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Cosmic Dancer

Noir sur blanc et versa vice

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Rideau, de grâce ! | 22 avril 2008

Le démocrate nouveau est arrivé. Lui aussi colle à la vie. Ouvert(e). Sympa. Blessé(e). Chantant les feuilles mortes à la télé ou roulant en rollers sur le macadam parisien. Blouson de cuir et santiags. Crédible parce qu'authentique. Décoiffant. Tel qu'en lui-même enfin. Le bureau donne sur la chambre. Sans hypocrisie. Traduisons en bon latin : obscène.

Ob-scenus : ce qu'il reste d'un homme quand il ne se met plus en scène (ob : à la place, en échange de). Quand s'exhibe ce que l'on doit cacher ou éviter. Tel est le premier sens du mot, dont le second fut conséquemment sinistre ou de mauvais augure. Le pluriel neutre, obscena, désignait les excréments. Appelons donc obscène, sans esprit polémique et au sens étymologique, une société qui, parce qu'elle ne supporte plus la coupure scénique, confond le surmoi et le moi, le nous et le je, l'ambition collective et l'ambitieux tout court. Qui fait passer la personne de l'écrivain avant son écriture, l'homme d'action avant son action et le musicien devant la musique. Obscène, en termes techniques, est le forum dont la dramaturgie se met à obéir à la télécratie. Ou qui passe, plus précisément, du plan large au gros plan qui vient fouiller le visage, la larme au coin de l'œil, le baiser sur la bouche et le petit dernier - au cours d'un cérémonial officiel. Et qui fera bientôt de chaque "moment fort" de la vie publique quelque chose d'intermédiaire entre la Roue de la fortune et le Loft.

Régis Debray - L'obscénité démocratique - Flammarion, 2007.

Publié par Cosmic Dancer à 20:51:09 dans Ce goût des autres | Commentaires (4) |

Un voilier, ça navigue | 06 avril 2008

- Alors tu es allée au bout du monde pour me rapporter ce bateau ?
- Oui.
- Et où est le bout du monde ?
- Pas loin. Ce bateau a traversé les océans et il a connu des tempêtes, mais regarde, en dehors des cordages qu'il faudra réparer un peu, en principe il navigue.
- Un bateau, ça coule toujours.
- Regarde, il a une quille. C'est ce qui lui permet de tenir en équilibre. Il a des voiles. Avec le vent, c'est ce qui lui permet d'avancer.
- Un bateau, ça coule.
- Un bateau, ça navigue.
- Alors je pourrai le faire aller au parc ?
- Oui. Essaie demain dans ton bain et s'il y a le moindre problème, dis-le moi.
- D'accord.
- Oui. Parce qu'un problème, ça se règle.
- Je ne veux pas aller te voir avec les grands.
- Alors ce sera entre quatre yeux.
- Lis-moi une histoire.
- Il est tard pour lire une histoire à un enfant de cinq ans.
- Non, j'ai six ans.
- Tu es né en 2002.
- Oui.
- Alors je viendrai demain soir à une heure où il est possible de lire une histoire à un petit garçon de six ans. Ta maman me dira quelle heure c'est.
- Tu m'as dit comment rêver comme je veux mais aussi il y a des mauvaises choses.
- Quelles mauvaises choses.
- Les grands.
- ...
- Mon bateau, son nom c'est Maxime Bateau.
- Tope-là, Maxime.

Publié par Cosmic Dancer à 00:43:11 dans Pirouettes et trémolos | Commentaires (1) |

Jeux de Pékin, jeux de vilains | 02 avril 2008

D'abord je n'ai jamais compris - ou alors il faut accepter définitivement ce cynisme économique qui dirige les décisions politiques - pourquoi le Comité olympique international a fait semblant de penser que le gouvernement chinois ferait amende honorable, alors même que, peut-être me trompé-je dans les dates, je n'ai pas le temps de vérifier, les intérêts de la Chine au Darfour et plus généralement sur le continent africain ne s'embarrassent pas d'histoires d'écologie, de génocides, de massacres et de droits de l'homme et que vraiment la candeur occidentale est risible à cet égard, si tant est qu'elle croit un tantinet en ses pseudo-causes, car personnellement plus je regarde ce chaos moins je conserve un semblant d'espoir - par quelle invraisemblable gageure Pékin avait été élue pour les Jeux olympiques que j'adorais à l'époque où j'étais gymnaste à cause de Nadia Comaneci que j'avais vue à la télé. Alors boycotter me paraît une pure tartufferie. Ou alors ne vendons ni tégévés ni centrales nucléaires, et surtout cessons d'acheter ces produits "made in China" pour lesquels la population de l'Empire communisto-libéral - fallait le faire - sue et saigne au cœur d'une machinerie définitivement inhumaine, car si les Tibétains en voie d'éradication, horreur encore, versent des larmes de sang et sont exécutés en masse depuis un demi-siècle, toute dissidence dans cette Chine tellement populaire fantasmée par d'anciens intellectuels reconvertis se termine une balle dans la nuque et un trafic d'organes en prime. Et ces caméras et leurs vingt secondes de décalage. Et le peuple de Chine qui souffrirait d'une déconsidération de l'honneur. Nationalismes, je vous hais.

- Mais tu es sûre que même s'ils font appel, c'est gagné ?
- Ils étaient des centaines à attendre, peut-être des milliers. On ferme notre gueule pendant un mois. Puis on l'explose.
- Tu penses vraiment que c'est verrouillé ?
- Ce ne sont pas des amateurs. Quoi qu'il arrive ensuite, ce jugement a été prononcé.
- Bon. Je vais me servir un verre.

Papa avec ses beaux cheveux blancs indomptables et son caractère renfrogné et maman avec son air gamin et ses blagues de petite fille reviennent vendredi m'aider à finaliser le départ. Tout est en vrac, en ordre. Et une musique me fait swinguer.

Publié par Cosmic Dancer à 20:39:55 dans Pirouettes et trémolos | Commentaires (8) |

Cette solitude où ça lancine | 28 mars 2008

Arrivée là le silence ressemble à une prière comme petite où je faisais semblant pour jouir des sourires de ma tante surtout en la cathédrale où je me souviens le jour du baptême à l'âge de deux ans alpaguer le curé à propos de mes chaussures vernies sous le regard compatissant de l'assemblée tellement humaine emplie d'amour pour cette blondinette que je fus, et surtout en la cathédrale car en sortant elle prenait sa guitare pour qu'on chante en anglais.

Tout déplacement géographique en un temps donné est initiatique, le patron me racontant que depuis l'explosion d'AZF la configuration, la figure de la vie en ville a changé là où j'ai dégusté des tapas avec des crevettes roses cuites au citron et saupoudrées d'ail et de persil frais. Quelle importance.

Le dénommé déjà oublié me raconte que nous pourrions dormir en frère et sœur et je le déçois en persiflant que sa proposition est inepte et qu'à son désir de jouissance le mien ne correspond pas, pas plus qu'à une fraternité sensuelle immédiate ni non plus qu'à une amitié dont les contours sont impossibles et pourtant je pose ma tête sur son épaule comme si j'allais y cesser mes complications, y reposer dans une paix effleurée un jour qui me rendrait une intelligence à vivre.

Elle. Insiste pour mon numéro de téléphone et que je reste demain soir. Je me dis alors que le fantasme a bien des visages et ce n'est pas une nouveauté. Le chat sur le toit en pente douce avec son pelage blanc et poussiéreux s'en fiche, patte de velours et coquet avec ça en vision anthropomorphique pianote. Comme je rêve d'être un chat et de copuler en silence avec Aldo mon amour à quatre pattes mort écrasé d'avoir voulu nous rejoindre sur la route de Sens. Depuis, je ne peux plus jamais adopter un félin.

Quand tu regardes les visages qui s'émeuvent sous la douce tentation de l'alcool la question qui se pose est de savoir rien, de conflit de génération à mouvement de société, je ne suis qu'éponge en phase autiste. Tant de souvenirs s'opposent au présent.

Publié par Cosmic Dancer à 00:48:08 dans Pirouettes et trémolos | Commentaires (2) |

Notes pour moi-même - I | 25 mars 2008


Chère BoM, finalement les notes sont bien où elles sont.

Publié par Cosmic Dancer à 23:29:03 dans Instantané | Commentaires (4) |

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