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Cosmic Dancer

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Manifeste pour une pensée libre | 07 juillet 2007

Ayant récemment été désignée comme "nouveau réac.", groupie d'Alain Finkielkraut - que je connais assez mal, mais que je vais me faire un plaisir de découvrir plus avant - et autres Yvan Roufiol - dont je n'apprécie ni le style ni les éditoriaux -, j'ai fait des fouilles internautiques, ai plongé dans la sphère Google, me suis vautrée dans quelques lectures me renvoyant à d'autres, et ai découvert ce "Manifeste pour une pensée libre" cosigné notamment par mon supposé gourou et par d'autres intellectuels dont ce cher Philippe Muray.

Oh, je dois confesser que j'admire Philippe Muray, et qu'un ami m'ayant récemment conseillé la lecture de Shmuel Trigano, je me suis dotée de son "Les Frontières d'Auschwitz".

J'avoue.

Je puis enfin être jugée sur mes lectures.

Voici la preuve que David Vincent attendait : "les réacs sont parmi nous".

Ecrit après le 21 avril 2002 (je n'ai pas trouvé mention de la date), ce joyau d'intelligence reste d'actualité. Et c'est très humblement que je remercie certains détracteurs de m'associer à une telle déclaration.



Manifeste pour une pensée libre

par Alain Finkielkraut, Marcel Gauchet, Pierre Manent, Philippe Muray, Pierre-André Taguieff, Shmuel Trigano et Paul Yonnet


Nous venons d'apprendre, par un livre de Daniel Lindenberg, très opportunément intitulé Le Rappel à l'ordre et publié sous les auspices de Pierre Rosanvallon, professeur au Collège de France, que nous sommes tous de fieffés réactionnaires - y a-t-il d'ailleurs des réactionnaires qui ne soient pas fieffés? - et que, charge supplémentaire, nous avons comploté pour préparer la catastrophe du 21 avril, c'est- à-dire la présence de Jean-Marie Le Pen au second tour.

Cette dénonciation ignominieuse, menée avec des moyens qui rappellent les plus beaux jours du stalinisme, s'est accompagnée d'une surprise: nous retrouver ainsi réunis par le même acte d'accusation. Nous nous pensions en effet différents, par nos approches, nos conclusions, et, entre nous, les débats, contradictions, polémiques et oppositions ne manquent pas.

Nous l'avouons cependant, nous avons bien un point commun, qui nous distingue radicalement des méthodes du «rappeleur à l'ordre»: nous sommes démocrates et, comme nous aimons et respectons la démocratie, nous savons qu'elle ne cesse de s'alimenter de sa critique, qui est au cœur de son fonctionnement. La démocratie vit de sa propre remise en question, c'est d'ailleurs le critère décisif qui la différencie du totalitarisme. Nous chérissons aussi assez l'individualisme pour ne pas le concevoir comme la célébration d'une collection de clones au garde-à-vous.

Mais, si nous sommes ainsi «rappelés à l'ordre», c'est parce que nous lie un autre complot, insupportable aux idéologues: contrairement à eux, nous voulons discuter à partir de la réalité. Et discuter de la réalité. Car Le Rappel à l'ordre innove: il s'en prend aux détracteurs de l'état des choses, et non à ses partisans! Son titre est un programme: il rappelle à l'ordre les geignards, les grincheux, les mécontents, les inquiets. Tous ceux à qui l'on n'a pas su faire aimer l'an 2000 et qui souffrent du monde tel qu'il va. Dénonçant un nouvel axe du mal, c'est le conformisme qui, cette fois-ci, fait le procès de l'anticonformisme pour exorciser la réflexion et les débats qui s'imposent.

Oui, nous pensons qu'il faut analyser et discuter les insatisfactions ressenties par beaucoup de Français, qui n'ont que le suffrage universel pour les exprimer. Oui, nous nous inquiétons de l'indifférence croissante des élites abandonnant le peuple à son sort - insécurité publique et sociale - pour mieux condamner les formes que prend son désarroi. Oui, nous pensons que la promotion soixante-huitarde de la jeunesse au rang de valeur suprême est un mauvais service à lui rendre. Oui, nous refusons de voir l'école de la République abandonner les plus démunis et les enfermer dans leur condition en abjurant la culture générale et les savoirs. Oui, nous déplorons la dépolitisation des hommes encouragée par un discours des droits de l'homme enchanté de lui-même, sourd à toute idée de dette, d'obligation et de responsabilité pour le monde et qui évite de penser la géopolitique et les rapports sociaux. Oui, nous pensons que l'abandon progressif du modèle français d'intégration, fait d'exigences et de générosité, est une erreur dont les populations issues de l'immigration sont les premières victimes. Oui, nous redoutons, face à certaines prétentions islamiques, la naïveté de ceux qui dénoncent par ailleurs le retour de l'ordre moral derrière toutes interrogations sur l'omniprésence de la pornographie, tout en traitant d' «islamophobe» ceux qui critiquent la misogynie de l'intégrisme religieux musulman. Oui, nous craignons l'abandon des principes de la laïcité, dépréciés parce que leurs bienfaits pacificateurs ont fini par paraître évidents. Oui, nous osons parler d'antisémitisme ou de judéophobie quand des synagogues flambent dans le silence.

Mais, pour certains, la vérité semble insupportable. C'est pourquoi ils s'efforcent d'abord de la nier, comme l'a reconnu récemment le médiateur du Monde: «Pendant des années, Le Monde a donné l'impression de cacher une partie de la réalité pour ne pas alimenter le racisme.» Et puis, quand la réalité ne peut vraiment plus être niée, on passe au plan B: on la décrète «réactionnaire» et, avec elle, ceux qui s'en préoccupent.


De nouveaux terribles simplificateurs prennent la relève et déboulent, revolver au poing

L'effet de sidération du 21 avril, loin de les inciter à ouvrir les yeux, pousse donc une fois de plus les propagandistes du «Tout va bien» désavoués par le suffrage universel à un vieux réflexe: dénoncer les messagers de l'inquiétude. Cette chasse aux sorcières substitue la vaine agitation dénonciatrice à la difficile réflexion sur les fondements et les finalités de l'action politique dans le monde d'aujourd'hui. Attitude typique du refus de penser dont on a déjà vu les effets chez les hommes politiques. Ceux qui pensent que l'état présent de la démocratie mérite un débat peuvent avoir des vues d'avenir très différentes. Certains peuvent penser que la démocratie doit être bornée par la considération de réalités anthropologiques intransgressibles. D'autres qu'elle a besoin d'un idéal positif, d'un horizon historique nouveau. Ou la croire vouée à un éternel questionnement. Mais ils trouveraient tous absurde que, tout en se réclamant d'elle, l'on préconise un sommeil dogmatique qui lui serait fatal.

Le retour tonitruant de la catégorie de «réac» signifie que la parenthèse antitotalitaire se ferme. Croyant pouvoir faire l'économie d'une analyse de l'échec de Lionel Jospin, des militants de la bien-pensance satisfaite veulent militariser la vie de l'esprit et retrouver la chaude médiocrité de l'antifascisme stalinien et de ses mensonges. Après la guerre, rappelle François Furet dans Le Passé d'une illusion, «les communistes n'ont cessé de militer sous ce drapeau, de préférence à tout autre. Ils n'ont jamais voulu d'autre territoire à leur action que cet espace à deux dimensions ou plutôt à deux pôles, dont l'un est figuré par les “fascistes”, l'autre par eux-mêmes.» Le communisme est mort. Mais à peine a-t-on eu le temps de prendre acte de cette disparition que de nouveaux terribles simplificateurs prennent la relève et déboulent, revolver au poing, dans la vie intellectuelle pour nous marquer au fer rouge du «Ni droite ni gauche» des années 1930, c'est-à-dire, pour être clair, du fascisme français. Cette tentative de fascisation de l'inquiétude et de la pensée libre est dérisoire et monstrueuse. Nous nous honorons d'en être la cible.

Publié par Cosmic Dancer à 15:54:30 dans Il n'y a pas que la littérature dans la vie | Commentaires (0) |

"Souchiens" et "collabeurs" - Les islamogauchistes à l'ouvrage | 02 juillet 2007

Depuis sa nomination comme secrétaire d'Etat chargée de la politique de la Ville au sein du gouvernement Sarkozy, Fadela Amara, initiatrice du mouvement "Ni Putes Ni Soumises", si elle déçoit des personnalités de gauche en acceptant de travailler avec Christine Boutin, se retrouve également villipendée pour des raisons bien plus obscures : une racialisation des combats sociaux prônée par les Indigènes de la République, mouvement d'extrême-gauche qui cache une idéologie dangereuse et promeut, dans le même temps, ce racisme que l'on n'aime pas évoquer, et que d'aucuns ont osé qualifier d'"anti-blanc", donnant par là même du grain à moudre à l'extrême-droite.

La nomination de Fadela Amara au sein du gouvernement soulève deux types de critiques, dont l'une me semble justifiée qui reproche à l'égérie de Ni Putes Ni Soumises de trahir la gauche en lutte contre les attaques anti-laïques et anti-féministes, en ce qu'elle est dorénavant amenée à travailler en compagnie de Christine Boutin. Elle ne diffère pas, en cela, des reproches adressés à Eric Besson, Bernard Kouchner, et tous ceux qui, tout en affirmant demeurer socialistes, ont intégré la vision sarkozienne du pragmatisme républicain.

L'autre éreintement de Fadela Amara me semble bien plus douteux, qui consiste d'une part à l'accuser d'avoir "stigmatisé" (le mot est décidément en vogue) les populations masculines des "banlieues" ou "quartiers populaires" (je vais devoir réviser mon dictionnaire des termes politiquement corrects et me renseigner sur ce qui est prononçable ou non aujourd'hui pour désigner les ensembles architecturaux péri-urbains aux environs des grandes métropoles françaises). Autrement dit à l'accuser de sexisme inversé.

Interdits d'intégration par ceux qui prétendent la défendre


Mais ce n'est pas tout. Fadela Amara se retrouve également, sous les vibrations assourdissantes des cordes vocales de Houria Boutelja, fondatrice du mouvement des Indigènes de la République, non seulement coupable d'islamophobie* (quel succès également pour ce néologisme, dont on doit l'enrichissement de notre lexique à des islamistes radicaux) et de racisme*, car elle aurait insulté "les gens de (sa) communauté d'origine".

Fadela Amara serait donc une "traître à sa race" (expression commune employée en langage familier pour insulter les personnes issues de l'immigration principalement maghrébine et qui n'intentent aucun procès aux valeurs de la République). L'une de ces personnes dont, à la suite de Marc-Edouard Nabe, islamo-gauchiste notoire et écrivaillon s'autodéfinissant comme raté, ces identitaires d'un autre type que ceux d'extrême-droite dont ils sont à priori les ennemis idéologiques mais avec qui ils partagent le repli essentialiste et le discours raciste et haineux affirment au fond qu'ils sont des "collabeurs". Pour ceux qui n'oseraient comprendre l'horreur du concept, ce court mais édifiant extrait :

"J'en veux à ces «Arabes» français (c'est «Arabes» qu'il faut mettre entre guillemets, pas «français» !) qui pourraient ouvrir leur gueule et qui la ferment. Plus ces lâches, colonisés dans l'âme au point de se laisser traiter de «beurs», sont connus, plus ils se taisent. Ils écoutent sans sourciller — et quelquefois sans moustacher – leurs patrons répéter que les attentats en Irak et en Palestine sont inspirés par la haine reli­gieuse pour l'Occident, que ce sont les Musulmans d'abord qui en font les frais et en particulier les femmes, et autres conneries démagocratiques... Les Arabes intégrés sont des esclaves volontaires qui participent à l'entreprise industrielle de désislamisation généralisée. Moins de Coran et repli identi­taire sur des traditions injustifiées. Voilà pourquoi je les appelle désormais des Collabeurs. Les Arabes, les Français ne les emploient que pour dire du mal de leurs frères. C'est le seul boulot au fond qu'on daigne leur trouver. Faire de la propagande contre les Musulmans. Chacun à son niveau y va de sa petite désolidarisation. Avant, on exploitait les Arabes en leur mettant un marteau-piqueur entre les mains pour qu'ils défoncent la chaussée. Maintenant, ils doivent eux-mêmes être les marteaux-piqueurs qui défoncent l'islam véritable. C'est toujours de la main-d'oeuvre, ni plus ni moins. Quel que soit le statut social auquel on fait semblant de le laisser accéder, l'Arabe le plus lettré, le plus professoral, le plus universitaire, se retrouve au service du Laïc."

Autrement dit, toute "personne issue de l'immigration" se considérant comme Française et intégrée à la société trahit sa cause et n'est au fond que l'esclave des Hexagonaux dont l'arbre généalogique, je suppose, prouve qu'ils vivent sur le territoire depuis des temps immémoriaux.

Ils représentent donc des traîtres à la lutte qu'entend conduire Houria Boutelja lorsqu'elle estime que, instrumentalisés par Nicolas Sarkozy, ils neutralisent "les mouvements issus de l'immigration" qu'elle ose tenter de comparer à des mouvements sociaux quand il ne s'agit que de revendiquer un victimisme et des particularismes communautaristes, sous couvert d'intentions politiques "de gauche".

Que l'on se rassure, cependant, la soupe hargneuse vaut pour tous ceux qui ne ressemblent pas, d'une manière ou d'une autre, à la demoiselle. Lors de l'excellente émission de Frédéric Taddéï Ce soir ou jamais du 21 juin dernier, elle a pu prononcer sans soulever la moindre interrogation, le doux néologisme de "souchiens" : "(...) les privilèges de la société occidentale, de ce qu'on appelle, nous, les souchiens, parce qu'il faut bien leur donner un nom, les Blancs".

Trop habile pour être honnête, Houria Boutelia n'ignore sans doute pas qu'à l'oral il est impossible de faire la distinction entre "souchiens" (un terme suffisamment éloquent en soi) - ces, je suppose, "Français de souche" que seule la droite populiste ou extrême qualifie de tels - et "sous-chiens" - c'est-à-dire "moins que chiens", ce qui réfère forcément à ces "chiens de mécréants", elle qui affectionne le terme de "sous-citoyens", désignant par là les populations issues de l'immigration, etc.

Rien d'étonnant, cela dit, lorsque l'on découvre que la jeune femme en question affirme sans sourciller que, depuis la naissance du mouvement suite au fameux Appel, celui-ci a rencontré "un succès phénoménal, tout simplement parce qu'on a décidé d'avoir un discours radical en rupture avec les catégories (sic) qu'on nous impose, c'est-à-dire la République, la laïcité, l'universalisme français, etc. (re-sic)".

A propos de "catégories imposées", que doit-on penser de cette posture selon laquelle tous les "Noirs" (à partir de quel pourcentage de mélanine ?) et "Maghrébins" de France seraient d'une part forcément musulmans (puisque Fadela Amara serait "islamophobe"), et d'autre part forcément unis dans les délices d'un islam dont la cohésion uniciste (l'oumma) est de l'ordre du mythe ?

* "C'est quand même extraordinaire, il y a une promotion à l'islamophobie et au racisme. Les gens qui sont issus de l'immigration et qui crachent littéralement sur leur communauté d'origine sont promus."

Publié par Cosmic Dancer à 18:09:57 dans Il n'y a pas que la littérature dans la vie | Commentaires (3) |

"Islam" : cachez ce mot que je ne saurais dire | 28 juin 2007

La pratique est tellement courante qu'elle ne semble plus choquer grand-monde, qui consiste à pointer un doigt accusateur sur toute critique de l'islam, en opérant l'équation selon laquelle ne pas adhérer aux préceptes de cette religion serait stigmatiser ses croyants, et être raciste anti-maghrébin.

Il semble donc urgent de rappeler quelques évidences en guise d'amuse-bouche, parmi lesquelles : l'islam n'étant pas un groupe humain ethnique, on ne peut racialiser la question ; sans oublier que le premier pays musulman au monde est l'Indonésie.


Tristesse et stupéfaction

Pour tout dire, je suis lassée de la vindicte systématique à laquelle je suis régulièrement confrontée dès lors que, par exemple, j'évoque ces musulmanes dissidentes condamnées à mort et à vivre en exil que sont notamment Ayaan Irsi Ali ou Talisma Nasreen, considérées comme d'abominables renégates ayant trahi les leurs, pour la simple raison qu'elles dénoncent les dérives de l'islam.

Il en est de même pour ce qui concerne Fadela Amara, Caroline Fourest ou encore Anne-Marie Delcambre qui, quels que soient leurs combats, leurs désaccords même entre elles, et quels que soient les reproches qu'on peut leur adresser, sont largement considérées comme des va-t-en-guerre xénophobes et d'insupportables provocatrices. Cependant toujours et étrangement largement plus critiquables qu'un prédicateur salafiste comme, par exemple, Youssef al-Qaradawi ou que la Charte du Hamas.

Par un étrange jeu d'inversion, ceux-là mêmes qui condamnent ces plumes brillantes prenant fait et cause pour les femmes et contre la barbarie des intégristes se gardent bien de dénoncer les fondamentalistes religieux et les groupuscules terroristes islamistes commettant chaque jour des crimes innommables.

Tout au mieux me rétorque-t-on que les Etats-Unis, Israël et plus généralement l'Occident en sont responsables. Voire que l'Occident même a radicalisé l'islam. Un discours qu'affectionne toute une partie de la gauche et de l'extrême-gauche française (ainsi qu'une part de l'extrême-droite) en mal de nouveaux damnés de la terre. N'adhérez pas à ce point de vue, vous êtes un affreux "sioniste", un "bushiste" assoiffé de pétro-dollars, un "sarkozyste" manipulateur, un "fasciste" en puissance.

Mais vous devez supporter le plus stoïquement du monde ces aimables allégations, sous peine de heurter les sensibilités.


"Quand t'es dans le désert depuis trop longtemps"

Fort heureusement, quelques musulmans n'ayant pas même apostasié - ces derniers étaient voués aux gémonies et n'ayant aucune chance de se faire entendre - ont le courage - et il en faut - de s'élever contre ces théories, appelant l'islam à faire son aggiornamento et à juger ses propres turpitudes. Voir Mohamed Pascal Hilout, Mohamed Sifaoui ou Abdelwahab Meddeb.

Leurs voix semblent pourtant se perdre dans le désert des barbares qui, s'accrochant avec rage à la pureté et à la bonté de leur religion dont il est hors de question d'interroger et/ou de critiquer le corpus, dont ils ont la plupart du temps une méconnaissance absolue, réfutent jusqu'au fait que les premières et les plus nombreuses victimes des exactions des terroristes islamistes sont... les musulmans eux-mêmes.

Malheureusement, en faire état appelle tous les griefs et déclenche toutes les foudres. Ainsi, être horrifié par le sort des victimes algériennes (FIS, GIA, GRPC), marocaines (cellules proches d'Al-Qaïda), palestiniennes (Fatah, Hamas), irakiennes (chiites contre sunnites), iraniennes, afghanes (talibans contre gouvernement), somaliennes, libanaises (Hezbollah), c'est être soupçonné de s'émouvoir hypocritement dans le seul but de "critiquer l'islam". Etre soupçonné de dissimuler une pensée nauséabonde assimilant chaque musulman à un terroriste en puissance.

Quant à dénoncer le sort réservé aux femmes dans les républiques islamiques, voire en Europe, on n'a pas même fini sa phrase que les accusations pleuvent et comptabilisent les victimes des violences conjugales ou les aberrations sexistes des évangélistes, des juifs orthodoxes ou des chrétiens traditionnalistes dans l'espoir de démontrer qu'une équivalence existe entre celles-ci et celles qui érigent en loi commune, tacite ou non, l'excision, le mariage forcé, la lapidation et les crimes d'honneur.

Le pas, enfin, est toujours allègrement franchi pour, une fois les présentations faites, sommer l'interlocuteur de retirer son masque : en effet, critiquer l'islam équivaudrait également à être un faux laïc et un vrai raciste usant de sa liberté d'expression pour stigmatiser l'Oumma.

Un argument très en vogue aujourd'hui et auquel succombent malheureusement nombre de nos concitoyens musulmans ou non, dont on espère pourtant toujours qu'ils se rangeront au côté de ceux qui les appellent pour que cesse la folie islamiste.

Publié par Cosmic Dancer à 16:07:24 dans Il n'y a pas que la littérature dans la vie | Commentaires (5) |

Crimes pro-vie, le silence de la mère | 14 juin 2007

"Pro-vie", l'expression prêterait à sourire si elle n'affirmait pas, et si péremptoirement, le contraire de ce qu'elle prétend défendre : une vie. Oui, en 2007 la loi Veil, qui autorise sans les y contraindre (clause de conscience) les praticiens à interrompre une grossesse non désirée, est vivement critiquée par des détracteurs de plus en plus nombreux - signe des temps - et de plus en plus jeunes.

Quelle jeunesse ignorante des douleurs d'une jeune fille ou d'une mère que des raisons multiples conduisent à cet acte jamais anodin. Quelle jeunesse imbécile, persuadée que "ça n'arrive qu'aux autres". Quelle jeunesse moralisatrice, dont la grandeur d'âme se borne à accuser une femme et préférerait qu'elle meure d'avorter à l'ancienne, comme au bon vieux temps des tricoteuses, vidée de son sang jour après jour ou infectée de puanteurs, plutôt que de sauver une vie qui, quoi qu'il en soit, reste profondément traumatisée. Quelle jeunesse arrogante et inquisitrice jugeant le sexe des femmes du haut du bout de son nez fouineur.

Les beaux arguments que voilà. "Depuis trente ans, le nombre d'IVG n'a pas diminué". De fait, il s'est stabilisé à 200 000 chaque année. Etant donné la croissance démographique, on pourrait leur répondre que c'est plutôt bon signe. On pourrait ajouter que leurs prédictions de jadis, selon lesquelles une flambée d'avortements, conséquences de la loi, videraient la France de ses poussettes, étaient craintes infondées. "Les femmes confondent ça avec la contraception". Ne leur en déplaise, deux tiers des ivg résultent d'un échec contraceptif lié à un manque d'information.

Mais j'oubliais, la contraception aussi est antinaturelle, non biblique, diabolique. "Croissez et multipliez", qu'ils disaient.

Publié par Cosmic Dancer à 21:58:51 dans Il n'y a pas que la littérature dans la vie | Commentaires (34) |

Ce voile qui fait toujours débat | 10 juin 2007


© Annie Puybareau - Femmes à Tinghir, huile sur toile.


Au prétexte que le roi d'Assyrie Teglat Phalazar 1er, douze siècles avant notre ère, a légiféré sur l'obligation du port du voile par les femmes respectables afin de les distinguer des prostituées. Au prétexte que Paul de Tharse écrit dans l'épître aux Corinthiens que "l'homme, lui, ne doit pas se voiler la tête" car "il est l'image et la gloire de Dieu, mais la femme est la gloire de l'homme", que "l'homme n'a pas été créé pour la femme, mais la femme pour l'homme" et que c'est la raison pour laquelle "la femme doit porter sur la tête la marque de sa dépendance" - un argument dont se délectent les islamistes. Au prétexte que les bédouines exaltaient seins nus leurs guerriers dans l'Arabie préislamique païenne. Au prétexte que certaines femmes juives portent perruque sur leur crâne rasé et que les religieuses couvrent leur tête. Au prétexte donc que l'Islam n'en serait ni l'instigateur ni l'unique défenseur.

Au prétexte donc qu'à l'origine, Dieu créait l'homme avant la femme. Au prétexte donc qu'à l'origine, le voile distinguait la femme morale de la prostituée ou de l'incroyante. Au prétexte donc que dans l'histoire et la géographie, il fut longtemps considéré comme naturel que les femmes dérobent leur chevelure aux regards concupiscents.

Au prétexte qu'il ne serait aucunement un signe distinctif établissant une frontière entre hommes et femmes et marquant une différence essentielle entre les femmes elles-mêmes, mais relèverait d'un choix personnel effectué en toute conscience et liberté de conscience. Pour signifier une allégeance purement spirituelle à son dieu. Pour signifier que l'on valorise l'esprit plutôt que le corps dans ses relations à l'autre sexe. Pour indiquer clairement les valeurs adoptées et défendues. Pour s'affirmer musulmane avant tout. C'est-à-dire au prétexte qu'il serait au fond religieux.

Au prétexte qu'il ne porterait pas atteinte au principe républicain d'indistinction selon le sexe en ce qu'il favoriserait le féminin suprême sous la chape apparente. Au prétexte qu'il signifierait non une allégeance à l'homme, mais une distance vertueuse. Au prétexte qu'il équivaudrait au bibi, au cheveu teint, voire au piercing, c'est-à-dire au prétexte qu'il serait fond laïque.

Au prétexte qu'un voile n'a jamais empêché quiconque de s'instruire, de penser et de travailler, de jouir d'un clitoris, de choisir son époux et même d'en divorcer. Voire de s'attifer de dessous chics à l'élu réservés.

Au prétexte que le combattre serait faire preuve d'ignorance, d'intolérance, d'irrespect, voire de racisme. Ou plus simplement d'un féminisme caricatural ridiculement intransigeant. Ou d'un laïcisme dépassé.

Que celles qui le refusent le paient de leur vie dans les républiques islamiques est un détail fâcheux qu'il est déplacé d'évoquer. Au risque de faire de dangereux amalgames et de stigmatiser une frange de la population. Que l'on considérera selon les cas comme "pauvre", "victime" ou au contraire légitimement "fière de son identité" et de "sa différence". Défense et illustration de la fémino-islamité.

Publié par Cosmic Dancer à 16:43:29 dans Il n'y a pas que la littérature dans la vie | Commentaires (0) |

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