"The Itsybidi spider went up the waterspoot.
Down came the rain and washed the spider out.
Up came the sun and dried us all the rain.
The Itsybidi spider went up the spoot again."
- "Voilà ! Voilà tout ce dont j'ai toujours rêvé ! Cuillères en argent, ragondins crevés. Empaillés. Tiares en diamants, entrelacs de soieries... Comblé ! Je suis comblé !"
Le Roi chat se pare de bijoux. Il éventre des rongeurs, les évide, et se couvre le corps avec les restes. Il met sa tête entre ses pattes et achève de couronner son déguisement en poussant un miaulement guttural dont la résonance, caverneuse, parfait son costume de tyran. La cour, qui se compose de quelques félins matois et perfides, trouve dans les procédés de son despote les moyens de parfaire ses intérêts.
" Tienes que venir con migo, gato mio. Te peino el cuerpo...asi que con mis munecas. Estas encantado. Asi que yo."
Chat despotique ! Roi d'une jungle pour toi délicieuse: mon appartement. Je t'adore quand tu te frottes contre mes jambes encore imprégnées de l'eau de la douche. Mes jambes humides comme les crânes des passants que je ne manque pas, innocemment, d'arroser en même temps que les fleurs du balcon. Tu t'y frottes et tu ronronnes fort, oubliant - chat étrange- que tu détestes l'eau.
Je sais bien, le gato, que ton seul plaisir à toi c'est toi et c'est ce que moi je peux faire pour toi. Être une jambe contre laquelle tu te donnes des caresses, une main qui te nourrit chaque matin, une brosse qui te masse largement. Tu ne penses qu'à toi. Je le sais, le chat. Je me soumets à toi, moi qui comme toi ne pense qu'à ce qui à trait à moi. Je m'avoue parfois, désirer faire partie de ta cour bruyante. Qu'on me donne à manger un peu. Que je miaule comme une déjantée, soumise au bon vouloir du prince. A ses volontés. Les soumis n'ont pas besoin de penser pour agir. Ils agissent ailleurs qu'en eux-mêmes. Ils agissent pour un autre d'abord, et développent cette intelligence que possèdent les rats: ils se faufilent devant des yeux aveugles pour chercher les restes. Ils se cachent derrière leur hypocrisie, ils s'avancent en silence et se crispent au moindre pas. Un rat ! Un rat oui ! Pourquoi pas tiens ! J'en ai assez de recevoir les haines que reçoit par derrière l'étoffe le tyran, j'en ai assez de me couvrir, le soir, de vos sourires narquois à vous les affamés. Laissez-moi vous rejoindre, faire corps avec vous comme le chat pénètre ma jambe pour mieux la mordre avec son estomac.
Je m'apprête à passer devant un tribunal. Celui qui préside à mon jugement a les doigts amputés. Le public qui assiste aux instances me regarde, se moque. Je ne bouge pas et pourtant ! j'ai l'air d'un pitre. Ma seule apparence les rend fous, ils sont prêts à m'avaler. Je rêve.
J'entends le chat, mon gato qui monte à la gouttière pour jouer avec les araignées. Il me voit m'éveiller et vient me lécher les pieds. Je ne sais plus très bien, il doit être cinq ou six heures du matin. Curieusement, je sens mon corps bouger sous les draps.
Publié par Mrs Green à 20:40:27 dans Troubles fréquents de l'encéphale | Commentaires (1) | Permaliens
C'est dans les creux de mon squelette amer que je l'ai retrouvé.
A craindre, la pierre d'achoppement: le désir que tu as de tout posséder.
Tu vas tomber, attention à la marche.
Un deux trois. Un. Deux. Rien.
Je l'ai retrouvé. Ce que j'ai cru bon de perdre. Je ne sais plus, si c'était moi ou quelque chose d'autre que moi. Si c'était toi, moi, ou l'absence de mots pour te dire les silences qui m' habitent. Et créent des heurts sanglants: mes os qui se cognent les uns contre les autres. Toi et moi l'un contre l'autre.
A prendre avec précaution: les envies que tu penses éternelles.
On n'invente pas le vide.
Quatre. Cinq.
Je ne sais plus si je l'ai jamais perdue. Cette chose informe, curieusement gracieuse, qui danse avec moi. Partout en moi. Ou peut-être ailleurs sauf avec moi. C'était là ou ce n'était pas là, je ne sais plus. Case départ - j'ai perdu ?
Papillons égarés. Larves inconséquentes que l'inertie a rendu aveugles. Ne pourront se mouvoir ailleurs que dans leur cadavre.
Six. Sept.
Qu'est-ce-que tu racontes ? Va sauter à la corde, tirer les cheveux des petites filles graciles. Jouer à chat perché.
Huit.
Un robinet d'eau froide - rythme macabre, qui s'installe confortablement sur les yeux éteints. Ailleurs, les autres chantent et rient.
Publié par Mrs Green à 14:04:12 dans Troubles fréquents de l'encéphale | Commentaires (0) | Permaliens
Synchronisation des corps.- Descriptif des produits. (Prière de ne pas lire.)
A cheval sur un miroir, face au frigidaire. Les yeux dans le tabouret, seins nus, jambes derrière la tête, une serviette bleue autour de la taille. J'ai les cheveux châtain clair - type Bretagne/région Caucase on ne comprend pas - (et on s'en fout).
Odeur vanille, jambon cru sur la table - provenance monoprix: s'y adjoignent olives vertes, feuilles de choux, anis alcoolisé, glaçons ratés et tomates à la cerise.
(C'est naze ce que tu écris. Je sais mais je fais comme tout le monde: des choses inutiles.)
Rotation à droite en parallèle ouest, plein Sud. Balcon en fer forgé. Deux chevelures brunes (une courte une longue / Provenance 1 Non-Portugal 2 On ne sait pas - Turquie, Grèce, Espagne international mediterranean language). Face boulevard, dix mètres en hauteur. Fument des choses, bougent la glotte. Imitations sensuelles devant trio (Mini) Ken/Barbies. Provenance Etats-Unis. 10 mètre d'espace dans le vide.
Non-Portugal 1 : Mignonne, coquine, drôle. Plus de cheveux sur le crâne dans J-30.
International 2: Short vert, tee-shirt rose, yeux grands et ronds, 1m20 de jambes. Ne peut pas s'empêcher de me claquer le postérieur.
Sur le balcon, des coquelicots. Provenance: Milka. Jolis, frais.
Stop.
Cher Amis,
Nous avons passé une excellente soirée. Hormis l'invasion de protéines microscopiques volantes appelées "moucherons et moustiques", le temps passé auprès de vous était divin. Vivement la saison de la mâche et du cresson.
Publié par Mrs Green à 11:07:05 dans Troubles fréquents de l'encéphale | Commentaires (0) | Permaliens
Déclaration.
- " Il était minuit et demie. Plus proche de trente cinq que de trente. Je portais des chaussures blanches. Des baskets de ville. J'avais un peu mal à la gorge. J'ai cru, en rentrant chez moi, que j'avais oublié mes clés. Elles étaient dissimulées entre une enveloppe et un tee-shirt. Je suis rentrée dans l'appartement. J'ai enlevé mes chaussures - d'abord la gauche, ensuite la droite. D'habitude je commence toujours par la droite, pas la gauche. J'ai quitté mon pull, mes boucles d'oreilles. J'avais chaud, il faisait lourd. J'ai refermé les verrous de l'entrée, j'ai marché jusqu'à la cuisine. J'ai allumé la lumière, ouvert le frigidaire...
- Et ?
- J'ai bu un verre de lait de soja."
Est-il utile de préciser, dans ce formulaire déclaratif dont personne n'a strictement rien à faire, qu'ensuite je me suis couchée et que j'avais l'esprit un peu dérangé par les relents de ma mélancolie journalière ? Rien-à-signaler Monsieur le Docteur. Comme quelques millions de gens, je vis une vie de parfaite névrosée à tendance suicidaire, et je n'ai rien à raconter.
Publié par Mrs Green à 16:58:36 dans Troubles fréquents de l'encéphale | Commentaires (0) | Permaliens
De la gratuité d'être un optimiste chronique.
- "Le titre est lourd."
Lourd. Comme moi, lourde. Comme le temps. Mois de juin pourri, dans cet ailleurs impossible. Je ne sais pas... un "temps rien du tout". Mais va. Je l'aime comme ça, la saison. Maussade et triste.
Tu vois j'étais en train de me dire, en regardant la photo de ton jardin (magnifique jardin), que les femmes qui travaillent depuis dix ans ou plus dans la même entreprise ont quelque chose de rassurant. Et plus encore lorsqu'elles ont de grosses cuisses, des lunettes de vue dont la monture, noire, a les branches mouchetées de blanc. Qu'elles ne mesurent pas plus d'un mètre soixante trois et qu'elles portent de petits talons. Je les repère à des mètres et les regarde attentivement. Elles freinent mes angoisses. Je pensais à elles en regardant ton jardin. Ce sont elles qui ont les plus jolis jardins, les plus réguliers. Les mieux entretenus. Leurs fleurs respirent la constance, la chaleur parfaite, l'été merveilleusement passif. Rajoute à cette harmonie consciencieuse les enfants. Leur rire, leurs délires dans les jardins. D'eux s' émane la vie tranquille, la vie qui passe gaiement. Qui suit un cours dont la fin n' effraie personne. La famille continue à croître, les photos à se multiplier, les fleurs fanées renaissent paisiblement sur les restes de leurs aînées.
Ces femmes, dont l'important tour de hanche est à la mesure de tous les aspects fluctuants de la vie qu'elles sont prêtes à supporter jour après jour, ces femmes me rendent à la douceur de l'enfance, à la chaleur d'un sein énorme contre lequel je me blottis largement. Ce sont des arbres tu vois. Elles périssent comme le reste, mais leur corps que je croise dans la rue et duquel s' émane leur admirable constance me rend toute entière à mes joies candides et à mon insouciance trop souvent lointaines.
Ca ne te dit rien ce que je raconte ? T'as pas du café ? J'ai envie d'un café. Et de dormir.
J'étais en train de pleurer hier soir, j'ai rêvé de cet homme qui se mariait. Des palabres idiotes: "quelqu'un qui aime vraiment une personne se voit heureuse qu'elle se marie avec la personne qu'elle aime". Je m'en fiche. Je veux un café, et que tout le monde sache que je griffe la mariée si elle n'est pas moi. C'est ça aimer c'est vouloir posséder. T'es pas d'accord ? La sagesse. La sagesse quoi ? Je ne suis pas parfaite, pas sage. J'aime en malheur, en jalouse. La fille normale quoi. Je n'aime pas être raisonnable, raisonnée. La tempête rend aux naufragés les bateaux les meilleurs. C'est certain nous savons le mien coulé depuis longtemps.
J'avais envie de chialer, la malheureuse. C'est le temps. C'est lui ou personne. La solitude des sexes. Je sais pas, tout ça. Fumeries, va. La vérité c'est l'autre, cet inconscient. Y voit que dalle l'ingrat.
Dans tous mes états. Pas fichue de voir autre chose que ma tristesse. Il se marie ! Je ne vois pas son visage, à elle. Elle est une tâche de velours vert, un truc qui désordonne les sens, qui me donne le vertige pendant que je pense au tragique de ma vie. Pendant que je pense que je l'aime toute seule. Dans mon coin.
La vilaine, oh la vilaine !
C'est comme ce jour où tous les gamins étaient autour de moi à vouloir déchirer ma robe et mes collants. J'avais les cheveux courts. Ils me traitaient de garçon. De vilain petit garçon et me ruaient de coups. Elle l'a pas volé, elle est toujours en retard ! L' humiliation échelle grand public. La honte servile qui s'alimente avec sa solitude. L'enfer quoi.
Elles sont où les mères-constance ? Les mamans larges qui portent talons et lunettes ? Ils sont où les goûters du quatre heures, les dessins animés et les devoirs faciles dans le cahier ? Tu racontes quoi ? La mauvaise psychologie à retardataire. T'es à la bourre, ma vieille. Il vaut mieux mettre des capotes et niquer sauvagement. C'est fini Walt Disney !
Elle est drôle, la remontrance.
Bon.
On se marie quand, alors ?
C'est chez toi, la photo du jardin ? Il est beau ce jardin. Ca me fait penser que je n'étais pas venue chez toi depuis longtemps maintenant. J'avais oublié comme j'aime être dans tes bras. Ils me rassurent, tes bras.
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Publié par Mrs Green à 16:38:03 dans Troubles fréquents de l'encéphale | Commentaires (0) | Permaliens
[Docteur en rouages illogiques et inexistants,
Spécialiste en inutilités diverses et variées]
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Spécialisée dans la résolution de non-problèmes de type:
Incohérences cérébrales et stomacales,
Crises aracno-dépresso-haribo phobiques,
Imaginaire systémique à tendances dissymétriques,
Blablabla et gnia gnia gnia.
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