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"Ce que je veux dire, c'est... enfin... gardez-vous d'oublier que nous ne sommes que des créatures issues de la poussière. Oui, c'est peu comme encouragement, il faut bien se mettre ça dans la tête. Mais cela dit et compte tenu somme toute d'un mauvais départ, les choses pourraient être pires. Aussi je suis persuadé en ce qui me concerne que même dans une situation aussi pourrie nous saurons nous en tirer. Vous me saisissez ?"
D'où cet optimisme fracassant qui sautille sur les trottoirs parisiens, caressé par de belles rencontres, parenthèses enchantées et furtives. Tout le reste serait littérature s'ils n'existaient pas.
Publié par Cosmic Dancer à 17:04:39 dans Pirouettes et trémolos | Commentaires (7) | Permaliens
Portugal, Coupe du monde de football 2006, 21 juin.
Les voyages, les voyageurs - il en est tant d'espèces !
Tant de nationalités dans le monde ! Tant de professions ! Tant de gens !
Tant de directions diverses qui se peuvent donner à la vie,
La vie, au bout du compte, au fond toujours, toujours la même !
Tant de visages singuliers ! Tous les visages sont singuliers
Et rien ne donne autant le sens du sacré que de beaucoup regarder les gens.
Voici qu'enfin la fraternité n'est plus une idée révolutionnaire.
Fernando Pessoa - Ode maritime - Editions Fata Morgana.
Publié par Cosmic Dancer à 15:33:30 dans Pirouettes et trémolos | Commentaires (7) | Permaliens
Mon chat est un nombre primaire. La preuve : il a sept vies. Comme tous les nombres primaires, mon chat n’est divisible que par lui-même. La preuve : personne ne s’est jamais risqué à essayer de le couper en quatre. Comme tous les nombres primaires, il est impair : il n’a que trois pattes, ayant perdu la quatrième au cours d’un raid entre la boulangerie de la rue Saint-Jacques et la place de la Laiterie. Il est le résultat d’une addition de nombres primaires : évidemment! Un chat est un chat et les chats font des chats. Enfin, lorsque mon chat se reproduit, comme il est gris, comme tous les chats et comme ces jours neigeux dans leur étoffe d’hiver, il devient impossible de connaître le nombre exact de sa descendance sans émettre des hypothèses improbables nécessitant des super-calculateurs.
Mon chat s’en fout. En bon nombre primaire, il rend impossible toute tentative de formuler une règle qui permettrait de le situer dans l’espace-temps puisqu’il est le produit de la suite immémoriale des nombres primaires depuis l’origine des chats.
Nombreux sont les savants qui, penchés sur le cas de mon chat, ont mal fini, les pauvres. L’utilité de mon chat est cependant fondamentale : c’est un grand cryptographe, un cryptographe comme on en fait rarement étant donné là où on est rendus dans les calculs de suites de nombres primaires qui ont rendu les savants fous.
C’est Manoli qui me l’a dit, et en bon mathématicien il estime que mon chat n’est cependant pas tout à fait premier. Mon chat s’en fout, il n’a rien de concurrentiel et pour vivre heureux, vit caché. Quant à moi, je ne suis pas une reine du calcul. Manoli ne m’en tient pas rigueur, c’est l’essentiel.
Publié par Cosmic Dancer à 19:45:50 dans Laser Jets | Commentaires (10) | Permaliens
Ayant gagné de me faire offrir quelques nombreux verres de bordeaux au comptoir, je n'avais vraiment plus soif. L'enjeu suivant a donc porté sur un paquet de cigarettes, et là encore l'adage populaire a sévi : "Heureux au jeu...". Les parties interminables que nous jouions depuis deux semaines en tête, il continuait à perdre. Aux échecs, me dit-il, ce serait pire. - Patron, un paquet de clopes pour la dame. - Je serais toi, je ne jouerais plus avec elle ! - Allez, les garçons, vous êtes mignons quand vous êtes solidaires...
Mieux valait donc m'initier à la belote de comptoir, mais après quelques tours de chauffe, il perdait manche sur manche. Or ces défis répétés empreints d'une geste particulière et de dialogues à double tiroir ont un côté plus qu'obsédant auprès duquel l'addiction bloguesque peut se faire porter pâle.
Manifestement amusé, grand joueur, risqueur, il continuait à sourire, d'un petit air gentiment provocant, avec cette fossette énervante au coin des lèvres qu'il mordillait pour me déconcentrer - en vain, car je me cramponnais aux cartes comme l'errante au désert s'en remet à sa gourde. Alors à la fermeture on est partis danser, puisque je venais de gagner qu'il m'offre une piste. Toujours désireux de prendre sa revanche, il m'a proposé un jeu de devinettes. Qui se joue penchés sur le bar, après avoir bu trois vodkas et s'être enflammé sur le ring, et se dit tout bas dans le creux de l'oreille.
Il a gagné une nuit câline douce et torride, ou peut-être bien que c'était moi.
Publié par Cosmic Dancer à 19:43:39 dans Une semaine érotique | Commentaires (2) | Permaliens
Si tu insistes, et puisque tu es charmant, c'est d'accord, je t'invite à la maison.
Si tu insistes, et puisque tu es marrant, je t'offre du vin et des noix à croquer si tu as faim.
Si tu insistes, et puisque tu es parlant, je traîne avec toi au coeur de la nuit et le croissant de lune est magnifiquement ocre dans l'horizon violet.
Si tu insistes, je veux bien que tu dormes ici, mais sur mon canapé-lit.
N'insiste pas, écoute, je t'ai dit...
C'est vrai que tu es touchant lorsque tu baisses les yeux, c'est vrai que tes yeux sont tendres, c'est vrai que tu es amusant quand tu te mets à parler tout seul mais justement parler tout seul c'est pas marrant et je ne suis pas psychanalyste. C'est vrai pourtant que tes mains sont belles. Mais voilà, non.
N'insiste pas, écoute, je t'ai dit...
Plaisir qu'à prendre, j'ai pas envie.
D'accord, à demain, bisou, bonne nuit.
Tu verras, mes petits-déj, on ne s'en remet pas !
Publié par Cosmic Dancer à 15:08:00 dans Sublimations forcées | Commentaires (8) | Permaliens
Oui ?