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Cosmic Dancer

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Petit Dictionnaire à l'usage des femmes | 10 juillet 2007

Il manquait à nos lexicographes une référence incontournable, et à la gent féminine, si unanimement saluée pour la douceur de son faible sexe et son bon goût lorsque, consommatrice de revues et magazines pratiques, elle s'en tient à gloser sur ces choses concrètes de la vie délimitant son domaine de compétence : un dictionnaire des mots qu'elle emploiera à bon escient, si possible en faisant bonne figure. Y seront bannis les termes politiques, historiques et géographiques, ainsi que ceux issus du langage familier ou de l'argot.

J'en serai l'auteur, pardon, l'autrice, et la première utilisatrice. Car - je succombe à la prière de quelques internautes ne m'ayant pas connue - il est temps pour moi d'intégrer le monde réel, de prouver par mon vocable que si je ne suis pas un ange, je ne suis pas non plus un mec. Et de répondre adéquatement lorsqu'on m'insulte de manière récurrente : poliment et fémininement.

En ces temps de rééducation, c'est le moins que je puisse faire.

Publié par Cosmic Dancer à 14:58:12 dans Infos à peine pratiques | Commentaires (1) |

Saint Crétisme | 06 juillet 2007



Un peu de finesse dans un monde de brutes. Merci, Majesté (à qui sont ces pectoraux ?).

Publié par Cosmic Dancer à 13:14:53 dans Infos à peine pratiques | Commentaires (6) |

En friche | 18 juin 2007



FRICHE
, subst. fém.

A. AGRICULTURE.
1. Terre vierge ou (le plus souvent) laissée à l'abandon. Anton. défriche rem. s.v. défriché. Domaine vague que la culture dispute à la friche (VIDAL DE LA BL., Tabl. géogr. Fr., 1908, p. 118). (...) :

Elle fuyait comme une bête (...), prenait des raccourcis dans les friches et les landes incultes. Elle ne sentait pas la morsure des ronces qui faisaient saigner sa chair et, quand elle mettait le pied au creux des sillons, elle trébuchait et chancelait, comme une personne ivre. (MOSELLY, Terres lorr., 1907, p. 269).

2. Loc. adv. ou adj. En friche. En état d'inculture. Tomber en friche. La terre et l'homme avaient été également saignés. La moitié des maisons étaient closes, la plupart des champs en friche, faute d'habitants et de bras (PESQUIDOUX, Livre raison, 1925, p. 105).


Trésor de la langue française informatisé : Atilf.

Publié par Cosmic Dancer à 13:56:38 dans Infos à peine pratiques | Commentaires (12) |

Qu'est-ce qu'un bourgeois - Question à Nuclear | 13 juin 2007

Cher Nuclear,

J'aurais volontiers développé mes questions après m'être rafraîchi la mémoire aux sources de la terminologie économique, mais comme tu le sais, je n'en ai guère l'occasion ces temps-ci. Pourtant, ta question m'a vivement interpellée et c'est pourquoi je jette ici en vrac et en express les interrogations qu'elle a soulevées en moi, qui se résument à la question titre : qu'est-ce qu'un bourgeois ? Parce qu'au fond, toute l'analyse de Soral se base bien sur ce concept, non ?

- Alors, un bourgeois se définit-il par sa puissance économique, c'est-à-dire :
1) Sa propension à consommer (sans compter) ?
Auquel cas, un gagnant de loterie devient-il bourgeois quand il se précipite sur un aspirateur flambant neuf à peine le chèque encaissé ? Mais encore, les dealers le sont-ils qui collectionnent les BMW et les chaînes en or ? Et enfin, les familles nombreuses qui se goinfrent chaque mois de paquets de couches, de palettes de petits pots et de surgelés, en rêvant de s'offrir une Renault Espace (si la référence date quelque peu, ne pas m'en vouloir, je ne suis pas l'actualité automobile) ?
2) Sa faculté à thésauriser (en comptant) ?
Ces petits vieux qui ouvrent des comptes épargnes à leur descendance et les alimentent régulièrement pour leur offrir un petit pactole à la majorité - dilapidé entre un permis de conduire à Paris et quelques soirées bien potaches - transforment-ils leur chère continuité génétique en bourgeois ?
3) Son aisance à capitaliser ?
Les ouvriers ayant des parts dans leur entreprise s'embourgeoisent-ils ? Si le père a capitalisé en achetant un studio et que le fils sniffeur de coke bénéficie des rentrées d'argent du loyer dont la charge incombe au locataire, sont-ils des bourgeois ?

- Se définit-il par son environnement, autrement dit, existe-t-il une bourgeoisie secrète dans les barres HLM ?
Les névrosés ou traumatisés qui planquent encore leurs lingots dans le placard branlant d'une cuisine poisseuse sont-ils des bourgeois ? Le bougeocrate qui préfère vivre dans un appartement à loyer modéré et partir en voyage au bout du monde plutôt que s'acheter une humble demeure grâce à l'emprunt sur cinquante ans l'est-il ? Et s'il hérite d'une somme coquette et vend la ferme familiale qui sera vite transformée en chambre d'hôtes pour touristes verts ? ou utilise cette somme pour créer une boîte qui lui rapportera magistralement un smic mensuel quatre ans plus tard ? le devient-il ?

- Se reconnaît-il culturellement ?
1) A son ramage ?
Faut-il parler djeuns ou sms pour prouver qu'on appartient aux classes dites laborieuses ? A moins que le langage déconstructif ne soit plus d'actualité ?
2) A sa profession ?
Quel métier peut-on considérer comme bourgeois ? Le prof qui rame en se battant pour transmettre à ses élèves un bagage et un sens critique qui leur permettront de devenir des adultes sensés l'est-il ? Et celui qui se dit qu'il va enfin pouvoir quitter son HLM pour s'offrir sa ruine et la retaper ? A moins que le petit entrepreneur qui tient sa boîte comme un capitaine son gouvernail depuis vingt ans contre vents et marées ne le soit, compte tenu du fait qu'il "a des employés" ? Un peintre, un musicien, un comédien qui a galéré pendant quinze ans avant de gagner de grosses sommes à chaque tableau vendu, concert donné, disque enregistré ou film tourné est-il bourgeois ? Ou alors, ce serait l'apanage des professions libérales et des cadres supérieurs ? Comment ? Pourquoi ? Quelles professions ? Quels comportements ? (Faudrait-il les envoyer en camp de rééducation ?)
3) A sa bibliothèque ?
Si oui, et si elle est le signe d'une transmission de facilités sociétales et sociales, depuis quand ? Depuis que l'étudiant qu'il était, sans un rond, a trouvé un emploi fixe et s'est offert la bibliothèque idéale ? Depuis que l'enfant unique a hérité celle de ses géniteurs ?
4) A son plumage ?
C'est-à-dire aux règles supposées d'élégance dont, disons, cette pauvre bimbo blondasse sur-représentée dans tous les magazines, ou cette "première dame" si piteuse dans ses vêtements de marque seraient les représentantes, côté féminin ? A moins qu'il ne s'agisse des fanatiques du chiffon bio ?
5) A son héritage relationnel, qui lui facilitera sans conteste l'existence ? Sauf si le cercle relationnel en question ne brille que par son intelligence, sa joie de vivre, sa convivialité, sa créativité, son sens de l'humour, et non par sa propension à intégrer les sphères des malotrus du CAC40 ?

- Se trahit-il par ses traditions ?
Ainsi, en France, d'une certaine bourgeoisie catholique, par exemple ? Ou se repère-t-il au fait de voter à droite de père en fils ?
Ou de ceux qui procrastinent, s'offrant le luxe de remettre à jamais toute activité productrice de biens ou de sens, tels l'alcoolique stupéfait ravagé de la mémoire, l'écrivain hébété devant une page indéfiniment vierge, le érémiste écœuré qui ne trouve plus son désir dans la participation citoyenne à la productivité nationale ? A moins que l'on n'évoque là les nouveaux rentiers de la "jet-set", leurs yachts, villas mondiales, réseaux de pauvres filles mélanineuses et goût douteux ? Auquel cas l'hypothèse d'une identité bourgeoise se reconnaissant à ses valeurs (réactionnaires selon certains, post-humanistes ou nihilistes selon d'autres), à sa bibliothèque, à son ramage, sa profession et ses traditions ne s'applique pas à eux.

- Ou se devine-t-il à ses valeurs ?
Comme par exemple, celles qui consistent à prôner le mariage, réclamer le retour de la femme au foyer, interdire l'usage du préservatif, regretter l'âge d'or du patriarcat et conspuer l'ivg (en accusant les femmes d'avoir zigouillé le vrai sens de la vraie vie) ? Ou encore ne pas considérer la police et la gendarmerie, ni même l'armée, comme d'inutiles instruments oppressifs dont un salaud d'Etat dont on ne sait pas c'est qui abuse pour frustrer l'être humain dans son désir expressionnisant et existentialiste de vomir ses bières sur la place publique en caillassant les vitrines de ces traîtres de charcutiers et de ces perfides coiffeuses ? A moins que cela ne réfère au néo-tourisme, mais lequel ? Bunkérisation des millionnaires ou vacances étiquetées éthiques ?

Bref, existe-t-il une échelle culturello-économico-sociale à partir d'un certain degré de laquelle on entre en bourgeoisie comme d'autres se cassent un pied en descendant un escalier, rarement en phase ascensionnelle ?

Si tu imagines d'autres questions, ou si tu as des réponses sûres, merci de m'en faire part.

Salutations amicales.

Publié par Cosmic Dancer à 15:50:38 dans Infos à peine pratiques | Commentaires (7) |

Sondés profond ? | 04 juin 2007

Il est de ces jours où je regrette de travailler plus pour gagner pareil, parce qu'ils ne me laissent pas une heure de répit pour désentortiller certaines informations assez étonnantes. Ainsi, je constate à l'instant que, selon une dépêche AFP (ce jour, 18h09) et un sondage Paris-Match-Ifop, "67 % des Français approuveraient l'action de Nicolas Sarkozy".

Ça fait beaucoup, non, relativement aux résultats dans les urnes, vous ne trouvez pas ? Elu avec 53 % de votes exprimés, soit 19 millions de voix. Or 67 % des Français, ça fait plus de 42 millions de personnes...

Depuis trois semaines que notre président est en fonction, la France entière semble adhérer aux changements qu'il promet et à ceux qu'il met en place. Sauf certains membres de l'UMP, à en croire Marianne (19-25 mai), et qui ont eu entre les mains la note du rapporteur général Gilles Carrez sur la mise en œuvre du "travailler plus pour gagner plus".

J'ai constaté très rapidement également que les questions relatives à la liberté de la presse n'ont l'air de préoccuper personne, et qu'il suffit d'interroger sur le sujet pour se manger des sandwichs starkonovistes.

Par quelle bizarrerie soudaine cette accélération de l'histoire m'affecte-t-elle moi-même, au point qu'étourdie par le dynamisme de notre chef d'Etat et par mon désir de mon avenir, je ne parviens plus à comprendre ce qui se passe en France ? Ai-je manqué l'essentiel, c'est-à-dire une messe de ralliement absolu où un tiers de la population (les environ 20 millions susmentionnés de différentiel) auraient été baptisés en mon absence, heureux de leur conversion ?

Je précise que je pose de bien légères questions, et que je n'admettrai plus les anathèmes.

Addendum : Flash info : un sondage relaté par une dépêche AFP cinq minutes plus tard annonce cette fois que 76 % des Français jugent les débuts du quinquennat plutôt réussis. Ça va décidément trop vite pour moi, qui ai zyeuté au passage, sans retrouver le papier afférent, un titre selon lequel les ménages français seraient au beau fixe.

Mais dites, j'aurais raté le train de l'osmose ?

Publié par Cosmic Dancer à 18:42:21 dans Infos à peine pratiques | Commentaires (25) |

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