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Sables émouvants | 02 juin 2006

Vermilion Sands


de J.G Ballard


 


La science fiction de James Graham Ballard est réputée difficile et extrême. Affilié à la New Wave britannique de la fin des années 60 aux côtés de Michael Moorcock et Brian Aldiss, il est l'un des piliers de la revue New Worlds, et assoit sa réputation sur des textes expérimentaux et provocateurs tels que Crash, L'Île de béton ou I.G.H.

Assez loin des techniques de narration empruntées aux auteurs de la beat generation, notamment William Burroughs, et qu'il expérimentera dans des œuvres comme Le salon des horreurs, derrière la sensualité ophidienne de ce titre –Vermilion Sands– se cache la rencontre improbable entre Ray Bradbury et Scott Fitzgerald.

Si ces neuf nouvelles ayant toutes pour théâtre une étrange station balnéaire, nous rappellent Les chroniques martiennes, la couleur des textes nous ramène, elle, à la prose lancinante de Gatsby le magnifique.

Peuplée de riches oisifs ayant élevé l'ennui au rang d'art de vivre, Vermilion Sands, s'étend sur les kilomètres de côtes désertiques d'une mer ensablée. Chaque nouvelle lève un coin du voile sur la faune hors du temps qui hante ce pendant en forme de ville fantôme du Long Island des années vingt.

Poètes assistés par ordinateurs, sculpteurs de nuages, fleuristes spécialisés dans les plantes chanteuses, artistes soniques ou agents immobiliers pour maisons quasi-vivantes, sont autant de pourvoyeurs de plaisirs subtils destinés aux riches stars recluses et autre milliardaires désœuvrés qui ont fait de Vermilion Sands leur villégiature estivale. Ici, et seulement ici, le merveilleux s'entremêle à la trame du réel. Comme s'il ne pouvait s'offrir qu'aux plus raffinés spécimens du genre humain, ceux ayant dépassés le stade d'un ennui par trop plébéien pour s'enfoncer dans l'attente languide de l'heure qui vient.

Neuf nouvelles parfaitement ciselées et sur lesquelles plane un soupçon d'élitisme fossile allongé d'un doigt de lassitude, comme on allonge un dry martini d'un trait de vermouth. On se laisse facilement gagner par cette lecture paresseuse et élégante, dont on perçoit la vanité parfaite et donc essentielle. On se glisse dans la stase de cet éphémère qui n'en fini plus de durer. On attend la fin du rêve. Que le charme se brise, car bien-sûr, il se brisera. Nécessairement.

Neuf nouvelles inventives et diaphanes, qui parfois vous échoueront sur les rivages arides de l'abstrait, qui pourront vous assécher comme une rose des sables, mais qui ne pourront pas vous laisser indifférent.

Vermilion Sands
est une introduction parfaite au monde de Ballard. Réputés difficiles ses textes ne sont peut-être qu'atypiques, mais ils sont surtout très réussis. Le maniérisme participe de cette atmosphère délétère, qui en fait une œuvre rare. On y entre comme dans un tableau de Dali, pour ressortir sens dessus dessous. C'est une expérience qu'il vous faut tenter.


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Publié par GonzoBonzo à 16:05:14 dans Livres | Commentaires (0) |

Brian Wilson : L'ange a tué mon rêve… | 01 juin 2006

Smile c'était un fantasme, c'est maintenant une épopée. Mieux, une odyssée. Littéralement. Trente-sept ans pour enfin voir le jour. Presque le temps pour Ulysse de revenir deux fois à Ithaque. Et s'ils furent plus intérieurs, les tourments que Brian Wilson eût à traverser n'en furent pas moins sombres.

Comme l'a dit Nick Kent, les fins heureuses dans le rock sont plutôt rares, et si il y avait bien un dossier que l'on croyait hermétiquement clos, plombé d'une chape de malédiction c'était bien celui-ci.

En 1966, en sortant Pet Sounds, Brian Wilson, avec le concours presque fortuit des Beach Boys, prouve au monde que la pop music peut aussi être de l'art. Chaque morceau de l'album est un petit bout d'arc en ciel acidulé couché dans le vinyle.

Comme il ne tourne plus depuis fin 64 pour cause de dépression nerveuse, l'aîné des frères Wilson mène une vie de grand ado attardé, protégé du monde extérieur par sa femme Marylin, et quelques fidèles. Brian a cette drôle d'hygiène de vie psychédélique du L.A de 66. Le LSD lui a fait voir Dieu, il fume beaucoup d'herbe, se gave d'amphètes, mais s'adonne à la méditation, ne conduit pas bourré et picole peu. Amour, paix et bon cholestérol en quelque sorte. Il compense en se recherchant désespérément auprès de sa famille l'affection qui lui refuse ce parâtre qui l'a mis au tapin dès 61 et qui jalouse son génie. Et sa famille c'est toujours et encore les autres Beach Boys.

Seul à son piano, qu'il a planté dans un bac à sable au milieu de son salon, il tente de retranscrire des mélodies que lui seul entend. Compositeur lumineux, arrangeur obsessionnel, il écrit des micro-symphonies de quelques dizaines de secondes qu'il agence avec une science de l'alchimie unique. Une science qu'il a dénommée "musique modulaire". Ses morceaux naissent ainsi, comme autant de puzzles impossibles, truffés jusqu'à la dernière seconde de leurs trois minutes réglementaires de trouvailles philosophales.

Si ses visions laissent parfois les autres Beach Boys perplexes, spécialement Mike Love qui ne comprend pas pourquoi il faudrait abandonner une formule gagnante à base de grosses bagnoles, de filles en bikinis et de planches de surf, ils ont jusque-là toujours fini par se ranger à ses arguments.

Malgré un accueil mitigé du public, Pet Sounds est un chef d'œuvre insurpassable que Brian Wilson va pourtant surpasser l'année même de sa sortie avec un seul morceau : Good Vibrations. Chanson ébauchée lors des sessions de Pet Sounds et qu'il pense d'abord fourguer à un groupe de Rythm n' Blues, il va ensuite la retravailler durant six mois d'essais en studio exténuants. Le résultat en vaut la peine et Brian sait maintenant comment créer le successeur de Pet Sounds.

S'adjoignant les services d'un jeune parolier, Van Dyke Parks, le leader des Beach Boys travaille d'arrache pied, plus convaincu que jamais qu'il doit livrer au monde un disque lumineux, radieux. Qui rendra heureux ceux qui l'écouteront.

Le duo qu'il forme avec Parks fonctionne tout d'abord à merveille. En phase avec la poésie un peu étrange de ce dernier, les squelettes de mélodies sur lesquels viendront se greffer plus tard les fameux blocs d'arrangements modulaires, s'empilent rapidement. Derek Taylor, l'attaché de presse du groupe, commence à lâcher un peu partout que Brian Wilson est sur le point de donner naissance au meilleur disque de pop jamais réalisé. Mais lorsque de retour d'une tournée européenne les autres membres du groupe écoutent les premières bandes, ils sont consternés. Mike Love somme Parks d'expliquer l'un des vers d'une des chansons. Il en est incapable, la dispute dégénère et le parolier est débarqué du projet. Même Carl et Dennis, les frères de Brian, sont dubitatifs.

Tiraillé entre la cohésion de cette cellule familiale dont il a désespérément besoin et l'album qu'il aspire à faire, Brian va s'enliser. Le syndrome est bien connu : il veut trop en mettre (comme moi avec cette putain de chronique que je suis en train de réécrire pour la cinquième fois). Changeant d'avis tous les jours quant aux arrangements des morceaux, il est incapable d'en finaliser un seul. Bourré d'acide, il passe de la dépression la plus noire à des vagues d'euphories qui, ni l'une ni l'autre, ne peuvent lui être d'un grand secours. La sortie de l'album, qui devait d'abord s'appeler Dumb Angel avant de devenir Smile, est retardée une première fois en décembre 66. Brian s'englue dans la paranoïa, a besoin d'être sans cesse rassuré, se mazoute dans un mysticisme de plage, est persuadé que Phil Spector veut lui arracher le secret de Smile et qu'il le fait suivre. Le délire culmine lors de la séance d'enregistrement de Mrs O'Leary's Cow, sous-titrée Fire, l'un des morceaux dédié aux éléments qui doit conclure l'album. En cabine tous arborent des casques de pompiers en plastique achetés dans un magasin de jouets. Ce jour là, une vague d'incendies ravage Los Angeles et un entrepôt voisin des studios Sunset Sound prend feu. Convaincu que les mauvaises vibrations dégagées par Fire sont la cause du sinistre, Brian Wilson essaie de brûler les bandes.

Le coup de grâce arrive en juin 1967 lorsque les Beatles sortent Sgt Pepper's Lonely Heart Club Band. Les Fabs ont une fois de plus coiffés les Beach Boys sur le poteau, et Brian Wilson au fond du panier, abandonne Smile qui va maintenant pouvoir devenir le disque fantôme le plus mythique de l'histoire du rock. En consolation, les fans pourront se mettre sous la dent Smiley Smile, une spirale descendante vers la névrose hâtivement assemblée sur les décombres des derniers mois.

Sorties des bandes masters survivantes, sont nées au cours des décennies suivantes des dizaines de versions pirates, toutes labellisées "vraie version originalement authentique de l'album promis juré craché les autres versions c'est tout rien que de la merde". C'est même devenu une sorte de jeu pour les fans d'élaborer son Smile. Le puzzle de la mort en 12 000 pièces. Personne de toute façon n'est là pour les contredire puisque Brian Wilson s'est enfoncé dans la folie. Trop de bulles d'acide sont restées coincées dans ses synapses (du moins celles qu'il lui restent). Couché dans son lit à se défoncer aux calmants en boulottant des pots de crèmes glacées il s'est transformé en un barnum fleuri de 150 kilos, jusqu'à ce que le Dr Eugène Landy, sorte de gourou-psy vaguement escroc – très californien au fond – ne finisse contre toute attente à lui faire remonter la pente. Doucement. Tout doucement.

Ce sera finalement la rencontre en 1995 avec un groupe de faiseurs méticuleux, les Wondermints, qui va remettre le projet sur les rails. Fans de Brian Wilson l'osmose se fait naturellement, et lorsque l'année dernière, Van Dyke Parks se laisse convaincre de remettre le couvert, on aboutit – Ô Miracle ! – en ce beau mois de septembre 2004 à l'arrivée dans les bacs du Smile, le seul, le vrai.

Ah ouais ? Le vrai ?

Bien malin celui qui pourrait affirmer que la présente résultante est bien conforme à ce que Brian Wilson avait en tête en 1967. Qu'a-t-il bien pu surnager dans le brouet de neurones liquéfiés qu'était devenu son cerveau ? Qu'a laissé la reconstruction opérée par Landy, qui a tiré la chasse sur vingt ans de névroses et a remis en place, après filtrage, tout ce qui tenait encore vaguement debout.

Quelques morceaux, comme le très fétide Do You Like Worms ?, ont fait les frais de la résurrection. D'autres étaient apparus dans des versions plus ou moins expurgées sur divers album des Beach Boys – Surf's Up, Cabinessence, ou Heroes and Villains – et ont subit un sérieux relooking. Même Good Vibrations est repassé au marbre, ce qui n'est certainement pas la meilleure chose qui lui soit arrivée. L'album que l'on écoute aujourd'hui n'est pas, et ne pourra jamais être celui que son auteur nous destinait en 67. Impossible de faire abstraction de ce que Wilson à traversé. L'homme qui chante aujourd'hui a 61 ans. Ça s'entend. La voix n'est plus la même. Elle a donné en route. La diction aussi a changé. C'est celle d'un retraité qui s'est fait refaire le clapoir, et qui du coup fait parfois chuinter les "S" et vous postillonne dans le nez sur les "P".

Evidemment la plupart des fans hardcore détestent. Mais au fond pour eux le problème, c'est que Brian Wilson vient de leur tuer un rêve. Celui de cet absolu inaccessible, puisque prisonnier à jamais du cerveau vidangé de son géniteur. Ce qu'ils détestent c'est l'idée d'avoir passé des heures à fantasmer leur Smile, et de voir qu'au final, ce n'est qu'un disque. Mais quel disque ! Pardon ! Malgré tout ses défauts, et il en a, Smile est bien ce qu'il devait être : un disque qui rend les gens heureux. Heureux de voir que la bonne musique est sans mode. Heureux de voir que Brian Wilson est revenu d'entre les morts. Heureux de voir qu'il est heureux. Qu'au final, il a vaincu.

Ouais Brian, t'as tué mon rêve. Mais tu veux que je te dise ? Et ben t'as rudement bien fait !



Archives - Septembre 2004



Publié par GonzoBonzo à 17:52:47 dans Musique | Commentaires (3) |

Ni dieu, ni maître… | 01 juin 2006

La Cigale chantera-t-elle tout l'été ?

de Francois Dibot



 


Revoilà la SF de barricade, qui hisse le drapeau noir. Sous les pavés, la page. Les Editions Libertaires annoncent dès le départ la couleur dans une intro, qui tient presque du tract, et qui nous est adressée depuis "Quelque part dans les maquis de la résistance à l'intolérable". Nous sommes en Anarchie, et, avec une jubilation militante, on y souhaite encore au capitaliste de crever la gueule ouverte. Bien plus que rafraîchissant, c'est finalement assez salutaire.

Très impliqué dans la vie associative, François Dibot fait partie de ces hommes qui tentent de faire vivre leurs idéaux au quotidien, et qui pense qu'il fût un temps où la science fiction était une littérature bien plus engagée qu'elle ne l'est aujourd'hui. Doù pour tenter d'y remédier, ce court recueil.

Tout d'abord on est agréablement surpris par l'excellente présentation de l'ouvrage. Couverture soignée, nombreuses et belles illustrations intérieures. Loin des canons de la littérature libertaire, qui maquette généralement à la photocopieuse, on est ici dans l'amour du livre, et c'est déjà suffisamment notable pour être salué comme il se doit.

Une science fiction, donc, au service d'idéaux. Société plus égalitaire, plus respectueuse de l'humain, moins – beaucoup moins – asservie aux lois d'un marché qu'on nous présente à tort comme l'état naturel des rapports humains. Une science fiction, au fond, qu'un esprit chagrin pourrait qualifier d'un autre âge, mais qui n'est hélas que bien trop en phase avec le nôtre. Car c'est presque vers la prospective que lorgne François Dibot. Chacune de ces six nouvelles s'axe autour d'une extrapolation – souvent à peine outrée – de notre futur proche. Privatisation de l'éducation pour Je mets les pieds dans le plat de mon père, très joli récit autour de la transmission du savoir, et de l'absolue nécessité de sa gratuité (à tous les points de vue), corporatisme avec G-8, parlementarisme clientéliste avec 49-3, etc...

Fiction au service des idéaux, mais hélas parfois aussi en service commandé, comme c'est le cas pour ces deux dernières nouvelles, où Dibot pêche un peu par excès de militantisme. La finesse de sa plume et la richesse généreuse de sa langue ne suffise pas à faire primer l'histoire sur la démonstration. Car on préfèrera, et de loin, le renoncement évoqué dans Je mets les pieds dans le plat de mon père, la poésie à façon de Jeu ou la perfidie lasse de La Femme à venir est un homme ! On préfère Dibot dans l'évocation, car sa prose s'y prête. Délicatement travaillée, comme le ferait un artisan, elle sert bien mieux son propos ainsi. Plane alors, comme le parfum un peu sucré de la pourriture d'une société en décomposition. Et pourtant, pourtant, François Dibot se refuse au désespoir. "Même quand il est trop tard, il n'est jamais trop tôt !". La Cigale chantera-t-elle tout l'été ? sert une cause, et le clame haut et fort dès son préambule. C'est sans doute pourquoi on ne parvient jamais vraiment à se dire qu'on lit un recueil de nouvelles comme les autres, avec ce que cela implique de bon et de mauvais. Mauvais, car il devient difficile de dissocier l'homme et l'œuvre, du combat, spécialement quand il verse dans la didactisme. Bon, parce que sa cause, est notre cause, et qu'en se refusant à ne jouer que les pythies, François Dibot mets plus dans ces quelques pages que bien des auteurs n'en mettent dans toute une œuvre.

Archives - décembre 2005


 


Publié par GonzoBonzo à 17:47:42 dans Livres | Commentaires (0) |

Chronique Express 2 | 01 juin 2006

L.G.M

de Roland C.Wagner


Roland C.Wagner s'étonnait l'autre jour qu'on persiste à voir essentiellement dans L.G.M un clin d'oeil à Martiens, Go Home !. C'est gonflé de sa part de le demander, mais pas exagéré.

Pour commencer, L.G.M est truffé de références, parmi lesquelles le coup de chapeau à Fredric Brown n'est que la plus évidente. Heinlein est aussi largement convoqué. Que ça soit par l'évocation du destin comique qu'a connu En Terre etrangère, devenu le roman culte de la génération flower power, mais aussi via son personnage principal qui évoque furieusement celui de Marionnettes Humaines.

Les plus pervers n'auront pas, non plus, loupé les références appuyées à Jimmy Guieu, l'inénarrable papa des Petits Gris, avec lequel Wagner a d'ailleurs co-écrit l'ultime numéro de la collection Anticipation du Fleuve Noir*.

De ce joyeux foutoir qui bordélise avec enthousiasme les références de l'Âge d'Or (et plus justement du plaqué or en ce qui concerne Jimmy Guieu), Roland C.Wagner ressort avec un roman résolument punk. Ce n'est d'ailleurs pas un hasard si c'est finalement Jello Biaffra qui fini par emménager dans le bureau ovale - curieux destin pour le chanteur d'un groupe qui s'appelait les Dead Kennedys -. Mais comme toujours chez Wagner, la lecture se fait à plusieurs niveaux. Derrière la pochade et la satire, il agite les idées et nous parle de la peur de l'autre, de la manipulation des médias et ouvre sur la quasi mystique de l'imaginaire.

Moins fouteur de merde que La Saison de la sorcière (prochainement réédité chez J'ai Lu), mais plus binairement jouissif L.G.M. est un roman qui ressemble finalement bien à son auteur : irrévérencieux, subversif et érudit.



* authentique.

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Publié par GonzoBonzo à 15:30:26 dans Chroniques express | Commentaires (1) |

Chronique Express 1 | 01 juin 2006

Fugues

de Lewis Shiner



Il y a indubitablement cousinage entre le rock et la SF. Toutefois, s'il leur arrive de flirter en cousin / cousine, c'est assez rarement une réussite. En l'occurrence Lewis Shiner a tout bon ! Pour le fan de rock, la simple lecture de Fugues est un régal absolu. De l'exactitude des sources à la perfection du choix des albums, c'est tout simplement un bonheur. Sa description du Swinging London finissant est parfaite, pour ne rien dire des séances de Smile, l'album fantôme de Brian Wilson (présentons plutôt les choses ainsi, tant les autres Beach Boys n'étaient tellement pour rien dans le coup...). Mais réduire Fugues à cela serait une erreur. Shiner a su cerner avec une sensibilité extrême la psychologie de son personnage. Avec ce quadragénaire mal grandit, on pense immanquablement à Haute Fidélité, mais lui fait mouche là où Nick Hornsby reste dans l'anecdotique, prisonnier de sa littérature du superficiel. Aux antipodes d'une sorte de Journal de Bridget Jones au masculin, ce splendide petit roman fait vibrer la corde sensible ; c'est peut-être celle de la Gibson SG qui figure sur la couverture, mais en tout cas elle sonne diablement juste.

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Publié par GonzoBonzo à 15:26:44 dans Chroniques express | Commentaires (0) |

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