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Cosmic Dancer

Noir sur blanc et versa vice

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Lettre à D., histoire d'un amour | 22 novembre 2007

Mais rien de tout cela ne peut rendre compte du lien invisible par lequel nous nous sommes sentis unis dès le début. Nous avions beau être profondément dissemblables, je n'en sentais pas moins que quelque chose de fondamental nous était commun, une sorte de blessure originaire - tout à l'heure je parlais d'"expérience fondatrice" : l'expérience de l'insécurité. La nature de celle-ci n'était pas la même chez toi et chez moi. Peu importe : pour toi comme pour moi elle signifiait que nous n'avions pas dans le monde une place assurée. Nous n'aurions que celle que nous ferions. Nous avions à assumer notre autonomie et je découvrirais par la suite que tu y étais mieux préparée que moi.

André Gorz - Lettre à D. Histoire d'un amour - Ed. Galilée, 2007.

Publié par Cosmic Dancer à 21:43:51 dans Ce goût des autres | Commentaires (7) |

Un coup de | 20 novembre 2007


Jamais n'abolira le blizzard le hasard le chauffard le cuitard le queutard le bazar le tocard le rencart le smicard le taular le trouillard le froussard le zonard le quazar le bobard le mitard le snobar le lézard le nibar le crobar le trop tard le nanar le zanzibar le pétard le crevard le bâtard le char le slibar le qatar le renard le plumard le soudard le tricard le ricard le vantard le quart le babar le rare la tare la mare la barre l'avare l'arrhe la.

Rendue là, la sensibilité qui fait vroum vroum, le rêve, l'élan, le cœur en peluche et le sourire en croissant de lune s'apparentent moins à une découverte fragile où l'émotion joue de l'allegro à l'andante, soulevant des vagues, de saints cantiques et des démons, qu'à un manque de discernement pathétique dont on cherchera l'origine dans le cri primal ou, plus vaguement, dans les aléas des claviers ou, plus classiquement, dans les études des sociologues - sans moi.

- Je t'avais bien dit de rester sauvage et d'apprendre l'égoïsme aussi.
- Scie égoïne, ça fleure bon les sapins coupés qu'on regardera mourir à Noël, cher simulacre, sacré soldé. Emmène-moi loin d'ici.

Publié par Cosmic Dancer à 23:52:28 dans Pirouettes et trémolos | Commentaires (8) |

Je t'aime ma bête | 20 novembre 2007

L'Idée n'a pas mes yeux, mon visage et mon corps jetés en pâture au vacarme.

Je t'aime ma bête. Dans tes terminaisons verbeuses, nerveuses, l'instinct sauvage qui t'électrise du bas des reins à l'encéphale, forêt bruissante, muette et diserte et bavarde et je vous emmerde. Dans tes narines le goût de l'odeur, larges comme des baies, une fragrance primesautière. Ta nonchalance est éternelle, avec elle tes sens aux aguêts, sniffe, sens. Panse tes plaies en fuyant la meute - l'humain en toi donnera spectacle, ô charme de l'indiscernable. Panse tes plaies, marche. Du désert tu connais l'absence et la bonté anthropophage.

Mon tapis de jeu vous plaît ? L'empathie est sa douce fringale, péché mineur et chérissable. Venez à lui tandis que moi égoïstement je sirote un vin, slurp, slurp, et je fume mes mains, tsouin tsouin.

Je t'aime ma bête avec ta gueule de tragédie inconséquente et ton appétit insatiable. L'hiver est rude, je te cède la place. Renifle, cherche, cherche une trace sur le bitume, plus loin, dans les champs sertis de forêts, jouis de la pluie cinglant sur ta peau, frémis silence en ta fourrure, ta peau, ton suprême canular, luisant. C'est moi ma bête, moi qui baise de mes doigts ton poil, qui l'entretiens, le fouille, le lustre en son soyeux. Ouvre ta gueule sous la fougère, je sniffe le goût du gland amer, l'emprise du chêne.
- Salut P., tu me sers un verre ?
- Salut toi ! Ça va ?
- Super !

C'est pour vous qu'on se bat, camarades.
Bien sûr, of course, certo, siguro, natürlich, z'êtes trop bons, je récite le credo annuel.

Je t'aime ma bête. Le passé, l'avenir tu t'en fous. Le présent n'a pas d'existence.
- Tu es tellement jolie.
- Ça me fait une belle jambe.
- Te plains pas, t'as de la chance.
- Ah ouais, c'est si fondamental. Support, surface, ma superficie ne va pas crier scandale. Planeur dans le vide, ça plane.
- Pourquoi les gens se rencontrent pas ?
- Parce qu'ils le veulent pas, quelle question.

Je t'aime ma bête, solitaire majeure, intouchable.
Ça sent la terre humidifiée quand l'air se charge de cyclones et que ton corps entier l'avale, feuilles pourrissantes, vers à l'ouvrage, atomes de morts, j'ai pas compris la fin de l'histoire selon Muray, l'heure du diable et l'heure de ma bête ne sont pas à philosopher.

L'homme au comptoir - un bon sauvage - me prend l'œil d'un œil solitaire et en partant me dit bonsoir.

Bonsoir ma bête. A la revoyure dans les naufrages.

Tu te souviens, toi, tu te souviens d'une main de femme. Ma bête a l'adresse sans mémoire.

Go working Babe
Go working Babe
Shut up and work and.

Publié par Cosmic Dancer à 21:45:25 dans Inaimables humeurs | Commentaires (2) |

Make Gloves Not War | 17 novembre 2007

Publié par Cosmic Dancer à 09:14:37 dans Pirouettes et trémolos | Commentaires (5) |

Fatalitas | 15 novembre 2007


Soyons fous : vivons !

Publié par Cosmic Dancer à 21:15:54 dans Pirouettes et trémolos | Commentaires (11) |

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