Accueil | Créer un blog | Blog Beauté | Blog Séries 247

Cosmic Dancer

Noir sur blanc et versa vice

Impolitesses


Moi :
Virgule, apostrophe.

arianesurunfil@yahoo.fr

Sauf mention contraire,
le contenu de cette page est sous
contrat Creative Commons.

Contrat Creative Commons



Compteur

Depuis le 01-06-2006 :
724249 visiteurs
Depuis le début du mois :
25999 visiteurs
Billets :
463 billets

J'ai l'air malin seul comme un as | 26 octobre 2007

Maman je parle avec les morts.
Dis-moi, tu le savais quand j'étais petite, au fond de ton ventre, maman !
Les vivants savent se taire parfois. Quand il s'agit de se relire.
Si on n'avait pas épuisé son stock lacrymal on pleurerait encore. On se voit muet. On persiste.
Maman, raconte ! Quelque chose d'anormal ? M'as-tu vraiment connue ? Avais-je la foi ? Est-ce que j'aimais ?

Je parle avec les morts et les morts parlent sans un bruit.
C'est une tentation étrange, ce silence. Tiens, tiens, encore un crâne bien lourd et pas un lieu où poser un cœur. Un cœur ! Maman, tu n'as pas oublié ? Parfois j'ai peur que tu m'aies rien mis entre les côtes. Suffit de me lire. C'est si niais et si musical. On en fait du bruit, avec les mots. On en fait en un temps record au rythme d'une saine saccade.
Faudrait peindre, peut-être, ou dormir.

On nous demande d'être fières, c'est la seule cause du mal.
L'enfant s'arrache le cœur très tôt. Il le met partout où ça bouge, en se promenant. Après il veut le reprendre, c'est long. C'est peut-être vain mais il veut essayer quand même, parce que vivre sans cœur...

A peine né on est là paraît-il gonflés de potentiels. Alors on plonge dans la connaissance et c'est bon. Mais le cœur tapi dans les prés - il y avait des criquets, je crois, des brumes pâles et humides, des collines charnues et terreuses, des chemins tortueux sous les arbres, c'était une douceur secrète et l'enfant bien élevé, bien sage, bon élève, se recueillait. Il n'avait que ça à faire, dire Amen, dire Que c'est beau, que c'est merveilleux la vie. Ça lui entrait dans l'épiderme par vagues et il la reniflait comme un chat, puis il posait son cœur méthodiquement dans un champ de blé, sur des racines de marronnier, dans la boue des chemins de fermes.

On dit d'elles qu'elles avaient "des facilités pour tout, une passion véritable, mais une étrange langueur". Elles seules savent qu'elles sont bêtes. C'est égal.

Le petit cœur battait tranquillement à côté du vélo jeté dans le fossé, et allongées sur l'herbe fraîche, mortes ou vivantes rien ne comptait.

Plus tard on nomma cela de la hauteur, de la beauté, de la grandeur d'âme et autres fadaises.

Ce qui saignait éperdument, stupidement, ça n'avait pas de nom. Ça se voyait, ça flitrait, ça créait quelques étincelles, c'était gênant comme une tique, ça démangeait. Et ça se noyait très facilement dans le vin.

Puis ça revendiquait un droit à la santé. Tout un programme.

Avant tout, cette chose ne pouvait pas se taire, mais parler ou ne pas parler ça ignorait comment être. Alors ça se faisait aider par les livres. Au fond ça continuait à bien savoir avec qui ça parlait. Et ça allait se coucher en refermant la porte.

(T'as juste besoin d'un peu de répit, pas de peur, je t'ai laissé un message vocal.)

Publié par Cosmic Dancer à 10:03:10 dans Au musée des horreurs | Commentaires (1) |

Place de la Paix | 24 octobre 2007

En cet après-midi unique ils se savaient uniques. Uniques et respectables. Ils se savaient uniques et seuls. Le déchirement n'était pas factice, pas plus que la faim supérieure torturant leurs entrailles. Ils se mordirent. Ils ne pouvaient que se mordre et se taire. Place de la Paix, ils s'aimèrent : ils perdaient l'usage du mensonge. Place de la Paix, ils ignorèrent le monde où ils étaient blessés.

Jean-Pierre Théolier - Résidence. Z'avez qu'à chercher sur le ouèbe.

Publié par Cosmic Dancer à 13:12:48 dans Ce goût des autres | Commentaires (1) |

Peut-être qu'un jour | 23 octobre 2007

Peut-être qu'un jour nous prendrons la mesure exacte de ce pressentiment.

Lorsque nous déploierons ces "forces herculéennes que requiert la vie sentimentale". Chacun devrait pouvoir dire au monde que l'ultime courage est d'aimer et que l'amour est incompatible avec nos vues sécuritaires, empressées, candides images d'un bon élève qui a négocié ses bons points et colle sur un album des figures mièvres, douce bibliothèque bleue des temps jadis, à jamais nostalgie d'enfant sage. Voyons-nous, toujours à râler, encore tout à l'heure à la gare parce que les guichetiers œuvrent comme d'anonymes psychothérapeutes et de fugaces médecins des âmes, dévoués rassurant la vieille femme, traînant dans la conversation autant que sa jambe inutile s'affale à côté de sa canne remboursée au moindre prix car au moindre à la voir elle fut investie, s'agrippe à l'employé qui la sauve un instant de la tuerie quotidienne - non, vieillir n'est pas se trouver -, qui la sauve un instant parce qu'un instant il aime, pense à maman, à mamie, à tata, et que c'est là seulement qu'il pourra dire son empathie, sans vocable particulier, sans rien d'autre que ce temps absurde auquel il est précisément en train d'échapper, ne regarde plus son ordinateur, converse, agace la queue révoltée en silence de dizaines qui eux-mêmes fuient ce temps ou le cherchent et essaient en groupe de grogner, balançant partout des regards, en quête d'assentiment discret, mais un secret intime les en dissuade, conjuratif ainsi que ta faculté à te taire vibratile parlant, qui ne se dira jamais parce que de ce temps même ils ne voudront finalement rien savoir, comme toi, comme moi, nous le savons et refusons de le nommer. La sécurité, dans ce cas, a le goût âcre de l'impatience à consommer, à l'envie dure de machines rapides à tickets qui ne diront rien, qui ne fourniront jamais que la garantie du voyage sous condition seulement, sous condition. La carte à fric, la carte à dire que tout est normal aujourd'hui, température clémente pour la saison, trafic régularisé, sièges numérotés, jingle pénible authentifié, gueuleries habituelles sur les quais, brouhaha des histoires de valises, de places réservées, attention mesdames et messieurs le wagon-bar est à votre disposition voiture 5.

Publié par Cosmic Dancer à 21:00:02 dans Pirouettes et trémolos | Commentaires (11) |

Pschittttttt | 20 octobre 2007


Publié par Cosmic Dancer à 13:46:27 dans Infos à peine pratiques | Commentaires (1) |

En vie | 18 octobre 2007


Avec ce ciel joyeux, ce vent tendre et cette lumière, avec l'appel du temps, je fonds rose et coule parme
Corps-sève, assouplie, l'épiderme en tension, les doigts chantants je danse en marchant, je danse en parlant, je danse en rêve aussi
Nuque folle, lèvres alourdies, hanches légères, seins arrondis
Et cette envie de jardin en bord de mer, sous la douceur d'un arbre, courtisée par la bise
Caressante du pied jusqu'aux cils, heureuse de la douceur des jours, de la douceur de vivre
Sandales blanches à brides fines, jeter
Robe de lin transparente, ouvrir
Corps libéré, courir
Vers l'accalmie de mon désir comme on plonge sous les vagues
Et bouche ouverte sur le silence
Noyer ma joie

Publié par Cosmic Dancer à 21:59:49 dans Pirouettes et trémolos | Commentaires (5) |

<< |1| 2| 3| 4| 5| 6| 7| 8| 9| 10| 11| 12| 13| 14| 15| 16| 17| 18| 19| 20| 21| 22| 23| 24| 25| 26| 27| 28| 29| 30| 31| 32| 33| 34| 35| 36| 37| 38| 39| 40| 41| 42| 43| 44| 45| 46| 47| 48| 49| 50| 51| 52| 53| 54| 55| 56| 57| 58| 59| 60| 61| 62| 63| 64| 65| 66| 67| 68| 69| 70| 71| 72| 73| 74| 75| 76| 77| 78| 79| 80| 81| 82| 83| 84| 85| 86| 87| 88| 89| 90| 91| 92| >>