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Cosmic Dancer

Noir sur blanc et versa vice

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A nos fantasmes | 15 octobre 2007


On devrait toujours être légèrement improbables.



Oscar Wilde, Aphorismes.

Publié par Cosmic Dancer à 16:38:21 dans Ce goût des autres | Commentaires (13) |

Notre besoin de consolation est impossible à rassasier | 05 octobre 2007


Je suis dépourvu de foi et ne puis donc être heureux, car un homme qui risque de craindre que sa vie soit une errance absurde vers une mort certaine ne peut être heureux. Je n'ai reçu en héritage ni dieu, ni point fixe sur la terre d'où je puisse attirer l'attention d'un dieu : on ne m'a pas non plus légué la fureur bien déguisée du sceptique, les ruses de Sioux du rationaliste ou la candeur ardente de l'athée. Je n'ose donc jeter la pierre ni à celle qui croit en des choses qui ne m'inspirent que le doute, ni à celui qui cultive son doute comme si celui-ci n'était pas, lui aussi, entouré de ténèbres. Cette pierre m'atteindrait moi-même car je suis bien certain d'une chose : le besoin de consolation que connaît l'être humain est impossible à rassasier.

En ce qui me concerne, je traque la consolation comme le chasseur traque le gibier. Partout où je crois l'apercevoir dans la forêt, je tire. Souvent je n'atteins que le vide mais, une fois de temps en temps, une proie tombe à mes pieds. Et, comme je sais que la consolation ne dure que le temps d'un souffle de vent dans la cime d'un arbre, je me dépêche de m'emparer de ma victime.

Qu'ai-je alors entre mes bras ?

Puisque je suis solitaire : une femme aimée ou un compagnon de voyage malheureux. Puisque je suis poète : un arc de mots que je ressens de la joie et de l'effroi à bander. Puisque je suis prisonnier : un aperçu soudain de la liberté. Puisque je suis menacé par la mort : un animal vivant et bien chaud, un cœur qui bat de façon sarcastique. Puisque je suis menacé par la mer : un récif de granit bien dur.


Mais il y a aussi des consolations qui viennent à moi sans y être conviées et qui remplissent ma chambre de chuchotements odieux : Je suis ton plaisir - aime-les tous ! Je suis ton talent - fais-en aussi mauvais usage que de toi-même ! Je suis ton désir de jouissance - seuls vivent les gourmets ! Je suis ta solitude - méprise les hommes ! Je suis ton aspiration à la mort - alors tranche !


Stig Dagerman - Notre besoin de consolation est impossible à rassassier. Texte ici.

Publié par Cosmic Dancer à 12:11:32 dans Ce goût des autres | Commentaires (7) |

Das Leben den Anderen - Rédemption | 05 octobre 2007


- Je vous fais un paquet cadeau ?
- Non, c'est pour moi.

La vie des autres - Florian Henckel von Donnersmarck.

« Ils ne demandaient pas mieux que de ne rien comprendre, et même ils se mettaient à plusieurs pour ça, car la dernière chose dont l'homme soit capable est d'être bête et méchant tout seul, condition mystérieuse sans doute réservée au damné. Ne comprenant rien ils se rassemblaient d'eux-mêmes, non pas selon leurs affinités particulières, trop faibles, mais d'après la modeste fonction qu'ils tenaient de la naissance ou du hasard et qui absorbait tout entière leur petite vie. »
Les grands cimetières sous la lune, Georges Bernanos.


La Vie des autres, réalisé par Florian Henckel von Donnersmarck, est une œuvre éloquente, symptomatique de ce vingtième siècle innommable, matrice historique de celui qui se profile aujourd'hui et dont les promesses sont au moins aussi effrayantes. Pour le dire mieux, La Vie des autres est parvenu à tutoyer l'intemporel, lui faisant rendre grâce en le passant par la plus digne des armes : la sincérité. Avec une méticulosité et une économie de moyens qui forcent l'attention, le film rapporte comment les idéaux meurent d'être érigés en système et de quelle manière les êtres y trouvent leur compte. Il retrace les années de plomb qui précédèrent la chute du mur de Berlin, côté Est. La STASI est alors "l'épée et le bouclier du Parti", le véritable bras armé d'un pouvoir ayant décrété qu'il était impératif de « Tout savoir ». Tout savoir sur l'intimité de chaque individu, tout savoir de ses opinions, de ses goûts et de ses rancoeurs. Tout savoir et ne rien ignorer, pour mieux forcer à être libre.

medium_La_Vie_des_autres_2.5.jpg

Georges Dreyman, dramaturge à succès - dont la renommée provient essentiellement de ce que chacune de ses oeuvres a été conçue pour entretenir, à perpétuité, la louange du régime - croit en son art autant qu'à l'idéal auquel il l'a soumis. En retour, le régime le paie d'un insigne privilège : le respect de son intimité. Ce privilège va lui être retiré : il paraît trop heureux pour être honnête, trop irréprochable pour ne pas déclencher l'engrenage de la suspicion. Pour circonstances aggravantes, il a ce tort d'aimer et d'être aimé en retour d'une comédienne que convoite un éminent membre du Parti. Sur ordre de ce dernier, l'appartement de Dreyman est alors placé sous surveillance, et plus rien dès lors ne sera ignoré de la vie des deux amants, dont le premier crime sera de n'avoir pas su embrasser le rêve socialiste tel qu'il leur était imposé, et peut-être plus encore d'avoir cru pouvoir impunément conjuguer l'art et la politique.

medium_La_vie_des_autres3.jpg C'est ainsi qu'un nommé Wiesler, agent de la STASI, va s'introduire dans La Vie des autres, cette existence à laquelle jamais il n'aura accès autrement que par procuration, voyeur accrédité, fantôme par vocation et par-dessus tout, homme que le doute jamais n'a effleuré. À Wiesler, modèle du genre humain tel que l'avait conçu l'Allemagne de l'Est, la conflagration des évènements et des sentiments va imposer un choix dont il n'avait jamais soupçonné l'existence. Ainsi devra-t-il se déterminer, entre voyeurisme et complicité...

De La Vie des autres, une fois la salle tirée de son obscurité, il ne reste qu'une seule certitude : la dignité d'un homme provient des choses qu'il fait pour lui-même.

Texte : JC Moreau - Le Crachoir .

Publié par Cosmic Dancer à 01:26:58 dans Ce goût des autres | Commentaires (11) |

Un mantra sur la soupe | 22 septembre 2007



Ecrire c'est résister.

XX d'après X.

Publié par Cosmic Dancer à 20:54:58 dans Ce goût des autres | Commentaires (0) |

Ça s'invente pas | 01 septembre 2007

Lu à l'instant sur Blogg :

"La mort est souvent un instant tragique dans la vie."



Publié par Cosmic Dancer à 21:18:24 dans Ce goût des autres | Commentaires (23) |

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