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Cosmic Dancer

Noir sur blanc et versa vice

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Et le Père Noël, il y croit ? | 14 février 2009

"En vérité, je vous le dis : rien ne s'oppose à ce que Richard Williamson revienne à l'Eglise, contrit, la tête basse et le visage éteint de tout enfant prodigue. Il dit des conneries, beaucoup plus qu'un évêque pourrait en bénir : ce n'est pas là l'essentiel, vu qu'en vingt siècles d'histoire qui ne furent pas de tout repos, l'Eglise a eu son content d'imbéciles autant que de prêtres qui peuplent aujourd'hui l'Enfer. Seulement, ce qui ne sera pas pardonné à M. Williamson c'est d'être un con glorieux. Le pape, qui n'est plus trop avare d'indulgences plénières depuis leur gratuité, peut tout : même pardonner la bêtise d'un homme. Mais là où s'arrête son pouvoir spirituel, c'est lorsque se présente à lui un homme dont la principale occupation n'est pas la justification par les œuvres ni par la grâce, mais la justification par la bêtise la plus crasse. À peine Williamson avait-il nié l'existence des chambres à gaz qu'on le retrouve en train de nier l'attentat du 11 septembre 2001. Il y a un peu de l'Aragon du Traité du style chez cet homme-là : “Je conchie le Vatican dans sa totalité.” Conchie, mon frère, conchie, mais ne nous fait plus ch..."

François Miclo : Mgr Williamson n'a jamais existé. Sur Causeur. Evidemment.

Publié par Cosmic Dancer à 20:29:25 dans Il n'y a pas que la littérature dans la vie | Commentaires (1) |

Mon avocat est occupé | 09 février 2009

- Bonjour, Madame la cliente.
- Bonjour, Monsieur l'assistant.
- Cet appel pour m'assurer que vous serez présente demain à la réunion de conciliation.
- Demain ?
- Demain sans faute.
- A deux cents kilomètres d'ici ?
- Deux cent trente, si vous permettez.
- Merci et félicitations, la précision est une qualité essentielle chez les juristes. Où dois-je me rendre ?
- Au tribunal des Prudhommes, quelle question ! Vous ne fréquentez pas les pages jaunes ?
- Je n'ai reçu aucune convocation.
- Bien sûr, notre cabinet ne vous a rien envoyé !
- Vous me rassurez. Je n'ai pas non plus eu connaissance de la requête relative à mon cas.
- Rien de plus normal, ce qui vous concerne ne vous regarde pas !
- Suis-je bête. Mon avocat sera-t-il à mes côtés ?
- Vous n'y songez pas, il est occupé !
- C'est donc vous qui allez me représenter ?
- J'ai ce devoir, en effet, comme vous celui de vous présenter à l'heure dite à l'adresse que vous dénicherez.
- Je suis malheureusement retenue par quelques occupations ici même, rien de bien essentiel, quelques contraintes de salariée.
- Débrouillez-vous. Ou faxez-moi une bonne excuse pour indisponibilité.
- Sans quoi ?
- L'absence du plaignant est mal vue.
- Evidemment. Puis-je accéder à mon dossier ? Vous savez, celui que j'ai moi-même préparé ?
- Je crains que ce ne soit impossible, la secrétaire l'a archivé.
- Celle qui a égaré des pièces ?
- Je ne sais pas, je vais l'interroger. Je vous tiendrai éventuellement informée.
- Cette conciliation m'étonne. En toute logique, cette affaire devait passer en jugement direct.
- Il est vrai, mais que voulez-vous, tout le monde peut se tromper ! Chez les greffiers comme les clients, nul n'est parfait ! Soyez un peu compréhensive.
- Mea culpa, je suis odieuse. Donc, si j'ai bien compris votre absence de conseil, demain nous constaterons l'inanité de cette réunion et ma présence est cependant obligatoire ?
- Vous êtes stupide ou vous provoquez ? Absence de conseil ? Mais, je viens de vous appeler ! Et sur votre présence, je vous l'ai déjà dit : c'est obli-ga-toire. Ah, ces clients, faut toujours tout leur expliquer !
- Pour constater cet infondé, exclusivement ?
- Naturellement ! Quoi d'autre ? La procédure est fautive ! En cinq minutes, l'erreur sera consignée et vous pourrez rentrer chez vous comme si de rien n'avait été !
- Chic. Et la procédure non fautive ?
- Dans moins d'un mois, selon toute probabilité.
- Cette fois-ci, je serai convoquée ?
- Si l'on y pense. A cœur vaillant, rien d'impossible !
- J'aime votre tendance chevalier. Nous ferons connaissance à l'audience, donc.
- Si j'ai le temps d'étudier ce dossier.

Publié par Cosmic Dancer à 14:04:03 dans Inaimables humeurs | Commentaires (7) |

Poèmes, vos clapets ! | 07 février 2009

Pétrie de politesse et victime de mon empathie, sournoise que je suis je refuse régulièrement des invitations à dîner en compagnie de la progéniture exceptionnelle d'amis et néanmoins parents dont la fureur de vivre et le bon goût légendaires cèdent comme fière tour de garde sous les assauts de leurs trébuchets adorés, usant de divers prétextes destinés à leur cacher hypocritement la véritable nature de ces ajournements successifs. Pierre Jourde en fait état dans le magnifique L'heure et l'ombre, dont je conseille vivement la lecture aux amoureux de littérature.
J'en voudrais presque à ces splendides écrivains qui, tout en m'insufflant le bonheur de les lire, flattent ma paresse, décrivant à ma place ces moments délicieux de la vie en société.

"J'avais à peine attaqué l'ouverture que ma voix était couverte par un bruit de déflagrations. Le poème brandissait une mitraillette futuriste, qui émettait des lueurs fluorescentes. Inébranlables, mes hôtes ne se départissaient pas d'un sourire accroché à perpétuité sur leurs visages. Mon effet était manqué. J'ai poursuivi, héroïquement, sur fond de combats de rue à Beyrouth.

Ni Jean-Luc ni ma collègue ne m'écoutaient vraiment. De temps à autre, Jean-Luc était pris d'une sorte de réflexe qui devait être assez handicapant à la longue. Son regard continuait à se diriger vers moi, sa main servait le vin de pêche, mais sa bouche articulait, toujours sur le même ton, deux syllabes. Au début, j'ai cru qu'il s'agissait d'un tic que le malheureux ne parvenait pas à contrôler. Puis j'ai compris qu'il s'agissait du prénom de son fils. Geoffrey. Il disait Geoffrey à des moments a priori aléatoires, toujours de la même manière : la dernière syllabe étirée jusqu'à l'épuisement, longtemps nasalisée dans une modulation plaintive, avec une trace de vibrato, mais à peine.
Ce n'est qu'au bout de trois ou quatre occurrences que m'est apparue la signification de cette émission sonore. Jean-Luc exerçait par elle l'autorité paternelle. Du moins tels étaient, dans sa bouche, les vestiges pétrifiés de l'autorité, dont Jean-Luc devait vaguement savoir qu'elle avait existé, il y a bien longtemps, dans un autre monde. (...) Il meuglait, pathétique bovin émasculé, la nostalgie d'un âge qu'il n'avait pas connu, où les parents étaient des parents et les enfants des enfants.

Le poème ne tenait pas longtemps une activité. Il a allumé la télévision, joué quelque temps à un jeu vidéo (...). Ses parents ne me regardaient même plus. Hypnotisés, ils fixaient les exploits virtuels de l'Alcide que, visiblement, ils s'étonnaient encore d'avoir réussi à engendrer."


Pierre Jourde, L'heure et l'ombre - L'Esprit des péninsules, 2006.


PS à l'usage de ma lectrice préférée : Baz est par nature exclu de cet ensemble.

Publié par Cosmic Dancer à 12:38:33 dans Inaimables humeurs | Commentaires (2) |

Paix aux pâtes de bonne volonté | 22 janvier 2009

Jean Peters dans La Flibustière des Antilles, Jacques Tourneur 1951.

Je suis actuellement en proie aux affres de la Révélation. Non, ce n'est pas Obamagic. Le Maître de la Sainte Eglise du Monstre en Spaghetti Volant m'ayant accordé la faveur de Sa Parole pastafarienne, je prédis une ruée sans précédent sur les prochaines collections automne-hiver ostensiblement pirates et terriblement glamour. Contrairement au keffieh qui, paraît-il, ferait fureur ces jours-ci, cette tenue religieuse n'offre aucune résistance à celui qui la (dé)croise (l'illustration ci-dessus, extraite d'un film de propagande impérialiste tourné à Hollywood grâce aux finances de la flibusterie mondiale pour subvertir les âmes de la vraie religion, loués en soient les prophètes, est un ignoble faux d'infidèle) - et pourtant, c'est de la bombe.

N'allez pas, ô amis mécréants, imaginer que je serais en passe de me convertir sur un long chemin de Bologne, Carbonara, Arrabbiata ou Marinara illuminé par la conversion du vin en sangria, celle de la bière en picon ou celle du rhum en punch. La Grâce de l'Appendice Nouilleux a cependant su toucher en moi quelques zones en chaque homme et femme de bonne volonté, quelques zones, disais-je, dites sensibles ou al dente, usant de Preuves irréfutables (vues en vraies photographies) de Son existence, Ses dogmes et Sa célébration. Ce au nez, et surtout à la barbe, des santone en mal de péchés mignons, voire en pleine crise de foi.

Que le Volcan sacré de la Sainte Trinité des extases soit sur vous.

NOTA : Ce culte, selon les dires du Grand Prêtre, ne provoquerait aucune réaction phobique connue. Mais quelques explosions de joie.

Publié par Cosmic Dancer à 16:34:37 dans Ce goût des autres | Commentaires (8) |

Le drapeau d'Israël ne brûlera pas ici | 15 janvier 2009



Depuis le début de l'offensive israélienne à Gaza, je pleure. Mais je ne pleure pas correctement. Pressée par des internautes de "condamner" fermement et publiquement l'Etat d'Israël, photos d'enfants déchiquetés à l'appui et de leurs mères en larmes, j'ai refusé de maudire Tsahal et de me déclarer solidaire des victimes civiles en participant aux manifestations où des drapeaux ont été piétinés et brûlés, où des slogans dignes des années trente ont été scandés par des femmes couvertes de tchadors qui brandissaient leurs enfants comme des victimes potentielles en hurlant "Israël assassin", "Mort à Israël", "Mort aux Juifs". Où des barbus proclamaient "Allah Akhbar" au côté de mouvements marxistes pour lesquels je pensais pourtant que "la religion est l'opium du peuple"...
Je refuse de soutenir le Hamas et sa branche armée, dont le but ultime autoproclamé dans sa charte d'anéantir l'Etat hébreu prévoyait dans un premier temps d'islamiser Gaza de peur - quelle parfaite imbécillité - que la "Palestine" ne se "judaïse".
Il y a loin, pourtant, de Sderot et Gaza à Paris, Lyon, Lille ou Marseille. Il y a loin mais chacun est sommé de se prononcer sur cette guerre. Se prononcer correctement. En récitant la doxa dont il semble qu'elle date de la guerre des Six-Jours selon laquelle Israël serait un Etat fasciste et (donc) raciste, "dominateur et belliqueux", "créé sur l'exploitation de la Shoah", souhaiterait opérer un "nettoyage ethnique" et serait coupable par mimétisme d'avoir créé un "ghetto tel que celui de Varsovie" pour y commettre un "holocauste". Inspirée par rien moins que les Naturei Karta, foncièrement antisionistes et bien pratiques - Dieudonné et Kemi Seba aiment à célébrer leurs "bons Juifs" afin de prouver qu'ils ne sont pas antisémites - et le Protocole des Sages de Sion, cette antienne espère convaincre une population toujours plus nombreuse que l'alliance révolutionnaire entre une forme de néo-marxisme, l'alter-mondialisme et l'Islam opprimé par les forces obscures "américano-sionistes", "impérialistes" conduira à l'avènement d'un ordre nouveau et angélique.
La novlangue va bon train, s'employant à rendre Israël et tous ceux - surtout Juifs - qui ne la haïssent pas, coupable des actes antisémites constatés depuis fin décembre. "Ils" l'ont bien cherché. Les "bons Juifs" ne sont pas sionistes, ils sont humains... Le choix des termes de "ghetto" et d'"holocauste" renvoie bien évidemment à ce prétendu mimétisme selon lequel "les victimes d'hier sont les bourreaux d'aujourd'hui". En déniant l'unicité de la Shoah, en refusant de considérer qu'elle appartient aux Juifs et à l'humanité entière, dont elle symbolise à jamais l'infinie cruauté, nombre de belles âmes écrasent sous leur botte l'histoire du monde et celle des hommes. En cherchant à redéfinir le terme antisémitisme (j'y reviendrai), nombre de belles âmes espèrent en nier l'existence jusqu'au sein de l'ONU.
Et avec la novlangue, le flicage intégral. Il est en effet conseillé de décliner sa nationalité, son "origine ethnique" et ses convictions religieuses avant de parler. C'est donc en tant que Française d'origine bretonne et tzigane, et agnostique, que je m'exprime.
D'aucuns brûlent leurs passeports. D'autres ce drapeau. Je brûle quant à moi mon certificat de vertu. Cette injonction à s'indigner pour que me soit reconnu le statut d'être humain, et non celui de "monstre", de "complice de crime contre l'humanité", voire de "génocidaire par procuration".
Et si je pleure, c'est d'assister à ces déferlements de haine, c'est de constater avec quelle obscénité les cadavres d'enfants gazaouis sont exploités par de sombres idéologues criant à la mort et non à la paix. Et si je pleure, c'est en espérant que les accords qui semblent se dessiner aujourd'hui mettent un terme à cette guerre. Israël, ce grand pays, a pour devoir, une fois encore, de tendre la main.

Publié par Cosmic Dancer à 14:09:55 dans Il n'y a pas que la littérature dans la vie | Commentaires (31) |

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