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Cosmic Dancer

Noir sur blanc et versa vice

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Le Malheur de Job | 15 novembre 2007


« Bonjour, mon ami Job ; tu es un des plus anciens originaux dont les livres fassent mention...» écrit Voltaire dans son Dictionnaire philosophique. Original, le héros de cette fable millénaire, dont l'histoire nous est racontée dans l'un des plus beaux récits parabolique et poétique de l'Ancien Testament, va découvrir la solitude dans la misère après avoir été le plus privilégié des privilégiés. C'est autour de ce Job, de celui qui va épuiser toutes les possibilités du malheur, que Jean Lambert-wild nous propose sa réflexion théâtrale sur "l'homme", l'homme hors de lui, l'homme seul, l'homme dans ses contradictions. Job, archétype du rejeté, de l'abandonné est assis sur son tas de fumier comme tant de nations le sont aujourd'hui sur leurs propres injustices. Job ne refuse pas l'affrontement pour se maintenir dans la dignité, pour ne pas devenir un esclave dépossédé de sa singularité, de ses origines, privé de son langage, de son corps, exclu de sa communauté. Job se bat et crie et son cri est insoutenable. Pour le faire entendre au plus près de notre réalité du XXIe siècle, Jean Lambert-wild s'entoure d'un rappeur, Dgiz, entouré de deux « Paillasses », jongleurs et clowns, et, fidèle à ses passions et à ses curiosités, il utilise les techniques et les machines nouvelles dont le théâtre ne doit pas avoir peur mais qu'il doit utiliser. Ainsi se maintiendra-t-il dans son état de dernier rituel indispensable, au cours duquel la société se met en scène aux yeux de tous ses membres. De cette interaction porteuse de richesses multiples naît un spectacle au début duquel il sera demandé au spectateur de ne surtout pas éteindre son portable... s'il en a un !...

Source MC93 Bobigny.

Publié par Cosmic Dancer à 20:22:35 dans Ce goût des autres | Commentaires (0) |

Ce que me dit ton cul | 11 novembre 2007

Nous prenons les désastres
Et les épidémies
Tout ce que l'ennemi
Appelle nostalgie

Nous sommes toi et moi
La suite sans effroi
De ce monde oublié
De ce monde largué

De ce monde noyé
De ce monde effacé
De ce monde expédié
De ce monde crucifié

De ce monde balayé
De ce passé dénié
De ce passé lâché
De ce monde gâché

De ce monde lapidé
De ce monde suicidé
De ce monde calomnié
De ce monde diffamé

De ce passé pillé
De ce passé purgé
De ce passé radié
De ce passé giflé

De ce monde impensé
De ce monde insensé
De ce monde incendié
De ce monde inventé

De ce passé saigné
De ce passé rayé
De ce passé saqué
De ce passé viré

Ce passé renvoyé
Ce passé récusé
Ce passé licencié
Et sans indemnités

Nous sommes vivants encore
Car nous sommes aux abois
Tu es vivante encore
Car tu es hors-la-loi

J'entends ton pas rapide
En cette journée splendide
Où je suis à l'affût
De l'esprit de ton cul

Philippe Muray - Minimum Respect - Les Belles Lettres, 2003.

Publié par Cosmic Dancer à 18:00:02 dans Ce goût des autres | Commentaires (9) |

Sur la Toile, rien n'est, le Rien est | 03 novembre 2007


Car la parole de la Toile est une de ces créatures monstrueuses et éphémères que les anciens considéraient comme des signes de quelque désordre universel. Aujourd'hui les signes abondent de cette catastrophe silencieuse, les monstres naissent et meurent en quelques secondes à peine et chacun continue à faire comme si de rien n'était.
Effectivement, sur la Toile, rien n'est, le Rien est.

Stalker - Misérable miracle.


(Et pourtant.)
Pause.

Publié par Cosmic Dancer à 20:58:52 dans Ce goût des autres | Commentaires (1) |

Correspondance | 29 octobre 2007

- On écrit toujours pour quelqu'un. Du moins, pour ce qui me concerne, c'est indéniable. Hey oh, c'est à mon tour de te montrer un truc sur Youtube.
- Oui, c'est une lettre quand on le fait vraiment. A qui. Mystère. Ou pas. Ah non, c'est mon tour, t'exagères.
- Bon OK, mange avant que ça soit froid.
- Lui il disait déjà à l'époque que s'il n'y avait qu'une seule personne, il était heureux.
- Il avait raison.
- Ben ouais, c'est un peu pénible, il a souvent toujours raison. Sauf qu'à l'époque, il ne savait pas encore qui était cette personne, c'était un être abstrait, un prototype, une fulgurance projetée dans les salles de merde où il jouait.
- J'arrive plus à écrire.
- Je comprends ça.
- Faut qu'on se serre les coudes, on n'est plus guère nombreux.
- Bon ap'.
- C'est vrai. Quand t'écris pour personne, c'est de la merde. Bon ap'.

Publié par Cosmic Dancer à 22:20:48 dans Ce goût des autres | Commentaires (11) |

Summer Evening | 29 octobre 2007


Edward Hopper - Summer Evening, 1947.


En guise de salutations à Perhaps, dont je vous conseille la lecture du post consacré à L'Origine du monde de Gustave Courbet, actuellement exposé à Paris, et à l'intéressante question du regard, cette solitude. Quoi, quel rapport avec Hopper ? Devinez.

Publié par Cosmic Dancer à 18:30:05 dans Ce goût des autres | Commentaires (8) |

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