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Cosmic Dancer

Noir sur blanc et versa vice

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Bande de chats du Sheshire | 16 mars 2007

"Je suis dans la merde et je vous emmerde", au fond de la cave tonitruante, des petits mecs réclamaient du r'n'b et moi comme à l'accoutumée totalement inaimable je me permettais de leur dire que ce n'est pas de la musique, je me souvenais de quelques clips entraperçus dans un salon où des gamins bercés depuis l'enfance par les rengaines de MTV avortaient de mots inaudibles. Ces regards effarés d'une génération coite, élevée au creux des rangs d'antennes paraboliques, presque sourds si n'était la tendresse absolue de leur mère, force de la nature qui défie l'audimat quand la solution la plus simple serait de balancer le poste hors temps, comme si la stratosphère incidemment complice allait l'éructer dans le non-être.

C'est une techno virile que décida en toute conscience cet aimant entre tous, comptant au nombre de ses qualités une gentillesse quasi christique, et comme l'homme nu fils du souffle sans fin tonitrue et s'impose au Berbère aux yeux bleus qui me demandait de lui confirmer qu'il est beau gosse, qui s'installait l'haleine tuante à mon côté, élue entre toutes une fois de plus pour supporter ses confidences d'ex-taulard hurlées au bord de mon tympan, les amis veillant du coin de l'œil, et moi telle encore cette foutue sainte lui offrant des clopes que je n'ai pas, pesamment me déchirant l'oreille - pourquoi accepter ce labour -, m'entendre lui répondre doctement, l'appareillage vocal réglé en mode automatique, que récidiver du recel c'est vraiment nul à chier, qu'as-tu fait de ton âme, regarde-toi, tu prétends me parler mais ton oreille gauche disparaît sous l'excroissance technologique monstrueuse qui t'a coûté des mois de peine, tandis que tu accroches fièrement ce mobile à tes doigts et que tu essaies en vain d'attirer mon attention sur cet avatar de ton sexe, tu balaies d'un revers de main les espoirs dont tu sens que je ne les honorerai pas, et j'en appelle à mon chevalier qui s'apprêtait à me secourir, mort de rire, bien plus tolérant que je ne le suis. - Regarde ces essaims de fraîches jeunes filles, et ces types me choisissent toujours moi, qui suis une vieille dame née sans âge. - Ne leur reproche pas leur bon goût, répond-il, et je me tais.

D'un regard qui étreint les fêtards associés je les caresse de loin, dévastée de tendresse, quand l'ange Younmi en robe fleur rouge me présente son amie imprononçable et que nous nommerons Ho. Et je te considère encore, maître de nos soirées vaillantes, émue à flots de contempler en un silence qui s'ajoute aux silences ton visage valeureux, sourire heureux oscillant non exactement entre une ironie impossible et un appétit fou, manifeste d'amour, ces années à m'interroger sur ton cas, illustre emmerdeuse questionnante - Comme nous avions raison en ce dimanche tout de lumière d'insister pour que tu délaisses ton travail et nous rejoignes, partons ensemble, tous quatre, les retrouver, tous deux, débordons de douceur comme le fleuve où le ciel ne connaît plus son nom, légers et gourmands et pleins de noix.

Non, promis, je ne m'agacerai pas quand les petits mecs reviendront me voir pour me demander "ce que j'ai pris", inaptes pour lors à concevoir qu'un organisme féminin de type sapiens opposant à l'apathie sage de tout timide début de soirée l'un de ses mouvements persistants puisse nourrir sa furie de rien qui soit chimique, rien qui soit fumigène. Younmi et moi adaptons un disco progressif à des gestes de danse coréenne, ses yeux barques asiatiques en eaux noires brillent de plaisir et de malice - et les petits mecs interloqués deviennent alors tout sympathiques. Une diode gaie détend l'atmosphère, la formule en est dyonisiaque et je jure qu'elle est sans frontière car Magda me sourit bleu dans les yeux de Younmi et les voûtes maçonnées m'entraînent à Varsovie où par un autre soir et dans une autre langue nous étions même sillage.

Et tandis que je cesse un instant de danser le gosier assoiffé de punch, avide de les embrasser tous parce que je l'aime lui, au-delà de toute raison pensable, et que je n'en choisirai en conséquence aucun, absurde, folle à lier, la langue violemment serpentine désirant tous les honorer à bouche entière, sans doute aucun ce regard persistant du vice, brûlant sans vergogne ceux que je croise, allumeuse sincère amoureuse, cette putain intouchable de moi, immonde vertueuse, détestable refusante, avec l'envie de frapper le sol en feulant pour expier et l'amour virtuel et la faute affolante, ce que je fais, merci Billy Idol, le corps tendu, souple, alarmé, brasier d'autant plus redoutable qu'il fuit en flammèches contagiantes - oh, comme je hais ce sourire d'excuse que je prodigue douloureusement pour que me pardonnent les brûlés quand la vérité de mon cœur voudrait que je sois extatique, livrée en mêlée fauve et dense, chant d'absolu supraphysique, corps offert, amour en partage -, les petits mecs tout d'abord timides juste après égrenant le leur sur une chanson de Brel, sous l'œil bienveillant de la troupe, la cave en un instant irrespirable, chargée de sueurs et d'innommables magnétiques étouffant l'air, le Berbère défoncé apprenant des pas de danse, des amoureux déjà s'enlacent à perdre haleine, les corps s'enflamment, je quitte l'apnée, lâche, pour l'air libre. Qu'est-ce que ces communions, oui, vrai, que mes aimés orchestrent, bande de chats du Sheshire, vos regards ardents défient la Nuit.

Publié par Cosmic Dancer à 19:24:57 dans Ce goût des autres | Commentaires (5) |

A la vie, Mathilde des Remparts | 25 février 2007



Bien plutôt qu'à l'école des philosophes, c'est à celle des poètes qu'on apprend

le courage de l'intelligence et l'audace d'être soi-même.



E. M. Cioran - Précis de décomposition.

Publié par Cosmic Dancer à 20:14:01 dans Ce goût des autres | Commentaires (14) |

Pouffons dans l'espace | 19 février 2007


Planète Mars - © Cité des Sciences

Cyclopède : - De nombreux humanoïdes boursouflés de culture pseudo-spatiale s'étonnent que Dieu, dans son infinie sagesse, n'ait jamais songé à créer la vie ailleurs que sur la Terre. Eh bien, détrompez-vous, chers crétins intersidéraux : sur Mars aussi, le sixième jour, Dieu dit "Que le con soit." Et le con fut. Puis il créa la femme. Puis Dieu leur dit : "Allez en paix dans mon paradis." Mais hélas !... Regardez.

Adam : - Moi Tarzan, toi Jeanne.

Eve (elle glousse) : - Hi ! Hi ! Hi !

Adam : - Vous dansez ?

Eve : - Je peux pas, je garde le sac à ma copine.

Cyclopède : - Conséquence ? C'est l'évidence ! Eh oui : pas de danse, pas de descendance. Voilà pourquoi il n'y a pas de vie sur Mars.

Adam et Eve : - Etonnant, non ?


Pierre Desproges - La minute nécessaire de Monsieur Cyclopède.

Publié par Cosmic Dancer à 14:59:07 dans Ce goût des autres | Commentaires (12) |

Insoumise | 12 février 2007

"Je n'ai aucune aversion pour l'Islam. Je suis pleinement consciente des bons côtés de cette religion, comme la compassion, l'hospitalité et la solidarité envers les pauvres et les faibles. Mais en ce qui concerne les femmes, il est important de bien se rendre compte que la religion musulmane n'est pas que paix et bonté. Au nom de l'Islam sont maintenues des pratiques cruelles et atroces.

(...)

Je vois une relation directe entre, d'une part, la mauvaise position des femmes et, d'autre part, les retards qu'accusent les musulmans dans l'enseignement et sur le marché du travail, leur chiffre élevé de délinquance juvénile et leur forte dépendance vis-à-vis de l'aide sociale. Dans les faits, l'éducation des filles musulmanes nie leur autonomie et leurs responsabilités.

(...)

En excluant la plupart des femmes du monde islamique de l'enseignement, on les maintient à dessein dans un état de bêtise. Or, elles ne se contentent pas de mettre des enfants au monde, elles les éduquent. Leurs connaissances obtuses sont transmises telles quelles à leurs enfants, donc aussi aux hommes. C'est ainsi que naît un cercle vicieux d'ignorance, transmis de génération en génération."


Ayaan Irsi Ali - Insoumise - © 2002, 2004 - Trad. éd. Robert Laffont, 2005

Ayaan Irsi Ali vient de publier une autobiographie (Ma vie rebelle). D'origine somalienne, elle a fui un mariage forcé et est devenue femme politique aux Pays-Bas, où elle a travaillé avec le cinéaste Theo Van Gogh, assassiné en 2004. Condamnée à mort par les fondamentalistes, elle s'est exilée aux Etats-Unis, où elle vit sous protection. Elle appelle de tous ses voeux les femmes de l'Islam à conquérir leur liberté, et souhaite que cette culture accède enfin à son "siècle des Lumières".

Publié par Cosmic Dancer à 10:14:15 dans Ce goût des autres | Commentaires (33) |

L'air et le vocable | 30 janvier 2007


Il lui arrivait de parler très librement dans des lieux où chacun adoptait un air de saint, mais, en revanche, il prêchait la vertu en des endroits où personne n'aurait eu l'idée de le faire.

Georges Christoph Lichtenberg, Aphorismes (1742-1799).

Publié par Cosmic Dancer à 16:57:23 dans Ce goût des autres | Commentaires (14) |

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