmes.
Mais il faut ajouter immédiatement que la balance des pressions n'est pas égale. Le patriarcat pèse de tout son poids historique. Un patriarcat qui a investit le religieux contre le plaisir, le désir et surtout contre les femmes. Autrement dit un conditionnement sociohistorique pèse sur les femmes et sur les hommes. Ce conditionnement est loin d'être clairement perçu.
B)
Les sociétés à forte dominante religieuse se sont accommodés des sexualités violentes (le viol banalisé au quotidien). Cela découle à mon sens d'une contradiction forte bien entretenue pendant des siècles : les hommes désirent les femmes d'un côté et pas qu'en pensée et de l'autre ils "théorisent" via la religion le refus de leur désir légitime. Le drame est que ce n'est pas les uns qui veulent cacher le corps et les autres qui veulent le dénuder ce sont les mêmes hommes qui n'ont pas su longtemps ce qu'ils voulaient. La contradiction était trop dure à vivre. La religion patriarcale ne permettait pas d'intégrer le désir dans l'économie psychique des hommes sauf par la transgression et la violence.
Les choses de ce point de vue ne sont pas améliorées partout, même si des progrès se sont relativement stabilisé ici ou là. De fait, "la paix entre les sexes" n'est pas possible en continuant ainsi. Et cette contradiction lourde perdure depuis des siècles ! La solution ne peut advenir que si, à l'échelle d'une société entière, des individus ont en commun la reconnaissance du désir sexuel mutuel et de la rencontre dans le consentement réciproque. Les deux ensemble : pas de " coincées " d'un côté mais aussi pas d'irrespect de l'autre.
Du coup, mettre en parallèle et à égalité les deux "obsessions masculines" évoquées par Samira Bellil c'est oublier que les "injonctions" sont forts différentes en poids social et historique : l'une est obligatoire - se couvrir - alors que l'autre n'est qu'une pression toute relative à la fois circonscrite et récente de la publicité et des moeurs contemporaines.
C) ... débouche sur UN CONDITIONNEMENT PROFOND OUBLIE .
Pour les effets de la misère produite, je cite Isabelle FILLIOZAT : "Sous-informées, culpabilisées et convaincues qu'ils est normale pour une femme d'avoir peu d'envie, la plupart ne recherche même pas l'éveil de leur potentiel. D'autant que c'est bien connu, une femme qui éprouve trop de plaisir est une salope." (L'intelligence du coeur p 233). Je dirais pour le rapporte au sujet qu'une femme qui manifeste ouvertement son désir est vue comme une salope. Il s'agit là d'un conditionnement profond qui influe sur les comportements mais avec des différentiations.
- Une fraction des hommes aiment les salopes au sens non seulement de femmes libres mais plus encore de femmes ouvertement offensives sexuellement et sans tabou, qui ce faisant sortent de la contrainte historique et sociale qui pèse sur elles pour manifester leur désir de relations sexuelles libres avec les hommes mais aussi avec d'autres femmes (la religion n'aime pas l'homosexualité).
- Une autre fraction très importantes des hommes continuent dans la ligne des pesenteurs religieuses historiques de stigmatiser les femmes trop séductrices, pas assez voilées, ouvertement offensives sexuellement sous le terme de " salopes " (ou autres termes de ce genre) . C'est d'ailleurs pour cela que souvent la première catégorie d'hommes n'emploie plus publiquement le terme de salope (au profit d'autres comme " coquine " par exemple) ou avec une autre intonation de voix.
Mais il reste une différence liée au poids énorme de la pudibonderie religieuse et patriarcale. Un homme qui veut séduire, un homme qui désire n'est pas conçu comme un salop ou une pute. Il désire. Il affirme sa sexualité. C'est vu comme normal. Et sauf absence de considération de l'autre c'est normal. Ce que les femmes demandent à l'homme désirant c'est de tenir compte du consentement et du désir des femmes.
Ainsi la plupart des hommes réels ne prennent que rarement leurs "désirs de déshabillage" des femmes - qui n'est pas un fantasme répréhensible en soi, ni d'ailleurs propre qu'aux hommes - pour la réalité . Autrement dit, ils ne passent pas à l'acte sans consentement de l'autre. D'autre part la plupart des femmes s'habillent presque comme elles veulent. Presque car contrairement à ce qui est dit c'est l'exagération du déshabillé qui est réprimé par les forces sociales pudibondes dont le patriarcat et la religion sont les vecteurs historiques lourds.
Christian DELARUE
Publié par ockren à 00:25:36 dans 3 - ANTISEXISME Féminisme | Commentaires (0) | Permaliens
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