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Cosmic Dancer

Noir sur blanc et versa vice - Stèle avec des soubresauts

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Chasse l'implant, cultive l'extraction | 02 décembre 2007

System of a down - Atwa.

Regarde-toi si tu le peux. Non, tu ne peux pas. Il n'est plus de visage, plus de lèvres. Il n'est plus de regard, plus de forme. Tu t'es perdu fantomatique et tu contemples ta déchéance, mi-figue mi-raisin, dans ce magma grouillant d'insanités qui effrayaient ta conscience du vide et où tu prétends aujourd'hui simplement rire, passagère en légèreté. Quels sont ces nouveaux jeux où l'on rit tant ? Regarde-toi. Es-tu bien certaine de rire ? As-tu d'ailleurs un quelconque souvenir des muscles faciaux que cela nécessite ? Tu peux toujours écouter tous les disques que tu veux, vas-y, joue les étourdies, avale, mange, remplis-toi. A jeu, règles. Sans moi. Je ris sans desserrer les dents, j'ai coutume de fuir les stridences.

Se resaisir, se croire, se dire, se vouloir encore vivante, encore possiblement capable de vivre.
Se dire, croire, vouloir se délier les jambes en regardant la dernière scène de Billy Elliot : certes mélodramatique, certes lyrique, "Billy, ta famille est là". Là. Ceux qui savent, ceux qui le sont.
Se dire, croire, vouloir qu'il ne soit pas trop tard pour que remonte comme une sève enfouie, oubliée, la certitude de peser son poids plume sur cette terre, et qu'un jour, oh, toujours un jour, un soleil inédit finira par se lever où on ne l'a jamais su, deviné quelquefois, enterré souvent en toute hâte, il ne méritait pas que l'on s'y attarde.

Doucement, se déplier, avancer un bras, tendre les doigts, rouler une épaule, assouplir les cervicales, ouvrir la hanche, contracter le muscle abdominal pour un lancer en équilibre, loin, très loin. Se dire qu'il est encore trop tôt pour opérer un tour sur soi. Ce tour-là, aller le faire ailleurs, dans la douleur incontournable. S'arracher le ventre sans un cri, combler ce trou qui hurle famine, plus tyrannique qu'un général. Guerre, je me bats. Prends ça ! Relève-toi. Prends ça ! Apaise. Prends ça ! Souviens-toi. Prends ça ! Jette.

Larmes gelées au sortir, se réfugier dans n'importe quel rade pour les obliger à se fondre dans la vapeur serrée que produisent les souffles isolés des quidams, beuglant de désir en silence, chacun rivé la bite et l'âme à son bout de table. Saluer le patron, tu le reconnais, mais oui. Enfin un vrai sourire, nul besoin de s'expliquer. Boire un café comme une brûlure salvatrice. Trouver le monde d'une douceur infinie derrière la baie vitrée, et aimer chacun de ces visages comme s'il était le seul, l'unique, le dernier, soulagée dans cette sorte d'ultime archéologie humaine.

Toute mort que tu provoques en toi, provoque-la dans l'amour. Lentement, doucement. Il n'y paraîtra pas. Ce sera sans douleur, comme le jour qui s'éteint. Sauf à la fin. Mais la fin ne t'appartient pas.

Publié par Cosmic Dancer à 21:06:12 dans Au musée des horreurs | Commentaires (14) |

Real Roads ? | 02 décembre 2007



"Les villes que je ne connais pas encore me manquent
terriblement.
Tout comme les êtres dont je ne soupçonne même pas
l'existence.
Nos frontières sont mentales."



(A.)

Publié par Cosmic Dancer à 18:23:36 dans Pirouettes et trémolos | Commentaires (9) |

Vous avez gagné le droit de me revoir | 02 décembre 2007

- Bonjour, Monsieur l'éventuel futur employeur. Je me présente...
- Présentez-moi plutôt les motivations qui vous conduisent à vous passionner pour notre entreprise, ses pages de pub fièrement chatouillées par les publi-reportages qu'effectuent depuis des lustres tout ce que les provinces de l'Hexagone comptent de malheureux en quête d'ascension improbable.
- C'est un fait. Les non-chroniques suintent la négociation bilatérale rondement menée par votre armada de marketteurs, ainsi que l'arnaque du lectorat qui manifestement s'en contente, étant donné la force de vente que déploient vos commerciaux intarissables, vos publicitaires avisés et vos hôtesses infatigables.
- Vous avez bien parlé. CV ?
- Comme vous pourrez le constater, je...
- Bien. Vous semblez avoir les capacités requises. Voici un test : quatre de ceci, deux de cela et deux de ça.
- J'éprouverai un plaisir extrême à vous faire part de mes connaissances en la matière, cela va sans dire.
- Le plaisir, Damoiselle, guidera vos pas sur le chemin de la jouissance des vraies bonnes travailleuses. Revenez dans deux jours.
- Verdict ?
- Concluant. Vous semblez sérieuse. Maintenant, écrivez-moi une lettre, follement libre, follement imaginative, pour me prouver que vous êtes la personne exacte que nous espérons pour cette, je vous le concède, lourde tâche. Ayant alors gravi les échelons jusqu'à la dernière marche avant que ne s'ouvre la porte glorieuse de l'employabilité, vous aurez certainement gagné le droit de me revoir.
- Mais je vais m'en faire une joie sadique, sombre gros tas. Ensuite, nous parlerons salaire, n'est-ce pas ?
- Mieux vaut ne pas.

Publié par Cosmic Dancer à 17:10:07 dans Inaimables humeurs | Commentaires (10) |

Myolaste | 01 décembre 2007


Otarie cherche code morse.

Etudie toutes propositions.

Publié par Cosmic Dancer à 11:22:44 dans Pirouettes et trémolos | Commentaires (7) |

Relisez Brecht | 28 novembre 2007

Selon rue89.com, les RG avaient anticipé un redéploiement prévisible de violences urbaines au premier prétexte. Ils n'étaient pas les seuls à le supputer. Ils avaient dans le même temps conseillé au gouvernement de prendre des mesures préventives. Au résultat, des fauteurs de troubles surarmés. Pauvres gosses décédés engoncés dans une bêtise crasse, suicidaires sur leur engin bien onéreux et non autorisé, frimeurs de pacotille écervelés. Pauvres flics blessés par balles, dont selon les premières conclusions de l'enquête ceux qui ont percuté l'engin ne sont pas responsables de la collision mortelle. Quel civil, à leur place, se serait fait caillasser ? Ah mais, suis-je bête, ce sont des flics, forcément criminels et forcément menteurs.

Pauvres idiots révolutionnaires prêts à signer pour toutes les causes tant qu'elles servent leur aveuglement, à justifier toutes les violences, à se réjouir d'écoles et de bibliothèques brûlées. Pauvres vous et votre jeunisme qui accusez par une métonymie ignoble toute une frange de la pyramide des âges de ne rêver qu'à tout détruire. Pauvres vous et votre pseudo-socialisme qui désignez par le même procédé infect tout habitant de banlieue comme un ennemi public, terroriste en puissance. Pauvres vous et votre écœurant racialisme qui attisez des voix dont le retour ferait le bonheur du Front National. Je parle encore au conditionnel.

Relisez Brecht (La Mère - 1931):

Apprends ce qui est le plus simple.
Il n'est jamais trop tard
Pour ceux dont le temps est venu !
Apprends l'ABC, cela ne suffit pas, pourtant
Apprends-le ! Ne te laisse pas rebuter,
Commence ! Tu dois tout connaître.
Car tu dois diriger le monde.
Apprends, homme à l'hospice !
Apprends, homme en prison !
Apprends, femme en ta cuisine !
Apprends, femme de soixante ans !
Car tu dois diriger le monde.
Va à l'école, sans-abri !
Procure-toi le savoir, toi qui as froid !
Toi qui as faim, jette-toi sur le livre : c'est une arme.
Car tu dois diriger le monde.
N'aie pas peur de poser des questions, camarade !
Ne te fie à rien de ce qu'on te dit,
Vois par toi-même !
Ce que tu ne sais pas par toi-même,
Tu ne le sais pas.
Vérifie l'addition,
C'est toi qui la paies.
Pose le doigt sur chaque somme,
Demande : que vient-elle faire ici ?
Car tu dois diriger le monde.

Publié par Cosmic Dancer à 08:53:52 dans Il n'y a pas que la littérature dans la vie | Commentaires (28) |

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