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Cosmic Dancer

Noir sur blanc et versa vice - Stèle avec des soubresauts

Intouchable | 06 mai 2007


Je me suis demandé à qui appartenaient les pieds, les millions de pieds qui ont creusé la pierre des marches dans les blocks. Millions de pèlerins silencieux accrochés à la rampe pour ne pas défaillir, le corps pris de douleurs de la nuque aux orteils, cherchant l'air quand l'air est lourd entre les bâtiments de brique. Les arbres ont beau étendre leurs bourgeons et les corneilles batifoler, la pelouse crier de vert, ils sont là ceux par qui le grand mal fut révélé, négation mécanique industrielle de l'humanité.

Inscriptions de disparus sur les murs des cellules. Comme un cauchemard connu, impossible de s'y résoudre. Fours et rampes de portage. Impossible de s'y résoudre. Mur réservé aux fusillés, leur horizon entre trois murs. Impossible de s'y résoudre. Blocks de bois reconstruits après destruction des nazis pour faire disparaître les preuves, encore, toujours, puis de prisonniers survivants pour se réchauffer, air froid glacé, rats et vermines, faim, soif, folie, latrines infectes. Impossible de s'y résoudre. Rails, sélection, amas de souliers sans lacets, tonnes de chevelure - les cheveux des morts avec le temps se teintent tous du même jaune sale. Impossible de s'y résoudre. Galeries de photos, fierté de zélés fonctionnaires, milliers et centaines de milliers, milliers de milliers.

Ils sont là ceux par qui le mal fut révélé. Ceux par qui le monde a pris conscience et jugé et interdit que ça recommence.

Pourtant. Où sont-ils, ces millions de pieds qui ont creusé la pierre des marches dans les blocks tandis que se succèdent les massacres. Où sont-ils, ceux qui sont venus jusqu'ici, pour dire aux salopards révisionnistes et négationnistes d'aller se faire foutre avec leurs saloperies de comptables minutieux et pervers, jouissant de leur paranoïaques dérives, pour dire aux salopards qui accusent les juifs de profiter du Crime de rejoindre dans l'enfer des consciences les bourreaux et leurs calculettes.

Je me questionnais. Je refuse qu'on retire aux juifs qui se rendent ici pour prier en mémoire des leurs éradiqués jusque dans les fiches si bien tenues de l'horreur le droit de venir ici prier en mémoire des leurs. Je refuse qu'on reproche aux juifs de porter cette mémoire au prétexte infâme et non avenu que d'autres compagnons d'enfer - tziganes et Polonais, et Russes, tous résistants aussi - disparurent avec eux, dans l'administration de la haine. Tous ceux qui furent exécutés, ici à Auschwitz-Birkenau, et ailleurs à Treblinka, Dachau et ailleurs hurlent dans nos mémoires.

Oui, cet endroit est intouchable. Oui, cette mémoire est particulière. Et oui, elle est le lot de tous, sans exception aucune.

Publié par Cosmic Dancer à 19:23:48 dans Il n'y a pas que la littérature dans la vie | Commentaires (4) |

A l'eau-de-vie de blé | 02 mai 2007


Yeux bleus, yeux noirs
Famille Nuit Noire si
tant
tellement
complètement atypique - typiques Polacks fous à hurler de bonheur, buvons
- 70 degrés passe encore : inspire, retiens, expire, veille à ne pas laisser passer l'air
Brûle, brûle, l'œsophage crie au crime - 90, je m'y fierai pas, petite joueuse française

Yeux noirs, yeux bleus, catholiques, musulmans tatares
croyants et bouffant du curé à béret de mohair et de la bigote encalottée
pas cinq fois ni même une la prière et personne envoilé - anormaux Polonais
Fous de Polonais, famille de fous, mes amours rugissant à l'Est
Franches gueules et bras qui brûlent en embrassades,
avides riant de gorge bouffante

O vous. Européens bien plus que nous, universels, vous
doux
si doux
Moi pas messe, vous s'en fout
Cœurs tendres, grands cœurs, c'est tout.

Toi, ma sœur. Surtout.

Publié par Cosmic Dancer à 21:53:44 dans Ce goût des autres | Commentaires (9) |

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