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Cosmic Dancer

Noir sur blanc et versa vice

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Sans transcendance impasse | 31 juillet 2007

Les avares ne croient pas à une vie à venir, le présent est tout pour eux. Cette réflexion jette une horrible clarté sur l'époque actuelle, où, plus qu'en aucun autre temps, l'argent domine les lois, la politique et les mœurs. Institutions, livres, hommes et doctrines, tout conspire à miner la croyance d'une vie future sur laquelle l'édifice social est appuyé depuis dix-huit cents ans. Maintenant le cercueil est une transition peu redoutée. L'avenir, qui nous attendait par-delà le requiem, a été transposé dans le présent. Arriver per fas et nefas [par tous les moyens, légitimes ou non] au paradis terrestre du luxe et des jouissances vaniteuses, pétrifier son cœur et se macérer le corps en vue de possessions passagères, comme on souffrait jadis le martyre de la vie en vue de biens éternels, est la pensée générale ! pensée d'ailleurs écrite partout, jusque dans les lois, qui demandent au législateur : Que payes-tu ? au lieu de lui dire : Que penses-tu ?

Honoré de Balzac - Eugénie Grandet.

Publié par Cosmic Dancer à 10:21:13 dans Ce goût des autres | Commentaires (2) |

Des rêves et des assassins | 26 juillet 2007

La plupart des filles, nées comme moi à l'Indépendance, furent prénommées : Houria : Liberté ; Nacira : Victoire ; Djamila : La Belle, référence aux Djamila héroïnes de la guerre... Moi, on m'appela Kenza : Trésor. Quelle ironie ! Des trésors de la vie, je n'en avais aucun. Pas même l'affection due à l'enfance. Ce prénom me sied aussi peu que ceux appliqués aux Liberté entravées, aux Victoire asservies et aux héroïnes bafouées. Très tôt, je me suis rendu compte de ce paradoxe. Et très tôt aussi j'ai su que ce n'était ni par sadisme ni par cynisme qu'on nous attribuait ces prénoms. L'ignorance méconnaît ses propres perversions.

(...)

L'école, seule échappée. Apprendre la langue de l'autre, premier pas vers la singularité. Vers une solitude de plus en plus profonde. Et, à chaque rentrée des classes, je découvrais que des pères avaient retiré des Houria, des Nacira et des Djamila de l'école pour les marier de force.

Malika Mokeddem - Des rêves et des assassins - Le Livre de Poche, 1995.

Publié par Cosmic Dancer à 12:22:09 dans Ce goût des autres | Commentaires (1) |

Latin et cache-misère | 13 juillet 2007

"Ce mois de juillet c'est aussi l'annonce du programme de la rentrée pour l'église catholique puisque le Vatican recommande le retour aux messes en latin à partir de septembre. Dire des conneries, autant le faire avec style et en donnant l'impression aux fidèles d'être plus cultivés (ou presque)."

Majesté, en juillet.

Publié par Cosmic Dancer à 12:42:37 dans Ce goût des autres | Commentaires (0) |

Le Moi est exécrable | 25 juin 2007

Quoi qu'il en soit, le Moi est exécrable qui perd toujours son pantalon en public (selon Romain Gary). L'homme ne m'intéresse que saisi par l'Histoire, traître, salaud, héros, victime, qu'importe ! fantassin ou officier, reflet, silhouette sur le mur d'Hiroshima, profil des combattants de Salamine à la peinture noire sur un vase grec. Quel Moi ? Nous naissons, apprenons la règle du jeu, découvrons la Loi, nous y plions ou la refusons, et déjà le glas sonne. Comme à la corrida, trois étapes, l'éblouissement terrible, le combat et la mise à mort. Quel espace en tel dispositif serait laissé au Moi ? Je n'existe pas. Existent un corps sensible, un corps, sujet de désirs et de dégoût, une âme où le monde se reflète, où les Morts en nous dictent la leçon jusqu'à métamorphoser nos visages de bébés roses et dodus et une conscience contaminée dont nous pouvons tenter de disséquer les influences. Tout le reste semble effets de mode et pâles rêveries bâties par notre vanité. La psychologie de surface m'ennuie, toutes les émotions se ressemblent, corps frappés du même métal. Seuls m'intéressent les instants où se déchirent – mystère en pleine lumière – l'opacité et l'ennui du monde.

Sarah Vajda - Entretien avec Laurent Schang – Revue d'histoire potentielle Carbone n° 3.

Publié par Cosmic Dancer à 11:53:15 dans Ce goût des autres | Commentaires (1) |

La gaie bonté | 13 juin 2007


© Hugo Pratt.

- Chère amie, qu'il est bon de vivre dans un pays où les filles sont belles et où le sourire s'impose d'évidence.
- Cher ami, qu'il est bon de te connaître tout sourire d'évidence, propagateur intense de l'agapé.

Publié par Cosmic Dancer à 20:55:12 dans Ce goût des autres | Commentaires (3) |

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