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Le colporteur d'étoiles | 14 octobre 2009


Le colporteur d'étoiles
 



L’écharpe de laine qu’il avait maintes fois critiquée, par son côté grattoir, était devenu en l’espace de quelques jours sa précieuse compagne. Sensuelle, elle se lovait autour de son cou et de son visage, le réchauffant. Parfois il s’arrêtait, posant sur sa béquille sa charrette à bras. Il ôtait ses gants, qu’il calait entre ses cuisses, abaissait le bord  de sa maîtresse laineuse qui recouvrait une partie de son visage. Sa main rougit par le froid allait à la recherche dans le fond de poche de son pantalon, d’un mouchoir, pour chasser l’intruse qui pendait au bout de son nez. Il aurait pu être rentier, clerc de notaire, ou travailler au sein de l’entreprise familiale, mais il avait choisit de suivre la course des nuages, de goûter l’odeur du vent, de prendre ses douches estivales sous la pluie. Ses seules richesses, étaient sa liberté et sa carriole à bras. Deux grandes roues cerclées de fer avec deux long bras décharnés qui venaient s’agrippaient à l’homme. Lui rappelant sans cesse le poids de ce que l’on transporte.


Il était colporteur, il vendait du fil, des rubans et des pièces d’étoffes. Il allait de marché en marché, de foire en foire, de village en village et l’hiver il faisait le tour des hameaux et des fermes isolées.

-        
"
c’est pas tout ça mon gaillard, mais si tu n’as pas l’intention de te transformer en statue, il faudrait voir à repartir et à trouver un endroit où passer la nuit".


Re plongeant avec délice dans l’étreinte "écharpesque", Louis se remit en route. Le vent montrait qui était le maître sur le plateau et notre homme en vint à se poser la question s’il devait continuer son chemin. Il décida d’obliquer sa route, en direction de la ferme de Raoul.


Ce Raoul, était un homme dur, dur à la tache, dur avec les autres. Le chemin empruntait un passage délicat, en effet il flirtait avec un ravin abrupt en lisière du plateau. D’aucun diront que le hasard fait bien les choses.


Tête baissée pour éviter les morsures du vent, il jetait un œil de temps à autres devant lui. C’est là qu’il le vit. Encore un pas et c’était le grand plongeon, on aurait dit un corbeau lorsqu’ils sont sur une branche et qu’ils font front au dieu Eole. Le corps penché en avant effectuant une danse acrobatique plumes en bataille.


Le vent remontait le long des parois et semblait faire son maximum pour soutenir le corps et éviter qu’il ne tombe.

-   
"
je dirai pas non à un coup de main, avec ce vent j’ai du mal à avancer avec ma carriole".


La silhouette en suspend se tourna, c’était un enfant. Il regarda encore une fois le vide puis reprit pieds. Sans mot dire, il saisit un bras de la charrette et tira. Sur le visage de l’enfant les joues pourpres portaient les traces de sel que la mer de ses yeux avait laissés.

-        
- où étais tu encore toi ? et qu’est ce que tu me ramènes ?

-        
- bon jour, je suis Louis le colporteur, je vends du fil, des rubans et des tissus.

-        
- On a besoin de rien ici !


Tournant son regard vers l’enfant, Louis parla d’une voix paisible.

-    
- si vous n’avez besoin de rien, alors accepterez vous que moi qui ai besoin, je puisse passer la nuit dans votre ferme.


La femme de Raoul émit un léger sourire…

-   
- bien sur Monsieur, vous pourrez dormir dans la chambre de l’ouvrier, il est parti.


Raoul grommela et s’en alla…

-   
- le chemin pour venir chez vous est dangereux, je suis sur que prés du ravin il pourrait arriver un malheur.


Louis regarda à nouveau l’enfant. La mère avait comprit.

-        
- je vous remercie


Louis sourit. Il alla ranger sa carriole. Le soir au dîner la tension était palpable.

-        
- c’est vrai qu’on a déjà trop, et puis qu’est ce qui me dit qu’il ne va pas nous voler ?


La femme fut gênée de la remarque de son mari et s’en excusa. Raoul grogna encore puis on entendit plus que les bruits des cuillères dans les assiettes de soupe. L’enfant, Simon ne disait rien. Le repas terminé, Louis aux multiples talents sorti un violon et se mit à jouer. Sa musique était douce et apaisa les humeurs. Raoul quitta la table.

-        
- demain il y a du boulot !


Louis continua de jouer. Les notes telles des mains tendres firent vibrer les cordes des cœurs. La mère masqua les perles qui glissaient et se cachaient dans les plis de sa bouche muette. A son tour elle se leva. Simon la suivit le regard vide.


Le lendemain le ciel avait enfilé sa chemise grise et tout baignait dans le brouillard. Lorsque Louis pénétra dans la salle, il y avait un bol sur la table. La femme lui servit un café noir avec une pointe de chicorée. Elle posa un morceau de pain et un fromage de chèvre.

-        
- Simon n’est pas là ?

-        
- Il est parti avec son père, ils doivent faire du bois sur le plateau.

-        
- Je me mêle de ce qui ne me regarde pas, mais j’ai le sentiment que Simon a peur de son père ?


La voix du colporteur était chaude, rassurante et ce fut comme la soupape d’une cocotte minute qui lâcha d’un seul coup. La mère se mit à pleurer et les mots s’entrechoquaient pour sortir de sa bouche, trop longtemps enfermés.

-        
- Simon, n’est pas le fils de Raoul, l’ouvrier que nous avions était doux, attentionné, un jour Raoul était parti vendre les bêtes… je suis tombée enceinte. L’ouvrier s’est enfui, il avait peur de mon mari. Simon est né et mon mari ne l’a jamais accepté. Tout ce que fait Simon n’est pas bien, il est tout le temps sur lui, il lui crie dessus sans arrêt. Hier Simon a oublié de fermer la porte du poulailler et le renard a tué trois poules. Raoul s’est mit dans une rage folle, a dit des horreurs. Alors Simon est parti en courant. Si vous n’aviez pas été là…


Louis écoutait sans rien dire. Les mots font parfois plus de mal que les coups car ils atteignent le cœur. Comme eux ils laissent des cicatrices. La journée se poursuivit. Louis était aussi tailleur et prenant le temps il confectionna une robe à la femme de raoul. Le soleil fatigué bâilla encore quelques rayons avant de s’en aller doucement laissant la place à son amie la lune. La porte claqua comme un coup de tonnerre, c’était Simon.

-        
- venez vite, l’arbre est tombé sur mon père.


La mère porta la main à sa bouche.

-        
- je viens. Dit  Louis.


Le soleil se retint encore un instant éclairant de ses derniers rayons le plateau à Louis et Simon. Raoul avait la jambe coincée sous l’arbre. Louis qui avait prit un bras de sa charrette en partant, s’en servit pour faire levier. Simon dégagea son père en tirant de toutes ses forces. On l’installa dans la charrette et tous retournèrent à la ferme. On alla chercher le docteur. Raoul dut garder le lit pendant prés d’un mois. Ce fut l’enfant aidé de Louis qui s’attelèrent aux travaux de la ferme. Un soir louis prit son violon et joua, joua. A un moment il s’adresse à Raoul.

-        
- parce que tu étais en colère contre Simon, ton esprit était préoccupé et l’accident est arrivé. Pose toi la question du pourquoi cette colère ? pourquoi en rends tu Simon responsable ?


Puis il se tut et recommença à jouer. La magie de la musique fit son œuvre. Raoul appela Simon, ils parlèrent longtemps ensemble, ils mirent du bleu dans leur ciel et pour le rendre encore plus beau rajoutèrent des boutons d’or et des chicorées sauvages. Leurs cœurs si muets l’un envers l’autre s’ouvrirent et laissèrent couler une rivière d’amour enfouie au plus profond d’eux. Raoul se remit et bien que boitant, se tint debout le jour du départ de Louis.

-        
- tu seras toujours le bienvenu ici.


Raoul en disant cela tenait son fils par l’épaule et les deux souriaient et ils n’étaient pas les seuls un peu en retrait la mère aussi mais une cascade de larmes voilait son regard.

-        
- merci.


Louis s’attela et reprit son chemin, allant de fermes en fermes vendant du fil, des rubans et des tissus, arrosant au passage de petites graines d’amour oubliées au fond des cœurs. Raoul se fendit même d’un compliment.

-        
- c’est un brave homme ce Louis, c’est un homme debout.


Simon sourit.


- oui, c’est un colporteur d’étoiles.






Serge



Publié par swadisthana à 23:11:11 dans Les Contes de Serge.... en cadeau (Tout plein de sourires et d'émotions) | Commentaires (1) |

La lenteur est sacrée | 09 octobre 2009





La lenteur est sacrée




Bon soir, pour un instant...



Un grand sculpteur avait entendu parler du temple et d'un moine particulier qui souriait tout le temps. Or voici, que ce grand sculpteur était en panne d'inspiration, plus aucunes idées. Tout son travail l'iritait. Plus il faisait des efforts, moins il créait. Il alla consulter des médecins, demanda maints avis, rien n'y fit.


Il se dit que sans doute ce moine pourrait faire quelque chose. A peine arrivé, il demanda un entretient au moine. Celui ci après réflexion lui proposa de rester quelques temps parmi eux, le temps que lui même trouve un remède. Le visage du moine était souriant, apaisant, réconfortant. Désignant deux jeunes plants de fleurs, le moine suggéra au sculpteur de les planter devant le temple.


Le lendemain matin, le moine alla trouver notre homme...


- vous avez trouvé la solution dit celui ci...


- Non pas encore, mais par contre l'un des plants que vous avez mis devant le temple n'est pas à sa place. Il faudrait le planter de l'autre côté...


Le sculpteur se dit qu'il avait sans doute ses raisons, et il obtenpéra.


La journée se passa. Le lendemain matin le moine retourna voir notre homme...


- Je crois que ça ne va pas non plus...

- Mais de quoi parlez vous, inquiet qu'il s'agisse de son problème...


- Le plant il ne peut pas rester là, ce n'est pas sa place....


Et ainsi chaque jour qui passait, le moine faisait déplacer le plant au sculpteur. Les jours et les semaines s'enfilaient sur le fil de la vie. Un matin l'homme aborda le sujet...


- Voilà plusieurs mois que je suis ici et vous n'avez toujours pas de remède !...


Le moine sourit et l'invita à le suivre. Ils se rendirent d'abord où il avait planté le premier plant, celui qui n'avait pas bougé de place. Il s'était développé et un feu d'artifice de fleurs le couronnait. Puis ils se dirigèrent vers l'autre plant celui qui n'avait cessé de changer de place. Il avait l'air chétif, n'avait pas grandi et ne portait aucune fleur...


- Souvent nous remplissons nos journées de tas de choses, distractions, loisirs, sport, travail qui nous évite de penser, qui nient ce vide et de ce fait empêche l'énergie naturelle créatrice de germer. A votre avis de quel plant vous rapprochez vous ?...


Le sculpteur comprit.


Alors qu'il allait parler, le moine se retourna et se mit à marcher, lentement, silencieusement.


Le sculpteur le suivit et il lui sembla que cette marche l'apaisait et le reliait à la nature, sa nature profonde.


Les jours suivant il prenait le temps de marcher pour apprendre à ne pas courir. Un matin il repartit, le moine lui souriait et l'amour baignait leurs regards. Il continua la sculpture mais à sa vitesse, lentement, prenant le temps de vivre, de voir la vie autour de lui.


Si tu cours trop vite tu ne pourras voir et éviter l'escargot qui croise ton chemin...




Je prends le temps de vous souhaiter une belle soirée et que votre nuit soit étoilée.
Pour toi Swadisthana, un immense sourire et une douce nuit.



Serge.



Publié par swadisthana à 22:44:13 dans Les Contes de Serge.... en cadeau (Tout plein de sourires et d'émotions) | Commentaires (4) |

Les deux noix... | 09 octobre 2009





Petite Julie a ramassé deux noix, toute fière elle les rapporte à la maison.


- Maman ! maman ! regarde ce que j'ai trouvé...


La maman qui est stressée laisse échapper une noix qui tombe par terre et roule jusque dans le jardin...


- Ma noix !...


- C'est pas grâve tu en ramasseras d'autres...


Julie pose l'autre noix dans sa chambre.


Le temps passe. Dehors le vent la pluie d'automne laissent la place à la neige et froid de l'hiver. Puis après toutes ces intempéries le printemps revient.


Un jour de beau temps Julie décide d'aller jouer dans le jardin et qu'elle n'est pas sa surprise, elle aperçoit des feuilles et une petite tige...


- c'est ma noix elle a donné un arbre !...


Le grand père de Julie qui est dans le jardin lui aussi...


- Oui ,il a fallut le froid, le vent, la pluie , la neige pour qu'il pousse, sans eux !......


Alors Julie se souvient de l'autre noix qu'elle a gardé dans sa chambre, bien au chaud, sans vent, sans neige et elle court la chercher. Mais la noix n'a pas poussé, elle a séché.




Serge



Publié par swadisthana à 19:14:17 dans Les Contes de Serge.... en cadeau (Tout plein de sourires et d'émotions) | Commentaires (3) |

Les couleurs.... | 07 octobre 2009



Bon   jour, juste un instant...





Il a mis les couleurs sur sa palette, du bleu, du jaune, du vermillon...
Il a mis des oiseaux dans le bleu du ciel...
Pour rendre la vie plus belle...
Il a mis un soleil pour réchauffer les coeurs de ses rayons...
Il a mis de l'eau avec des poissons dedans...
Pour faire jouer la lumière sur leur écailles d'argent...
Il a mis le vent dans les mèches folles...
Il a mis la musique de la vie au cabaret des lucioles...
Il a tout bien fait, tout ce qu'il fallait...
Il a même mis des coquelicots dans les champs de blé...
Quand son tableau il a terminé, fier il l'a exposé...
Mais l'homme n'a pas le temps, son regard l'a ignoré...
Pourtant il s'était appliqué, il avait mis tout son coeur...
Il a jeté son tableau par terre d'un geste rageur...
La pluie des ses yeux, de sa toile a tout délavé...
Il a prit deux ailes d'anges pour effacer cette illusion...
Et c'est comme ça... qu'il a mis de la couleur aux ailes des papillons.

Ce vers quoi l'on tend n'est pas toujours le but qu'on atteint.




Belle journée à tous accompagnée de rayons de lumière un immense sourire multicolore pour toi Swadisthana.



Serge







Publié par swadisthana à 17:05:09 dans Les Contes de Serge.... en cadeau (Tout plein de sourires et d'émotions) | Commentaires (4) |

Trois petits vieux... | 04 octobre 2009



Bon   jour, pour un instant..



Il fallait être aveugle pour ne pas les voir. Tous les jours dès que le soleil réchauffait l'air, ils sortaient, chacun de leur côté et, les mains jointes dans le dos, ou posées sur une canne de bois poli, ils avançaient d'un pas hésitant. Leur lent cheminement les emmenait sur un banc, l'un après l'autre, ils se pliaient en grimaçant. Le papier de soie froissé était trop grand sur leur carcasse. Leurs mains avaient l'aspect d'un parchemin où était inscrit tout leur chemin de vie. Il aurait fallut être aveugle pour ne pas les voir et pourtant personne ne leur adressait plus la parole. Pas le temps, que leur dire, que peuvent ils comprendre à la vie d'aujourd'hui ?...


Autrefois ils étaient connus, reconnus, l'un pour sa science des métaux, il était forgeron, Auguste, dit Gucht. Un poitrail de taureau et deux masses à la place des mains. Il connaissait l'alchimie des métaux, appri lors de son compagnonnage et dans différents pays du globe qu'il avait traversé. Mais qui s'en souvenait. Les socs de ses charrues étaient célèbres, là où d'autres s'ébréchaient, se fendaient, ses socs passaient, traçant sur la terre des rides nourricières.


L'autre vieux bonhomme, c'était Louis dit "la cheville", surnom qu'on lui avait donné à cause de ses assemblages de bois qui défiaient le temps sans jamais rompre. Lui aussi avait parcouru le monde et apprit son métier jusqu'au coeur des arbres. Il en connaissait les moindres secrets. Il aimait les arbres, les respectait, avant d'en couper un, il prenait son temps, il allait le voir, lui parler, attendait le bon moment. Il n'en perdait rien. Dès qu'il l'avait coupé, il plantait deux arbres...la vie qu'il me donne en vaut bien deux. Mais qui s'en souvenait.


Le troisième larron était un homme extraordinaire, il avait une solution pour tout, tout paraissait simple. Il était d'une précision extrême, toujours à dessiner depuis son plus jeune âge. L'horloge du village lui devait plusieurs fois la vie. C'était Pierre.


Ils sont là, assis, sans un mot. La neige du temps qui s'est posée sur leur cheveux les a rendus inutiles, voir gênant.


Oh ! Au début ils ont bien essayé de résister mais face au nombre, face aux remarques qui partaient d'un bon sentiment que pouvaient ils faire ?...


- Laisser ça aux jeunes, rentrez vous allez prendre froid, couvrez vous, ne faites pas l'enfant...


Petit à petit comme les pots de fleurs qu'on rentre l'hiver on les avait remisé, à la différence c'est que leur hiver n'en finissait pas. Le village où ils résidaient avait un coeur qui le faisait vivre, c'était la minoterie. Au tout début ce n'était qu'un moulin le long de la rivière, puis il prit de l'essor. Son patron voyant les choses en grand, décida de se passer du moulin vestige d'un autre temps. La technologie aidant la roue du moulin fut remplacée par des moteurs et la production augmenta. A elle toute seule la minoterie employait les trois quarts du village. Mais a force de vouloir devenir plus grosse que le boeuf, la minoterie explosa. D’abord des pannes, puis la conjoncture changea tant et si bien qu'on parla bientôt de fermeture. Certains prient les devant et partirent pour aller travailler en ville. Un jour la minoterie resta fermée, le patron avait mis la clé sous la porte. Le coeur avait cessé de battre. Des réunions eurent lieu, on tournait, on tournait mais rien n'en sortait. Le maire proposa de racheter le moulin et de l'utiliser...


- L'énergie est là avec la rivière et je pense que des produits de qualité, régionaux, du terroir ont une place dans l'économie. Pas question de fournir le monde entier mais je pense que nationalement c'est jouable...


Le lendemain tous se rendirent au moulin, le cortège passa devant le banc où nos trois petits vieux le regardèrent déambuler.


Une fois sur place le constat fut amère, le moulin n'avait pas été entretenu. Lorsqu'ils actionnèrent les leviers enclenchant la roue, un craquement sinistre se fit entendre. Tout l'ensemble se figea et les meules restèrent immobiles...


- Jamais nous ne pourront réparer c'est trop vieux...


L'assemblée, la mine triste quitta les lieux. L'affaire était close.


Le lendemain matin, les gens vacqaient à leurs occupations avec dans la bouche le goût amère de la résignation. La nuit suivante des lueurs et des bruits bizarres venaient du moulin. Le temps passa. Quelques uns remarquèrent l'absence des trois petits vieux sur leur banc. Ce fut des haussements d'épaules, des moues disgracieuses, après tout... Les jours filaient et on commença à s'inquiéter. Le maire fut alerté. Il décida d'aller leur rendre visite.


Arrivant chez Auguste, il frappa à la porte, le silence lui répondit. Inquiet celui ci insista. Rien. Soudain une fenêtre s'ouvrit..


- Qu'est ce que c'est ?...


- Bonjour Gucht, je venais prendre de vos nouvelles, comme cela fait plusieurs jours qu'on vous voit pas !..


- Je vais bien merci, je me repose...Et il ferma la fenêtre.


Rassuré le maire continua ses visites, il alla voir Louis et Pierre et il reçut à quelque chose prés le même accueil. Les jours s'égrenaient, rien ne venait troubler l'agonie du village. Une réunion invitant tous les habitants du village fut organisée. Toute la population se retrouva dans la salle communale, même nos trois petits vieux. On avait beau tourner le problème dans tous les sens, aucune solution n'émergeait.


Ce fut Pierre qui leva la main pour prendre la parole...


- Il n'y a qu'a se servir du moulin, comme autrefois. L’eau est une énergie gratuite...


- Nous savons tout cela Pierre, mais le moulin est hors service. Les pièces sont introuvables, on a pensé mettre des moteurs mais la commune n'a pas les moyens, ni de les acheter, ni d'entretenir. De plus le patron de la minoterie a tout démantelé dans son bâtiment il ne reste rien qu'on ne puisse récupérer....


Les trois petits vieux se levèrent et invitèrent tout le monde à les suivre. Nos trois compères avaient retrouvés leurs jambes de 20 ans, plus de mains dans le dos, plus de canne. Ils arrivèrent au moulin, ouvrirent la grande porte, pénétrèrent et abaissèrent les leviers. L'eau s'engouffra sous la roue, entraînant celle ci, la magie opéra. Les meules se mirent à tourner...


- C'est incroyable, les pièces étaient cassées...


Auguste avait refait les engrenages, les bielles, les axes, Louis avait rebâtit toute la structure en bois et Pierre avait dessiné les pièces avec précision et avait fait l'assemblage. Toute leur expérience, leur savoir, leur regard avait servi. Les lueurs et les bruits c'était eux qui travaillaient la nuit. Dans leur regard on y voyait de la fierté mais surtout de l'amour. Jamais on avait vu d'aussi beaux petits vieux.


Tous furent émus, eux qui passaient chaque jour devant ces hommes sans les voir ou plutôt comme on regarde de vieilles choses exposées, qui ne servent plus à rien. Leurs cheveux blancs, leurs mains parcheminées n'étaient rien face à l'énorme coeur qu'ils avaient.


On organisa une fête devant le moulin et nos trois amis en furent. Sans rien dire, sans mots, mais juste un regard d'amour, l'une ou l'autre convives venaient les embrasser.




Il est huit heures Auguste sort de chez lui et se dirige vers le banc. Il s'asseoit. Louis et Pierre arrivent. Une fourgonnette estampillée " le moulin d'A.L.P en remerciement à Auguste, Louis et Pierre s'arrête devant eux...


- Bonjour, comment ça va ? Le chauffeur sourit et nos trois amis lui rendent ce sourire....


- ça va, et au moulin ?...Bien ça tourne, à plein régime, il faudrait passer, il me semble qu'un engrenage fait un peu de bruit...


- D'accord on vient...


- je vous emmène ?...


- Non non, on va y aller à pieds...


La camionnette redémarre...


- Mes engrenages ne font pas de bruit, c'est impossible, ce doit être le bois...


- Quoi le bois ? Le bois est parfait...


Tous les trois se regardent et éclatent de rire. Le chauffeur les regarde dans le rétroviseur et sourit.




Trois petits vieux sur un banc avec un coeur gros comme ça se lèvent, le chemin continu...




Juste de l'amour et un immense sourire à tous. Belle journée et bon week end...Toute ma tendresse à toi Swadisthana.


Serge




Publié par swadisthana à 15:04:50 dans Les Contes de Serge.... en cadeau (Tout plein de sourires et d'émotions) | Commentaires (8) |

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Nous avons chacun un rôle à jouer pour instaurer un climat de paix authentique. Si, en tant qu'individu, on parvient à désamorcer ses bombes intérieures - en neutralisant ses pensées et émotions négatives et en cultivant ses qualités positives -, on créé les conditions favorables au désarmement extérieur.

Le Dalaï-Lama




Lorsqu'on agit en se souciant d'autrui, notre comportement à son égard est automatiquement positif. En effet, lorsque notre coeur est rempli d'amour, il n'y a pas de place pour la suspicion. C'est comme si une porte intérieure s'était ouverte pour nous permettre de tendre la main vers l'extérieur.

Le Dalaï-Lama
 




Notre capacité innée à l'empathie est la source de la plus précieuse des qualités, celle que les Tibétains appellent nying je, ou compassion.

Le Dalaï-Lama

 

La nature est notre berceau. Celui-ci n'est pas nécessairement saint ou sacré. C'est tout simplement l'endroit où l'on vit. Il est donc dans notre intérêt d'en prendre soin.

Le Dalaï-Lama


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