Je vous expose ici quelques éléments de mon humble existence, mes études de droit et de sciences politiques ne suffisant pas à me protéger de l'oisiveté, mère de tous les vices. Je tâcherai d'étoffer ce blog de mes réflexions, tombant systématiquement dans le préjugé et les poncifs. Pour vous mes amis, j'ai même décidé de vous faire partager mes goûts : retrouvez certaines de mes expériences culinaires les plus farfelues, coups de coeur littéraires, télévisuels (...), cinématographiques, sportifs etc...
Please enjoy !
Frère Anthony Berget
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| De la culture à l'enculture... | Les tomates confites, dégueu dans le commerce, délicieuses faites à la maison ! >>
La doctrine progressiste, déformée par le socialisme, assimile depuis cent ans la réduction du temps de travail à une libération de l’individu. Si je puis éventuellement concevoir que cela fût le cas si ne serait-ce que 10% de la population consacrait son temps libre à la lecture des philosophes, l’examen des loisirs des Français rend ce postulat hilarant. Le réactionnaire bon teint que je suis aurait tendance à penser que la télévision d’aujourd’hui, devant laquelle les Français passent environ deux heures par jour, s’apparente plutôt à une régression. Que TF1 et M6 fasse de la merde passe encore : après tout, ce sont des entreprises commerciales privées dont le but est la réalisation de profits. Mieux, elles ont acquis une certaine expertise dans leur domaine, et force est de constater qu’ils produisent une merde de grande qualité, ce qui prouve s’il en était besoin qu’on peut réellement exceller en tout domaine. Que le service public imite ces chaînes, cela est en revanche insupportable. J’ai dû louper un épisode de l’histoire de France pour ne pas comprendre que l’émission de l’obscène sieur Ardisson concourût à l’intérêt général des citoyens de notre grand et beau pays. Il fut un temps où l’on avait l’humilité, la pudeur, de croire que l’acquisition de toute forme de culture n’était pas tout à fait vaine. Certains, même à gauche (surtout à gauche !) eurent même l’audace de s’imaginer que l’on pouvait s’accomplir par l’instruction. Lévi-Strauss, Jean-Paul Sartre et quelques autres trous du cul de la même veine, sont depuis passé par là pour nous expliquer qu’au fond, toutes les formes de culture se valait, et sous prétexte que tous les êtres humains naquirent égaux, il fallût désormais considérer avec le même égard Mr R. et Shakespeare.
Mais revenons plutôt à nos moutons et puisqu’on m’accusera sans doute de dénigrer toute forme de culture populaire, mettons tout de suite les choses au point : je conçois très bien que des personnes puissent avoir un QI trop faible pour s’adonner à des activités à haute valeur intellectuelle. Ce que j’ai en revanche du mal à accepter, c’est que l’élite de la nation se complaise avec condescendance, avec cynisme même, à laisser ces gens-là baigner dans l’ignorance. Huxley l’avait bien compris qui décrivait dans le Meilleur des Mondes l’abrutissement collectif d’une population que l’on abreuvait de sexe pour mieux qu’elle oublie la culture. Le bougre était visionnaire et ne s’étonnerait pas de vivre l’âge de la pornographie reine. Qu’en ce domaine la parole se soit libérée, que les pratiques, quoiqu’il fût permis avec Houellebecq d’en douter, se soient débridées, cela a sorti notre génération de l’hypocrisie générale. Que l’on intellectualise le sexe au point d’ériger la pornographie en culture subtile et la fréquentation de backrooms en art de vivre, pourra en revanche laisser pantois. Cette apologie de la jouissance s’inscrit dans une tendance plus générale : celle du devoir de bonheur. De nos jours, il est devenu suspect de ne pas s’éclater : être heureux ou ne pas être, telle pourrait être notre maxime. La recherche du bonheur n’a en elle-même rien de condamnable, quoique les quelques présomptueux qui s’autodéclarent benoîtement hédonistes seraient bien en peine de trouver une quelconque définition à la notion même de bonheur. Le réel danger réside dans l’univocité de cette quête. Le bonheur ne se conçoit qu’entre jeunes, sous fond de musique techno bien loin de toute prise de tête. Ne nous méprenons pas, c’est bien à dessein que l’élite de notre pays diabolise toute activité de réflexion, qu’elle nous invite à trouver le salut dans l’ignorance. S’ils ont évacué la culture de nos vies, s’ils l’ont assimilée à de grotesques processions de chars sur lesquels des imbéciles proclament fièrement leur prétendue subversion, c’est pour faire de leurs citoyens des éternels adolescents à l’esprit malléable, toujours plus faciles à escroquer. Force est de constater qu’en cela, ils ont parfaitement réussi leur coup…
Publié par anthoto à 05:00:10 dans Encycliques, paraboles et bons mots | Commentaires (15) | Permaliens
01-06-2006 12:19
De trentenerfs
Sujet:
Je n'ai pas dit Url: [Liens]
01-06-2006 12:13
De anthoto Sujet:
merci !
01-06-2006 12:10
De Fleur rouge Sujet:
Suffit de se souvenir
01-06-2006 12:08
De Fleur rouge Sujet:
Il faudrait
01-06-2006 12:06
De Oussamabenliquid
Sujet:
En fait Url: [Liens]
01-06-2006 11:51
De Liquid Sujet:
Moi j'aime bien Url: [Liens]
01-06-2006 11:08
De trentenerfs
Sujet:
Désolé de Url: [Liens]
01-06-2006 10:46
De Fleur rouge Sujet:
Bravo.
01-06-2006 05:55
De Karl Sujet:
Je n'ai pas de blog
01-06-2006 05:35
De anthoto
Sujet:
merci Url: [Liens]
01-06-2006 05:32
De anthoto
Sujet:
merci Url: [Liens]
01-06-2006 05:19
De Karl Sujet:
Très bon
Commentaires