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DANS UNE LIBRE OPINION parue dans « le Monde » daté des 28 et 29 juillet, j'avais évoqué les difficultés administratives, juridiques et constitutionnelles auxquelles se heurte le projet des franchises médicales (depuis, s'y est ajoutée l'idée absurde de faire financer la recherche publique sur la maladie d'Alzheimer, qui concerne tous les Français, par les seules personnes ayant besoin de consulter un médecin pour toute autre chose : mais le mot « impôt » est devenu aujourd'hui un terme grossier) ; mais
Tout le monde sait, pourtant, que « prévenir vaut mieux que guérir » ; qu'on se porte mieux (et qu'on coûte moins cher à l'assurance-maladie) si on ne fait pas un infarctus qu'après avoir guéri d'un infarctus (à moins d'en mourir, source indiscutable d'économies) ; et que le principe même de la prévention consiste à voir régulièrement un médecin, même lorsqu'on se sent parfaitement bien, pour corriger avant qu'il ne soit trop tard les erreurs que l'on commet dans son alimentation et dans son mode de vie en général, tout comme les pédiatres voient des nourrissons en parfaite santé ; que tous les pays développés facilitent au maximum l'accès au médecin de premier recours (habituellement, le généraliste) en supprimant tout ticket modérateur et toute avance de frais ; et que les franchises médicales constitueront un frein majeur au développement de la prévention.
Mais cette logique impose quelques mesures complémentaires : la suppression du paiement à l'acte du généraliste, incompatible avec le financement de la prévention ; la suppression du libre accès au spécialiste ; le paiement des généralistes en fonction non seulement du nombre de patients qui l'ont choisi, mais aussi en fonction d'indicateurs opposables (et non purement incitatifs) de qualité des soins, mais aussi de résultats (comme en Grande-Bretagne, ou dans le système public américain des Vétérans) ; le plafonnement du nombre d'actes annuel par généraliste, l'obligation, pour ce dernier, de suivre une formation médicale continue validée et indépendante de l'industrie pharmaceutique, et l'impossibilité de contourner le système en acceptant d'être moins bien remboursé : c'est faute de les avoir instituées que l'ancien système du médecin référent de l'assurance-maladie a été un échec.
On est consterné de retrouver, sous la plume de MM. Le Pen et Vallancien, le cliché du « malade qui réclame des examens » : point n'est besoin d'avoir exercé, comme moi, la médecine pendant trente-deux ans pour connaître les efforts qu'il faut déployer pour convaincre un malade d'accepter une investigation complémentaire, un traitement à suivre régulièrement (50 % des hypertendus français ne le font pas), une hospitalisation, un arrêt de travail («à mon âge et avec la situation de mon entreprise, je préfère prendre le risque de mourir que de perdre mon emploi»).
Les franchises médicales, uniformes pour tous, et appelées à augmenter en fonction du déficit de l'assurance-maladie, font des soins des plus pauvres (ou, si Martin Hirsch arrive à les en faire dispenser, des « moins pauvres des plus pauvres », comme aux Etats-Unis) la seule variable d'ajustement des comptes : on laissera les médecins prescrire ce qu'ils veulent, on laissera l'industrie pharmaceutique contrôler leur formation médicale continue et développer un marketing d'enfer pour pousser aux prescriptions inutiles : responsabiliser les responsables est électoralement plus risqué que de s'attaquer à des individus isolés et à faibles revenus ; mais, de grâce, qu'on cesse alors d'évoquer la « santé publique », totalement oubliée dans ce choix exclusivement politique et qui est un véritable choix de classe sociale, car il ne
concernera pas ceux qui ont les moyens financiers de ne rien changer à leurs habitudes de consommation médicale: désormais, la médecine préventive sera réservée aux plus riches.
Publié par C2R à 21:22:30 dans Santé | Commentaires (0) | Permaliens
Lors de l'instauration de la franchise de 1 euro en 2004, le Conseil constitutionnel avait estimé qu'une somme aussi faible ne portait pas atteinte au droit à l'égalité des soins mais avait émis les plus expresses réserves au cas où cette somme viendrait à être augmentée : ce qui est bien le cas avec ce nouveau projet de franchises.
Chacun peut vérifier sur le site du Conseil constitutionnel la teneur de la décision n° 2004-504 DC du 12 août 2004, liée à la réforme Douste-Blazy instituant la franchise de 1 euro, dans laquelle on peut lire : "Considérant, en troisième lieu, que le montant de la majoration de la participation de l'assuré devra être fixé à un niveau tel que ne soient pas remises en cause les exigences du onzième alinéa du préambule de
http://www.lemonde.fr/web/article/0,1-0,36-937987,0.html
Publié par C2R à 19:41:27 dans Santé | Commentaires (0) | Permaliens
Après l'invocation des mânes de Jaurès et de Blum, en attendant, si cela ne suffisait pas, celles de Trotski et de Kim-Il-Sung, la dernière mode, à l'UMP, consiste à minimiser les différences entre son programme et celui de Ségolène Royal, sans aller toutefois jusqu'à en tirer la conséquence logique, qui consisterait à appeler à voter pour elle. Voyons ce qu'il en est dans un domaine qui intéresse au premier chef les Français, celui de la santé, insuffisamment évoqué dans cette campagne pour 80 % d'entre eux («le Monde» du 26.1.07): elle fait l'objet de 11 des 100 propositions de Ségolène Royal , et d'un mutisme total de Xavier Bertrand, porte-parole (si l'on peut dire) de Nicolas Sarkozy, sans doute parce qu'il est ministre de
Lire la suite :
http://www.liberation.fr/rebonds/election_presidentielle/236782.FR.php
[Merci à Nicole]
Publié par C2R à 18:28:23 dans Santé | Commentaires (0) | Permaliens
Elie Arié
Publié par C2R à 20:44:37 dans Santé | Commentaires (1) | Permaliens
Lire la suite : http://www.lemonde.fr/cgi-bin/ACHATS/acheter.cgi?offre=ARCHIVES&type_item=ART_ARCH_30J&objet_id=961219
Publié par C2R à 21:46:16 dans Santé | Commentaires (1) | Permaliens
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