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Cosmic Dancer

Noir sur blanc et versa vice

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Expat ad madres | 05 août 2006

Lorsque les cloches ont sonné, je me trouvais assis chez le barbier, dans l'inanité suave de son bavardage inlassable que la littérature a déjà largement exploré. J'étais le crâne entre ses mains infaillibles, sculptées et pourtant douces. Des mains qui plaisent aux femmes qui aiment les hommes comme les hommes aiment les hommes. Viriles et chaudes. Sensibles et fortes. Salopard, oui, je pouvais penser ça tout en laissant courir sur mes joues crémeuses ces imparables attributs. Mais sachant que la moindre pensée négative pourrait altérer la beauté vigoureuse et optimiste de mes traits, je la chassais sans difficulté majeure, rôdé à l'exercice depuis l'apparition des premières rides. Ou devrais-je dire ridules, ce serait plus proche de la réalité.

Il n'en savait foutrement rien, mon barbier. Il chantait. Il chantait les derniers résultats des matchs de football et les litanies relatives au fait que des grands joueurs nationaux tournent dans des publicités. La pression de ses doigts variait selon. Quand il se sentait fou d'amour pour un tir au but remarquable, il me malaxait sensuellement et je fermais les yeux. J'imaginais cette femme sans visage et sans âme qui avait les yeux bleus de mon désir. Je bandais tout doucement, sous la blouse noire. Quand il s'excitait sur l'incompétence d'un arbitre, il ramenait ma tête ramollie vers son ventre et j'en savourais la tiédeur sous le jean. Je savourais sa nouvelle pesanteur, son abandon.

Maman. L'abandon de ma pesanteur s'appelait mère. Le poids de mon occiput sur son aine s'appelait mère. Pourtant, le jeu de ce souvenir incertain devait s'arrêter vite si je voulais continuer. La douceur de cette érection vouée à nulle autre qu'un rêve que je m'autorisais parfois, en de telles circonstances. Alors je fermais les paupières. Alors un sourire s'ouvrait grand et j'étais pris de l'envie furieuse de dévorer une bouche. Sa bouche. La bouche me rappelait la tétée. Pris de plaisir à sentir les pores de ma peau en dilatation intégrale, mon barbier finissait par se taire. J'ouvrais parfois un œil pour contempler dans le miroir devant lequel j'étais forcément installé le visage de son silence. Entre nous alors, il y avait comme une connivence à ne pas dire. Il resserrait ses doigts sur mes maxillaires et augmentait la pression sur son ventre. Il accélérait en même temps la vitesse de son inutile massage. Quand je trémoussais imperceptiblement mes hanches sur le cuir vieilli du siège, il s'essuyait les mains et remontait le long de ma tête vers les cheveux. Le bout de ses doigts allait fouiller le bout de mes cheveux. S'enterrer dans leur masse. S'oublier dans leur nuit. Il fourrageait jusqu'au cuir chevelu, jusqu'à ma peau du crâne, et il me caressait voluptueusement. La chair de poule me prenait partout et plus il me sentait frémissant, plus il s'appliquait à me plaire, oubliant les jarrets des joueurs et la mauvaise foi de la Fédération. Oubliant les meilleurs pronostics pour la rencontre du lendemain. Oubliant les autres clients que ses employés installaient à leur tour. Le bout de mon sexe vibrait le plus secrètement possible. Comme j'aimais ça. Comme j'aimais ces moments de grande lassitude où plus rien ne pouvait avoir d'importance que le trajet nerveux de ses mains à mes glandes. Je n'étais plus que glandes. Je n'étais plus cet homme digne et généreux, élégant dans ses costumes de lin clair et ses sandales fermées, cet artiste de l'administration aux Affaires étrangères détaché aux fins fonds d'un bled pour surveiller les chantiers de coopération d'assainissement des eaux. Le demi-dieu des assoiffés. J'étais glande, glande et bande, et je me demandais laquelle j'allais baiser ce soir, de ces petites Berbères soumises et sodomites qui me demandaient tout et se contentaient d'une bague achetée vite fait au souk, et d'un repas pour leur famille. Dans tous les hôtels cinq étoiles où ma mission m'échouait. On m'envoyait toujours les plus mignonnes et les plus dures à la tâche. Fais mon lit, ma jolie. J'entrais dans la chambre pendant leur ménage et je leur souriais de mon plus beau sourire : - Bonjour, ne vous fatiguez pas. Je vous offre un thé ? Vous êtes si jeune, si belle. En France, les femmes ne sont pas obligées de travailler. Les maris français s'en occupent. Ils préfèrent les voir belles et heureuses, pas fatiguées. Oui, je pense souvent à mon pays. Mais le vôtre est tellement attachant. Venez donc, Mademoiselle, asseyez-vous.

Mon barbier accentuait la douceur de la pression de ses doigts. J'étendais mes longues jambes, ma tête dodelinait. Je nageais dans un océan de sensations doucereuses. Ses doigts qui parcouraient ma nuque. Leurs petits doigts à elles qui vibraient sur ma peau. Elles savaient y faire, les petites vierges. Une fois mariées, elles devraient avoir l'air de rien. Jamais touchées. Jamais cambrées, la chevelure de jais en vrac entre mes dents. Le drap sali.
- Tu m'aimes ?
- Oh oui, je t'aime.
- Tu m'emmèneras en France, avec toi ? Vous, les Français, vous êtes bons avec les femmes.
- Je ferai tout pour toi.

J'aimais tellement leur peau cuivrée, leurs hanches rondes. J'y aurais presque cru, à force des années à ruminer tout seul de bled en bled. J'aurais presque cru rapporter Camilla. Elle était tellement folle. Elle me retrouvait partout. Sa beauté sombre cachée dans les voiles. Elle prenait le bus, trafiquait avec les taxis et les douanes. Débarquait dans ma chambre et s'offrait comme pas une. Elle m'aimait, je crois, oui, c'est cela, elle semblait m'aimer, me vouloir. Ah, Camilla... Mon barbier semblait lire mes souvenirs du bout des ongles. Il tenait Camilla entre ses doigts. Son corps courait le long de son corps. Il en tremblait. Oui, c'était une beauté, Camilla. Mais qu'est-ce que j'aurais pu faire d'elle, ensuite. Maman n'aurait jamais supporté ça. Pauvre petite. Qu'est-ce que j'aurais pu faire de toi.

Mais lorsque les cloches ont sonné, mon coiffeur m'a pincé la joue : « Antoine, t'es à Paris, maintenant, oublie les moussmés. » Oui. C'était vrai. C'est vrai et c'est ainsi. Je suis à Paris, maintenant. Maman m'attend.

Publié par Cosmic Dancer à 16:08:22 dans Au musée des horreurs | Commentaires (0) |

J'aimais tant ton silence - VI (fin) | 05 août 2006

Bon, allez, zou, qu'on en finisse, je suis fatigué. Ça s'éternise. Encore au moins quinze ans à se faire bander le braquemard et pas moyen d'éjaculer. Je ferai venir des petites putes. Pfff... Je vais me faire chier. J'aurais dû congeler son cadavre, ou injecter des produits dedans, pour pouvoir continuer à me la faire, tranquille Mimile. D'un autre côté, son cadavre, il était quand même un peu abîmé. Bah, forcément... Vu que j'avais pas fini de la mettre après le coup du lapin, ça s'est violacé sur le sol pendant mes allers retours. Nul n'est parfait, en ce bas monde. Sa jolie peau toute douce pleine d'ecchymoses, c'est déjà moins salivant. Sans compter que ça lui a cassé trois dents quand j'ai tapé son petit visage par terre en l'enculant. Le nez a pris un coup aussi. C'est sûr, elle était moins jolie... Mais la chatte, impeccable, tout pareil. De toute façon, c'est trop tard, maintenant, elle est partie en flammes, circulez, y'a plus rien à voir ! Ah ma salope ! Partir en flammes ! C'est pas beau, ça ! Et puis, au moins, le temps ne t'aura pas marquée de ses outrages ! Parce qu'à cinquante-cinq ans, il n'en reste plus grand-chose, des bonnasses ! Faut du courage pour enfiler une moumoutte grise ! Berk ! Même les curés les préfèrent jeunes, c'est pour te dire ! Et puis dis, j'ai écourté ta solitude, aussi, hein. Tu devais en avoir marre d'être toujours toute seule. Pauvre chérie. T'en as eu des problèmes, pour faire confiance aux mecs. Tu en as fait, des crises. T'as pas pu t'en relever, hein... Un si beau cul... Et pour personne ! Bah dis, biquette, la faute à qui ? Ah, le caractère, tu as vu où ça mène ! Bon, c'est pas le tout... Qu'est-ce que je vais me faire chier, maintenant... Si j'avais été Jap, j'aurais fait fabriquer une doll à son image. Eh, mais c'est encore possible, ça ! Oh oh ! Regarde-moi ça, ils croient que je souris parce que c'est un non-lieu ! Mais je le savais, bande d'incapables ! Oui, oui, mes braves, c'est bien, vous avez bien œuvré, allez vous soulager, ça doit jouer des grelots sous la robe, hein, avec toutes ces émotions. Cassez-vous, les rejetons ! Avortons ! Salut, les filles, et bon courage à ceux qui vous niquent ! Et toi, le pigeux, file te branler devant ton écran tant que c'est de ton âge ! Toi la petite juge, par contre... Je t'ai bien gravée dans ma mémoire et tu fleures bon le coup du siècle, alors y se pourrait qu'on se revoie... Bon, allez, hop, sortez-moi de là, j'ai une commande à faire. Allez, coco, tu me trouves les coordonnées des vide-burnes en latex. Au moins celles-là, elles ferment leur gueule.

Publié par Cosmic Dancer à 15:53:41 dans Au musée des horreurs | Commentaires (0) |

J'aimais tant ton silence - V | 05 août 2006

Oh, tu l'entends, mon avocat ? « Le comportement de la victime a poussé mon client à bout. » Tu n'as pas tort, Hector ! Mais pas au bout que tu crois ! « Instable », « hystérique », excellent, ça. Excellent. J'opine du chef... et de la pine ! Oui, oui, qu'elle fait sous le drap, au garde-à-vous. Oui, les femmes sont des hystériques. Elles te poussent à leur foutre des baffes. T'essaie de leur faire comprendre, qu'elles arrêtent d'insister, tu les sors par la porte, elles reviennent par la fenêtre. La preuve, qu'il dit, elle a eu une vie amoureuse tourmentée et n'a jamais réussi à revivre avec un homme. Fragile, qu'elle a dit, l'experte en psychologie. Ce petit rapport des temps jadis va nous être bien utile. Oh qu'il est fort ! Il insinue qu'elle fumait de l'herbe ! Excellent, ça ! Alcoolisme. Merveilleux ! Putain, j'aimerais bien qu'elle soit là, encore livide à entendre ça, et impuissante ! Im-puis-sante. C'est qui qui l'a, la bite, hein ? C'est Bibi qu'a la bite! Attention, ils me regardent ! Je prends mon air réfléchi, mais c'est dur avec la trique que j'ai. Je fronce un peu au niveau des sourcils, là, comme ça. Quelques petites larmes, pour faire le regard embué. Cet ex-grand fonctionnaire, avili, couché pour toujours, et qui subit tous les outrages parce que ses ex-femmes et enfants ont décidé d'assouvir une vengeance de longue date... Lui faire payer leurs frustrations... Transformer en crime monstrueux un accident intervenu suite à une dispute passionnelle... Ce fidèle serviteur de l'État, irréprochable, brillant, dévoué, très bien noté, grand ami du ministre... Exilé à Madagascar par convictions humanitaires... Hum... C'est bon, de se sentir admiré... Mais dis donc, lui aussi il bande pour la juge ! J'en mettrais ma main à couper ! Quelle petite conne.

Bon, c'est pas le tout, mais je commence vraiment à me faire chier. Elle est où, ma petite infirmière ? J'aimerais bien me faire astiquer, ça me démange, avec toutes ces histoires. J'ai plus que son cul devant la figure, je vois rien d'autre. Eh, c'est quoi, ce petit regard de colère ? Tu serais pas tenu à l'objectivité, toi, par hasard ? Sous-journaliste ! Essaie un peu de me tartiner, ça la fout mal. Mes avocats verront ton boss au moindre trouble ! Non, non, non, tu ne changeras pas le monde ! Non, non, non, oisillon! Tu vas pépier ta vie durant à noircir pour mes amitiés ! Alors, vas-y, tords ta petite gueule ! Si ça peut te faire un peu d'effet, profite ! C'est bien tout le plaisir que t'auras ! Oh, la mine dégoûtée, j'en reviens pas, je rêve ! Non, mais pour qui tu te prends, pigeux de mes quatre ? Virez-moi ça tout de suite ! Quand je pense que je dois fermer ma gueule, je commence vraiment à me faire chier.

Moi, je l'ai retrouvée. Planquée dans une ville de province, presque guérie. Saloooopppppe!!! Toute ma vie j'avais rêvé d'elle. Mouche-toi, morveux, on avait eu une vie ensemble. Tu connais pas, tu prends ce qui passe. Tu dures un an, après tu ne sais plus quoi en faire. Nous, je te dis, on avait partagé nos jours. J'avais sucé ses rêves chaque nuit, bu son amour chaque jour. Je la connaissais comme personne après moi, pas un mec. J'avais dévoré toute son âme. Dévoré, ça tu sais. Mais son âme... Ce mot-là tu sais pas ce qu'il veut dire. Tu penses que ça veut dire cévé, culture, émotion et littérature. Ah, ils sont beaux, tes petits fantasmes de comédon tertiaire ! T'es encore plus vieux que moi, c'est ta mauvaise nouvelle. Mais je vais t'en dire une bonne. Elle était pure. Mais ça non plus, tu connais pas. Pour toi, c'est de la littérature. Tu te vois l'aventurier parce que tu torches tes doigts sur ton canard poisseux. Mais regarde-toi, crevard. Elle aurait jamais voulu de toi, tes petits doigts sont trop blêmes, tes caresses, ça chatouille, ç'en est exaspérant. Toi t'as vraiment la gueule à l'avoir toute petite. Tout dans le quotient de la tronche, et encore, comptes à refaire. Elle t'aurait calotté. T'aurais fait des ouin-ouin. Tu te serais jeté à ses pieds, prêt à lui lécher les orteils, ta bite de nain sur un plateau. Mais dans sa grande prétention, elle t'aurait même pas vu. Tu l'aurais détestée. Tu aurais fait comme moi. Envie de lui chier dessus, sur sa pureté débile, son air d'être toujours ailleurs, au-dessus de ma vie. Envie de lui déchirer, son petit cul trop tentant. Envie que de la foutre jusqu'à ce qu'elle ferme sa gueule. Tu le sais. Et puis, tu sais que je sais, et ça t'emmerde. Si, si, je vois bien. Mais moi, je suis riche. Et je me la suis tapée, même quand je n'étais pas riche, parce que j'allais le devenir un jour. J'avais l'espoir, moi. Et une très grande ambition. T'en n'auras jamais des si belles. Quand on n'a pas les moyens, on reste chez soi! Hop! Circulez ! Va faire un tour dans ta cité, voir si j'y suis ! Traître à ta race ! Fais comme ton père ! Crève au chantier ! Non mais, tu vas arrêter de me regarder comme ça ou je le dis aux flics!

Publié par Cosmic Dancer à 15:45:41 dans Au musée des horreurs | Commentaires (0) |

J'aimais tant ton silence - IV | 05 août 2006

J'ai failli réussir à la faire traiter de dingue, mais ça n'a pas marché. Dommage. Le problème que j'ai eu, c'est que j'ai fini par perdre. Eh ouais. J'ai beau être fort, au bout de quinze ans, bonjour l'embrouille. Je me suis emmêlé les pinceaux. Elle a eu une bonne avocate. Salope, celle-là. Pas moyen. Hermétique. Et moche, en plus ! Une gueule de mec. Bite dans la tête. Imperturbable. Comme je faisais la même chose avec ma deuxième pute parce que j'en avais une troisième, je me suis mélangé les idées. Et j'ai perdu, mais bien. Enfin, l'important, c'est que ça ne m'a rien coûté. Je lui ai pourri la vie quinze ans et à titre gracieux. Salope. J'ai fait tout ce que j'ai pu. Je me suis barré au bout du monde. J'ai trouvé une quatrième pute, ou sixième, je ne sais plus. Pas aussi bonne. J'en ai essayé plein, pourtant, mais rien à faire. Quand on en a une dans la peau, on ne l'a pas ailleurs que dans la verge, je te le dis ! Rien à faire, j'ai tâté la métis, pour voir, mais non. J'ai regoûté à la blanche, trop fadasse. La Black, trop chiante. J'ai essayé la Slave, casse-tête. J'ai testé l'Asiatique, trop technique. J'ai travaillé la brune, la rousse, la blonde, j'ai fait tous les formats... J'étais salement en manque. La zigoune au bas fixe.

Pis je me faisais chier dans mon bunker, entouré de pauvres. Mes subalternes activaient pourtant les réseaux. Les Malgachieuses, de la bronzée qui veut mon fric. C'est qu'elles en veulent ! Ça te suce autant que ton compte en banque, en proportion ! Suce, arriviste ! Je suis un lucide, moi. J'ai mes valeurs. J'ai mes souvenirs. J'en avais assez, de ces vénales. Elle, elle m'avait aimé dans notre jeunesse. Plus le temps passait, plus son souvenir me remontait dans la gorge. La débandade. J'ai commencé à perdre du poids. Le pouvoir, ça ne m'amusait plus. J'ai même failli avoir la nostalgie de mes gosses. Ces petits tas de merde fumants qui ne voulaient plus me voir. Conditionnés par ces radasses. Féminisés. Des petits pédés, que j'ai faits, tiens. Le Club des Cinq à la bite molle. Si je les avais élevés, ça aurait été autre chose. La gloire au fond du slip, mon fils ! Et en avant, les roubignolles ! Mais ça me regarde comme si j'étais le pire des hommes ! Et ça détourne les yeux tout de suite ! Sortis de mes couilles ! Quand je pense que c'est sorti de mes couilles ! J'aurais dû les inscrire en école militaire. Je les aurais dressés à la trique, comme moi. Ça porte ses fruits. Au nerf de bœuf, la trique au cul, je vais pas te la faire récit d'enfance, ma biographie est là pour ça. Car la victime, c'est moi.

Pourquoi elle m'a pas fait une petite salope que j'aurais prise sur mes genoux, hein ? Meilleure que tout, encore, comme les petites putes que j'ai achetées à leurs parents. Je l'aurais vendue aux autres aussi. Trop bon, nous, on était masqués. Pas vu, pas pris ! Oh, vache, ça me ressaisit toutes ces affaires ! Au feu ! Je leur aurais tordu le cou, à ces fillettes lascives. À 4 piges, elles te regardent déjà avec des yeux mouillés... Mais que c'est bon, ces petites cuisses potelées qui sentent la rose et ces petites chattes toutes lisses... Viens t'asseoir sur les genoux à tonton, il veut faire un câlin... Oh vache, je te branlais ça tranquille avant qu'elle suce pendant que mamie se faisait enculer par son fils. Je te jure, petit journaleux de mes glaouïes, valait mieux pas que tu saches ! Je veux pas ta mort, moi, gueule de raie ! Le mieux, c'est que ça a duré longtemps quand même, mais après je suis parti. Mais j'ai suivi le procès de très près. Aucun risque, on était masqués ! Ils m'auraient écouté, on aurait fait comme chez les Russes: à la poubelle après usage ! Pas vu, pas pris ! Et ces analystes de mes gloires ! Je rêve ! « Ce qui demeure inexplicable, c'est l'aveuglement des services sociaux, puisque la plupart des familles incriminées étaient suivies par des équipes d'éducateurs, d'assistantes sociales et de psychologues... » « Les services sociaux ont déjà suffisamment à faire en traitant les problèmes douloureux de ces familles défavorisées : le chômage et les problèmes identitaires qu'il entraîne, l'alcoolisme, la dépression, les tendances suicidaires... » Je tournais en rond devant ma télé, en voyant ça aux infos, moi. Les éducs, les zaèsses, c'est pour contenir la merde, bon dieu, c'est pas pour la fouiller ! La saloperie humaine, c'est pour les littéraires et pour les dingues, pas pour ces pieux ronds-de-cuir qui sodomisent dans les placards. Les empêtrés de la vie, tu leur donnes deux biffetons, un séjour en villages vacances, un carton alimentaire, et le tour est joué. Tu vas les voir de temps en temps, « ce serait chouette qu'on se revoie bientôt pour causer », tu la joues pote à la soutane, ils sont là, bien rangés autour de leur table, la toile cirée rincée pour l'occasion, une gueule à faire pleurer ma mère, les gosses préparés à l'attaque, polis, dos droit, souriants, et tu repars tranquille, le devoir accompli, amélioration des rapports dans la famille Untel, Madame tient sa cuisine dorénavant. Le ménage est fait, c'est ce qui compte. Monsieur était sobre lors de notre dernière visite et la petite dernière faisait ses devoirs. Le noyau familial ne fleure pas l'implosion, ils n'iront pas braquer des banques ni dégommer les quartiers chics. Tu me fournis ton rapport de conscience, je paraphe. T'as gagné tes vacances en Asie, essaie au moins d'en profiter. Fourre-les de ma part.

Publié par Cosmic Dancer à 15:38:16 dans Au musée des horreurs | Commentaires (0) |

J'aimais tant ton silence - III | 05 août 2006

Après, j'ai jamais pu m'en remettre. Mais alors, c'était bon de la retrouver aux audiences, fragile, personne qui la croyait ! Moi, tu comprends, monsieur, un poste hors cadre, et tout, manteau de cachemire et tout, attaché-case, voilà... Et moi, les femmes, je me les tape. Les petites juges, je les avais dans la poche. Un petit sourire, un petit clin d'œil, je leur mate la bouche, je leur prends les yeux avec mon regard, c'est dans la poche. Je sens qu'elles mouillent. Plus elles sont vieilles, et mieux ça marche. Elle, en face, elle était trop belle, même ravagée par la douleur, même épuisée par la vie de merde que je lui faisais, les enfants entre nous comme une pierre de noyé. J'aurais voulu qu'elle se suicide. Je voulais qu'elle craque. Je lui ai fait toutes les saloperies que tu ne peux même pas imaginer, elle a tout eu, du juge au flic et aux huissiers, à répétition, pendant des années, tout le temps, jamais tranquille, pas respirer, jamais, et des emmerdes de fric, des belles, des qui te jettent à la rue, avec sa petite silhouette chancelante, elle aurait pu faire pute ! C'était ça qui m'aurait fait jouir. Qu'elle fasse pute avec sa face d'ange. Mais non, nippée comme une pauvresse, avec ses avocates de merde désignées par l'État, elle tenait bon, la garce. Ravagée, harcelée, ruinée, défigurée par les emmerdes, maigre comme un clou, elle tenait bon quand même. Ah, ce caractère ! Ça m'avait toujours plu, chez elle. Surtout à nos débuts, il en restait encore. Après... C'est autre chose... Je lui avais fait bouffer, son caractère !!! Mais la justice veille. Et contre cette machination, elle pouvait les serrer, ses petits poings, rien à faire. Elle, elle perdait tout le temps. Que c'était bon, mais que c'était bon ! Sa petite mine pâle toute triste, toujours au bord des larmes ! Oh, pauvre Cosette ! Madame le juge, mademoiselle a l'air de vouloir prétendre que j'ai détruit sa vie ! Ah ! Ah ! Je n'ai pas la prétention d'un tel pouvoir! Je crois surtout que mademoiselle m'en veut de l'avoir quittée, qu'elle est jalouse car j'ai refait ma vie, chose dont elle est bien incapable ! Tellement instable ! Et nous avec la juge, on la considérait avec pitié.

E
t à l'audience suivante, ça recommençait. Moi, il suffisait que j'installe ma connivence en entrant dans la salle. Je rassemble mes énergies de leader, respiration, hou, décontraction, rah, organisation interne, t'arrives l'air dégagé-je-vois-personne, la mâchoire cabotine, le regard indifférent, le mec de belle allure qui est en train de perdre son temps. Tu glisses sur le corsage de la greffière, petit sourire en coin, et t'accroches la petite juge, les yeux bien baladeurs. Ça la met tout de suite dans l'ambiance. J'ai fait ça avec une assistante sociale de mes couilles, aussi. Rapport : c'est une nana déboussolée, tandis que monsieur est un père idéal, un homme, un vrai ! Ouh que c'est bon, ça. Même pas obligé de me la faire. Jusqu'au dernier moment, je lui ai fait croire qu'elle y
passerait, à griller sur ma poêle à frire. Mais alors elle, franchement, un thon que même des naufragés n'y goûteraient pas. Une idiote, avec ça ! Tellement surexcitée qu'elle s'est crue psychologue ! L'intelligence des femmes ! Où ça loge ! Zélée, je peux te dire. L'autre, elle ne s'en est pas remise, de ce rapport social, allez, prends ça ! T'as vu ce qu'elle a écrit, la dame ? Ce qu'elles vont lire sur toi, les salopes en robe noire ? « Quant à monsieur, il apparaît qu'il adore ses enfants et leur propose une vie équilibrée, dans un environnement très favorable à leur épanouissement, où le ménage est fait à fond, il n'y a pas un grain de poussière qui traîne, il ne mélange pas les torchons et les serviettes, il est équipé d'un home cinéma, et les draps ne sentent pas le foutre, il est tout seul, cet homme, oh, si seulement... Oh bah, qu'est-ce que je raconte...Il faut que je biffe après épanouissement... » Hou, ça fait mal, ça ! Hou, la, la, ma petite doll, elle va encore frissonner de froid et de désespoir. Viens donc lécher Germain, ça va calmer tes angoisses. Prends ton biberon, ma chatte, ton biberon XXL. Demande pardon. Dis « pardon, j'aurais dû tout mettre en œuvre pour que mon roi ne me quitte pas ». Allez, allez, oui, c'est ça... Hhhmmm... Continue, continue ! Ohhhhhh... Enrobe-moi ça, petite langue de sainte, enrobe-le bien... Aaaahhhh...Aaaahhhhh... Dis pardon à papa, ça fait gonfler Germain... Remets-la, maintenant... Frotte, frotte... Encore, je te dis ! Au fond, allez ! Fourre-le au fond, bon sang ! Ohhhhhh... putain... Tu es vraiment la reine des putes, avale... Hhhmm... Hhhmm... C'est bon... C'est... Ah ! Lâche-moi, suceuse de bites ! Obsédée ! Dégueulasse !

Publié par Cosmic Dancer à 15:30:58 dans Au musée des horreurs | Commentaires (0) |

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