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Cosmic Dancer

Noir sur blanc et versa vice - Stèle avec des soubresauts

Aux larmes, citoyennes | 07 novembre 2006

Tandis qu'en Iran, notamment, on assassine les "mal voilées", tandis que partout dans le monde sous le joug de la domination masculine qu'il représente, le voile sous toutes ses formes - et qu'on ne vienne pas m'emmerder avec les nuances "grille ou sans grille", "noir ou couleur", "court ou long" - est courageusement combattu par des femmes au péril de leur vie, la Grande-Bretagne cède au chantage des ultras. Vu les problèmes récurrents qui se posent dans les hôpitaux de France lorsqu'ils reçoivent des musulmanes et leurs garde-chiourmes, ces maris pour qui l'acte de poser un regard sur elles vaut déclaration de guerre, et après la loi sur le voile à l'école qui a été tellement controversée, va-t-on devoir communautariser les services de santé publique au nom du respect de l'islam ? Déjà, des étudiantes infirmières refusent de retirer cette abjection dont il faudra enfin un jour cesser de proclamer qu'il s'agit d'un signe religieux.

Commençons par la base. Moi, en tant que locuteur, on va dire. De notoriété publique agnostique, certes. Cela m'ôte-t-il le droit de penser les croyances, mœurs et coutumes d'autrui ? Ensuite, non arabophone, à mon grand regret, ce qui me vaut de me manger l'argument selon lequel, et à tout jamais, les subtilités théologiques du Coran me sont inaccessibles. Ma réponse : ainsi en va-t-il de tous les discours cryptés à l'usage de leurs seuls zélateurs. Cela m'ôte-t-il le droit de juger du voile islamique et des conséquences de son port dans les services publics ?

Terminologie, maintenant. Vaste débat qui oppose les exégètes, jouant à coups d'interprétations interminables le devenir bien réel de femmes et de jeunes filles en danger de mort ici, en situation d'être vitriolées, battues et violées là. Qu'il s'agisse du hijab, du khimar, de la milaab, du ridaa, du izar et autres burqhas, le problème est unique. Selon l'historien égyptien Mansour Fahmy, qui a consacré une thèse au sujet, "le voile est l'œuvre des mœurs", non du précepte religieux. Son étude de la mode vestimentaire depuis l'Hégire jusqu'au début du XXe siècle est à cet égard édifiante : la relation entre voile et claustration y est clairement établie, ainsi que ses diverses fonctions sociétales selon les lieux et les époques. Il faut être aussi lamentable que l'universitaire François Burgat dans L'Islamisme en face, pour prôner la tolérance et considérer que le voile est une liberté choisie par celles qui le portent. Oui, on le sait, révolution iranienne, cache-amant, protection vitale sous le règne des caïds... Mais enfin, c'est une "loi" édictée par des hommes, et quels hommes !

Ethocentrisme ? On me l'a reproché mille fois : "Toi, en tant qu'Européenne, évidemment...", blablabla. Même remarque que précédemment : je ne vois pas en quoi le fait d'être Européenne, et Française en l'occurrence, m'ôterait le droit de condamner les violences faites aux femmes. Et qu'on ne vienne pas me dire qu'il n'existe aucun rapport entre le port du voile et la répression sexuée ! Intolérance ? Oui, et je le revendique, au nom de la laïcité, valeur que partagent, au demeurant, bien des humains sur terre, de tous pays et toutes confessions, pour qui le savoir vivre ensemble et en paix, dans la dignité, se situe largement au-dessus des particularismes quels qu'ils soient, religieux ou pas. Et De Villiers peut aller se rhabiller, pour le coup, lorsqu'il exploite le filon pour renforcer ses troupes. Il n'a pas le monopole de l'attachement à la laïcité, ni celui de la défense des opprimées.

Transformer une patiente en pingouin, au prétexte que son mâle attitré est susceptible des couilles, ou au prétexte qu'elle considère son corps comme un sanctuaire que seule une femme, voire seule une musulmane, saurait soigner, est-ce faire preuve de respect envers l'ensemble des femmes, encore une fois, et de toute éternité ? Et que dire de la République, une fois de plus, dont les institutions devraient se soumettre à la loi de la burne ?

Pleurons, citoyennes, car la lâcheté condamne les femmes à n'être que le résidu de leur état civil.

AJOUT tardif. Et bienheureuse de l'avoir découvert, à l'instant. Bonne lecture.

Publié par Cosmic Dancer à 13:52:44 dans Il n'y a pas que la littérature dans la vie | Commentaires (64) |

Victimisation aux enchères | 06 novembre 2006

A défaut d'intellectuels prenant en considération l'ensemble des événements traumatisants et banalisés qui adviennent en France, ou qui, lorsqu'ils l'osent, se voient immédiatement dénoncés comme néo-conservateurs, voire néo-fascistes éventuellement islamophobes (Finkelkraut, Brückner, Brighelli, Redeker...), à défaut d'une volonté politique réelle et homogène de reconstruction républicaine, à force de coups médiatiques et de discours démagos, je deviens plus pessimiste de jour en jour. Les crapules des banlieues se plaignent de maltraitance de la part des forces de l'ordre, et l'information traite outrageusement de leurs exactions, on l'a suffisamment dit, tout en victimisant à outrance une population certes mal lotie. Dans le même temps, j'entends un nombre croissant de personnes s'indigner - à juste titre - que soient passées sous silence d'autres agressions, telle celle de Grenoble récemment, dont on ne trouve écho que dans Le Parisien et... sur le site FN de VoxGalliae. Ceux-là, d'ailleurs, n'iront jamais se plaindre que personne ne s'insurge contre la décision d'un maire breton d'ériger une statue de Jean-Paul II dans sa commune, hormis ses administrés et quelques associations laïques vigilantes.

Ce que j'essaie de dire, c'est qu'aujourd'hui chacun semble guetter et comptabiliser les articles de presse et décisions juridiques ou judiciaires concernant ses souffrances ou exploits déviants, en bon psychopathe collectionnant les comptes rendus de ses crimes. Chacun constate, d'autre part, et certainement chacun avec raison, que les violences policières dont seraient victimes les jeunes des banlieues sont passées sous silence, tout comme le sont nombre de leurs actes criminels. Pour exemple, la focalisation sur les voyous électrocutés l'an dernier, et l'absence de commentaires au sujet du père de famille assassiné dans le même temps. Ou encore le mutisme des politiques au sujet du professeur de philosophie toulousain. Sans compter la connerie de la Ligue des droits de l'homme et du MRAP, dont la bonne nouvelle est quand même que ses militants remettent enfin en question les délires d'Aounit.

Bientôt, si le rapport Machelon entraîne une abrogation de la loi de 1905 selon le vœu de Sarkozy, car c'est bien de cela qu'il s'agit, on entendra les doléances des catholiques, des protestants, des juifs, des témoins de Jéhovah et des scientologues en insurrection contre l'injustice consistant à ne financer que les constructions de mosquées.

La liste serait longue et fastidieuse, mais la conclusion est simple : Le Pen engrange des voix en silence, et il n'a pour ce faire aucun besoin de descendre dans l'arène électoraliste. Manœuvres et lâchetés politiciennes œuvrent pour lui.

Publié par Cosmic Dancer à 10:23:13 dans Il n'y a pas que la littérature dans la vie | Commentaires (45) |

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