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Cosmic Dancer

Noir sur blanc et versa vice

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Nostalgie Blues | 07 septembre 2007

C'est un peu étrange, quand on se dit merde à soi-même. J'en étais là, l'autre soir, à me demander rapidement pourquoi je n'étais par exemple plus capable de fumer sans mon fume-cigarette et pourquoi je pouvais renier, car je me fis cette promesse un jour de toujours et encore froisser et lancer dans la corbeille mes productions et celles des autres qui hantent une planète déjà bien engorgée, pourquoi je pouvais renier ainsi ce qui me constitue, nonobstant le fait que je n'ai jamais eu, il me semble, le bonheur de croire que j'étais constituée.

J'en étais là, un corps parmi des milliards d'autres avachi devant un clavier, car il faut tout de même reconnaître que, ouèbe ou non, la pratique assidue du clavier développe généralement mal les muscles dorsaux. Puis je parcourais la toile, mollement, autant par habitude que par désœuvrement. Là, je m'arrête, la qualité majeure du ouèbe est de refonder le rien, le vrai, le bon rien, celui qu'on connaissait dans la suavité de l'innocence, dans des prés ou des champs, même dans des boîtes de nuit que personne n'avait photographiées et où personne ne se faisait prendre, au propre et au figuré, par l'objectif. Une sorte de no-way-land, quoi. Des instants comme tous ceux qui avaient fondé les mémoires de tous ceux qui avaient vécu auparavant, dans l'abandon, dans le sens du devoir, dans l'humble discrétion familiale gorgée de tempêtes, fond de caisse de tous les psychanalystes.

Et je ne sais plus, ensuite.

Je me souvenais de souvenirs qui ne m'appartenaient pas et les tenais vibrants dans la paume, émue.

Publié par Cosmic Dancer à 20:47:17 dans Pirouettes et trémolos | Commentaires (1) |

Souviens-toi | 02 septembre 2007

T'étais penchée sur son visage et tes doigts de miraculée pianotaient vaguement sur son torse, endormi pâle, à jamais blanc, semblait poser tel un très jeune homme de marbre que le temps violerait outrageusement, ce disparu d'un rêve unique appris comme une leçon sage sur le bout des lèvres, le cœur immolé de petite fiancée extatique en marque-page, c'est un missel. Adagio, vibration des nerfs, ce gisant frappe à la petite porte qui s'entrouvre miraculeusement et le temps verdâtre l'emporte. Mains vides tu cours quand il repose comme un absent.

Publié par Cosmic Dancer à 19:24:31 dans Pirouettes et trémolos | Commentaires (3) |

Ich bin nicht kind | 01 septembre 2007



Je ne suis pas là pour être aimable.

En trébuchant sur le Trébuchet.

Me fais pas pleurer en me parlant de traumatismes.

Me conseille pas la lecture de Marc Lévy.

Je n'ai pas envie d'opiner.


En trébuchant sur le Trébuchet.


Publié par Cosmic Dancer à 19:33:27 dans Pirouettes et trémolos | Commentaires (22) |

Langage universel | 01 septembre 2007

Kikou, t'es trop pouétique, bisous, à moi, reviendu, ma mienne, merki, bonjour, gentil, mon cœur est sensible, pipe sexy, bon week-end, poutou, la mienne, c'est la rentrée, topine, reviendu, c'est trop vrai, merki, je suis restée jeune, sexy pipe, poutous, merki, mon cœur, bonjour, à moi, bon week-end, topine, trop vrai, kikou t'es trop pouétique, poutous, sensible, à moi, bisous, reviendu, merki, ma mienne, fais pipi dans ta culotte sale, topine, bonjour, piwend, trop jeune, xype, ma mienne, restée jeune, bon week-end, poutous, c'est la rentrée, merki, ceci est mon cul, sensible, topine, je suis, pouémienne, reviendu, à moi, bonpine, kikou, bisou, sexy, topoutou, mon cul, merki, mon cœur, t'es trop week-endique, merpine, mœursens, c'est la kikou, reviencœur, sepi, poupine, bonrée, kiend, week-ren, oh lala t'as de la belle dentelle, t'es trop birée, kijour, c'est la pouétique, kisou, birée, c'est la renweek.

Publié par Cosmic Dancer à 13:04:43 dans Pirouettes et trémolos | Commentaires (39) |

L'important | 25 août 2007

- Quand "l'important" est qu'il "en soit parlé", je n'ai plus qu'une ambition : celle de me taire.
- Non. Continue, continue...
- Je t'ai jamais raconté l'histoire de la bouche ? Non ? Je la trouvais idiote, l'histoire de la bouche qui se lève le matin, se contemple et se peint, travaille toute la journée à produire des sons à grandes convocations de muscles zygomatiques, s'échigne et s'esbigne et rentre enfin chez elle, se met nue devant le miroir, se frotte, se navre et se couche sans rien dire, honteuse d'avoir, par l'effet d'un sursaut d'espèce, perpétué ce bruit sans fin qu'interrompt le sourire du squelette. Certaine, pourtant, par saccades d'espérances, d'avoir atteint cet indicible que les écrivains pénibles nomment pataudement "page blanche" quand ce qu'ils nomment "la muse" s'en est allée ailleurs.
- Continue, continue...
- Tu peux pas imaginer ce que j'ai envie d'être pas bonne, pas gentille, et de dézinguer la plupart des choses que j'entends et de celles que je lis. Cette envie magistrale de devenir un plombier. Et sans papiers, en plus. Comme les deux jeunes mecs rencontrés dans le train entre Varsovie et Cracovie et qui me demandaient si c'était une bonne idée de venir travailler en France.
- Et alors ?
- Au moment où j'allais répondre, mon banquier m'a téléphoné.

Publié par Cosmic Dancer à 22:06:16 dans Pirouettes et trémolos | Commentaires (16) |

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