Cher Journal.
Les expressions rémanentes de l'imbécilité me dérangent encore. (Pour ne pas dire, dans un déranger au simple futur: éternellement.)
Corps gras et stoïque, habité par deux orbites vides qui se meuvent débilement de droite et de gauche. Ce regard que nous avons généralement tendance à assigner au genre humain semble ici s'être dévoyé sur une matière dans lequel un esprit bestial et inconséquent évolue - à notre immense regret - quotidiennement.
... Ce que c'est qu'avoir à se coller - littéralement, cela s'appelle la proximité à laquelle engagent les transports en commun à l'heure de pointe - se lier intégralement à un être qui semble dépourvu de raison morale, de capacités de communication entraînant à la civilité générale.
----- : Quelle lourdeur, quel blâme !
Le corps détesté, haï ! ne bouge pas, les yeux fixent le vide, la main est tout à coup leste et agressive. Le gras des doigts, alors que j'ai pu esquiver la main, effleure ma joue. Le rustre.
Les couloirs de métro. Ligne 4 perturbée, la gente est grosse dans sa sueur. La plupart des personnes qui la composent avalent des glaces qui dégoulinent nonchalamment. Personne ne bronche, tout est langueur, mollesse. Je nourris une haine sans fin contre mon agresseur inconséquent, et me retiens de ne pas l'étendre à l'humanité tout entière.
Racontars d'une mouflette. Journal de bord qui n'a rien à dire qu'à ne parler de soi. Auto-détestation qui remplit son rôle: rendre les comptes rendus plus adolescents et maladifs encore. Au moins je rigole, et je suis de nature à pouvoir jouir. Le reste n'en déplaise, je fais comme tout le monde : je m'en cogne.
Ou presque. J'aime la poésie, les belles images.
J'en reviens.
Oh !
Les couloirs de métro.
Marcher.
Chercher. la. demie. mesure.
Le détachement inhérent aux grandes intelligences. Degré environnant peut devenir trop froid.
L'idiotie qui s'ignore. (Elle est parfaite, dans son existence. Voilà un fait splendide d'uniformité et de cohérence.) - Prière de fuir l'espèce vile et basse. Ne pas s'y frotter si l'on ne veut que par soi-même être martyrisé. Pas besoin des autres, au revoir (adieu si je le peux) et non merci.
Je.
Ne dis rien, je me tiens à carreau, je finis de boire ma bouteille d'eau, je parfais mon existence insipide.
Vivement demain !
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Publié par Mrs Green à 18:53:26 dans Etude des rapports entre anatomies conscientes | Commentaires (1) | Permaliens
Synchronisation des corps.- Descriptif des produits. (Prière de ne pas lire.)
A cheval sur un miroir, face au frigidaire. Les yeux dans le tabouret, seins nus, jambes derrière la tête, une serviette bleue autour de la taille. J'ai les cheveux châtain clair - type Bretagne/région Caucase on ne comprend pas - (et on s'en fout).
Odeur vanille, jambon cru sur la table - provenance monoprix: s'y adjoignent olives vertes, feuilles de choux, anis alcoolisé, glaçons ratés et tomates à la cerise.
Rotation à droite en parallèle ouest, plein Sud. Balcon en fer forgé. Deux chevelures brunes (une courte une longue / Provenance 1 Non-Portugal 2 On ne sait pas - Turquie, Grèce, Espagne international mediterranean language). Face boulevard, dix mètres en hauteur. Fument des choses, bougent la glotte. Imitations sensuelles devant trio (Mini) Ken/Barbies. Provenance Etats-Unis. 10 mètre d'espace dans le vide.
Non-Portugal 1 : Mignonne, coquine, drôle. Plus de cheveux sur le crâne dans J-30.
International 2: Short vert, tee-shirt rose, yeux grands et ronds, 1m20 de jambes. Ne peut pas s'empêcher de me claquer le postérieur.
Sur le balcon, des coquelicots. Provenance: Milka. Jolis, frais.
Stop.
Cher Amis,
Nous avons passé une excellente soirée. Hormis l'invasion de protéines microscopiques volantes appelées "moucherons et moustiques", le temps passé auprès de vous était divin. Vivement la saison de la mâche et du cresson.
Publié par Mrs Green à 11:07:05 dans Etude des rapports entre anatomies conscientes | Commentaires (0) | Permaliens
Déclaration.
- " Il était minuit et demie. Plus proche de trente cinq que de trente. Je portais des chaussures blanches. Des baskets de ville. J'avais un peu mal à la gorge. J'ai cru, en rentrant chez moi, que j'avais oublié mes clés. Elles étaient dissimulées entre une enveloppe et un tee-shirt. Je suis rentrée dans l'appartement. J'ai enlevé mes chaussures - d'abord la gauche, ensuite la droite. D'habitude je commence toujours par la droite, pas la gauche. J'ai quitté mon pull, mes boucles d'oreilles. J'avais chaud, il faisait lourd. J'ai refermé les verrous de l'entrée, j'ai marché jusqu'à la cuisine. J'ai allumé la lumière, ouvert le frigidaire...
- Et ?
- J'ai bu un verre de lait de soja."
Est-il utile de préciser, dans ce formulaire déclaratif dont personne n'a strictement rien à faire, qu'ensuite je me suis couchée et que j'avais l'esprit un peu dérangé par les relents de ma mélancolie journalière ? Rien-à-signaler Monsieur le Docteur. Comme quelques millions de gens, je vis une vie de parfaite névrosée à tendance suicidaire, et je n'ai rien à raconter.
Publié par Mrs Green à 16:58:36 dans Etude des rapports entre anatomies conscientes | Commentaires (0) | Permaliens
Influx.
- "Y' a un bugue.
- Ouais.
- On fait quoi ?
- Bah. On débugue.
- Ah. Oué.
Et on fait comment pour débuguer ?
- Bah ché pas. On le fait, quoi. On débugue.
- Ah oué. Ok.
- ...
- Ca bugue."
Cher H., être de l'évolution sphérique influtaxique, mouvementique, incroyablement é.n.e.r.g.i.q.u.e,
Veuillez trouver ci-dessous le compte rendu de mes dernières vingt-quatre heures molles, sans entrain.
Le stage en molesse que vous m'avez recommandé m'a été incroyablement bénéfique. Sur vos bons conseils j'ai regardé des matchs de foot en mangeant des brocolis. Et ensuite, ainsi que vous me l'avez conseillé, j'ai suivie mes idées dé-barbelées: je suis partie faire du vélo sur une place parisienne à trois heures du matin, j'ai acheté une cloche à gâteau rose. J'ai fait l'amour quatre ou cinq fois, et j'ai jeté de l'eau par la fenêtre - le crâne roux d'une amie a gracieusement réceptionné. Entre temps, j'ai fait des nattes avec mes cheveux et j'ai insulté un pépé bassement croûté.
Merci.
Il y avait longtemps que je ne m'étais plus sentie aussi vivante.
Publié par Mrs Green à 17:05:43 dans Etude des rapports entre anatomies conscientes | Commentaires (1) | Permaliens
Disgrâce.
- Salope.
- Le coquin ! L'ignoble félon !
- Va mourir en Enfer. Y pourrir.
- Pourceau puant de boutons avariés ! Maladie congénitale issue des spasmes dégoûtants de ta mère ! Cul !
- Gaine miteuse.
- Oh l'incorrigible vilain ! Vilain ! Vilain ! Virus accablant ! Cimetière !
- Pouffiasse.
- Dentier ! Champignon infect ! Acarien vomitif !
- ...
- Je t'aime.
- Je t'aime aussi.
Publié par Mrs Green à 15:51:19 dans Etude des rapports entre anatomies conscientes | Commentaires (2) | Permaliens
[Docteur en rouages illogiques et inexistants,
Spécialiste en inutilités diverses et variées]
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Spécialisée dans la résolution de non-problèmes de type:
Incohérences cérébrales et stomacales,
Crises aracno-dépresso-haribo phobiques,
Imaginaire systémique à tendances dissymétriques,
Blablabla et gnia gnia gnia.
- Consultations sur rendez-vous -
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