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Cosmic Dancer

Noir sur blanc et versa vice

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Relisant Peter Pan, l'intégrale | 31 août 2007

Ecrire sur l'enfant mort deviendrait à l'aune du 3e millénaire une spécialité féminine. En tant qu'"auteures" - par la volonté sectatrice de certaines plumes féministes ou journalistiques la pensée, l'écriture, l'âme se sont dotées d'un sexe, et d'aucuns acclament ce qu'ils considèrent comme un progrès quand l'esprit en a si peu, de sexe, lorsqu'il est accompli-, Marie Darrieussecq et Camille Laurens s'affrontent. Cette dernière accuse la première du néo-délit de "plagiat psychique". Pour ceux qui n'auraient pas perdu quelques minutes à s'amuser des termes du débat dans les pages "Lire" de Libé, Camille Laurens a écrit un Philippe en 1994, si mes souvenirs sont bons, après avoir perdu son fils à la naissance, confondant selon sa coutume la littérature et la vie. Celle qu'elle accuse de perfidie a œuvré sur un roman dont j'ai oublié le titre - Tom est mort, je crois - et narre sur un mode fictionnel les paroles d'une mère dix ans après la perte de son fils de quatre ans.

Perdre un enfant, quelles qu'en soient les circonstances, c'est sans doute aucun plonger dans l'enfer d'une déraison temporelle et dans l'horreur inconsolable s'insupporter, tenter de vivre comme si vivre n'avait perdu tout son sens. Quoi de plus inconcevable ? Peut-être des hommes et des femmes trouvent-ils quelque réconfort à lire les mots de chacune d'elles, tâchant par l'indicible infiniment nommé au fil des pages d'expulser hors de soi une part insurmontable du réel - affrontement sans issue, chagrin inexpugnable. Peut-être celles-ci ont-elles une vertu curative. Mais par pitié. Qu'elle fût vécue ou non, et dans les termes adoptés que je me permets de comparer, pour l'une et l'autre, à des pages magazines développées à outrance sur le mode chirurgical, quel sens la mort d'un enfant peut-elle prendre via ce traitement intime, lourdasse confidence, enjeu de proximité, quelle que soit la technique que l'on dit littéraire adoptée, traitement verbal monotone tel une litanie personnelle sans fin vocalisée, sujet central d'exploration interminable sur le mode du "je"-soi, du "je"-autre, quelle importance? Je pense aux romans de Sarah Vajda. L'enfant mort, tous les enfants morts, hantent ses pages. L'enfant mort absolu, Peter Pan, à jamais posté sur son île, vigie de l'absurde appelant au désir de vivre, pleinement, avec la virulence qu'accorde la part belle à l'imagination. L'enfant mort historique aussi, ce petit juif trahi par le zèle administratif. Celui, surtout, qui n'aurait pas dû naître au regard de l'histoire, comme elle, Sarah Vajda, qui explore toujours nerveusement et transcende, trop aiguisée sans doute pour l'époque. La traversant à la manière d'un spectre accusateur. Sans jamais s'y vautrer. Vive comme l'abeille - en voie de disparition. Evidemment : le même journal assure que tel jeune auteur allemand (je n'ai pas photocopié, désolée) n'a rien de réactionnaire (le prouve au sein même de son verbe, c'est fou cet amour de l'inventivité qui pousse à assurer qu'un auteur est patte blanche, fréquentable, lavé de tout néo-soupçon, pré-soupçon, infra-soupçon de réactionnisme parce que, je ne sais pas, il n'emploie pas certains mots proscrits, peut-être).

Nous sommes tous des enfants morts. Il me semble que la littérature ne saurait vivre en dehors de cet axiome, ni survivre à la loupe de débats maladifs écartelant cette toute première évidence.

Publié par Cosmic Dancer à 23:44:49 dans Infos à peine pratiques | Commentaires (10) |

Il ne nous aime pas, Il est méchant | 27 août 2007


(100 % naturelle, cette photo n'a nécessité aucune paire de lunettes - 100 % éthique, elle n'a maltraité aucune astygmate mal élevée - 100 % copyleft, elle réveille le Breton qui est en vous.)


C'est vrai, quoi ! Qu'est-ce que ce président qui ne déclare pas son amour à tous les Français, sans oublier les Bretons (dont certains mêmes s'affirment Breizhois et nullement Hexagonaux, faut dire que la Bretagne ressemble plus à un nez gascon humant la saine brise océane qu'à une figure géométrique), et attention à ceux dont on parle parce que la frontière est si ténue entre les Loire-Atlantiquais et les Vannetais que ça a décoiffé les Morbihanaises, donc il reste à délimiter les contours culturels de Son Odieuse Insensibilité, ce que je ne me sens personnellement pas appelée à faire car mon destin à moi est de me lever très tôt demain matin.

Un présidentiable, ça dit tout le temps "je vous aime", "vous êtes vraiment intéressants", "je compatis", "je vais créer une loi pour votre cas", "je ne vous oublie pas pour les vœux", "comment vont les quenottes ?", "je m'occupe de tout", "je vous borde mardi, lundi je suis de baby-sitting avec les syndicats", "on a bien digéré ?", "le câlin, c'est après le brossage de dents", "bisou, mon petit chapeau rond".

C'est affectueux comme une maman.

Ou comme une député de l'UMP qui nous aime, elle, nous, citoyens et citoyennes, dans les meetings, mais pas seulement, dans les réunions aussi, nous aime, donc, nous le signifie et nous rassure : elle sera toujours là, avec nous, près de nous.

Et pour en revenir aux Bretons, quitte à désoler une partie de mes ancêtres, ce qu'Il en pense à l'idée de gober de l'iode, les yeux noyés sur un radar alors que le moment s'y prête mal - faut comprendre, un présidentiable, c'est nerveux, c'est tendu par le sentiment d'une grande destinée qu'un écrivain nécessairement excellent s'emploie passionnément à écrire intelligemment à mesure qu'elle prend merveilleusement forme -, je m'en balance.

Publié par Cosmic Dancer à 20:56:21 dans Infos à peine pratiques | Commentaires (23) |

Vertus comparées du chien, de l'enfant et du fume-cigarette dans le domaine de la courtoisie | 27 août 2007


(Je ferai la même sans le flou quand j'aurai des lunettes d'astygmate hypermétrope divergente.)

Elles le disent toutes : rien de tel qu'un chien pour se faire aborder par n'importe quel amateur - ou feignant de l'être - du genre canin, au beau milieu de la rue.

Ils l'assurent tous : rien de tel qu'un enfant sur les bras pour se faire alpaguer par n'importe quelle mère en puissance cherchant désespérément un géniteur.

Moi je dis : le fume-cigarette, c'est mieux. Peu volumineux, ne pesant que quelques grammes, il ne réclame aucun soin particulier et ne risque ni d'aboyer ni de brailler quand une conversation s'engage où il peut enfin être question d'autre chose que des crottes de Chouchou et des dents de Juliette. Autrement dit, sous les meilleurs auspices, même quand la Grèce agonise dans les flammes des promoteurs mafieux qui peuvent aller mourir de honte avec leurs bétonnières ignominieuses car contrairement à Chouchou et Juliette, le fume-cigarette n'exige pas de déménager pour plus spacieux, moins pollué et mieux adapté à leur besoin de s'ébattre joyeusement dans la nature. Ni de partir en vacances exotiques en centres familiaux, voir si l'herbe est plus verte dans l'enceinte qu'alentour où les autochtones meurent carbonisés, ce qui est de très mauvais goût en pleine récup' de aire-têtée.

Publié par Cosmic Dancer à 15:19:44 dans Infos à peine pratiques | Commentaires (6) |

Promis et dû : l'objet du délit - Pour M1 | 27 août 2007



L'objet en question, oblong et de couleur ébène, affiche une longueur sans arrogance d'à peine 10 centimètres, et préfère taire son diamètre pour des raisons qui n'échapperont à personne, et surtout pas à deux aimables psychologues amateurs de pâtes fraîches et pour qui la suavité d'un fume-cigarette dans une main féminine, voire bien calé entre des dents comme serres, n'a plus de secret depuis que les raisons de l'attrait jadis mystérieux, voire mythique, qu'il exerce sur le genre humain depuis son invention et sa démocratisation, notamment entre les doigts de Marlene Dietrich, en furent discutées sur un bout de trottoir avant le 1er février 2008.

De facture classique, on le trouve à 15 euros chez le tabagiste du coin, muni d'un filtre à boules de je-ne-sais-quoi que l'on peut s'empresser de retirer, ou changer à convenance. La partie supérieure se désolidarise de l'inférieure grâce à un ingénieux système à vis orné d'une bague qui-fait-semblant-d'être-en-argent et qui permet de nettoyer l'ensemble avec une mine dégoûtée tellement c'est sale, ces trucs marron qu'on aurait mieux fait de planquer dans nos alvéoles pulmonaires. L'intérêt, c'est que ça empeste le tabac froid et que l'on retrouve donc le plaisir de l'odeur répugnante en mâchonnant le bout pincé qui marque très vite, s'ornant de petites traces de mordillement dès la première semaine. Sachant que ce filtre de plastique est livré sans protection, contrairement aux cigarettes nues serrées les unes contre les autres dans leur étui, et connaissant la facilité avec laquelle la poussière et autres invisibles ennemis de l'hygiène publique se livrent au phénomène électrostatique, allant se coller partout à la première occasion, la question se pose systématiquement de savoir où le ranger puis éventuellement où le poser. Qui, en effet, frémirait d'envie à l'idée d'emboucher un matériel dépositaire des signes d'humanité que tout bon chimiste traque dans les bols de cacahuètes des bars populo qui se respectent ? D'où mon interlocation face aux réactions vibrantes de désir charnel qu'éprouvent ceux qui le voient pendant que je fume, satisfaite de mon achat du trimestre parce que le noir, ça va avec tout, quand le blanc, c'est plus salissant.

Ma question concernant Majesté et Pascal est la suivante : quel rapport avec la théorie des cordes ?

Publié par Cosmic Dancer à 13:39:32 dans Infos à peine pratiques | Commentaires (19) |

Fini de jouer | 22 août 2007

Il a fallu attendre que nos enfants chéris risquent d'absorber de curieux petits aimants ou d'ingérer des traces de plomb pour que l'on s'offusque des conditions de travail dans lesquelles les ouvriers chinois, dont certains n'ont pas plus de 16 ans, fabriquent ces masses plastiques anthropomorphes que l'on déverse amoureusement sur la fraîche progéniture expérimentant la préhension et grâce auxquelles on s'espère dédouané de tout effort éducatif.

On regrette que les pierres précieuses ornant les bagues des coquettes et arrachées aux corridors des mines létales d'Afrique et d'Amérique latine soient si indigestes.

Publié par Cosmic Dancer à 10:56:23 dans Infos à peine pratiques | Commentaires (15) |

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