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Cosmic Dancer

Noir sur blanc et versa vice

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Vie mode d'emploi | 07 août 2006

Rendu là, ouvrir grand la fenêtre. Prendre la vie dans ses mains, sentir son coeur qui palpite et penser à arroser les plantes. Puis la caresser tendrement, lui dire des mots qui la rassurent, comme T'en fais pas, t'en as vu d'autres, c'est encore une série de surprises qui se profilent à l'horizon, et belles, bien sûr, toujours belles, hein, toujours. L'embrasser fougueusement si elle tente de dire le contraire, boudeuse. Penser à se mettre un chapeau sur la tête pour ne pas la perdre car il ne fait pas très chaud, même si le ciel est bleu. Dire à la vie De quoi tu te plains, t'as pas vu qu'il est bleu, ce ciel ? Ne pas oublier de prévoir, dès que la température sera clémente, un farniente sur le balcon. Eteindre la radio qui serine que le farniente, y'en a de plus en plus qui le font, sans l'avoir choisi. Penser à regarder les plantes, elles aiment qu'on les regarde, sinon elles meurent. Ensuite, laver la vie précautionneusement, très très délicat. Lui parler en même temps, sinon elle ne comprendrait plus. Comme elle frissonne malgré le soin qu'on a mis à ne pas lui faire prendre froid, l'inviter à danser sur un air brésilien, mais tempo doux. La rassurer : l'eau, c'est la vie, c'est toi, j'te reconnais. Lui faire le coup du manège à moi, c'est toi. Penser aussi au bonheur des plantes, qui adorent la musique. Pour la sécher, la serrer contre soi, toute la nuit si possible. Ne jamais la repasser, comme pour les plantes, c'est une ineptie.

Publié par Cosmic Dancer à 15:46:35 dans Pirouettes et trémolos | Commentaires (5) |

Révolution | 04 août 2006



S'il y a une chose dont je suis sûre. Le
tout magique de l'étreinte.


La veille, dans la semi-clarté de la nuit tropicale, elle avait juste entendu son rire égrener une partie de volley-ball et contemplé l'ombre de sa silhouette féline. Allongée dans un hamac, elle l'avait deviné venir vers elle, souple sur le sable. Très vite, il fut convenu qu'elle serait là le lendemain, à l'heure précise où l'obscurité habille les pontons d'un mystère quasi effrayant. Marchant à sa rencontre, aveugle et sans repère, elle savait, mais ne savait pas comment. Il l'attendait, installé à une grande table devant un cahier ouvert, un stylo à la main. En silence, ils se sont servi du vin. Puis il a posé sa question : - Dis-moi ce qu'est l'amour pour toi. - C'est la révolution.

Révolution : XIIIe siècle, de revolutio, « retour du temps, cycle », et, comme terme d'astronomie, dérivé du latin revolvere, « ramener en arrière, imprimer un mouvement circulaire ». Le sens courant de « changement brusque et profond » se développe à partir du XVIe siècle. On notera aussi que le substantif anglais revolver, créé par son inventeur Samuel Colt en 1835, est également dérivé du latin revolvere.

Doit-on ici comprendre que la levrette et la sodomie sont la véritable essence du rapport amoureux ? Ou que celui-ci, dans l'addiction au bonheur qu'il est prompt à déclencher chez certains tempéraments passionnels totalement inconséquents et allumés comme la Gaby de Bashung, correspond à une régression, au sens où il déséquilibre toutes les constructions mentales, laborieuses, fastidieuses, patiemment mises au point pour passer son temps à jouir seul ou presque, en intégriste apeuré, plutôt qu'à souffrir d'un désir d'étreinte ? En tout cas, pas cons, les Beatles, lorsqu'ils chantent « Happiness is a warm gun ». Encore une allusion phallique.

Publié par Cosmic Dancer à 10:23:17 dans Pirouettes et trémolos | Commentaires (29) |

Il y a | 30 juillet 2006

 

Publié par Cosmic Dancer à 17:55:40 dans Pirouettes et trémolos | Commentaires (12) |

Science fiction | 30 juin 2006

"Ce que je veux dire, c'est... enfin... gardez-vous d'oublier que nous ne sommes que des créatures issues de la poussière. Oui, c'est peu comme encouragement, il faut bien se mettre ça dans la tête. Mais cela dit et compte tenu somme toute d'un mauvais départ, les choses pourraient être pires. Aussi je suis persuadé en ce qui me concerne que même dans une situation aussi pourrie nous saurons nous en tirer. Vous me saisissez ?"

D'où cet optimisme fracassant qui sautille sur les trottoirs parisiens, caressé par de belles rencontres, parenthèses enchantées et furtives. Tout le reste serait littérature s'ils n'existaient pas.

Publié par Cosmic Dancer à 17:04:39 dans Pirouettes et trémolos | Commentaires (7) |

A un passant | 22 juin 2006

Portugal, Coupe du monde de football 2006, 21 juin.

Les voyages, les voyageurs - il en est tant d'espèces !
Tant de nationalités dans le monde ! Tant de professions ! Tant de gens !
Tant de directions diverses qui se peuvent donner à la vie,
La vie, au bout du compte, au fond toujours, toujours la même !
Tant de visages singuliers ! Tous les visages sont singuliers
Et rien ne donne autant le sens du sacré que de beaucoup regarder les gens.

Voici qu'enfin la fraternité n'est plus une idée révolutionnaire.


Fernando Pessoa - Ode maritime - Editions Fata Morgana.

Publié par Cosmic Dancer à 15:33:30 dans Pirouettes et trémolos | Commentaires (7) |

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