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Cosmic Dancer

Noir sur blanc et versa vice

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Derniers mots du marin | 03 septembre 2006

Hydrographe - La tentation est grande, aux Antipodes.

J'envoie des lettres, des lettres mortes.
Hisse la voile, la terre me pèse !

La solitude du matelot est bien connue.
Sur les quais je saute à pieds joints
et fou d'odeurs tanguant par les ruelles sales je fabrique ton âme
aux hanches naines que je malaxe
sans surprise,
aux langoureux appels de cils
,
aux fortes rixes près des docks saurs
- je te potelle et te grandis.

Tu es le prétexte idéal au romanesque maritime,
aux remuements intempestifs de mes cavales.
Jamais de tes lèvres exquises ne naît la Phrase
et je ne sais de tes beaux iris allongés que l'amour vain
qui se penche et veut consoler
-
sensuel et suffisant.

Que naviguant je rêve de vol !
Que larguant les cordages humides
je dégringole au fond des eaux glabres portuaires
visqueuses ainsi que ton esprit étouffé par l'attente
e
t visionne en mon intérieur - vaste écran - ton âme.

Ton âme, ô mon amour...
Liquidité sauvage aux éclats bleuescents,
imperceptible chant au tympan des marins roulés par plus d'âme que d'âmes - la suprême
Vigueur Salée.

Ces flammes comme des chagrins disparus
entonnent à la nuit
la mélodie des passions mortes et bouffies de vers.

Le vert sofa où tu reposais nu
Et moi
baisant ta peau de points de bouche en points d'excès,
cherchant ton âme à enlacer je résolus de te la rendre
Où qu'elle se terre !
Détroits ! baies ! caps ! lourds hémisphères ! Je te l'envoie à ton insu - à mon avis
elle est de ma fabrication. Elle est plus - de mon intention.

Aucun retour de ma chair moite contre ta chair
Ta peau ne me transporte pas. La voile seule
Ta grande et légère rivale
La voile ! L'esprit que tu ne nourris pas
allongé nu sur le sofa où d'autres amants te raviront sans inquiéter l'amour
ce cœur frileux que tu retires avec tes bas.

Présomption saine sans égale de ton corps, disant Je Suis Tout, Aime-Moi !
Et moi qui le croyais. Et ce tour sitôt fait puis...
Ah ! L'âme garrottée dans les lames, chéri ! Que des visions !

Mais je t'en prie un peu
Mets ta tête de lapin pris au piège pour oublier mes désirs
Mais
Je t'en prie plus qu'un peu
Demeure encore vers moi lorsque je faiblirai.

Sur ton sofa imperturbable et incliné
C
'est d'une étrange odeur d'amour que je t'oindrai
Glissant souple sur ton visage
La reddition des ports et les rumeurs des quais.

Publié par Cosmic Dancer à 16:45:51 dans Une semaine érotique | Commentaires (5) |

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