Croire au hasard, ou ne pas y croire, vaste question. Etait ce le hasard si je me trouvais là, ici et maintenant. Est-ce que ma naissance était du au hasard ? Ma couleur de peau, de mes cheveux, était ce lui encore qui faisait ce que j’étais, était ce lui qui allait me faire le rencontrer. Travaillant pour un cabinet immobilier je devais à cette époque me rendre dans un village pour l’acquisition d’un corps de ferme et du terrain l’entourant. L’agence voulait en faire un complexe hôtelier pour personne aisée en mal de nature. J’arrivai donc dans ce village et demandais mon chemin.
- Si j’étais vous je n’irai pas !
- Pourquoi dites vous ça ?
Mais la personne tourna les talons, me laissant planté avec mes interrogations. Quoiqu’il en soit je pris la direction de la ferme. Le chemin était à peine carrossable et je priai pour ne pas abîmer ma voiture. Enfin au bout d’une heure j’arrivai sur place. Les bâtiments étaient là, l’étable, la grange… Ils étaient en pierre de pays, ce qui s’en dégageait était une impression de paix. La ferme était à sa place et curieusement je ressentais que je n’étais pas à la mienne. Chassant cette idée comme on chasse une mouche avec la main, je décidais de faire le tour de la propriété. Le temps semblait s’être arrêté, figé. Un peu plus loin coulait une rivière. Me portant dans sa direction je me disais que c’était une bonne acquisition. C’est là que je le rencontrais. Alors que je m’approchais, une silhouette se découpa à travers les arbres. Un homme était là, debout, devant la rivière, appuyé sur sa canne.
- bonjour monsieur, vous habitez ici ?...Pourtant, pensais je, l’agence m’a dit qu’il n’y avait plus personne. Et comme s’il avait lu dans mes pensées.
- Non, il n’habite plus personne ici, vous auriez du voir avant, il y avait la vie, des rires, des larmes, de l’amour.
Je n’entendais pas ce qu’il me disait, c’était son regard qui me fascinait. A la fois perçant, on avait le sentiment qu’il pouvait voir la plus infime partie en nous et en même temps un océan où l’on pouvait poser ses valises, respirer. J’en étais là de mes investigations, lorsque mon esprit réintégra mon corps, mon regard tâta le vide, le vieil homme avait disparu. Ayant fini de faire le tour, de prendre des notes pour l’agence, je me décidais à repartir. L’être humain sait se montrer capricieux mais il est une chose qu’il l’est aussi, ce sont les voitures. La mienne refusa catégoriquement et obstinément de redémarrer. Me voilà bien ! En pleine nature, dans un endroit où il n’y a personne. La pression commença à monter en moi et les insultes se mirent à germer.
- P… il fallait que ça arrive maintenant, et évidemment il n’y a pas un chat dans ce P… de pays. La pression augmenta d’un cran ce qui déclencha un mouvement surprenant de mes pieds qui se mirent en devoir de marteler les pneus de la dite automobile qui pour l’instant était une auto immobile. je n’avais pas le choix, ces jambes que dame nature m’avait pourvu allaient devoir me porter jusqu’à la maison la plus proche. Avant de partir, je verrouillais mon ennemie récalcitrante, pris le strict nécessaire et me mit en route.
Dans un virage que formait le chemin, il y avait un arbre et sous cet arbre, un banc, et sur ce banc, le vieil homme. Je ne le voyais pas distinctement, il était de dos, mais je me doutais que c’était l’homme que j’avais vu. Il était assis, droit, les mains posées sur ses genoux, le regard perdu dans la rivière.
- S’il vous plait, vous habitez près d’ici ? vous avez le téléphone ? oui, parce que comble de malchance, il n’y avait pas de réseau. Complètement perdu, et encore plus vulnérable, car pas de réseau. Sans se retourner, sans mouvements, seule sa voix, vibrante, chaleureuse.
- Il est tard, vous devriez rester ici, il va faire nuit et vous risquez de vous perdre.
- Rester ici ? non ! je ne peux pas.
En même temps le jour déclinait et je ne me sentais pas l’âme chevaleresque. Que voulez vous, enlevez l’automobile, son téléphone et son ordinateur à un homme et vous aurez devant vous le Robinson Crusoë des temps modernes. Bref, je sentais bien que cet homme avait raison, et ce sentiment baissait encore d’un cran le peu d’estime que j’avais pour moi. Je me faisais l’impression ecxecrable d’un petit garçon. Le vieil homme se leva, toujours en silence, ennuyé je le suivis. Au fur et à mesure de nos pas, la lumière faiblissait et je me demandais bien où on allait. J’avais du mal à voir où je posais mes pieds et j’étais dans l’obligation de leurs faire confiance. Je remarquais dès lors que mes yeux ne voyaient plus rien, le reste de mon corps paliait à cet état. Mes oreilles étaient grandes ouvertes, je sentais beaucoup plus d’odeurs, et mes pieds palpaient le terrain. Mon équilibre aussi était modifié se recentrant à l’intérieur de moi. Enfin nous arrivâmes.
Un éclair jaillit et un espace s’illumina. Bon, et bien ce n’est pas ici que je pourrai téléphoner, il n’a même pas l’électricité. Je restais planté, mon ordinateur inutilisable en bandoulière, collier encombrant et pesant. Je déposais mes affaires au sol, je le vis s’agenouiller et après une inspiration lente et profonde, souffler. Tel un vent chassant les nuages, une envolée d’étincelles jaillit, rubis éphémères dans l’écrin noir de la pièce. Une petite danseuse se mit à vaciller au milieu des braises et consciente de l’attrait qu’elle suscitait s’élevait en une jolie flamme aux courbes sensuelles. Elle mit le feu au vieux chêne qui se trouvait dans la cheminée. Une bonne odeur de légumes envahit la pièce et me rappela que je n’avais rien ingéré depuis midi. Au moins je pourrai manger, du moins c’est ce que je pensais. Le vieil homme se releva, me sourit et me demanda si je pouvais aller chercher du bois dans la remise. La faim au ventre, je me dis que plus vite ce serait fait, plus vite on mangerait.
Les bras chargé de bûches, je rentrais.
- Sais tu quel bois est ce ?
Quel bois ! non et puis qu’est ce que vient faire cette question maintenant pensais je. Je suis fatigué, j’ai faim, je ne peux communiquer avec personne et lui me demande de quel bois il s’agit !
- C’est du hêtre, c’était un bel arbre sur l’autre côté du vallon. Il avait de belles branches où les oiseaux aimaient chanter et faire quelques coquineries, quand le printemps se faisait sentir. A ses pieds, quand le temps était propice, je ramassais de beaux champignons et lors des grosses chaleurs, j’aimais m’asseoir à l’ombre de son feuillage. Le soleil par transparence jouait avec les palettes de vert, le spectacle était magnifique. Au fil des ans, il a commencé à avoir des branches mortes dans le haut et j’ai aperçut un jeune hêtre qui poussait à quelques mètres. Il y a de cela trois hivers je suis allé le voir et lui ai dit que je devais le couper pour me chauffer, pour laisser pousser l’autre arbre et faire un meuble. Je me suis assis et j’ai passé la journée à discuter avec lui. Je suis revenu le lendemain et je l’ai coupé. J’ai gardé une partie en planches pour faire le meuble, le reste est dans la remise. C’est le bois que tu as pris, il va nous donner sa chaleur.
Puis il se tut.
Tout à coup je mesurais le gouffre qu’il y avait entre cet homme et moi. Il m’avait dit d’aller chercher du bois, machinalement j’ai pris les bûches que j’aurai mises dans le feu sans y prendre garde. Lui m’avait fait prendre conscience de ce trésor, de cette vie donnée pour me chauffer, de l’histoire de cet arbre. Posant la bûche sur le feu, son geste était mesuré, respectueux, plein d’amour. Le philarmonique, qui jouait dans mon estomac un récital de gargouillis me ramena à ma réalité. J’avais faim et ce feu, cette odeur de légumes attisaient cette faim. Pensant que nous allions passer à table, je me rapprochais de celle-ci, lorsque mon logeur se dirigea vers la porte.
- viens voir !
il ouvrit l’épaisse pièce de bois qui gémit en effectuant une pirouette sur ses gongs.
- regarde, respire ! le jour s’en va et nous salut, la nuit s’annonce.
Et à nouveau la magie opéra, cet instant vécut des centaines de fois sans y attacher la moindre importance devint en quelques secondes, un moment de recueillement intense. Mes yeux filmaient la scène, mes oreilles s’ouvraient, mes poumons se remplissaient de cet air du jour laissant sa place à sa sœur la nuit. Nous restâmes sur le seuil de la porte, un temps qui pour l’être que j’étais aurait parut interminable mais, pour celui prit dans la magie lui apparut trop court. Toujours sans un mot il rentra, ferma la porte et alla chercher la marmite. Il servit deux gros bols de soupe. Là aussi il parsema de la magie, la vie des carottes, des choux, des pommes de terre frisaient avec les plus merveilleuses aventures de l’homme moderne. Plus ses mots raisonnaient, plus la soupe avait de goût, de senteur, de valeur, de chaleur.
Toute cette magie à laquelle je n’étais pas habitué me vidait et me laissait fatigué. Cette attention de tous les instants m’avait complètement exténué.
Le vieil homme le savait, être conscient de chaque seconde demande une grande énergie. Vivre chaque souffle sans passer et penser à côté est un exercice épuisant. Mais quel bonheur !!
Après ce repas, j’allais me coucher, la pièce sentait le bois,le foin et respirait la paix. Il me laissa dormir.
Le lendemain matin à peine levé je retrouvais l’homme dehors, face au soleil levant, un sourire sur son visage.
- le soleil te salut.
Je vins me placer à ses côtés et je sentis sur mon visage une chaleur bienfaisante.
- la lumière donne une autre dimension aux choses, aux êtres. Ça te dirait un bol de café ?
Je le regardais faire, comme le soleil ses gestes, son attention donnaient une autre dimension aux choses. L’eau du café était autre chose que ce simple liquide transparent qu’il m’arrivait de laisser couler sans y prendre garde. C’était devenu entre ses mains un nectar précieux. Il ouvrit une boite et l’odeur du café envahit l’espace. Il se préparait un moment inoubliable, rare, plein, j’allais boire un café en étant pleinement là. Nous n’échangeâmes aucun mot. De temps en temps je voyais son regard dépassant le bord du bol. Deux petits charbons ardent, pleins de vie, pleins d’amour. Quand nous eûmes terminé, je me levais et allais rincer mon bol. Une autre surprise m’y attendait. J’étais devant l’évier, mais pas de robinet, juste un récipient plein d’eau et une louche…
- l’eau est précieuse, avec les robinets on ne se rend pas toujours compte du niveau du sceau et j’aurai tendance a en abuser.
Il me dit ces mots avec un sourire découvrant ses dents blanches. Chaque instant était de la vie, chaque minute, chaque seconde. Je ressentais comme une brûlure intense, l’impression de manquer d’air, toute cette vie, toute cette prise de conscience, cette implication dans la vie était fabuleuse et en même temps douloureuse.
J’avais le sentiment d’être l’homme qui aurait vécut sous terre et que l’on ramenerait à la surface. Bien qu’heureux de se retrouver à la lumière, celle-ci me brûlait les yeux et le cœur. Soudain il me revenait des expressions que j’entendais et que j’utilisais moi-même : c’est dur la vie, c’est comme ça, c’est la vie, on y peut rien. Tout à coup leur son était discordant, ce n’était pas la vie, je bougeais, paraissais, émettais des idées, des opinions mais je passais mon temps à côté de ma vie. Comme dans un film, oui c’est ça, un film alors que la vie, ma vie, était là, attendait que le film finisse, je n’avais qu’à sortir de la grande salle pour empoigner ma vie faite de tous ces instants magiques. Mon corps réclamait de l’air, voilà que je m’apercevais que j’avais besoin de respirer, de gonfler mes poumons d’air, cet air indispensable à ma survie.
Je sortis et vlan ! nouveau choc, le soleil avait fait son œuvre, avec sa chaleur l’air était parfumé. Je faisais entrer en moi, l’herbe, le ciel, le soleil,la rosée, les fleurs, les arbres, la terre toutes ces senteurs me pénétraient. Mes oreilles étaient en alerte, le bruit de la brise, des abeilles, les battements d’ailes des oiseaux, les arbres qui grincent. J’étais un enfant à la découverte d’un monde merveilleux. Avec peu de mots, cet homme m’avait offert ces trésors, m’avait aimé, m’avait montré l’extra dans ma vie ordinaire.la vie était là à chaque souffle, chaque pas, chaque mot, geste,sourire, regard.
- viens !
Sa voix me fit sortir des mes pensées nébuleuses. Il me regardait en souriant, il avait senti le danger et m’avait ramené à la vraie vie. Un chemin empierré descendait vers la grand route qui menait au village. Le dernier orage, qui avait du être violent avait emporté une partie du chemin. Je dus, moi, le commercial, charrier des pierres, des brouettes de pierres. Lui les empilait, sa main était sure, parmi le tas, il choisissait celle qui avait sa place. Nous avons œuvré toute la journée avec un temps de pause pour le déjeuner. Il avait préparé une omelette aux pommes de terre et aux herbes. J’eus alors l’impression de ne jamais avoir mangé quelque chose d’aussi bon.
- toutes ces pierres avaient une place dans la nature, nous avons boulversé cet ordre. Elles ont aussi une place dans le mur, chacune d’elle, aussi petite, torturée, fragile, forte, lourde, chacune à sa place et sans l’une d’elle la solidité du mur est remise en question.
Je restais silencieux, chaque action, chaque geste,respiration, était, ou plutôt devenaient un enseignement de vie.
Ereinté, mais avec cette fatigue, un bien être, un apaisement. Mon corps me faisait mal , mais j’avais le sentiment d’être heureux. Sur le chemin du retour, il dut le sentir car il tourna son visage vers moi, il souriait. Le soir succédant au jour je me retrouvais à passer une deuxième nuit chez cet homme. Je dois dire que je ne me faisais pas prier, je tombais d’une masse sur mon lit. Le soleil était déjà haut dans le ciel lorsque ses rayons se faufilèrent sous mes paupières et me sortirent de mon sommeil. J’avais apprécié la chaleur de la couette, je sentais celle du soleil sur mon corps. Mes pensées étaient à mille lieux de mon travail et de ce pourquoi j’étais venu. Après avoir regoutté à la magie du petit déjeuner, il me regarda et je sentais qu’il cherchait une réponse ou tout au moins à lire quelque chose dans mon regard. Il sourit. Il fit quelques pas, sortit et salua la vie. Je sortis à mon tour et but ces odeurs, je les ai bu jusqu'à plus soif, jusqu'à en être saoul. Ensuite nous partimes marcher, je vis des paysages magnifiques, de ce qu’on voit qu’a pieds. A la différence des musées où l’on voit des toiles de maîtres de loin, lui me faisait pénétrer dans le tableau, il me faisiat toucher, sentir, goûter.
- ferme les yeux
Et il prenait ma main et la posait sur quelque chose de rugueux, il me faisait sentir la peau des arbres, la chaleur des pierres.
Il me regarda à nouveau, sourit et se dirigea vers une colline, au sommet de laquelle un chêne veillait. Un énorme rocher fit office de banc. Il resta silencieux, soudain un bruit incongru, qui n’avait pas sa place, me fit sursauter, c’était mon portable. Il y avait du réseau, et mon agence me contactait pour savoir ce qu’il se passait. Je regardais l’homme, il souriait et traça un cercle sur le sol. Sur l’autre versant de la colline on voyait le corps de ferme et à côté ma voiture. Comme si je ne voulais rien perdre, je vivais chaque pas qui me ramenait à ma vie, il m’accompagna. Mes affaires étaient dans ma voiture, à contre cœur je montais dedans, il était toujours là, je tournais la clé et la voiture démarra.
- vous saviez qu’il y avait du réseau là haut ?
Seul son regard et un immense sourire fut sa réponse.
Quelque temps plus tard je laissais tomber mon boulot à l’agence. Je me suis débrouillé et j’ai pu acheter le corps de ferme, l’agence ayant décidé de construire son complexe ailleurs. J’y habite et en ai fait un gîte d’étape où les marcheurs, randonneurs peuvent se poser un temps avant de continuer leur chemin. Cela e suffit pour vivre. Morsque je revins je suis allé à la maison de cet homme mais il n’y avait personne. J’ai croisé un berger et lui ai demandé où était l’homme qui habitait ici.
- Oh ! il y a bien longtemps que plus personne ne vit ici.
Pourtant je n’avais pas rêvé.
Le premier soir que je passais chez moi à la ferme, je suis sorti sur le pas de la porte, j’ai regardé le soleil cuivré laissant sa place à sa sœur la lune. Un peu plus haut le chêne se découpait en ombre chinoise et je crus apercevoir une silhouette d’homme avec une canne..
Chaque pierre a sa place…..
Serge
Pas de Hasard, j'ai reçu de morceau de hêtre en cadeau d'une personne dont jamais je n'aurai pu imaginer cela (même si pour certains cela peut n'être qu'un simple morceau de bois), le jour même ou Serge m'a fait cadeau de cette magnifique histoire.
Pascale.
Publié par swadisthana à 18:09:52 dans Les Contes de Serge.... en cadeau (Tout plein de sourires et d'émotions) | Commentaires (8) | Permaliens
Cerf volant
Bon soir pour un instant...
- Attachement, non attachement, possessivité, lâcher prise, mais tu sais grand père je n'ai pas compris grand chose dans ce que disait le moine. J'ai eu beau écouter avec attention, sans faire le pitre, je n'ai pas saisit...
Le grand père de Djorge sourit tendrement...
- Je conçois que ce n'est pas simple à qui cherche à comprendre...
Le grand père invite alors l'enfant à l'accompagner dans son atelier...
- Veux tu m'aider ?...
- Oh ! oui grand père...
Djorge est toujours d'accord. Son grand père est très bricoleur et invente des tas de jouets. Djorge aime voir les mains polies par la vie courir sur le bois, assembler, emboiter, poncer et faire naitre la magie...
- Prends ce papier et ce pinceau dans le pot sur l'étagère tu trouveras quelque chose qui ressemble à de la peinture, étale la sur le papier....
pendant ce temps le grand père va chercher derriere une mantagne de paniers empilés des roseaux. Il taille , coupe, fend puis avec l'aide de Djorge fabrique un magnifique cerf volant...
- Oh ! grand père il est magnifique c'est le plus beau du village...
- Allons le faire voler, le temps est idéal..
- D'accord grand père...
En cours de route il rencontre un gamin ami de Djorge...
- Bonjour, tu as un superbe cerf volant, tu me le prêtes...
Et joignant le geste à la parole il saisit le cerf volant mais Djorge ne veut pas ...
- Non il est à moi, tu n'as qu'a t'en fabriquer un...
Le grand père témoin de la scène sourit mais ne dit mot. Arrivés dans une prairie, l'enfant déroule la ficelle et avec l'aide de son grand père fait décoller le cef volant. Le vent complice aide son nouvel ami à grimper haut dans le ciel, Djorge est fier et en tirant sur la ficelle dirige le cerf volant...
Le grand père s'approche...
- Pourquoi n'as tu pas voulu prêter ton cerf volant ?
- Il est à moi on l'a fait ensemble...
- Tu y es attaché comme ton cerf volant est attaché à toi. Le vent est son ami, ils peuvent découvrir le monde, seul la ficelle l'empêche d'être...
Djorge regarda l'engin dans le ciel, il hésita longtemps et soudain coupa la ficelle. Le cerf volant grimpa d'un seul coup, fit des pirouettes bientot il ne fut qu'un point minuscule dans le ciel...
- sans la ficelle il est plus libre, et va plus haut, bien que je l'aimais bien je suis content pour lui il va voir le monde. Dis grand père on en fabriquera d'autres ils voyageront tout autour de la terre...
Le grand père sourit et passa sa main dans les cheveux de l'enfant...
- Toi aussi un jour tu couperas ta ficelle et voleras.Tes vents seront liberté, vérité et amour....
Belle soirée à tous que les vents vous soient doux...
Douce soirée à toi, un cerf volant en forme de sourire...
Serge
Publié par swadisthana à 21:42:01 dans Les Contes de Serge.... en cadeau (Tout plein de sourires et d'émotions) | Commentaires (4) | Permaliens
Le puits
Bon soir, pour un instant...
Le vent souffle et les feuilles le caresse en passant, lui leur mumrmure le recit de son voyage. Notre ami le moine lui confit ses mots. Une jeune homme, arrivé depuis peu au temple lui demande conseil sur la meilleure façon pour lui d'apprendre. Le moine se retourne vers le jeune homme, lui sourit, comme un souffle il se lève et l'invite à le suivre. Le jeune homme n'osant rien dire glisse ses pas à sa suite. Le moine se dirige vers un village situé assez loin.Tout le voyage se fait en silence.
Arrivé au terme de leur cheminement, le moine s'asseoit. Pensant que celui ci est fatigué le jeune homme en fit de même. C'est un petit village et il y régne une tension, en effet voici plusieurs mois qu'il n'a pas plu, les habitants ne peuvent que faire un chemin long et pénible pour chercher de l'eau. Le jeune homme se demande ce qu'ils font ici, quand un homme assez agé arrive. A en voir sa tenue il n'est ni marchand, ni homme d'importance se dit il. Ce vieil homme semble savoir ce qu'il a a faire. Il s'agenouille non loin de nos deux amis. Il semble prier, et met de l'encens à brûler. Sans doute se dit le jeune homme le village a fait appel à quelqu'un pour qu'il demande à ce qu'il pleuve. A peine sa pensée s'échappe t elle de son esprit que le moine se retourne et sourit....
- Il n'a quand même pas entendu mes pensées...
Le temps passe , le vieil homme se lève et semble tracer un cercle au sol puis se remet à prier. Le soleil parsème sa poussiere d'or de fin de journée sur la notre et les hommes. Le moine se lève et fait signe au jeune homme ...
- Reste ici le temps qu'il faudra...
Surpprit le jeune homme écoute mais ne sait pas trop ce qu'il doit faire... La nuit et sa compagne la lune mettent un terme à son observation. Le vieil homme et sa personne se prépare à la nuit.
Le lendemain matin, le vieil homme est déjà debout quand notre jeune ami émerge de son sommeil. Il ne prie plus mais creuse, il creuse à l'interieur du cercle qu'il avait tracé... "Je sais se dit notre ami , il creuse un puits, mais oui ! Je pense que je peux retourner au temple, aussitot dit aussitot fait".
Tout en retournant au temple le jeune homme se demande encore ce qu'il y avait a voir de special. Le moine sourit...
- Déjà de retour ?...
- OUi je sais ce que l'homme fait , il creuse un puits...
Le moine sourit encore...
- En effet, cet homme qui n'est ni un marchand ni homme d'importance creuse un puits. Personne du village ne lui a demandé, mais tous savent qui il est. Vois tu cet homme sait qu'a chaque puits il risque sa vie et pourtant ce n'est pas son métier. Il est venu au village et s'est mis à prier, il a demandé à la terre de lui pardonner parce qu'il allait creuser en elle pour chercher l'eau. Il s'est inscrit dans le cercle de la vie, maintenant il creuse, la terre peut se refermer sur lui a chaque moment mais il a un but, il lui faut perseverance, technique, énergie, concentration, compassion, respect. Chaque fois qu'il creuse un puits il va au fond de lui même toucher sa nature profonde. Chaque fois qu'il creuse il est amour, amour pour la terre qui lui donne l'eau, source de vie, amour pour les hommes qui ont besoin de cette eau...
Le jeune homme resta muet et...
- Puis je retourner ? ..
Le moine sourit et d'un signe de tête acquiesca.
Le jeune homme ne revint que trois mois plus tard. Lorsqu'il arriva au temple il alla voir le moine et déposa une jarre pleine d'eau en prenant garde de ne pas en renverser...
Le moine sourit avec amour et vit dans le regard du jeune homme que lui aussi avait creusé au fond de lui même...
Belle et douce soirée à vous.
Un immense sourire à toi et toutes mes pensées Swadisthana
Publié par swadisthana à 17:15:45 dans Les Contes de Serge.... en cadeau (Tout plein de sourires et d'émotions) | Commentaires (3) | Permaliens
Oser
Bon soir, pour un instant...
- Pascale ! Pascale ! où es tu ?... Ah ! elle a encore disparu !
Pascale est une petite frimousse flanquée d'un magnifique sourire. Ses parents disent d'elle, qu'elle est née avec. Avec ce sourire lui a été aussi donné une curiosité et une débrouillardise à toute épreuve. mais aujourd'hui sa mère la cherche partout et pas moyen de la trouver. Enfin après avoir parcouru le petit village dans tous les sens et se renseignant auprès des gens elle finit par l'apercevoir près du petit temple sacré qui trône au milieu du village...
- Tu sais qu'on a pas le droit de s'approcher du temple, il faut le respecter. Il nous vient des ancêtres qu'ils l'avaient construit et il est dit qu'il assure la prospérité du village.
Le village où vit Pascale est un village de paysan et cette année les conditions climatiques sont dures et il n'a pas plut depuis très longtemps. La situation est si inquiétante que les sages du village se réunissent ce soir pour décider de ce qu'il y a à faire. Certains parlent de partir ailleurs là où il y a de l'eau. D'autres disent qu'il est inutile de partir que c'est partout pareil, d'autres encore proposent de prier au temple. La discussion avance très tard dans la nuit et il fut décidé de quitter le village.
Pendant cette nuit notre petite Pascale n'arrive pas à dormir, elle ne veut pas quitter son village. Enervée elle se lève et sans bruit sort de la maison. Dans l'obscurité elle avance à petits pas vers le temple...
- Et alors pourquoi ne nous viens tu pas en aide, nous on te garde, on te répare, on te porte des fleurs, on prie et toi tu nous laisses tomber ...
Le temple est en fait un savant empilage de pierres sèches en forme de dôme, aucune ouverture, et devant une énorme pièce de bois est encastrée entre les pierres. En fait il s'agit de plusieurs morceaux de bois embriqués les uns dans les autres. Les villageois pensent qu'il s'agit là d'un autel. Personne ne se rappelle pourquoi les anciens l'avaient construit mais ils avaient sûrement leur raison. Depuis tous respectaient, protégeaient, gardaient le temple, ni animaux ni humains n'avaient le droit de s'en approcher.
Cette nuit là , pourtant Pascale qui aimait comprendre et qui était très curieuse s'en approcha. Lui parlant, elle finit par se retrouver devant le panneau de bois. Hésitante elle avança ses mains et commit l'irréparable, toucha le bois. Ses petites mains tâtèrent le panneau et à un moment firent jouer une pièce de bois, un craquement suivit d'un long gémissement se fit entendre. Le panneau bougea, et tout à coup pivota sur lui même dégageant une ouverture. Pascale avala sa salive et mue par cette envie de savoir pénétra à l'intérieur du temple ce qu'elle découvrit fut surprenant.
Au petit matin l'élu du village qui avait la garde du temple faillit tomber à la renverse le temple était ouvert quelqu'un avait ouvert le temple. Il cria , courut dans tout le village. Tous les habitants se rassemblèrent, des murmures courraient..;
- Qui avait fait cela ?...
Alors que tous attendaient à distance on entendit du bruit , puis un nez suivit de deux yeux et d'un immense sourire apparurent...
- Pascale ???? Qu'as tu fait ? Comment as tu fait pour ouvrir le temple...
C'était une porte pas un autel et ce n'est pas un temple mais un puits avec de l'eau. Les anciens avaient trouvés cette eau, l'avaient protégée pour éviter qu'un animal ou un homme la souille. Le temps, les secrets, la méfiance avait fait que petit à petit ce puits source de vie fut prit pour un temple et plus personne ne se rappela que c'était un puits. Il avait fallut la curiosité d'une petite fille pour que ce trésor soit a nouveau dévoilé. Peut être un ancien avait guidé ses pas et ses mains alors que le village allait disparaître à son tour, qui sait ? Depuis le village à de l'eau et remercie la terre de ce trésor, les anciens de l'avoir protégé et une petite fille d'avoir oser savoir...
Une belle soirée à tous, que votre nuit soit étoilée. Un sourire de coeur pour toi Swadisthana.
Publié par swadisthana à 22:35:41 dans Les Contes de Serge.... en cadeau (Tout plein de sourires et d'émotions) | Commentaires (1) | Permaliens
Le torrent
Bon soir pour un instant...
Notre ami le moine rend visite dans un coin du monastère à un homme. Celui ci est venu au temple voici quelques années dans le but de changer. Le moine lors de leur première rencontre écouta longuement tout ce que l'homme avait à lui dire et de ses intentions de changer. Ayant fini l'homme leva le regard vers le moine et attendit sa réponse qui ne fut pas tout à fait celle qu'il esperait...
- Je comprends dit le moine je vais y réfléchir mais pour l'instant afin de nous aider si vous le souhaitez j'aimerai que vous repariez le toit de la cuisine qui laisse passer l'eau en quelques endroits.
L'homme surpri, alors qu'il pensait entamer une retraite, des études, méditer le voilà qu'il devait jouer les charpentiers. De plus il n'y connaissait rien. Enfin se dit il "je pense que lorsque le moine aura réfléchi je pourrai étudier afin de changer".
Chaque fois qu'il posait la question au moine celui ci s'entendait répondre ...
- oui ! oui j'y pense mais il y aurait ceci à faire...
Le temps passa , les années passèrent et la situation n'avançait pas d'un grain de sable. Le moine se présenta devant l'homme avec un immense sourire, l'autre, décidé à mettre les choses au point, entama la discussion...
- Maitre voici 3 ans que je suis venu ici pour étudier et ainsi changer, hors chaque fois vous avez remis la chose et je devais executer des taches qui m'empêchaient de progresser.
Le moine sourit...
- Viens allons voir ce que tu as fait en arrivant ici...
Ils se rendirent vers les cuisines et regardèrent le toit, les lattes étaient posées de travers et l'étancheité n'était pas parfaite. Au fur et à mesure de la visite les ouvrages de l'homme étaient de mieux en mieux réalisés. Passant devant une grande salle toute refaite à neuf, le moine apprécia le travail effectué...
- Voilà du beau travail, l'homme qui a réalisé ceci maitrise ce qu'il fait...
- C'est moi maitre qui l'ai fait.
- Oh oh ! toi je n'en crois rien ! pourtant tu es bien celui qui a fait le toit de la cuisine ? Tu as les mêmes mains, tu es bien le même homme peux tu m'expliquer?...
- C'est vrai que j'ai appris avec mes erreurs, en regardant d'autres charpentiers travailler, petit a petit je maitrise ce que je fais.
Puis gardant un instant le silence il reflechit et comprit...
- Cela veut il dire que nous ne changeons pas vraiment, que par l'étude, le travail, nous ne faisons que maitriser ce que nous sommes ? ce qui change vraiment c'est notre façon de faire, les conséquences de nos actes, ce que nous faisons aux autres, notre agir ?
le moine sourit et alla en direction de la montagne là après avoir marché quelques temps, ils s'arréterent devant un torrent celui ci violent, plein de fougue plongeait vers la plaine en roulant de gros blocs deracinant les arbustes sur son passage, personne n'osait s'aventurer à le traverser. Les hommes du village avait construit un pont plus bas dans la vallée là où l'eau était plus douce et plus calme...
- Vois tu c'est la même eau que nous avons vu tout à l'heure, son lit est plus ouvert, plus large et sa violence s'est assagie. Les rigoles construites permettent d'irriguer les champs et de donner à manger aux villageois. C'est la même eau mais sa façon d'être, d'agir a changé et avec elle ses conséquences.
L'homme s'inclina devant le moine, les deux souriaient...
- Je dois retourner au temple j'ai un toit à finir.
A partir de ce jour là l'homme ne demanda plus quand son apprentisage commençerait il remerciait chaque jour pour ce qu'il apprenait...
Belle soirée à tous un grand sourire à toi Swadisthana
Publié par swadisthana à 20:47:21 dans Les Contes de Serge.... en cadeau (Tout plein de sourires et d'émotions) | Commentaires (3) | Permaliens
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Nous avons chacun un rôle à jouer pour instaurer un climat de paix authentique. Si, en tant qu'individu, on parvient à désamorcer ses bombes intérieures - en neutralisant ses pensées et émotions négatives et en cultivant ses qualités positives -, on créé les conditions favorables au désarmement extérieur.
Le Dalaï-Lama

Lorsqu'on agit en se souciant d'autrui, notre comportement à son égard est automatiquement positif. En effet, lorsque notre coeur est rempli d'amour, il n'y a pas de place pour la suspicion. C'est comme si une porte intérieure s'était ouverte pour nous permettre de tendre la main vers l'extérieur.
Le Dalaï-Lama

Notre capacité innée à l'empathie est la source de la plus précieuse des qualités, celle que les Tibétains appellent nying je, ou compassion.
Le Dalaï-Lama
La nature est notre berceau. Celui-ci n'est pas nécessairement saint ou sacré. C'est tout simplement l'endroit où l'on vit. Il est donc dans notre intérêt d'en prendre soin.
Le Dalaï-Lama
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