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Ainsi qu'il se révélera au fil des chapitres, Eric Zemmour aime autant la guerre des sexes que les ultra-féministes dont il se gausse, et à juste titre, lorsqu'elles considèrent le pénis, la bite, le zizi, la queue, le vit, le braquemard, la verge comme un instrument de pouvoir et de torture, et fustigent par là même l'ensemble de la gent masculine qui, s'il lui manquait cet attribut des plus plaisants, ne serait l'objet d'aucun de mes appétits, j'ai envie de le signaler. Je prétends qu'il aime la guerre des sexes, dans ce premier chapitre qui fait office d'introduction, et il en faut, lorsqu'il impute, dans le même temps qu'il la relativise quelques pages plus loin, aux "soixante-huitardes" la faute d'avoir élevé des mecs qui n'en sont plus.
Ah, qu'il est loin, le temps des hussards napoléoniens qui s'écriaient en rotant, au coude à coude dans une quelconque auberge, à l'instar d'un Chirac présenté comme une emblématique figure du vrai mâle : "A nos femmes, à nos chevaux, et à ceux qui les montent !" C'est qu'en effet Eric est un grand nostalgique de ces viriles épopées, de ces franches camaraderies entre bons soudards que servent d'accortes, si possible, playmates des temps jadis. Eric rêve d'étalons et de petits soldats de plomb à la bite bien dure, un dernier point dont je ne saurais lui faire le reproche.
Il accuse donc les "soixante-huitardes" d'avoir fourni une génération de verges molles, ces métrosexuels plus délicats que les précieuses ridicules que j'ai envie de passer au moulin à baffes quand je les croise. Or dans le même temps, il se doit de constater la défection des pères, et pourrait-on dire, du Père, figure du Verbe et de la Loi, ce en quoi je ne risque pas non plus de le contredire, étant entendu que ceux-ci ont été bien plus portés par les femmes que par les hommes pendant les siècles où ces derniers se souciaient comme de leur premier pipi de l'éducation de leur progéniture.
Ainsi, David Beckham représenterait ce masculin avili, imberbe, glabre, entré en féminisation par la disgrâce des femmes abandonnées. Il a cependant l'honnêteté d'ajouter rapidement que, comme je m'apprêtais à le lui faire mentalement remarquer, une partie du problème provient bien plus sûrement de l'âpreté au gain des firmes textiles et cosmétiques qui ont vu là un nouveau marché porteur, comme elles l'avaient fait quelques années plus tôt en créant le mythe de l'enfant roi, ce sale marmot à qui tout serait dû.
Chagrin, Eric déplore que ces piteux métrosexuels parfumés et sapés comme Louis XIV, qui connaissent l'art de la roucoulade culturante tel ce journaliste de France2 qui parle doucement et joue avec ses lunettes comme une icône de la psychanalyse et dont les choix et questions aux invités n'ont pour effet que me dégoûter un peu plus du théâtre des opérations des nourritures abstraites, et de m'endormir, ce qui est bien plus utile, que ces piteux métrosexuels, donc, sont les plus aptes à susciter l'envie du beau sexe. Mais comment désirer un magma androgyne se servant de sa queue comme d'un marque-page ? Ne sois pas triste, Eric, les femmes préfèrent les George Clooney.
(à suivre)
Publié par Cosmic Dancer à 18:33:07 dans Le Zemmour en zigzag | Commentaires (12) | Permaliens
Oui ?