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de A.E Van Vogt
Alfred Elton Van Vogt est un auteur à la fois très culte, et très méprisé. A raison dans les deux cas, mais sans doute exagérément, là encore dans les deux cas.
Tout commence pour Gosseyn lorsque, prêt à participer aux Jeux de Machine qui doivent désigner les meilleurs non-A pour les plus hautes fonctions, il découvre qu'il n'est pas celui qu'il pensait être. C'est sa maîtrise du Ā qui lui permet d'admettre facilement cette nouvelle réalité.
Relativement peu cultivé (en regard d'un Asimov par exemple), Van Vogt a été très impressionné par les thèses de la sémantique générale d'Alfred Korzybski, discipline fourre-tout, certains diront complète, mais drastiquement structurée par la pensée de son créateur.
Lorsqu'il reprend la plume pour La fin du Ā, Van Vogt est à des années lumières du quadragénaire suffisant mis en orbite par un succès alors bien établit. C'est au contraire un homme cabossé par la vie, qui a encaissé de rudes coups. Son engagement auprès d'Hubbard, même s'il ne l'a pas suivi sur la voie sectaire, l'a coupé de son public. Durant plus de dix ans, il n'a pas écrit une seule ligne, et il mettra plusieurs années à émerger de nouveau. Aucune de œuvres qu'il écrira après 1963 ne lui apporteront de nouveau l'immense renom qui avait été le sien.
Ce dernier volet, tant attendu des fans de par le monde, est plus un enterrement qu'une fin. Débarrassé par les ans et les galères de cette foi naïve en la science qui l'avait habitée jadis, Van Vogt fait amende honorable en faisant oublier ses dérives idéologiques, et en réglant une fois pour toute son compte à son héros le plus connu, mais aussi le plus détestable. 
Publié par GonzoBonzo à 12:12:31 dans Livres | Commentaires (0) | Permaliens
Bien avant que les amateurs du genre ne le transforme en une sorte de Kabaa sacrilège, le Gas Chamber était surtout un bar pas terrible où s'entrecroisaient les acharnements à ne rien faire de velléitaires dans mon genre.
On a parlé de "pépinière de la scène rock du cru". En fait c'est surtout qu'il y avait là tellement de branleurs rassemblés qu'il était inévitable que, de tout ça, émerge de temps à autres un projet qui tienne vaguement la route. La loi du nombre jouait pour nous. L'avidité et le manque de discernement des directeurs artistiques des maisons de disques faisaient le reste. Si un tel bouclard est devenu un lieu de pèlerinage pour ceux qui n'ont pas connu cette époque c'est fortuit. Mais au fond, logique.
J'y traînais souvent alors. Pas autant que je l'ai dit par la suite, mais assez tout de même. En fait le choix était cornélien pour moi en ce temps-là. En fin de mois je n'avais tout simplement plus assez d'argent pour picoler et acheter des cachetons. C'était l'un ou l'autre, et les effets des pilules étant plus cataclysmiques, et surtout plus durables rapport qualité/prix, la défonce l'emportait souvent. Pourtant j'étais là le soir où Nick a rencontré Bella.
C'était un 20 décembre, j'étais raide mais je comptais sur la venue prochaine du Père Noël pour me renflouer, et surtout Nick jouait avec ses Ambassadors. On ne le dit pas, parce que ça entretient la légende, mais dès leurs débuts les Ambassadors avaient été un putain de groupe. Ils dépassaient de la tête et des épaules le reste des habitués de la scène du Gas. Pas parce qu'ils jouaient mieux, non, mais parce qu'ils avaient ce truc que les autres n'ont pas. Cet état de grâce un peu magique. La conscience de leur propre destruction peut être ? Quelque chose de funeste en tout cas. Avec son allure de dandy affamé sorti des poubelles, Nick avait cette manière de tenir la mort à distance quand il était sur scène. Ça générait tout autour de lui comme une bulle qui nous protégeait nous aussi des outrages du temps, raison pour laquelle nous étions si nombreux à fréquenter ses concerts. On savait aussi que ça ne durerait pas. Ça n'en rendait l'exercice que plus beau.
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Publié par GonzoBonzo à 11:10:03 dans Fictions | Commentaires (0) | Permaliens
Elections présidentielles : Vote in the U.S.A !
Mais lorsque des groupes s'affichant depuis leurs débuts comme des crétins patentés, Blink 182 ou Sum 41 par exemple. Quand des formations aussi inutiles et rentables que Good Charlotte ou Papa Roach, aussi vomitivement formatées que No Doubt, quand ceux-là rejoignent les rangs de la contestation, ça commence à faire du bruit. "Vote for my guy : JFK. John Fuckin' Kerry" martèle Coby Dick, le chanteur de Papa Roach, tout content de sa saillie. Même si vous oubliez de leur en parler, eux n'oublient pas. Intarissables, que s'en est touchant ! Et ces stars du MTV Rock, qui vendent par semi-remorques entiers à la belle jeunesse états-unienne ont une toute autre surface médiatique que des groupes comme Bad Religion, Rancid ou Lagwagon.
Sa mobilisation étonne, mais une autre a stupéfié. Car le Boss lui-même est désormais au front. Bruce Springsteen, la voix de l'Amérique profonde en personne, celui dont le nom est tellement connu que mon correcteur automatique d'orthographe ne le souligne même pas en rouge quand je le tape. S'il n'avait jamais rechigné à s'investir dans des causes plus directement humanistes (la défense des fermiers, la lutte contre l'Apartheid, l'aide aux homeless), c'est la première fois qu'il attaque la politique de manière aussi frontale. Il s'en explique longuement sur son site et dit "J'ai le sentiment que je ne pourrais pas avoir écrit ce que j'ai écrit et être sur scène à chanter ce que j'ai chanté ces 25 dernières années sans prendre part à cette élection." Bruce Springsteen. 61.5 millions d'albums vendus rien qu'aux Etats-Unis en un quart de siècle. Plus que Madonna et plus que Michael Jackson. Autant dire que dans le pays du chiffre roi, lorsque le Boss élève la voix, on l'écoute.
Jamais un président des Etats-Unis n'avait suscité de telles réactions, et c'est bien de cela qu'il s'agit : un conflit de personnes. Car si les pro-Bush sont, eh bien... pro-Bush, dans leur immense majorité les antis, n'en sont pas pour autant pro-Kerry. Maynard James Keenan, chanteur de Tool et de A Perfect Circle, sait bien qu'il n'y aura pas de Grand Soir si le sénateur du New Jersey l'emporte. Pour lui, qui comme nombre des confrères déjà mentionnés parle depuis des années d'une Amérique au bord de l'implosion sociale, il n'y aura dans le meilleur des cas qu'une légère amélioration du pire à espérer. Mais au moins, ce sera un pire sans Bush.
Archives - Octobre 2004

Publié par GonzoBonzo à 09:40:08 dans Articles | Commentaires (0) | Permaliens
"Acheter des contrefaçons finance le crime organisé". C'est le leitmotiv qui, une fois lancé, rappelle à l'ordre dans un bel élan de civisme responsable le brave gars qui se demandait à l'écran si, des fois, il allait pas craquer pour une paire de Nike fabriquée à la main dans le souk de Casa. Et là, moment d'une composition sublîme méthode Stanislaswki où je m'y connais pas d'une moue tout à la fois réprobatrice et volontaire, il repose la basket et s'en va, le bref flamboiement de la vertu éclairant fugitivement son œil.
Publié par GonzoBonzo à 22:47:43 dans Humeurs | Commentaires (0) | Permaliens
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