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Publié par Cosmic Dancer à 23:23:47 dans Laser Jets | Commentaires (1) | Permaliens
Ce crâne malléable dont l'ossature te coule entre les doigts, poisseux et sanglant, c'est le tien. Le manteau de velours vert tréfonds qui couvrait tes chevilles et que tu décidas de revêtir jusqu'à ce qu'il ombre ton aine, c'est le même. Souviens-toi du regard des mourants et observe : tu y vas, de ton pas chantant, portée par le goût du silence, dédaignant cette enfance en toi dont tu accouches de jour en jour, terrorisée. Ce crâne en voie de calcification se dérobe au regard chaque jour que tu te tais, ce faisant avouant avec obstination ta grande froideur et cette lâcheté particulière qui consiste à tourner le dos à l'épuisante question morale - l'ombre même de ton âme gémit dès lors qu'en la nommant tu participes au crime, parfois maligne, parfois bêlant. Plains-toi ! Observe. Ce miracle de déchirure hoquète : manège infernal, l'Enfer de Bosch en boucle haletante, plastinations, lissage, péroraisons en vagues tuantes, vomis ce siècle et considère que les précédents exécraient et que ces précédents aimaient - on n'aime jamais que ce qui agace les veines, ces écarts électriques, dit-on. Que dire encore, ces simulacres adoptés dans le rejet même, tu leur ris nerveusement au nez, indifféremment morte, bavardant indifféremment. "Je suis sortie pas repassée, ce matin, pas eu le temps de défroisser mon âme" Aucun problème, l'invisible ne se voit pas, c'est sa force tautologique.
L'autre jour à la cantine, par exemple, le carré de dinde était invisible. Quand il a rebondi sur la cuisse du voisin de table parce que le pic à brochette le coinçait, l'homme a tout juste frémi sans oser tourner le regard. Faut dire, les probabilités étaient minables qu'il raconte le soir au dîner avoir été victime d'un attentat culinaire, encore que, à sa place, j'en aurais fait le fait divers de la journée, après tout, la terreur étant ce qu'elle est, autant la tenir à bout de langue.
Publié par Cosmic Dancer à 21:44:14 dans Laser Jets | Commentaires (0) | Permaliens
Publié par Cosmic Dancer à 07:24:23 dans Laser Jets | Commentaires (10) | Permaliens
Mon chat est un nombre primaire. La preuve : il a sept vies. Comme tous les nombres primaires, mon chat n’est divisible que par lui-même. La preuve : personne ne s’est jamais risqué à essayer de le couper en quatre. Comme tous les nombres primaires, il est impair : il n’a que trois pattes, ayant perdu la quatrième au cours d’un raid entre la boulangerie de la rue Saint-Jacques et la place de la Laiterie. Il est le résultat d’une addition de nombres primaires : évidemment! Un chat est un chat et les chats font des chats. Enfin, lorsque mon chat se reproduit, comme il est gris, comme tous les chats et comme ces jours neigeux dans leur étoffe d’hiver, il devient impossible de connaître le nombre exact de sa descendance sans émettre des hypothèses improbables nécessitant des super-calculateurs.
Mon chat s’en fout. En bon nombre primaire, il rend impossible toute tentative de formuler une règle qui permettrait de le situer dans l’espace-temps puisqu’il est le produit de la suite immémoriale des nombres primaires depuis l’origine des chats.
Nombreux sont les savants qui, penchés sur le cas de mon chat, ont mal fini, les pauvres. L’utilité de mon chat est cependant fondamentale : c’est un grand cryptographe, un cryptographe comme on en fait rarement étant donné là où on est rendus dans les calculs de suites de nombres primaires qui ont rendu les savants fous.
C’est Manoli qui me l’a dit, et en bon mathématicien il estime que mon chat n’est cependant pas tout à fait premier. Mon chat s’en fout, il n’a rien de concurrentiel et pour vivre heureux, vit caché. Quant à moi, je ne suis pas une reine du calcul. Manoli ne m’en tient pas rigueur, c’est l’essentiel.
Publié par Cosmic Dancer à 19:45:50 dans Laser Jets | Commentaires (10) | Permaliens
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Oui ?