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Cosmic Dancer

Noir sur blanc et versa vice - Stèle avec des soubresauts

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Rions sur l'herbe car un jour peu importe | 29 décembre 2007


Parfois, comme une lame déchirant l'espace, l'envie de silence sera la plus forte
D'un coup, il n'y aura plus rien.



Longtemps j'ai cru que le silence était létal et si je l'ai cru, tâchant de saisir dans l'alarme du cri des corneilles sur les champs laborieux et pâles un genre de charme grave et vital magnifié par les brumes sans âme que le paysan observe pour sa météorologie, le mémoriser tel une aventure à transmettre à défaut de paroles humaines pesant leur poids considérable en terme d'avenir, c'est que c'était incontournable. Comme si au-delà du périmètre de cette campagne - à quel point la géographie modèle le poids de la mémoire - comment nomme-t-on une mémoire sans image et sans mots, mémoire sensitive, jouissive et atroce absence, fracas de silence étripé sur l'autel d'un devoir, tout interlocuteur à venir exigeant le récit d'un conte, entêtement des mythologies, je souhaite l'ignorer pour toujours à l'heure qu'il est. Si je l'ai cru c'est que Dalida la veille de son suicide, peut-être, nous avait offert son ficcus qui traînait devant la bâtisse dans une de ces rues de Montmartre où l'on frimait en promenades digestives pour faire passer les spaghettis. Ou bien non. Parce que je m'étais perdue dans les dédales des caves de la cité, serrant ma poupée Pif-Gadget contre mon cou, émergeant de ces moisissures en larmes dans les bras d'une maman marocaine qui m'avait ramenée chez la mienne. Ou bien non. Parce que j'errais dans les rues de la capitale en quête de sens comme si le bitume et l'architecture parisienne allaient m'expliquer ce chaos. Ou bien non.

Ce silence qui puait la mort inconnue mais soupçonnée si fort depuis le début des temps, comme si en moi, comme si en chacun si pensable, pour peu qu'on l'écoute si possible, le cri sans verbe de nos ancêtres à la main nue implorait encore la mémoire sans savoir de qui elle parlait, en ces temps où la gravité innommée, inconçue, discernait le geste de vivre et celui de se taire. Mais étaient-ils incompatibles. J'ai chaud en hiver, je grelotte en été, qu'est-ce à dire.

Je l'ai combattu, dans la quatre-ailes, dans la Manta, dans une chambre encombrée de signes, dans une vie de signes encombrée. Rions, neveux, quand on trimballe les courses à pied parce que la Fiat nous fait la gueule, heureux 15 heures à 15 degrés.

Souvent pourtant je devenais autistique, aujourd'hui je ne sais plus. Incompétence à vivre, sans doute. Dans le cyber, ça c'est sûr. En dehors, ça le devient parfois chaque jour un peu plus, semble-t-il, de toute éternité conclu. Le temps des cris, le temps des chants à la nuit sans lampions des villes, le temps des douceurs de la vie me semble appartenir à quelqu'un d'autre, or si jamais il appartînt, c'est au désir.

Ce grand vide que nous fustigeons ne sera jamais que celui que je crée sans connaissance de cause. Il en est certains plus doués que d'autres. Nous avions été résignés, disions-nous, et nous rêvions de renaissance. Je me suis égratignée lentement, toute seule comme une grande, puis j'ai creusé c'est misérable. J'ignore où sont passés les mots qui étaient mon salut car les alphabets de la terre en galaxies furieuses ont fait acte de collision. La plupart se déchirent encore, infiniment soumis et suicidaires, sales stridences, je ne vois plus rien. Indigne, certainement. Beauté fragile, inespérée, je l'ai tuée de mes mains, semble-t-il.

Quand ton sourire, Allal, quand ton flip sur le porc, Smaïl, grosse plaisanterie enfin entre nous arqués sur la table équivalant à mon dégoût des escargots, me ramènent doucement au quotidien, cette paix que je n'ai jamais souhaitée en tant que telle, martelant le monde en acharnée au grand dam de mes chers aimés, nerveuse, tant d'autres, crevant de misères assassines, crevant de cynisme ou de larmes. Famille de ouf, je ne te hais point.

Mais si je t'aimais comme une aspiration au calme, toutes choses équivalentes entre elles, je mourrais de ne savoir vivre.

Publié par Cosmic Dancer à 03:59:50 dans Infos à peine pratiques | Commentaires (3) |

Ne me demande pas pourquoi | 27 décembre 2007


Parfois, comme une lame déchirant l'espace, l'envie de silence sera la plus forte
D'un coup, il n'y aura plus rien.

Publié par Cosmic Dancer à 22:27:02 dans Infos à peine pratiques | Commentaires (1) |

Mes bien chers frères, mes bien chères soeurs | 21 décembre 2007

Alors même que les préparatifs ardents de la sainte trève des confiseurs me somment de courir les supermarchés, voire les boutiques de luxe à bas prix que quelques magazines pris de pitié pour mon pouvoir d'achat n'ont pas manqué de me conseiller, afin de me rendre heureuse tout de même, c'est le moment ou jamais, n'est-ce pas, je viens ici immoler publiquement mes méchantes insinuations sur la non-existence du Père Noël.

Vraiment, comment peut-on encore douter quand le slip kangourou de Bercy se secoue les boules au Vatican ?

C'est beau, ce clin d'œil populaire. Presque aussi beau que ma Rolex à Disneyland.

Publié par Cosmic Dancer à 15:12:18 dans Déversoir à gros mots | Commentaires (73) |

Ce n'était pas la paix, c'était pire | 17 décembre 2007


"Le sexe n'est pas l'amour, ce n'est qu'un territoire que l'amour s'approprie."

Milan Kundera. Le livre du rire et de l'oubli.

Publié par Cosmic Dancer à 21:41:11 dans Pirouettes et trémolos | Commentaires (7) |

De la difficulté des femmes à élever seule un enfant - De l'art du secrétariat à 5 ans | 16 décembre 2007

Enfin !

Les études se multiplient, les experts s'arrachent les cheveux et la primeur des idées : oui, les femmes élevant seule un enfant se paupérisent dangereusement, et leur quotidien lorsque le père se décharge d'absolument tout devoir - moral et financier -, et - inqualifiable - toute présence aimante et tout rôle structurant - est un enfer dont voici un exemple, inspiré par un commentaire de l'entarteur M1lin - sans aucune confusion possible, pourtant, entre Jacques Martin, Claude François et Alain Delon (absolvez-moi pour cette digression inutile). Ou comment une mère jonglant entre vie professionnelle - collecte de pièces jaunes - et éducation de l'enfant à son soin unique incombant, perd un job, la face, toute dignité sociale et tout espoir d'apparaître comme potentiellement sérieuse, bien que, à la réflexion, entre la pause café admise en tant que tradition (mais exprimable) et la pause intestinale dont l'universalisme devrait, dans un monde idéal, réveiller toutes les empathies, le différentiel en terme de perte de productivité soit à peu près identique :

- Allô ?
- Allllllloooooo... Bonjour...
- Bonjour, petite. Est-ce que ta maman est là ?
- Oui, Monsieur...
- Je voudrais lui parler, c'est pour du travail.
- Heueueueueueu...
- Tu veux bien lui dire qu'un monsieur appelle pour du travail ?
- Ben heueueueueueueu...
- Elle est là, ta maman ?
- Oui. Mais elle ne peut pas venir, là, elle...
- ...
- Elle est en train de faire caca.

Publié par Cosmic Dancer à 23:09:24 dans Inaimables humeurs | Commentaires (20) |

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